Luc Tangorre

Coupable ou innocent à tout prix ?
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MessagePosté : 21 nov. 2009 21:49 
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Je vous prie de trouver sur ce fil cet autre point de vue émanant de l'un des témoins de moralité intervenus au procès de Luc Tangorre en février 1988 à Nîmes.

J'ajoute que cet homme, aujourdh'hui âgé et usé, a largement tendu la main à Luc Tangorre après sa sortie, notamment en lui apportant son soutien logistique et financier le 1er septembre 2000 pour déménager ses effets personnels.

En offrant une moto "Honda shadow 600" qui permit à Luc Tangorre de se déplacer et de travailler en 2000 et 2001.

Bien qu'il peine à se mêler aux techniques de communication nouvelles, la lettre qu'il vient de rédiger le 14 novembre 2009 redit sa perception des choses

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Lettre de Jean-Marie BIOCHE adressée à Luc Tangorre en date du 14 novembre 2009 :


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2009 11 14 vérité et réalité…


Cher Luc

La pratique de la justice montre que le légal n’est pas forcément le moral (exemple le plus célèbre la condamnation de Jésus par tout le gratin social et religieux de l’époque), de même que la vérité de l’intime conviction n’a rien à voir parfois avec la réalité à qui elle tord le cou à grand renforts de verbiage et d’intimidation comme à OUTREAU … ou dans ton cas. Le président SARKOZY a au moins été bien inspiré quand tout cela lui a inspiré de dire « il faut en finir avec le culte de la parole » à propos de l’avenir du juge d’instruction…

Une lettre comme celle-ci ne coule pas de ma cervelle comme l’eau du robinet … elle m’a requis plusieurs heures alors que je ne vais plus que comme escargot maladroit, craintif mais persévérant. Dès que le harcèlement surgit d’un évènement, je rentre dans ma coquille y attendre le calme pour continuer mon chemin.

Dans mon univers chargé voici qu’a ressurgit vivement le souci de ton affaire, bien que jamais absent de mon esprit au point que suite à l’impossibilité de savoir quoi qu’est-ce après l’émission télé (que je n’ai pas vue car trop tardive et rien pour enregistrer), j’attendais d’y voir clair. Mais voilà que tu as bien éclairé ma lanterne par tes derniers e-mails. Bien évidemment, il faudrait arriver à faire valoir que le producteur a donné dans l’abus de situation et qu’il te crée un préjudice moral déjà assez catastrophique.

Quant à moi, c’est clair : comme je l’ai dit à NIMES en février 92, la Justice a fait 3 victimes au lieu de 2 :

-les deux filles ô combien manipulées et tenues de jouer rigoureusement un rôle sordide.

- et toi, accablé comme à OUTREAU par du verbiage et de l’intime conviction érigés en preuve par faisceau de présomption de culpabilité, au lieu du constatable, identifiable, quantifiable et mesurable systématiquement écarté par une instruction à charge … A l’heure de l’ADN recours d’investigation qu’on t’a refusé, c’est inacceptable, et en plus, il y a double faute au niveau du constatable : la consultation des urgences est coupable de perte de pièces à conviction et de non investigation concernant l’huile du cul des plaignantes et du bidon par absence de prélèvements adéquats pour analyse comparative(une telle négligence dans un dossier médical, induisant un diagnostic erroné, vaudrait poursuite en justice contre la responsabilité du service, mais toi, on n’en a eu cure !!!).Et là je note que dans ta 1° affaire il n’y a eu que du verbiage, car toute victime plaignante d’un viol devrait être conduite prioritairement par la police aux Urgences les plus accessibles pour prélèvements et exam complémentaires : les discours, après ! L’observation de cette déontologie éviterait de mettre en prison bien des gens qui n’y ont pas leur place et de saccager leur vie sociale !).

