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 Sujet du message : la promesse de vente
MessagePosté : 29 mai 2005 12:16 
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Bonjour Jean-Pierre,

J'ai pris connaissance avec intérêt de votre théorie que je résume ici pour ceux qui ne la connaissent pas :

Seznec aurait été victime d'une machination ourdie par Pierre Quemeneur et son beau-frère Jean Pouliquen. Les deux individus fabriquent une fausse promesse de vente où l'on trouve la fausse signature de Quemeneur (obtenue par décalque). Quemeneur fait signer par Seznec ce document et empoche les 65 000 dollars-or. Il disparaît alors volontairement. Pouliquen fait ouvrir une enquête afin que la Justice prouve que Seznec a fait disparaître Quemeneur. La famille Quemeneur garde ainsi la propriété de Traou-nez. Seznec est condamné : la machine à écrire ayant servi à l'établissement de l'acte de vente est déposée chez lui et les experts démontrent que la signature de Seznec est authentique et celle de Quemeneur fausse.

C'est une hypothèse séduisante et même lumineuse. Cependant, je me permets de faire plusieurs remarques :
1. Tous les experts sont formels : la signature de Quemeneur est un faux obtenu par calque. Pour la signature de seznec, les experts me semblent plus partagés : certains ont affirmé qu'il s'agissait bien de la signature de Seznec. D'autres pensent qu'il s'agit aussi d'une signature obtenue par décalque.
2. Que deviennent dès lors les témoins de survie? Se sont-ils trompés ou bien Quemeneur a-t-il pris le risque de se montrer?
3. Quel fut le rôle de la Sûreté générale? A-t-elle participé à la machination?
4. N'était-ce pas trop risqué de faire disparaître Seznec via la Justice? Pourquoi ne pas l'avoir fait tué par des maradeurs par exemple qui se serait également emparé de l'exemplaire de la promesse de vente?


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MessagePosté : 31 mai 2005 0:06 
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Bonsoir Chantal, Bonsoir Jack et bien sûr bonsoir LouisFrançois,

Je suis très content car je constate que le forum s'anime sur l'affaire Seznec. Effectivement les deux livres à lire impérativement sont "Nous les Seznec" par Denis Seznec et "l'affaire Seznec" par Denis Langlois. Les lire n'est d'ailleurs pas suffisant, il faut les relire ! et bien plus encore. Dans les grandes lignes, pas de différences, seulement sur des points de détails. Mais le sujet est traité différemment. Celui de Denis Seznec, fort bien écrit, est une contre-enquête à laquelle il a consacré sa vie. Celui de Denis Langlois est un roman, mais qui s'appuie sur le dossier de l'affaire sans jamais s'en écarter. Denis Langlois s'adresse à Guillaume Seznec, il le tutoie avec une infinie sympathie, c'est très émouvant, chaleureux. A noter qu'un téléfilm, dont le DVD se trouve maintenant dans le commerce, a été tiré du livre de Denis Langlois, en 1993, par Yves Boisset. Quelques libertés sont prises avec le livre, sinon la durée serait excessive, mais il y a aussi quelques prises de positions, auxquelles j'adhère totalement, qui n'apparaissent pas dans le livre lequel reste prudent. Bien entendu ces deux livres, bien que cela ne soit pas expressément dit dans celui de Denis Langlois, sont favorables (et même plus) à la thèse de l'innocence de Guillaume Seznec.

Un conseil, pendant qu'il en est encore temps, C'est Denis Seznec qui le dit dans son livre : l'affaire Seznec rend fou, lorsque vous vous y intéressez cela tourne à l'obsession, il faut à tout prix trouver la solution. Inutile de vous dire que pour moi c'est trop tard !

Dans son dernier message LouisFrançois a formulé quatre remarques relatives à l'hypothèse que j'ai exposée. Je vais lui répondre dans l'ordre, mais pour ce soir me limiter à la première.

