Luc Tangorre

Coupable ou innocent à tout prix ?
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MessagePosté : 15 juin 2008 6:53 
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merci a toutes les deux je suis rouge de confusion.. :D


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MessagePosté : 15 juin 2008 10:21 
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Marcou, l'émission de Hondelatte n'a pas présenté cette affaire honnêtement. A part Henri (qui ne connaissait pas le dossier en visionnant "Faîtes entrer l'accusé" mais qui a compris que quelque chose ne tournait pas rond), Chantal et moi (nous avons le dossier, c'est nous qui le communiquons dans son intégralité), tout le monde est venu sur ce forum en étant pleinement convaincu de la culpabilité de Luc Tangorre. Tous ceux qui ont fait l'effort de prendre connaissance du dossier et de l'analyser n'ont plus du tout la même vision des affaires Luc Tangorre. Pourquoi ?

Parce que les choses ne se présentent pas comme Hondelatte l'a dit. Il est dans mon intention de faire l'étude critique de "l'information" qu'il a délivré au grand public une fois que le dossier sera intégralement sur le forum. Vous comprendrez alors l'ampleur des distorsions existant entre les thèses de Hondelatte (celles de l'acte d'accusation en réalité) et le vrai contenu d'une procédure qui en dit long sur certaines manipulations.

Quand je parle de manipulations j'évoque celles des accusateurs de Luc Tangorre, et non de celles que l'émission prête à l'accusé sans préciser lesquelles.

Dossier en main, il est possible ici, sur ce forum libre et ouvert à tous, d'analyser et de comprendre où se trouve le camp du ou des vrais manipulateurs...

Il suffit pour cela de disséquer le dossier, et vous êtes manifestement, Marcou, un bon analyste, quelqu'un capable de raisonner sans à priori ni autre certitude préétablis. Vous êtes donc à même d'appréhender l'affaire (ou les deux affaires), plus globalement et précisément que l'émission de Hondelatte ne vous a hélas permis de le faire jusqu'à présent.

Pour ce faire, je vous propose un synopsis qui permet de replacer les choses dans un contexte moins dirigé et acquis aux thèses judiciaires officielles. Il arrive que celles-ci ne correspondent pas à la réalité d'un dossier, ou de deux dossiers en l'occurrence.

Sur ce forum, sur le fil "Le procès", je vous conseille de lire "vision d'un défenseur" pour avoir un autre son de cloche. Lequel sonne juste ? Il faut étudier les pièces du dossier pour en avoir le coeur net.

Le livre de Roger COLOMBANI "Les ombres d'un dossier" se présente également comme une base de réflexion instructive. Vous pouvez ici en prendre connaissance.

Pour accéder à la vérité et faire les recoupements qui s'imposent, il faut s'informer plus amplement. Cela demande des efforts, mais ils seront systématiquement récompensés le cas échéant...

Les analyses, les contradictions sont les bienvenues, comme vous Marcou.

PS : Petite rectification par rapport à ce Synopsis : au départ, il n'était question uniquement que de rapports anaux, pour les deux plaignantes. C'est l'une des nombreuses variations des accusatrices de Luc Tangorre.


Fichiers joints :
SYPNOSIS  page 4.jpg
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SYPNOSIS  page 3.jpg
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SYPNOSIS  page 2.jpg
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SYPNOSIS  page 1.jpg
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MessagePosté : 15 juin 2008 10:43 
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merci DIEGO de vos compliments,ce n'est pourtant pas ma fete :D
non je n'ai aucun a priori,car si j'avais une opinion toute faite a quoi bon venir sur un forum debattre contradictoirement?
et merci de votre indication sur le livre de Colombani,il semblerait que pas grand chose n'ait ete ecrit sur cette affaire,du moins relativement a d'autres.
je vais parcourir le fil que vous me proposez,pour parfaire mon opinion et "instruire" mentalement "a charge et a decharge" :D
je reviens un instant sur l'emission de Hondelatte,comment se fait il , que Luc Tangore qui etait je suppose a priori d'accord que le theme , ne se soit pas insurgé (sinon plus)
sur son contenu?
peut etre vous ou Chantal avez vous une reponse?
A+


