Nous sommes le 21 nov. 2017 0:47

Heures au format UTC+02:00




Poster un nouveau sujet  Répondre au sujet  [ 23 messages ]  Aller à la page Précédente 1 2
Auteur Message
 Sujet du message :
MessagePosté : 24 août 2007 22:46 
Hors ligne

Enregistré le : 19 mai 2005 19:47
Messages : 233
Les promesses de vente ont bien été tapées sur la Royal 10 n° 434080, il ne faut pas en douter. Les experts l’ont dit. Mais c’est aussi la logique : si Seznec s’est donné la peine d’aller la chercher au Havre, ce n’est pas pour, ensuite, en utiliser une autre ! mais si, comme je le crois, il a été victime d’une machination, ses auteurs n’auraient pas pris le risque de placer dans son hangar, une autre que celle avec laquelle ils ont rédigé ces fausses promesses, ce dont les experts les moins doués se seraient aperçu.

Mais peut-on affirmer que la machine vendue le 13 juin à un individu ressemblant à Seznec (avec cependant un œil clignotant et des mains velues) est bien la Royal 10 n° 434080 ? puisqu’il n’a pas été établi de facture et que le numéro donné au départ par Chénouard n’était pas celui-là.

Je suppose que les auteurs de la machination possédaient la Royal 10 n° 434080. Ils ont tapé dessus les documents que Quémeneur a fait signer à Seznec. Ils ont ensuite acheté une machine identique le 13 juin, selon le scénario que l’on connaît, puis l’ont fait disparaître. Il faut remarquer (si mes souvenirs sont exacts) que la déposition de Chénouard à la police est du 2 juillet et la découverte de la machine est du 6 juillet. Le numéro étant alors connu il faudra faire rectifier en conséquence le témoignage de Chénouard. Au préalable, on aura pris soin de faire découvrir le 20 juin, la valise de Quémeneur, dans laquelle on trouve, ô surprise ! un exemplaire de la promesse, ainsi qu’un autre de celle du meunier Le Verge, afin que l’on constate que les mentions manuscrites ont été décalquées l’une sur l’autre.

Afin de préciser ma pensée, s’il en est besoin, voici ce que j’écrivais il y a deux ans sur un autre forum où les messages ne sont plus consultables :

Sans la promesse de vente et la machine à écrire, la condamnation de Guillaume Seznec n’aurait pu être obtenue. C’est dire l’importance de ces éléments qui demeurent, quatre-vingts ans après, les seuls que l’on puisse encore étudier, tout le reste, malheureusement, n’est plus que littérature.

Les deux exemplaires de la promesse de vente qui ont été soumis aux experts après l’inculpation de Guillaume Seznec peuvent avoir été "forgés" à trois époques distinctes, dans l’ordre chronologique :

 Antérieurement au 22 mai 1923 (ils auraient alors été signés authentiquement par Guillaume Seznec)
 Entre le 14 et le 19 juin 1923 (achat de la machine le 13, découverte de la valise le 20)
 Après le 28 juin 1923 (lorsque la police est en possession des deux exemplaires).

La première hypothèse n’a (à ma connaissance) jamais été soutenue car tous les experts ont été unanimes : l’écriture et la signature de Pierre Quémeneur sont grossièrement imitées.

Pour ma part, après y avoir longtemps réfléchi, je pense qu’il s’agit à l’origine d’une banale escroquerie. Je crois, comme Frédéric Pottecher, à la thèse de la fuite aux USA, du moins au niveau de l’intention, la suite étant une autre histoire.

Pierre Quémeneur envisage de partir, pour cela il lui faut de l’argent. Il demande à son beau-frère le remboursement des 160.000 frs qu’il lui a prêtés, celui-ci ne peut lui rendre que 60.000 (d’où la demande de prêt de 100.000 frs à sa banque). Il veut également vendre Traou-Nez, il ne trouve pas acquéreur au prix qu’il veut en obtenir. Alors il y a les dollars-or de Guillaume Seznec … et le temps presse.

Pierre Quémeneur et JP (Pouliquen) s’entendent. Peut-être est-ce ce dernier qui suggère la solution. L’amitié de Pierre Quémeneur pour Guillaume Seznec est-elle aussi sincère qu’on a voulu le croire ?