1) - L'expertise des promesses de vente.
A ma connaissance, les compte-rendus des différents experts n'ont jamais été communiquées au public. Ce que nous en connaissons figure dans les deux livres indiqués ci-dessus. Alors je m'en tiendrais au compte-rendu de Madame Anzani du 11 avril dernier. Unanimité en ce qui concerne les mentions manuscrites de Quémeneur, elles sont fausses et obtenues par décalque. Les premiers experts y ont trouvé des similitudes avec l'écriture de Guillaume Seznec. Par contre ils n'ont pas analysé la signature de Guillaume Seznec car celui-ci les avait reconnu pour authentiques. Les derniers experts commis sont formels : il n'y a pas de doute, la signature de Guillaume Seznec est bien la sienne. Donc l'alternative est : ou bien Guillaume Seznec a signé des documents qui étaient déja des faux ou bien c'est lui qui les a forgés. Ma faveur, vous vous en doutez va à la première hypothèse sinon je n'interviendrais pas dans ce forum !


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MessagePosté : 01 juin 2005 9:06 
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Sur les expertises en écriture, il faut différencier les expertises officielles (sur les pièces originales) des expertises officieuses (sur des photocopies).
Les experts officieux comme Le Ribault ou Buquet ont conclu que Seznec était totalement étranger à la confection des faux. On notera cependant que l'expert Buquet avait désigné Christine Villemin comme étant l'auteur des lettres du corbeau...
Les avocats actuels de Seznec pensent aussi que Seznec a pu aposer sa signature sur les promesses de vente comme Maître Bredin l'a déclaré un jour à un journaliste suite aux dernières expertises qui n'étaient pas favorables.
L'hypothèse de Jean-Pierre est digne d'intérêt. Mais on peut peut-être expliquer autrement que Seznec ait réellement signé ces documents. Imaginons que les promesses de vente sont authentiques. Quemeneur et Seznec les signent. La police rentrent en possession de ces deux documents. Les policiers imaginent alors d'en construire des faux mais qui sont à première vue identiques. J'imagne qu'il a été demandé à Seznec des exemples de son écriture et des exemples de sa signature. On lui fait signer des feuilles blanches (signez ici en haut puis sur une autre, signez en bas,...). La Sûreté se retrouve avec la signature Seznec en bas d'une feuille vierge. On reproduit très exactement les termes de la vraie promesse de vente puis on place la fausse signature de Quemeneur. Les experts sont formels par la suite : la siganture Quemeneur est fausse et la signature Seznec est authentique. Seznec lui n'aura vu que du feu vu que le faux fabriqué pour l'accuser était exactement pareil à l'original authentique. (j'espère que l'on me suit :lol:)


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MessagePosté : 04 juin 2005 23:10 
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François Le Her, je n'ai pas grand'chose à dire à son sujet. Sinon qu'en dépit de ce que l'on sait de lui, je pense qu'il est un témoin crédible, son témoignage "sonne" juste et je ne vois pas l'intérêt qu'il aurait eu à faire un faux témoignage, bien au contraire. Il me paraît, par ailleurs évident qu'il n'a pas dit tout ce qu'il savait ou avait appris ultérieurement, car dans cette affaire, la plupart des protagonistes sont bretons, tout le monde se connaît et tout finit par se savoir mais ne se divulgue pas.
Quant à Denis Le Her-Seznec, il se sent certainement plus Seznec que Le Her et je le comprends, pas vous ?