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MessagePosté : 15 juin 2008 14:06 
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A part Henri (qui ne connaissait pas le dossier en visionnant "Faîtes entrer l'accusé" mais qui a compris que quelque chose ne tournait pas rond), Chantal et moi (nous avons le dossier, c'est nous qui le communiquons dans son intégralité), tout le monde est venu sur ce forum en étant pleinement convaincu de la culpabilité de Luc Tangorre.
C'est tout à fait exact.
J'ai le souvenir qu'il a été le premier ici à s'interroger.
Ceci dit, cela ne m'etonne guère, Henri est un sacré observateur et doté d'un excellent sens critique.

_________________
"C'est parce que la vitesse de la lumière est supérieure à celle du son, que certains paraissent brillants avant d'avoir l'air con".
"comment se fait-il que certains paraissent si cons même sans lumière ? C'est de la métaphysique pure."


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MessagePosté : 15 juin 2008 16:38 
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Luc Tangorre n’était d’accord avec rien du tout, ni le thème, ni le fait qu’on revienne remuer le couteau dans une plaie psychologique encore béante pour lui.

On l’a contacté et il a immédiatement dit à Agnès Hubschman qu’il avait tourné la page, qu’il ne voulait pas entendre parler d’une telle émission, qu’il ferait tout pour la faire interdire.
On lui a répondu que l’affaire relevait du domaine public et qu’elle aurait lieu de toute façon.

C'est bien connu, les absents ont toujours tort, et comme la défense était absente lors de la troisième reconstitution pour protester de ses modalités scandaleuses, ce fut un désastre en terme de communication. Les chronométrages étaient encore et toujours favorables à la défense (malgré les entourloupes d’une justice prête à tout pour chausser Berthe avec les pantoufles de Cendrillon) mais comme la partie civile se retrouvait seule dans le verger pour communiquer, on a dit partout que cette reconstitution était un « véritable coup de grâce pour Luc Tangorre » (alors que le coup de grâce scellait inversement le mensonge des accusatrices de Luc Tangorre).

Donc Luc Tangorre a raisonné comme suit : il vaut mieux être là pour apporter la contradiction que de subir une nouvelle désinformation possible.

Maintenant Marcou, croyez-vous vraiment que les réponses les plus incisives et les plus convaincantes, ou même les questions qui ont été posées à Luc Tangorre à dessein de le déstabiliser (et qui au final fragilisait la thèse accusatrice) aient été précisément choisies et retenues au montage ?

Croyez-vous sincèrement que Luc Tangorre a seulement évoqué la banquette comme il est dit, oublié de développer le plein d’essence, la fugue de ses accusatrices signalée avant l’agression, ni énuméré la liste des très nombreuses contradictions dont le scénario dénoncé par les auto-stoppeuses est criblé ? Et tous les arguments à décharge, bien plus nombreux et conséquents qu’il n’est dit afin d’influencer les téléspectateurs, ont-ils été abordé ? Luc Tangorre a-t-il eu la possibilité de les développer ou était-il cantonné dans le cadre rigoureux et bien balisé de questions destinées à asseoir une thèse ?

Croyez-vous sincèrement que Tangorre pouvait savoir à l’avance que cette émission s’appliquait uniquement à développer la thèse officielle, au lieu d’approfondir honnêtement les choses. Elle participe de cette même volonté délibérée affichée en cour d’assises de présenter les choses en trompe l’œil, à charge, uniquement à charge, en niant des alibis solides, en ignorant certains élément à décharge pourtant probants et incontournables.