JP rédige les deux exemplaires de la promesse sur la Royal 10 n° 434080 que l’on retrouva dans le hangar de Guillaume Seznec, bien entendu après le 13 juin, car il faut au préalable apporter la preuve de son acquisition au Havre par Guillaume Seznec (le numéro fourni par Chenouard était au départ le 684604) Il imite l’écriture et la signature de Pierre Quémeneur. Le 22 mai à Brest, Guillaume Seznec signe les deux exemplaires sans se rendre compte qu’il vient de donner ses $ contre un document, de toutes façons sans valeur, qui n’en fait aucune mention.

Cette hypothèse n’est pas plus invraisemblable que celles qui ont été jusqu’à présent émises, elle a le mérite de justifier les contradictions posées par le fait que la signature de Pierre Quémeneur a été déclarée fausse et celle de Guillaume Seznec reconnue authentique par de nombreux experts et soigneusement imitée par d’autres.

Je suis bien entendu convaincu de l’innocence de Guillaume Seznec victime d’une machiavélique machination. Je pense que le trafic de Cadillac auquel devait se livrer les deux associés (?) n’était qu’un prétexte. Je n’ai pas d’idée originale sur ce que Pierre Quémeneur a pu devenir, je ne pense pas qu’il ait pu émigrer mais plutôt qu’il a été victime de son maléfique beau-frère à qui le crime a profité. On le voit dans les romans et comme la réalité dépasse toujours la fiction …pourquoi pas ?


Haut
   
 Sujet du message :
MessagePosté : 25 août 2007 12:06 
Hors ligne

Enregistré le : 30 janv. 2006 20:04
Messages : 137
Localisation : RP 95
Jean-Pierre a écrit :
Je suis bien entendu convaincu de l’innocence de Guillaume Seznec victime d’une machiavélique machination. Je pense que le trafic de Cadillac auquel devait se livrer les deux associés (?) n’était qu’un prétexte.


Cela voudrait donc dire que Pierre Quémeneur et Jean Pouliquen ont monté cette machination ensemble, dans l'hypothèse de la fuite à l'étranger.

Il est possible ensuite que par cupidité, Jean Pouliquen ait improvisé un plan machiavélique. Faire disparaitre son beau-frère et faire accuser G Seznec de l'avoir tué. Ainsi, la famille héritait immédiatement et a du être très reconnaissante envers le notaire en oubliant la dette qu'il avait envers son beau-frère.
C'est assez terrible comme scénario et fait de Jean Pouliquen un meurtrier très froid et calculateur.

Un autre scénario, moins machiavélique, peut aussi fonctionner.
Quand P Quémeneur ne donne plus signe de vie après son périple de Brest à Paris pour vendre la Cadillac, la famille s'inquiéte sérieusement à partir du 20 juin, date de découverte de la valise de P Quéméneur à la gare du Havre.
C'est probablement à ce moment là que Jean Pouliquen a la conviction que G Seznec, qu'il n'apprécie pas, a fait disparaitre son beau-frère.
Il va donc tout faire pour le rendre suspect auprès de la police, ce qu'il a parfaitement réussi.
Ensuite, les policiers fabriquent des fausses promesses de vente en s'étant procurés une machine à écrire Royal n°10 avec le n°434080 et accusent G Seznec d'être le faussaire.
Quand on lit le rapport de M Nowacsyk, expert nommé par la commission de révision lors de la dernière requête, son rapport conclut que les promesses de vente ont été tapées par deux personnes différentes sur la même machine (celle avec le n° 434080).

C'est insensé de croire que G Seznec soit l'instigateur de la disparition de P Quémeneur.
Il possédait bien des dollars or. Au moins une personne les a vus, le garçon à la terrasse d'un café où étaient attablés nos deux hommes d'affaires.
S'il voulait s'approprier Traou Nez de manière fauduleuse, éliminer P Qémeneur était la plus mauvaise façon de procéder car il savait très bien qu'il y avait le passage obligé chez le notaire en présence des deux parties. En l'absence de P Quémeneur, la vente était irréalisable.
Il ne pouvait que dans le meilleur des cas récupérer l'acompte. Pour cela, il aurait fallu impérativement indiquer son montant et la date du versement dans la promesse de vente.
Un commerçant avisé comme G Seznec n'y a même pas pensé. Etonnant quand on pense que certains le présentent comme un escroc !


Haut
   
 Sujet du message :
MessagePosté : 25 août 2007 12:40 
Hors ligne
Administrateur

Enregistré le : 14 mai 2005 16:23
Messages : 281
Localisation : belgique
jpasc95 a écrit :
Quand on lit le rapport de M Nowacsyk, expert nommé par la commission de révision lors de la dernière requête, son rapport conclut que les promesses de vente ont été tapées par deux personnes différentes sur la même machine (celle avec le n° 434080).