Puisque je suis à mon clavier je vais dire deux mots sur la question n° 1 de LouisFrançois, c'est à dire les fausses promesses de vente. On ne peut pas exclure totalement l'hypothèse, qu'à celle trouvée dans la valise de Pierre Quémeneur et celle remise par Guillaume Seznec, la Sûreté ait substitué des faux qu'elle aurait confectionnés. Cette idée est par ailleurs émise par le Cercle Celtique qui prétend que les papiers auraient été présentés à l'envers à Guillaume Seznec et que les mentions manuscrites sont disproportionnées par rapport au texte dactylographié. Personnellement je n'y crois pas trop, pour deux raisons. Les experts actuels disposent de moyens techniques que ceux de 1923 n'avaient pas et je ne pense pas qu'ils se laisseraient abuser par des ruses datant de quatre vingts ans. Par ailleurs la Sûreté n'est en principe saisie de l'affaire que le 12 juin. Or les premières preuves de la machination, c'est à dire le soit-disant achat de la machine à écrire, le télégramme, les témoins, sont du lendemain 13 juin. Cela me paraît un peut court comme délai pour concevoir un tel plan ou bien implique une complicité avec Pouliquen, bien antérieure à cette date et la certitude que Pierre Quémeneur ne reviendra pas. Qu'en pensez-vous ? (ne pas perdre de vue que Loïc Le Ribault a attribué à Pouliquen la confection des fausses promesses, du télégramme du Havre et de la fameuse lettre adressée à Mme Petit-Jacques en 1926).


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MessagePosté : 05 juin 2005 10:51 
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On trouvera ici la thèse du faux par le cercle celtique pour ceux que cela intéresse :
*************************
Comment fait-on des faux par décalque ?
Le faussaire peut calquer en appuyant le modèle et le papier à remplir superposés contre une vitre. Dans ce cas, la station debout du scripteur et la position verticale de la feuille amènent une extrême irrégularité de l'écriture qui trahit aussitôt la forgerie. Il peut aussi se servir de l'appareil à retourhces des photographes, c'est-à-dire d'une plaque de verre commodément oblique, sous laquelle est une lampe électrique : les conditions sont alors optimes. Mais il arrive habituellement que le forgeur n'a pas à sa disposition un texte authentique, où il retrouve tous les mots dont il a besoin. Il doit procéder alors à la fabrication préalable d'un modèle par découpage, en prenant ça et là, parfois sur des textes de dates très différentes, les membres de phrases ou les mots utiles. Quand les mots manquent, il les reconstituent par juxtaposition de lettres. Les découpures sont collées. Mais l'inégalité de surface qui résulte du collage incite certain faussaire à photographier le document ainsi obtenu, ou même à le lithographier.
SUITE Faux par décalque

Franchement Guillaume, on aura tout vu et tout entendu ici !! Non seulement tu fais tout ce qu'il faut pour te faire remarquer avec ta machine (sic) dans le train, chez Chenouard, à la gare, et tu nous fais ça à deux semaines d'intervalle, et tu t'amuse à faire des faux par décalque (c'est bien le mot qu'ils ont employé, hein ?) mais en ne copiant pas les deux promesses sur la même base...
Si vous agrandissez comme nous en avons déjà parlé dans les pages antérieures, les deux actes, et que vous essayez de superposer les phrases manuscrites, vous verrez qu'elles ne correspondent pas.

Ce qui prouve bien que ces deux documents ont été faits à des dates différentes et avec très probablement, chaque vrai original pour base -et c'est la raison pour laquelle il n'y a pas les mêmes graphies.
Les vrais faux ont été faits au fur et à mesure de leur découverte et très probablement, le premier fut celui "trouvé" en gare du Havre dans la valise (en réalité, et suivant notre thèse à ce sujet, document pris à Landerneau par la belle-famille de Pierre Quemener le week-end du 27/28 mai 1923)et l'autre celui donné par Marie Jeanne Seznec, pendant la pseudo-enquête, quelques jours avant l'arrestation (définitive)de Guillaume.