Chez Hondelatte tout s’est passé comme si les expertises médicales étaient formelles, comme si les reconstitutions corroboraient le scénario dénoncé, comme si la banquette et le plein d’essence n’étaient que de petits détails sans importance. L’agenda, pas même abordé ! Le nom de Vittorio Del Andréa : pas même prononcé. Lui qui occupe pourtant une partie si importante dans le dossier. Que d’enquêtes « approfondies » sur lui et sa famille ! Que de côtes dans le dossier pour détruire en vain le témoignage de ce pauvre homme écœuré par la justice de son pays ! Témoignage torpillé dans l'émission, et pourtant celui d’un homme intègre et droit qui a toujours juré sur le drapeau de la légion qu’il s’était contenté d’accomplir son devoir de citoyen en disant la vérité. C'est ce que démontre le dossier en tout état de cause.

Sans la présence de Luc Tangorre, l’émission aurait-elle été moins partiale, moins accablante qu’elle ne l’est déjà ? Je crois le contraire, ne serait-ce que pour le passage ou Luc Tangorre calque le livre et fait la démonstration du mensonge des Américaines sur ce point précis. Personne ne comprend vraiment pourquoi un des élément à décharge, celui-là, est passé au travers des mailles du filet ? Pour donner le change ? Pour laisser une porte de sortie ?

Quand bien même, si les accusatrices de Luc Tangorre ont menti sur ce point, pourquoi ne pas les suspecter d’avoir menti et joué la comédie d’un bout à l’autre des accusations portées contre Luc Tangorre ?

Ce dernier s’est insurgé devant la cour d’assises, il était non seulement accusé mais systématiquement empêché d’argumenter sur les points importants. On est même allé jusqu’à couper son micro pour rendre ses propos inaudibles, justement au moment il tentait d’expliquer pourquoi il était impossible de faire un seul mètre à l’arrière de cette voiture sans s’apercevoir de la débâcle d’une banquette seulement posée sur le planché métallique sans la moindre attache.

Luc Tangorre ne s’est pas insurgé chez Hondelatte car il n’avait aucune raison de penser ou croire que cette émission participerait de la même volonté de dénaturer le dossier. Il ne l’a su pleinement qu’après l’avoir visionnée. Jusqu’au bout les collaborateurs de Hondelatte lui auront fait croire qu’elle lui serait sinon favorable, au moins impartiale. Ce fût très loin d’être le cas… Luc Tangorre avait déjà un peu compris qu’on l’avait roulé dans la farine dès qu’il a pris connaissance du titre « innocent à tout prix », le leitmotiv de ceux qui le dénigrent injustement depuis le 24 octobre 1988. Ce titre, ou encore « Luc Tangorre, profession : innocent ». Des commentaires et titres de journaux qui tentent de faire oublier ce que contient vraiment le dossier par des slogans racoleurs, accusateurs, mais dépourvus d'argumentation : Où sont les preuves ?

L’émission de France 2 est tout sauf le reflet du dossier. La rigueur de ce qui est dit et présenté par les uns et les autres s’apparente à celle que l’on retrouve dans les colonnes d’ "ici Paris".

Je reste à votre disposition, Marcou, pour vous énumérer les nombreuses contrevérités et des "oublis volontaires" dont cette émission pullule et qui en font le plus convaincant des trompe-l’œil.


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MessagePosté : 15 juin 2008 19:08 
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merci de votre reponse longue et argumentée;je n'ai pas eu le temps de lire le fil que vous m'avez conseillé,mais je vais le faire incessement,et je reinteviendrais.
mais deja ce qui m'interpelle c'est"on lui repondu que c'etait du domaine public"c'est un point de droit a approfondir,mais deja votre reponse change mon opinion sur l'emision de Hondelatte.
a+


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MessagePosté : 17 juin 2008 10:24 
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REPONSE
autant pour moi j'ai dit a maintes reprises que je ne connaissais cette affaire que succintement
OK, je comprends mieux vos intérrogations.


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MessagePosté : 08 janv. 2009 12:05 
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Je débarque comme un cheveu sur la soupe, sans avoir lu tous les messages et sans véritable conviction pré- ou post-établie, J'ai juste eu l'impression comme Henri après la diffusion de l'émission de Hondelatte d'une partition bien jouée ... avec des instruments drôlement accordés.