A cela il faut ajouter la faute déontologique des gendarmes enquêteurs auprès de Chantal, quand ils ont tenté de lui faire cracher ce qui les arrangeait plutôt que ce qui était réalité et du côté des filles l’absence de toute recherche d’information du côté des si dévoués marins, en compagnie de qui, il leur était difficile de jouer les puritaines…

Hélas, ton RAM DAM médiatique causé par ta naïveté conjuguée à celle de VIDAL NAQUET a fait le lit de ton 2° malheur. La liberté sans l’honneur, jusque là c’est bien, mais votre méthode était suicidaire. On te l’a dit, il fallait allier rigueur et discrétion, car te blanchir c’était noircir qui t’avait noirci, au 1° chef, ce juge d’instruction de coupable à tout prix qui ne pouvait alors que vouloir ton discrédit et ta disparition de la scène …

Que Dieu aie pitié de nous comme l’a dit Dominique VIEL, prêtre ouvrier innocenté d’OUTREAU, et qu’il nous aide à faire aller ce qui ne va pas …

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MessagePosté : 22 nov. 2009 13:15 
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Pour préciser encore je voudrais souligner que je trouve inadmissible que l'on cherche à utiliser les possibles victimes d'erreurs judiciaires pour forcer des réformes de la Justice, même dans le "bon" sens. C'est bien le plus cruel dans tout ce qui est arrivé à Tangorre. On lui a collé sur le dos un combat qui ne lui appartient pas et on le jette aux oubliettes dès que ça coince. Dès que chercher à le défendre commence à apparaitre comme une possible faille dans tout le système de pétitions pour une réforme de la Justice alors que le vrai problème de fond est inverse. Une Justice fidèle aux principes du Droit n'aurait pas vraiment de problèmes à relire toutes ces affaires. Je suis naïf? Je sais, mais au moins je ne ferme pas les yeux sous prétexte que relire un dossier est trop dangereux pour une cause. Pour que quelqu'un soit sacrifié sur l'hôtel d'une cause, quelle qu'en soit la noblesse, je crois qu'il faut au moins demander l'avis de l'intéressé. Tout cela ne fait pas de Tangorre un condamné à tort, mais le refus général de se pencher sur ses dossiers rend grandement difficile voire impossible, de démontrer qu'il le fût et manifeste une fois de plus une évidence: les tribuns préfèrent les grands mots aux grandes idées.


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MessagePosté : 22 nov. 2009 15:45 
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Jacques B. a écrit :
On lui a collé sur le dos un combat qui ne lui appartient pas et on le jette aux oubliettes dès que ça coince. Dès que chercher à le défendre commence à apparaitre comme une possible faille dans tout le système de pétitions pour une réforme de la Justice alors que le vrai problème de fond est inverse. Une Justice fidèle aux principes du Droit n'aurait pas vraiment de problèmes à relire toutes ces affaires.....

... Pour que quelqu'un soit sacrifié sur l'hôtel d'une cause, quelle qu'en soit la noblesse, je crois qu'il faut au moins demander l'avis de l'intéressé. Tout cela ne fait pas de Tangorre un condamné à tort, mais le refus général de se pencher sur ses dossiers rend grandement difficile voire impossible, de démontrer qu'il le fût et manifeste une fois de plus une évidence: les tribuns préfèrent les grands mots aux grandes idées.



Tout le drame et la difficulté de cette affaire se focalisent sur ces analyses auxquelles je m'associe pleinement, sans réserve aucune.

L'esprit de corps des intellectuels n'aurait-il donc rien à envier à celui dont le microcosme judiciaire fait si souvent l'affligeante démonstration ?

Présumons le contraire par l'adage : "mieux vaudrait tard que jamais"...


En refusant le dossier d'instruction que Luc Tangorre proposait de remettre à Gilles Perrault en 1998, l'attitude de ce dernier (appuyée et soulignée chez Hondelatte), illustre à point nommé le blocage dont ce dossier a manifestement fait l'objet dès qu'explose la bombe médiatique de la seconde arrestation de Luc Tangorre. Quand on veut se débarrasser de son chien...

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MessagePosté : 22 nov. 2009 15:52 
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Rectificatif :

La lettre que Jean-Marie Bioche vient d'adresser à Luc Tangorre (trois posts plus avant sur ce fil) date du 14 novembre 2009 et non pas de l'année 2000 comme il est précisé (faute de frappe).


Je viens de rectifer l'erreur de frappe (Sophie)

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MessagePosté : 22 nov. 2009 21:49 
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J'ai étudié le Droit pendant un an (le temps de m'en écoeurer): Clémenceau disait "la guerre est une affaire trop sérieuse pour qu'on la confie aux militaires", et je pense qu'on pourrait dire avec une justesse amère "le Droit est une affaire trop sérieuse pour qu'on le confie aux juristes".