La disproportion des trois lignes (groupes de mots composant les 3 lignes au bas de chaque acte) par rapport à l'écriture normale de P. Quemener et G. Seznec, donne à penser qu'il y a eu d'abord une re-composition des phrases par groupes de mots, calquée à partir des vrais actes, puis photographié et agrandie sur laquelle on a refait chaque acte avec chaque base placée sur une plaque de verre éclairée par le dessous. Méthode expliquée à gauche.
Un document très intéressant avait d'ailleurs été trouvé et saisi lors d'une perquisiton en date du 29 juin 1923 à Ker-Abri, domicile du "disparu". Il s'agit d'un prospectus de l'Almanach du Blé de l'année 1923 sur lequel des essais d'imitation d'écriture (mot Landerneau presque identique à celui du télégramme et des promesses de vente)et de signature (Quemener); ce qui prouve bien qu'à la Sûreté on savait très bien et ce, dès le début, que Guillaume Seznec était étranger à ces faux et qu'il ne pouvait s'agir que de quelqu'un de très proche du Conseiller général, voire sa propre famille qui avait un accès à la maison (ce qui confirme par ailleurs notre thèse)


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MessagePosté : 11 juin 2005 17:41 
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Pouliquen et Quémeneur auraient pu organiser le complot décrit par Jean-Pierre. Mais ils devaient avoir des complices obligatoirement. Il fallait en effet fabriquer des faux, envoyer un homme au Havre pour le télégramme et l'achat de la machine, déposer la machine chez Seznec. Je reste convaincu que les mieux placés pour réaliser ce coup étaient les membres de la Sûreté. Surtout qu'ils fallaient de faux témoins accusant Seznec.


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MessagePosté : 03 juil. 2005 11:16 
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Le laboratoire de police scientifique de la gendarmerie vient d'affirmer que le promesses de vente avaient été fabriquées par deux scripteurs différents. C'est un élément important favorable à Seznec.

Je suis d'accord avec Jean-Pierre : la machine retrouvée chez Seznec est celle qui a servi à fabriquer les faux. Mais il est tout à fait invraisemblable que Seznec ait gardé chez lui cette pièce qui précipita sa perte. Surtout qu'il a fallu aux policiers une troisième perquisition pour mettre la main sur la machine.


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MessagePosté : 20 déc. 2006 11:42 
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Je suis d'accord avec Gihel : le faux attribué à Seznec ne faisait pas de lui automatiquement le propriétaire de la maison dont il est question. C'est une chose que Seznec savait.

Le pire c'est qu'il a été condamné uniquement sur ce faux puisqu'il n'existait pas ou presque pas d'autres éléments à charge.

De plus, Seznec n'aurait jamais été assez fou pour garder chez lui cette machine à écrire.


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MessagePosté : 20 déc. 2006 23:02 
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Si c'est Seznec qui a fait le faux de la promesse de vente et que Mr Quémeneur n'avait pas disparu. Il aurait pu le dire et mettre son véto quand à la transaction.
Donc il faut que Mr Quémeneur meurt pour que personne ne puisse contredire cette promesse de vente.
Ce qui ne le rend pas obligatoirement le propriétaire

Donc à part la possession d'un bien immobilier en quoi la maison de Mr Quémeneur aurait été bénéfique à Mr SEZNEC?

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grruuuuuuiiiiiiiiiiiccccccckkkkkkkkkkk


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MessagePosté : 21 déc. 2006 3:40 
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A partir du moment ou Seznec donne la promesse de vente aux enquêteurs, il est difficile d'imaginer que c'est un faux. Le faux, il aurait tenté de le donner au notaire...


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MessagePosté : 21 déc. 2006 8:39 
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Gihel a écrit :
A partir du moment ou Seznec donne la promesse de vente aux enquêteurs, il est difficile d'imaginer que c'est un faux. Le faux, il aurait tenté de le donner au notaire...


non G Seznec n'a rien donné au notaire.

Lorsque l'on retrouve la valise de P Queméneur le 20 juin au Havre, il y figure un exemplaire de promesse de vente signé des deux parties.

Me Pouliquen le lit et est persuadé que ce n'est pas l'écriture de son beau frère P Quéméneur. Il accuse dés lors G Seznec d'avoir fabriqué un faux.
C'est le notaire qui va alors donner l'impulsion aux enquêteurs que c'est Seznec qui s'est débarassé de Quéméneur pour s'emparer de la propriété de Plourivo.

Le rôle de Pouliquen est trouble. Un expert Loïc le Ribault a attribué la rédaction du télégramme du Havre du 13 juin à l'écriture de Pouliquen !