Quant à la personnalité de Tangorre, je ne cesse de relever des points communs avec d'autres accusés dont l'innocence a été reconnue ou pas encore.

J'en ferais une liste après une vraie nuit de sommeil, mais il y en a déjà un qui me brule les lèvres :

L'accusé altruiste et pourtant intelligent, comme s'il y avait une impossibilité pour les fonctionnaires (et pas qu'eux) qu'un homme puisse cumuler ces deux qualités, comme si dans une routine binaire (bien/mal) du fonctionnaire de justice il n'existait que des "gentils benêts" et des "méchants manipulateurs"

Ce que je veux dire par là c'est que ces deux ingrédients peuvent constituer le terreau de l'acharnement judiciaire subit (probablement) à tort par Tangorre.

Des paroles d'une chanson de rap entendue à la radio me reviennent alors à l'esprit :
n'as tu jamais vu la jalousie dans les yeux d'un flic. (Serum - Tu Croyais Quoi?)

On peut être jaloux de tout, d'une belle voiture, d'un charisme, d'un aplomb, de l'intelligence cumulée à de l'altruisme;
Et la jalousie peut conduire un homme normal à tout (dixit un expert judiciaire témoignant dans un procès d'assises...)

Partant de là, ne peut-on envisager que certains fonctionnaires confrontés à de telles personnalités soient pris d'un besoin irrépressible de les dominer coute que coute - en dépit du droit et de la faiblesse des charges - pour évacuer la frustration qu'ils ressentent en présence d'un individu possédant ou cumulant des qualités qui leur font eux-mêmes défaut?
(cf. Roland Agret ou André Kaas pour des innocents reconnus)


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MessagePosté : 08 janv. 2009 12:10 
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« En se préoccupant de ce qu'on a entrepris avec, pour ou contre les autres, on s'inspire constamment du souci de se distinguer d'avec ces autres. Soit que l'on s'efforce seulement d'effacer toute différence avec eux; soit que l'être-là, se sentant inférieur, cherche dans ses rapports avec eux à les égaler; soit encore que l'être-là, se plaçant au-dessus des autres, cherche à maintenir ceux-ci au-dessous de lui. »

HEIDEGGER « L'Être et le temps »


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MessagePosté : 09 janv. 2009 0:36 
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Citation :
Maintenant Marcou, croyez-vous vraiment que les réponses les plus incisives et les plus convaincantes, ou même les questions qui ont été posées à Luc Tangorre à dessein de le déstabiliser (et qui au final fragilisait la thèse accusatrice) aient été précisément choisies et retenues au montage ?
Je peux personnellement témoigner d'une expérience similaire (en modèle réduit) :

> Plus de 3 heures d'interview filmée pour un sujet de 2 minutes dans un JT régional.
Les séquences choisies étaient précisément les plus fades.
Seules les quelques hésitations ou bégaiements sans intérêts furent montés.
Les phrases pertinentes et indiscutables furent sans doute les premières écartées...


Il s'agissait pourtant d'un journal d'information de la télé publique, ce qui me laisse imaginer le sentiment de trahison que Luc Tangorre a pu éprouver.
[/b]


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MessagePosté : 10 janv. 2009 2:54 
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Bonsoir Ymasse,

Bienvenu sur ce forum.

Il est agréable de constater que l'ami Henri n'est pas le seul à avoir perçu les fausses notes d'une symphonie trop enchanteresse pour être honnête lorsqu'on a "l'oreille musicale". Même l'un des gendarmes a perçu le côté "conte de fée" du récit des Américaines... Dommage de ne avoir confié à ses collègues ses suspicions afin d'induire les vérifications qui s'imposaient indéniablement, et surtout une meilleure conservation des indices matériels (slips, billet, échantillons en particulier).

Ta citation de Heidegger vaut son pesant d'or pour comprendre ce dossier comme la plupart des dossiers où la personnalité de l'accusé pose un problème.