Elément déterminant mais curieusement non retenu...


Haut
   
 Sujet du message :
MessagePosté : 25 août 2007 12:42 
Hors ligne

Enregistré le : 30 janv. 2006 20:04
Messages : 137
Localisation : RP 95
Je me rends compte que nous nous sommes éloignés du sujet prinicpal qui était Loïc le Ribault et le télégramme du Havre.
Désolé pour ce dérapage.

Je voudrais apporter une correction à mon message précédent.
Dans le 2eme scénario, il y a un point d'interrogation. Si Jean Pouliquen est l'instigateur des fausses promesses de vente, il a fallu qi'il agisse au plus tard le 13 juin.
Je m'interroge depuis longtemps sur le soi disant achat de la Royale n°10 dans la boutique de M Chenouard. Je m'étonne que ce dernier n'ait pas été en mesure de fournir un duplicata de la facture concernant l'achat de cete machine avce le n°434080.
Et si cétait juste une invention des policiers pour faire croire que G Seznec n'est pas venu au Havre uniquement pour soi disant envoyer un faux télégramme mais aussi en même temps acheter la machine à écrire ?


Haut
   
 Sujet du message :
MessagePosté : 25 août 2007 15:29 
Hors ligne

Enregistré le : 17 juil. 2007 20:19
Messages : 463
Localisation : finistère
Hors sujet aussi...désolé... à déplacer svp......pour mémoire: Pouliquen gagna son procès en diffamation.....

La famille Quéméneur est inquiète dès le 29 mai jour de mariage d’une nièce, de plus son frère avait pour habitudes de donner des nouvelles et de laisser suffisamment d'argent à la bonne marche du foyer. Ni tenant plus Jenny se rend à Morlaix le 4 juin où pour toute réponse elle devra se contenter d’un : « Il est peut-être en Amérique !… parti faire fortune !! ». Le 10 juin Pouliquen, en compagnie de Louis Quéméneur, s’en va à la scierie et il l’écrira plus tard ‘déjà convaincu que Seznec ne dit pas tout’. Ils passeront cette journée ensemble à Morlaix puis à Rennes. N’oublions pas que le notaire fut clerc à Chateaulin avant son installation à Pont Labbé, il n’est pas invraisemblable de penser qu’il connaissait la réputation du maître de scierie, un peu jaloux de l’influence du morlaisien il mettra en garde son beau-frère, dans une de ses lettre à Campion il parlera ‘des voitures laissées la nuit dans des fermes isolées’, cela ressemble étrangement aux cadillacs, remisées à Ploeven en 1919. Ces voitures achetées par Seznec aux Champs de Mars, sans doutes issues (volées ?) du camp de Montoire, pourquoi pas par un crochet par Sion les Mines, (le docteur Daguin nous apprend que Seznec fréquentait le secteur après guerre) seront revendues. Dans cette affaire un non-lieu sera rendu, vraisemblablement, sommes-nous là au cœur du futur scandale des stocks..de 1922...(!)


Haut
   
 Sujet du message :
MessagePosté : 25 août 2007 18:58 
Hors ligne

Enregistré le : 19 mai 2005 19:47
Messages : 233
Difficile de rester sur le même sujet car les choses s’enchaînent et se tiennent. Nous dérapons maintenant sur le trafic des cadillacs. Cela n’a pas d’importance. Seznec, on le sait, était prêt à acheter tout ce qui pouvait lui permettre de gagner de l’argent. Il pouvait sans problème aller des faux-cols à la scierie en passant par le commerce de cycles et la blanchisserie. Il est plus que probable que dans l’épisode que relate Bernez Rouz et qui se termine par un non-lieu, Seznec avait acheté et revendu des voitures volées. Il était donc aussi receleur. Cela prouve aussi qu’il connaissait bien le problème du trafic de cadillacs et qu’il s’y était intéressé à la bonne période, c’est à dire avant la fermeture des parcs. Cela ne veut pas dire qu’il ait été l’instigateur de la filière vers la Russie. Si cette idée a été choisie c’est parce qu’elle permettait de "mouiller" Seznec : c’était lui le spécialiste, donc c’était lui qui avait entraîné Quémeneur dans cette aventure invraisemblable. Mais Seznec savait très bien qu’il n’y avait plus grand-chose à attendre de ce trafic. Il fallait donc trouver quelque chose de plus convaincant : le rachat à prix d’or par les USA de toutes les voitures vendues au gouvernement français pour les acheminer vers la Russie. Ceci est évidemment complètement absurde, pourquoi le gouvernement américain aurait-il racheter comptant, à un prix exorbitant, des voitures vendues à crédit, puisque l’on sait que la dette des stocks ne sera éteinte qu’en 1963 ! Seznec y a-t-il cru ? Je pense que ce qui a pu le décider à faire le voyage à Paris c’est la perspective de peut-être pouvoir revendre sa voiture 30.000 francs, éteindre la dette qu’il avait toujours envers Quémeneur et,en plus,réaliser un bénéfice.