Et puis, une chose importante. La famille de P Quéméneur est probablement meurtrie par la disparition du conseiller général mais elle s'inquiète également de ce qui va advenir des biens de P Quéméneur, en un mot comment va se dérouler la succession.
En cas de disparition, point de succession avant 30 ans. Par contre, en cas de mort, la succession est immédiate.

Dés lors, on comprend mieux l'attitude de Me Pouliquen et son acharnement contre G Seznec.


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MessagePosté : 22 déc. 2006 23:36 
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jpasc95 a écrit :
Voilà c'est absolument atterrant.
Nous avons deux témoins, Ms François Moutel et Achille Pierre expiquent clairement qu'ils ont vu dans la gare du Havre un type qui ne correspond pas au signalement de G Seznec et le rédacteur en chef de la cour de cass trouve le moyen d'écrire qu'il est faux de dire que les témoins ont vu un type autre que G Seznec !

Pas du tout. Il est dit qu'il est "inexact d'affirmer que ces trois témoins ont déclaré avoir vu un homme, autre que Seznec, couché sur la valise de Quéméneur, avant qu'il n'abandonne ce bagage". L'homme était bien autre que Seznec, mais contrairement à ce qu'avance la requête, les témoins n'ont pas vu l'inconnu couché sur la valise de Quéméneur. Il était couché sur une valise qui n'a pas été abandonnée ; l'autre valise (celle de Quéméneur) était sous un banc voisin. Elle semblait lui appartenir sans qu'on puisse en être sûr. Ce qui est sûr, c'est qu'il n'est pas parti avec.

Il est évident que, s'il avait voulu abandonner discrètement cette valise afin qu'elle soit récupérée par les agents de la gare et confiée à la police, il aurait évité de s'endormir à proximité. Il était souhaitable de ne pas trop traîner dans les lieux. Je suppose donc que l'homme aperçu endormi sur sa valise n'a strictement rien à voir avec la valise de Quéméneur et avec l'affaire.

jpasc95 a écrit :
donc en clair, il s'agit de dire dans une sorte de circonvolution que c'est Seznec qu'ils ont vu et personne d'autre !
Proprement incroyable.

Ça, c'est ce que vous avez cru lire. Il est parfaitement admis que cet homme n'était probablement pas Seznec.

En réalité, la requête affirmait que trois témoins avaient vu un homme autre que Seznec couché sur la valise de Quéméneur. L'arrêt rappelait qu'un seul de ces trois témoins avait vu l'homme en question, et qu'il n'était pas couché sur la valise de Quéméneur.

jpasc95 a écrit :
Et pour conclure, nos magistrats chéris donnent un certain crédit à un témoin, M Lesbats, qui a aperçu à une centaine de mètres un type dont la physionomie et l'attitude ressemblaient à celles de G Seznec et qui en plus portait une valise.
Rendez vous compte, un type qui portait une valise à l'approche d'une gare, il y a de quoi être troublé et de s'attarder sur sa physionomie ! Il était à cent mètres, il n'a donc probablement pas vu le visage mais c'est pas grave.

Il n'est pas dit que Lesbats était à 100 mètres de l'homme en question. L'homme était à 100 mètres de la gare, mais Lesbats était peut-être à 10 mètres de lui. Il n'est pas dit que Lesbats était dans la gare.


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MessagePosté : 23 déc. 2006 10:16 
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Marc D,

A mon avis vous vous fourvoyez...
Je maintiens les raisonnements que j'ai faits et que vous avez repris.

Pour ce qui est des témoignages de M Montel et Pierre, l'accusation était certaine que G Seznec est allé au Havre le 13 pour envoyer le faux télégramme et aussi le 20 pour se débarasser de la valise.
Elle a toujours pensé qu'il avait agi seul, pour tuer G Seznec et s'approprier la propriété de Plourivo.
Donc, qui d'autre que G Seznec a pu se débarasser de la valise de P Quéméneur au Havre ?