Luc Tangorre décrit ainsi son arrivée dans le bureau du juge LERNOULD le soir du 24 octobre, après une journée de garde à vue éprouvante, bouclée par un voyage entre Lyon et Nîmes :

"Les gendarmes m'ont fait entrer dans le cabinet du juge et m'ont débarrassé des menottes que je portais aux poignets. Durant l'opération, le juge m' a fait comprendre d'un signe de la main étrangement doux, d'une lenteur infinie de condescendance, de m'asseoir sur la chaise placée juste en face de lui à quelque 2 mètres. Puis, toujours sans décrocher la moindre syllabe, coude calés perpendiculairement au plat de son bureau, doigts croisés sous son menton, il m'a fixé pendant au moins 2 minutes (c'est très long dans de telles circonstances) sans effectuer le moindre mouvement, un peu comme un crocodile en position statique mais dont l'intensité jubilatoire du regard, plongé droit dans le mien, m'a fait penser fortement à celle d'un tueur qui s'apprête à bondir sur sa proie, et qui savoure très longuement, avec délectation, l'instant qui précède le carnage. La joie, la suffisance et la haine éprouvées dans ce regard inquiétant de perversité m'ont fait craindre de cette jubilation paroxysmique tout le parti pris que la suite de l'instruction ne manqua pas de démontrer plus clairement encore."

Je pense, Ymasse, que tu mets opportunément le doigt sur les mécanismes qui ont conduit certains décideurs judiciaires à faire de Luc Tangorre une cible et non plus le simple justiciable qu'il aurait dû rester en l'occurence.


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MessagePosté : 10 janv. 2009 3:21 
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Citation :
Ta citation de Heidegger vaut son pesant d'or pour comprendre ce dossier comme la plupart des dossiers où la personnalité de l'accusé pose un problème.
Merci Diego je suis flatté, surtout que je me sentais un peur seul sur ce fil tout d'un coup !
Citation :
Luc Tangorre décrit ainsi son arrivée dans le bureau du juge LERNOULD le soir du 24 octobre, après une journée de garde à vue éprouvante, bouclée par un voyage entre Lyon et Nîmes (...)
Daniel Massé décrit ainsi son arrivée dans le cabinet du juge JOAQUIM FERNANDEZ, après 45 heures de la garde à vue qui avait débuté le matin du 16 Décembre 1994, le matin même du crime :

D.Massé: Bonjour.
J.Fernandez: Monsieur Massé je sais que c'est vous et vous savez que je le sais.

http://www.presume-coupable.com


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MessagePosté : 10 janv. 2009 3:44 
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« Avoir une opinion, c'est affirmer même de façon sommaire, la validité d'une conscience subjective limitée dans son contenu de vérité. La manière dont se présente une telle opinion peut être vraiment anodine. Lorsque quelqu'un dit qu'à son avis, le nouveau bâtiment de la faculté a sept étages, cela peut vouloir dire qu'il a appris cela d'un tiers, mais qu'il ne le sait pas exactement. Mais le sens est tout différent lorsque quelqu'un déclare qu'il est d'avis quant à lui que les Juifs sont une race inférieure de parasites. Dans ce cas, le je suis d'avis" ne restreint pas le jugement hypothétique, mais le souligne. Lorsqu'un tel individu proclame comme sienne une opinion aussi rapide, sans pertinence, que n étaye aucune expérience, ni aucune réflexion, il lui confère - même s'il la limite apparemment - et par le fait qu'il la réfère à lui-même en tant que sujet, une autorité qui est celle de la profession de foi. »

« L'opinion s'approprie ce que la connaissance ne peut atteindre pour s'y substituer. Elle élimine de façon trompeuse le fossé entre le sujet connaissant et la réalité qui lui échappe. »

« La force de résistance de l'opinion pure et simple s'explique par son fonctionnement psychique. Elle offre des explications grâce auxquelles on peut organiser sans contradictions la réalité contradictoire, sans faire de grands efforts. A cela s'ajoute la satisfaction narcissique que procure l'opinion passe-partout, en renforçant ses adeptes dans leur sentiment d'avoir toujours su de quoi il en retourne et de faire partie de ceux qui savent.»

satisfaction narcissique: Au-delà de la satisfaction qu'il y a à penser comme tout le monde, le défaut de sens critique peut prendre des aspects bien plus extrêmes. Relayée par une propagande adéquate, l'opinion prend vite la figure du fanatisme.