Seznec n’était pas exempt de tout reproche, loin de là. Son "arrivisme" et ses difficultés financières l’amenaient à être peu regardant sur les moyens utilisés. Jusqu’au crime ? dans lequel il aurait atteint les sommets de la maladresse et de la stupidité ? Je ne le crois pas. A mon avis il a été choisi, d’abord parce qu’il avait des dollars-or (du moins on le disait) et qu’il représentait le "pigeon" idéal que l'on pouvait facilement compromettre. L’amitié récente (1922), surprenante et trop voyante entre deux hommes que tout séparait, pour moi, n’avait pas d’autre motif que l'appropriation de ses fameux dollars, non pour la somme qu'ils représentaient, mais pour la facilité de leur négociation en tous lieux .


Haut
   
 Sujet du message :
MessagePosté : 25 août 2007 19:06 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur

Enregistré le : 12 mars 2005 23:41
Messages : 127
Effectivement, messieurs, si vous déviez ce n'est pas très grave....
je recentrerai les messages par thèmes au besoin, ne vous inquietez pas.


Haut
   
 Sujet du message : Luria et la Guaranty-Trust
MessagePosté : 19 janv. 2008 16:44 
Hors ligne

Enregistré le : 19 janv. 2008 13:05
Messages : 20
Il ne faut pas toujours porter crédit sérieux aux âneries qui sont écrites. Quand je lis que Monsieur Luria était le chef du personnel de la Guaranty-Trust, je suis stupéfaite ! j'aimerais bien que celui qui a écrit ça, nous dise où il l'a trouvé ! A votre avis, pourquoi un monsieur Luria qui habite Paris et travaille à la Guaranty-Trust Paris, connaîtrait-il se qui se passe sur la Guaranty-Trust Le Havre ? On ne sait pas, alors on dit qu'il est chef du personnel et ça coupe court à tout !
Comme dans tout ce qui est dit contre Guillaume. On parle de A, et on répond sur C en laissant supposer que les gens auront bien compris qu'il y a une relation par B. Or, c'est complètement faux. Qu'on vienne ici me prouver que Luria était le chef du personnel de la Guarant-Trust.
J'attends.

Je dois avouer que j'ai quand même pas mal ri en lisant le livre de G. Penaud... mais il ne m'a absolument rien appris, si ce n'est que de m'avoir donné confirmation de tromperies et de magouilles par rapport à ce dossier.

Et on a envoyé un homme au bagne pour ça ! on croit rêver.

Guillaume Seznec, quoi qu'il fut, n'est jamais allé au Havre et n'a jamais fait de fausses promesses de vente.

Il y en a qui disent "bein oui, alors pourquoi a-t-il affirmé qu'il reconnaissait sa promesse de vente ?"

Il a tout simplement reconnu SA promesse de vente, c'est à dire qu'il a affirmé avoir signé une promesse de vente avec Pierre Quéméner, mais il n'a pas dit que c'était ce document-là.

A plus tard, je continue de vous lire

:wink:


Haut
   
Afficher les messages postés depuis :  Trier par  
Poster un nouveau sujet  Répondre au sujet  [ 23 messages ]  Aller à la page Précédente 1 2

Heures au format UTC+02:00


Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum : Aucun utilisateur enregistré et 1 invité


Vous ne pouvez pas poster de nouveaux sujets
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets
Vous ne pouvez pas modifier vos messages
Vous ne pouvez pas supprimer vos messages
Vous ne pouvez pas joindre des fichiers

Rechercher :
Aller à :  
cron
Développé par phpBB® Forum Software © phpBB Limited
Traduit par phpBB-fr.com