Et vous venez nous dire "Il est parfaitement admis que cet homme n'était probablement pas Seznec."
d'ailleurs, notons au passage le "parfaitement admis" et "probablement".
qu'est ce qui annule l'autre ? le parfaitement admis ou le probablement ?
C'est exactement le contraire de ce que veut suggérer insidieusement l'arrêt de la cour de cassation en écrivant "Attendu qu'il est donc inexact d'affirmer que ces trois témoins ont déclaré avoir vu un homme, autre que Seznec, couché sur la valise de Quéméneur, avant qu'il n'abandonne ce bagage"

en d'auttres termes, la cour dit que ces 3 témoins n'ont jamais affirmé avoir vu un homme autre que Seznec alors qu'ils donnent (Montel et Pierre) une decription physique qui n'a pourtant rien à voir avec G Seznec.

Ca c'est un raisonnement extrêmement vicelard !

L'accusation à l'époque a affaibli tous les témoignages à décharge en les tournant en faveur de l'accusation. Procédé classique, que l'on retrouvera dans d'autres affaires.

Et malheureusement, la cour de cassation raisone exactement comme les policiers en 1923.

Vous reprenez la chose suivante :
"Il n'est pas dit que Lesbats était à 100 mètres de l'homme en question. L'homme était à 100 mètres de la gare, mais Lesbats était peut-être à 10 mètres de lui. Il n'est pas dit que Lesbats était dans la gare."

Voilà le genre de raisonnement que je retrouve souvent chez vous et qui me gêne, je l'avoue: Aucune preuve de ce qu'il avance mais introduit un doute toujours dans le sens défavorable de l'accusé bien sûr.
Si cela s'était produit comme vous le dites, alors le témoin aurait parlé de son visage et non pas de sa physionomie et de son allure. Je vous rappelle que G Seznec avait des cicatrices sur le visage qui se voyaient surtout si on se trouve à 10 mètres de lui ! et beaucoup moins si l'on se trouve à 100 mères forcément !
C'était bien le cas de M Lesbats, il n'a pu que parler de la physionomie et l'allure parce qu'il était à une centaine de mètres d'un individu qui pouvait peut-être ressembler à G Seznec.

Pour ce qui est des 15 000 francs dus par G Seznec à P Quéméneur, rassurez vous, le conseiller général était un homme d'affaires avisé et il aurait très bien su récupérer cette somme un jour ou l'autre.
D'ailleurs, il avait la Cadillac en gage, donc il n'était pas perdant.
Mais je vous rappelle aussi qu'ils étaient amis. Entre amis, il arrive que l'on se fasse des fleurs, non ? sinon, à quoi ça servirait les amis ?

Quant à la bonne, Angèle Labigou, elle ne s'est jamais plainte et n'a jamais regretté d'avoir prêté une somme d'argent à G Seznec. Elle l'a expliqué très simplement et très sincèrement lors du procès.

D'autre part, je constate que vous passez sur l'argument clé de l'invraisemblance de l'accusation.
G Seznec savait pertinemment que s'il tuait P Quéméneur, il lui était alors impossible de devenir propriétaire car il y avait le passage obligé chez le notaire avec le vendeur.
Dés lors, il devenait totalement ridicule, après avoir tué soi disant P Quéméneur, d'aller au Havre pour envoyer un faux télégramme, et d'acheter une machine à écrire toujours au Havre pour faire des fausses promesses de vente.
De garder ensuite cette machine chez soi, qui sera découverte au bout de la 3eme perquisition ! Ce jour là, les policiers sont allés droit au but !
Je vous rappelle que le flic pourri qu'était Bonny a avoué à plusieurs personnes dont son propre fils qui l'écrira dans son livre, qu'il avait fabriqué des preuves pour accabler G Seznec.