Si j'étais encore plus pessimiste, je donnerais une portée générale (et donc judiciaire et moins dramatique) à la magnifique phrase "Au-dela de toute frontière, il faut dire à tout esprit naissant qu'aucune cause ne vaudra jamais la mort d'un innocent" tirée d'une merveilleuse chanson de Daniel Balavoine...

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MessagePosté : 23 nov. 2009 8:57 
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J'apprécie beaucoup ton (pessimisme, réalisme ?) Saint-Just2.

Il existe deux catégories d'hommes : ceux qui se sont vus par autrui tels qu'ils étaient eux-mêmes, et puis ceux qui s'imaginent encore tels qu'ils ne sont pas globalement (au sens où le concevait J.Jacques Rousseau).

Il n'est de révélateur plus efficace qu'une "bonne vieille guerre" vécue par le petit bout de la lorgnette, au cœur des horreurs engendrées, pour un sursaut de réalisme. Ou alors, lorsque l'heur d'y échapper semble épargner aux foules un tel miroir, il suffira d'être l'un des bergers de la mauvaise étoile happé par le rouleau compresseur judiciaire, pour que le monde n'ait plus jamais l'aspect béni-oui-oui cher aux dormeurs qui ne se réveilleront peut-être jamais.

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MessagePosté : 23 nov. 2009 9:04 
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Je ne sais plus qui a écrit quelque chose comme :

"Insensé qui ne savait pas que j'étais toi".

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MessagePosté : 23 nov. 2009 11:34 
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Saint-Just2 a écrit :
J'ai étudié le Droit pendant un an (le temps de m'en écoeurer): Clémenceau disait "la guerre est une affaire trop sérieuse pour qu'on la confie aux militaires", et je pense qu'on pourrait dire avec une justesse amère "le Droit est une affaire trop sérieuse pour qu'on le confie aux juristes".


Je ne suis pas d'accord avec cette vision utilitariste du Droit. Avant de développer le corps des lois, la jurisprudence, les codes de procédures, etc.. il faut se mettre d'accord sur certains principes immuables, sinon quelle serait la légitimité de l'ensemble?
Et c'est une affaire de Juristes. La présomption d'innocence, le besoin de preuves pour accuser, ce qu'est la faute, ce qu'est le dol.. il y a certains principes qui sont à la base de tout le reste et qu'on ne peut retrouver bafoués dans les procédures.
A qui discute du besoin de séparer certains de ces principes de l'évolution politique de la société, un naïf comme moi lui répondrai de lire une sentence où, formellement, apparaissent séparées les raisons qui conduisent à déclarer coupable des circonstances dans lesquelles s'est produit la faute, et ce pour adapter la peine. Quelqu'un avait donc déjà pensé au danger d'une Justice trop collée à l'actualité. Avant le débat sur la sévérité il y a celui de la légitimité de la Justice qui ne peut pas être automatique comme si d'un droit divin il s'agissait. Pour moi, cette légitimité se base sur le respect de certains principes. Quelqu'un pourrait-il m'expliquer où je me trompe?


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MessagePosté : 23 nov. 2009 12:28 
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Vous avez raison sur le principe Jacques B. Mais il ne faut pas oublier que la Justice n'est pas forcément juste et que pour la modérer, il faut des principes non-pas juridiques mais philosophiques... Or ces principes peuvent selon moi être oubliés en raison justement des règles de procédures et...du passéisme de certaines lois. L'Aigle a joué un rôle actif dans la rédaction du Code Civil parce qu'il était doté de quelque chose qui fait gravement défaut à certains juristes: le bon sens élémentaire. Et n'oublions pas que l'institution garante du Droit par excellence est politique: le Conseil Constitutionnel...

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MessagePosté : 23 nov. 2009 13:01 
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Quand vous dites que les principes peuvent être oubliés, je me dis que là est tout le problème. Que l'on ait admis cela (il faudrait voir comment dans l'histoire) est une chose, que ce soit légitime une autre. Mon avis est qu'à la base de toute la légitimité de la Justice pour sanctionner les fautes, il y a ces principes.
Plus que sur les critères de sélection ou élection du conseil constitutionnel, je m'interroge sur son but. Si celui-ci n'est pas, entre autres, de conserver certains principes en évitant que l'application du Droit viole le propre Droit, je me demande sur quoi reposerait sa légitimité. Pas sur la constitution, en tout cas.


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