Theodor W. ADORNO « Modèles critiques »

Je rassure tout le monde, j'en ai fini avec mes citations.
en plus - "ecce homo" mis à part - je n'ai pas lu d'autre livre. :)


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MessagePosté : 11 janv. 2009 9:53 
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Le cas de Daniel Massé illustre à lui seul l'incommensurable absurdité d'un système qui, parce que vilipendé par l'opinion publique, feint de s'améliorer pour renforcer inversement ses pouvoirs inquisitoriaux.

Je m'explique :

Jusqu'aux années 2000, les décisions judiciaires les plus lourdes de conséquences, celles rendues par les cours d'assises, n'étaient pas susceptibles d'appel.

On a donc introduit, enfin, la possibilité d'un appel, ce qui eût été une chose juste, réfléchie, à condition toutefois de n'accorder cette prérogative qu'à la seule défense. Cela aurait pu être une avancée majeure dans le soucis exclusif de parfaire le système, de limiter, par voie de conséquence, le nombre des erreurs judiciaires dont le système inquisitoire, plus qu'un autre, est hélas générateur.

Luc Tangorre n'aura pas droit, hélas, à faire appel, ce qui, compte tenu de l'existence de ce forum, relève d'une occasion manquée de lui rendre, enfin, justice. La seule chose sur laquelle il n'existe aucun doute dans son cas, c'est que personne ne peut aligner la moindre preuve digne de ce nom, ni dans le premier dossier, ni dans le second, et pour cause... Pour le reste, le doute est directement proportionnel à une bonne connaissance des dossiers d'instruction, à l'analyse qui permet de saisir la dynamique de l'erreur dans le premier, du montage dans le second...

Au lieu d'améliorer le système, on a préféré étendre la possibilité d'appel à l'accusation, ce qui ne fait en définitive qu'empirer le système dans bien des cas, notamment celui de Daniel Massé qui pointe du doigt les us et coutumes bien étranges ("intégristes" diront certains) de la cour d'assises de Montauban, récidiviste en la matière...

Et pourtant :

1°) l'un des piliers fondamentaux de l'exercice judiciaire est clair : le doute doit bénéficier à l'accusé.

2°) Comment est-il possible, sans craindre de se rendre ridicule, de prétendre qu'il n'existe aucun doute sur la culpabilité d'un accusé lorsque celui-ci est acquitté par trois magistrats professionnels et 9 jurés tirés au sort sur les listes électorales ?

3°) Comment, à partir de ce constat, est-il dès lors concevable de condamner un homme dont le doute sur sa culpabilité est clairement établi, indiscutablement prouvé par un acquittement ?

En un mot comme en cent, la possibilité d'appel ne doit concerner que la seule défense. Le législateur doit impérativement réparer sa bévue.

Tout les acquittés condamnés en seconde instance doivent impérativement sortir des prisons où ils n'ont strictement rien à faire. Ceux-là, dont Daniel Massé, doivent impérativement, de toute urgence, retrouver le statut dont ils n'auraient jamais dû se départir : celui d'innocent ! Nous devons les aider à retrouver au plus vite leur liberté, refuser leur incarcération décidée en notre nom, nous, le peuple français, dont la voix déjà bafouée en première instance, se voudrait définitivement réduite au silence.

Brisons ce silence !


Modifié en dernier par Diego le 30 mars 2013 11:15, modifié 2 fois.

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MessagePosté : 27 janv. 2009 0:41 
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... "L'inspecteur était guidé par son désir de briser une personnalité trop forte pour lui"

En ce moment sur W9 : "Affaire Kaas, accusé à tort"


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