Marc D écrit,
"Egalement, la fausse promesse de vente contient de nombreuses fautes d'orthographe qui ne sont pas tellement compatibles avec les auteurs présumés selon certains, à savoir l'inspecteur Bonny, secrétaire du commissaire Vidal, et le notaire Pouliquen"

Vous semblez suggérer à mots voilés que les fautes d'ortographe ne peuvent avoir été commises que par Seznec.
Vous avez déjà lu des lettres de Bonny et de Pouliquen ?
moi non.
Par contre, j'ai lu la fausse promesse de vente attribuée à G Seznec par l'accusation que vous soutenez et je n'y vois pas de nombreuses fautes d'ortographe. D'où tenez vous l'existence de ces fameuses fautes d'orthographe, dont vous parlez?
Par contre, une chose troublante. On retrouvera dans le bureau de P Quéméneur un prospectus pour l'Almanach du blé saisi le 29 juin 1923.
il y est écrit Landerneau et l'on voit la signature de P Quéméneur. Manifestement, quelqu'un a essayé d'imiter son écriture.
est ce que G Seznec avait accès au bureau de P Quéméneur ? non !
Ca ne peut donc qu'être un proche de la famille qui vivait dans sa propriété à Landerneau. Pouliquen en faisait partie.
Une expertise du Bénélux en 1991 le confirmera. Les faux et ces essais proviennent du même faussaire et ils ne sont pas attribués à G Seznec.


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MessagePosté : 23 déc. 2006 22:15 
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jpasc95 a écrit :
Marc D,

A mon avis vous vous fourvoyez...

A moins que ce ne soit vous.

jpasc95 a écrit :
Je maintiens les raisonnements que j'ai faits et que vous avez repris.

Raisonnements qui tronquaient des phrases de l'arrêt et en inversaient le sens.

jpasc95 a écrit :
Pour ce qui est des témoignages de M Montel et Pierre, l'accusation était certaine que G Seznec est allé au Havre le 13 pour envoyer le faux télégramme et aussi le 20 pour se débarasser de la valise.
Elle a toujours pensé qu'il avait agi seul, pour tuer G Seznec et s'approprier la propriété de Plourivo.
Donc, qui d'autre que G Seznec a pu se débarasser de la valise de P Quéméneur au Havre ?

Personne d'autre. L'homme aperçu ne s'est pas débarrassé de la valise. Il n'y a donc aucun souci avec le fait que cet homme ne ressemblait pas à Seznec.

jpasc95 a écrit :
Et vous venez nous dire "Il est parfaitement admis que cet homme n'était probablement pas Seznec."
d'ailleurs, notons au passage le "parfaitement admis" et "probablement".
qu'est ce qui annule l'autre ? le parfaitement admis ou le probablement ?

Il n'y a aucune annulation. Par exemple, j'admets parfaitement que l'homme que j'ai croisé dans mon couloir n'était probablement pas mon voisin. Cela veut dire que je ne m'entête pas dans l'idée contraire (que c'était mon voisin). J'admets (le "parfaitement" n'est là que pour renforcer le verbe admettre) que l'homme que j'ai croisé ne ressemble pas à mon voisin (en d'autres mots : n'est probablement pas mon voisin, bien que cela ne soit pas exclu, en raison d'un manque d'attention, ou d'un déguisement possible, etc).

jpasc95 a écrit :
C'est exactement le contraire de ce que veut suggérer insidieusement l'arrêt de la cour de cassation en écrivant "Attendu qu'il est donc inexact d'affirmer que ces trois témoins ont déclaré avoir vu un homme, autre que Seznec, couché sur la valise de Quéméneur, avant qu'il n'abandonne ce bagage"

en d'auttres termes, la cour dit que ces 3 témoins n'ont jamais affirmé avoir vu un homme autre que Seznec...


... "COUCHÉ SUR LA VALISE DE QUÉMÉNEUR." Ce sont les mots que vous persistez à négliger et qui pourtant donnent tout son sens à la phrase.

jpasc95 a écrit :
... alors qu'ils donnent (Montel et Pierre) une decription physique qui n'a pourtant rien à voir avec G Seznec.

Je suis d'accord, et la Cour de Révision aussi, je vous assure.

Reprenons la phrase : "Attendu qu'il est donc inexact d'affirmer que ces trois témoins ont déclaré avoir vu un homme, autre que Seznec, couché sur la valise de Quéméneur, avant qu'il n'abandonne ce bagage"

La Cour de Révision ne fait que contester une affirmation erronée, et par conséquent mensongère, qui se trouve dans la requête en révision. La requête prétend que les "trois témoins ont déclaré avoir vu un homme, autre que Seznec, couché sur la valise de Quéméneur, avant qu'il n'abandonne ce bagage". Or, c'est parfaitement inexact. Un seul témoin a vu un homme couché sur une valise, et ça n'était pas la valise de Quéméneur. Accessoirement, l'homme en question n'était pas Seznec, mais ça n'a strictement aucun intérêt, puisque la valise de Quéméneur n'était ni sur, ni sous son banc.

Un homme qui se couche sur sa valise pour éviter qu'on la lui vole ne met pas sa seconde valise sous un banc voisin. Il la met sous ses pieds. Cette valise n'était donc pas à lui.

En fait, la phrase de l'arrêt est une remontrance, une sévère critique de l'inexactitude de la requête sur ce point précis. Il est en effet scandaleux de présenter de telles erreurs dans une requête en révision. La même réponse mordante est faite concernant "Jean Gérard", qui aurait été entendu six fois, selon le texte de la requête, et qui s'appelait en fait Paul Jeangirard, et n'a été entendu que trois fois.

Quand on présente une requête en révision, on devrait commencer par s'assurer que le texte de la demande ne contient pas des erreurs aussi grossières, ni des exagérations et extrapolations comme le point concernant l'homme couché sur la valise.


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MessagePosté : 23 déc. 2006 22:36 
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jpasc95 a écrit :
Vous reprenez la chose suivante :
"Il n'est pas dit que Lesbats était à 100 mètres de l'homme en question. L'homme était à 100 mètres de la gare, mais Lesbats était peut-être à 10 mètres de lui. Il n'est pas dit que Lesbats était dans la gare."

Voilà le genre de raisonnement que je retrouve souvent chez vous et qui me gêne, je l'avoue: Aucune preuve de ce qu'il avance mais introduit un doute toujours dans le sens défavorable de l'accusé bien sûr.
Si cela s'était produit comme vous le dites, alors le témoin aurait parlé de son visage et non pas de sa physionomie et de son allure. Je vous rappelle que G Seznec avait des cicatrices sur le visage qui se voyaient surtout si on se trouve à 10 mètres de lui ! et beaucoup moins si l'on se trouve à 100 mères forcément !
C'était bien le cas de M Lesbats, il n'a pu que parler de la physionomie et l'allure parce qu'il était à une centaine de mètres d'un individu qui pouvait peut-être ressembler à G Seznec.

Je dis qu'il pouvait se trouver à 10 mètres, mais il pouvait aussi se trouver à 100 mètres, c'est un fait. Il pouvait aussi se trouver à 10 kilomètres ou sur un autre continent. Le fait est que le texte ne précise pas où il se trouvait... Mais, d'après ce que dit le témoin, on peut déduire qu'il n'était certainement pas à 100 mètres. La physionomie, ça n'est pas la silhouette : c'est le visage. Un physionomiste n'est pas un spécialiste en silhouettes. Seznec avait une bonne tête de paysan breton (quoiqu'il aurait pu passer pour normand, également), avec une oreille plus décollée que l'autre, et un visage émacié. Il n'avait pas une physionomie ordinaire. Jean Lesbats, douanier au Havre (le genre d'homme extrêmement entraîné à repérer les types louches) a reconnu plus tard Seznec comme étant son bonhomme. C'est donc qu'il l'avait vu à 40 mètres tout au plus. En fait, les 10 mètres dont je parlais sont peut-être plus proches de la vérité. 10 mètres, ça n'est pas si près que ça, mais ça reste une distance excellente pour observer un visage.


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