Luc Tangorre

Coupable ou innocent à tout prix ?
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MessagePosté : 06 juin 2008 0:31 
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Force est de constater que le coup de fil de Gabrielle C adressé à Luc ce jour là...a été purement et simplement banni de votre mémoire..
Pourtant, au cours de l'émission, n'explique t elle pas clairement ce qui la pousser à revenir sur sa déposition..?
Personnellement, sans même jamais l'avoir rencontré je la crois..et pour cause de témoin de moralité le 23 février 1989 je n'ai été en réalité utilisé comme témoin à charge le 5 Février 1989. Pourtant je n'ai jamais conduit un seul gendarme sur le lieu et je pense que vous le savez autant que moi..
Est - ce que je ment ???


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MessagePosté : 04 juin 2009 20:48 
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Une phrase de Saint-Exupéry me vient l'esprit pour escorter celle de Marcel Proust :

"La vérité de demain se nourrit de l'erreur d'hier"

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MessagePosté : 04 juin 2009 20:56 
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C'est aussi et surtout, Joaquin, à celui qui transformera le plus les éléments du dossier pour en faire des "arguments".

A ce jeu-là, Luc Tangorre est d'une candeur désespérante.

Inversement, ses détracteurs font preuve d'une maestria sans égal : Quels virtuoses dans l'art de la falsification !

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MessagePosté : 08 juil. 2009 20:49 
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Bonne soirée à tous,

Loftus et Palmer ont réalisé une étude en 1974 pour voir l’effet des mots employés dans les questions sur les témoignages obtenus. L’un des tests a consisté à présenter un film d’accident de voiture à un assez grand nombre de personnes. Celles-ci ont été séparées en plusieurs groupes à qui on a posé individuellement les mêmes questions mais avec des mots différents.

A chaque individu du 1er groupe on a posé la question : « A quelle vitesse les voitures se sont-elles rencontrées ? »
A chaque individu du 2ème groupe on a posé la question : « A quelle vitesse les voitures se sont-elles embouties ? »

Volontairement je simplifie car le test était plus complexe. Mais le résultat est éloquent : la vitesse est évaluée à 20 km/h de plus quand le mot employé est "embouti" au lieu de "rencontré". En d’autres termes les adjectifs employés ont une incidence sur les témoignages.

Un autre phénomène est le questionnement ouvert ou fermé. On parle de question ouverte ou de question à réponse construite lorsque la personne construit sa réponse, en particulier lorsqu'elle répond par une phrase complète. Inversement une question fermée ne laisse guère d’autre choix de réponse que oui ou non ou un choix parmi ceux proposés. Demander à quelqu’un : que pouvez-vous me dire à propos de cet objet ? n’est pas la même chose que « cet objet était-il bleu ? » ou encore mieux « cet objet était bien bleu n’est-ce pas ? »

Le problème des interrogatoires tels qu’ils sont consignés dans les procès verbaux (notamment dans l'affaire Luc Tangorre) est qu’à la différence des interrogatoires anglo-saxons, les questions posées ne figurent pas, ce qui fait que l’on ne connaît pas l’influence de la formulation de la question sur la réponse, pas plus que l'on ne sait d'ailleurs si la réponse consignée a fait l'unanimité d'entrée ou si elle est le fruit d'une âpre négociation entre questionneur et questionné.

Honoré Gévaudan dans un livre intitulé : "Flic, les vérités de la police" apporte un éclairage complémentaire très intéressant:

« Une enquête de police sans témoignage est un itinéraire non fléché. Mais, attention à la direction des flèches ! Des maladroits ou des madrés s’amusent parfois à en modifier l’orientation. Deux adjectifs s’appliquent au témoin : rare et fragile. Comme dans un intérieur cossu, les objets rares et fragiles sont précieux. Le danger du témoignage est de l’admettre comme une vérité intangible s’il va dans le sens de votre propre hypothèse. Deuxième tentation à surmonter : écarter ce qui l’infirme quand il vous arrange ! Avec la meilleure foi du monde, le témoin affirme une contrevérité, quitte à atténuer le lendemain les propos de la veille….Le témoin est précieux à condition qu’il soit authentique. Un faux bijou ne résiste pas à l’expertise de l’homme de l’art. Mais il est des diamants en toc, des boucles en simili, des bracelets de camelote dont l’aspect extérieur a l’apparence du vrai. Ces brillants de pacotille passent pour véritables. Le témoignage fabriqué leur ressemble. Trop beau pour être vrai, rarement unique, impossible à démentir, s’il ne se démontre pas, il se renifle à cent pas. Par sa seule apparence, il sauve parfois le coupable. Mais il conforte paradoxalement – et aussi inutilement – le policier dans sa certitude de la culpabilité ».

Si un témoignage est si précieux, pourquoi ne pas jouer la transparence comme les anglo-saxons ce qui éviterait beaucoup de suppositions sur l’orientation des questions ? J’ajouterai qu’un témoin conforté dans sa réponse par celui qui l’interroge ne peut qu’être de plus en plus affirmatif, atteignant son point culminant de certitude lors du procès. Là encore, la question reste en suspens. Ce manque d’information peut d’ailleurs pénaliser la défense. Je ne peux croire un seul instant que ce manque de transparence soit intentionnel. Les grands professionnels sont par définition fiers de leur travail et n'ont rien à cacher.

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« C’est sur la peau de mon cœur que l’on trouverait des rides. Je suis déjà un peu parti, absent. Faites comme si je n’étais pas là. Ma voix ne porte plus très loin ...
Ne me secouez pas. Je suis plein de larmes. »
Henri Calet


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MessagePosté : 09 sept. 2009 10:09 
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Bonjour à tous,

puisque nous en sommes dans les témoignages, je voudrais poser une question et j'espère que les personnes qui ont accès au dossier complet de cette affaire pourront me renseigner car j'ai peut-être zappé une réponse.
j'en reviens à la PREMIERE AFFAIRE :
lors de l'arrestation de luc tangorre à un horaire de la nuit très avancé, j'ai lu qu'il avait rendez-vous avec un jeune homme pour aller boire un verre avec des amies. Ce jeune homme n'est jamais venu et Luc Tangorre s'est fait contrôler et arrêter.
quelqu'un pourrait t'il m'indiquer ce qu'est devenu ce garçon ? Il semblerait que Luc Tangorre ne l'ait jamais revu ni entendu parler. j'ai un peu de mal à penser que ce garçon dont le prénom m'échappe ne se soit jamais fait connaitre auprès de la Police pour apporter son témoignage, les journaux de l'époque ayant certainement relaté l'arrestation de Luc en long et en large.
N'y avait-il pas moyen à l'époque pour la police ou la famille de luc de faire passer une annonce dans les journaux ou la radio pour retrouver ce jeune homme afin d'avoir sont témoignage. si cela a été le cas pourquoi ce garçon ne s'est t'il pas manifesté ? ce qui à mon avis aurait changé totalement le cours de cette affaire !

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MessagePosté : 09 sept. 2009 14:02 
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Bonjour Cookie,

La réponse à votre question se trouve dans le livre de Gisèle Tichané (« Coupable à tout prix ») de la page 67 à la page 72.

Gisèle Tichané nous explique qu’elle-même, connaissant pourtant très bien la famille Tangorre, n’a appris que bien plus tard par les parents Tangorre eux-mêmes que Luc Tangorre avait été accusé de viols et incarcéré.

Il faut bien comprendre une chose Cookie : avant que cette affaire n’acquière la notoriété que la suite des évènements lui conférera ultérieurement, elle n’était pas particulièrement couverte par les médias.

Un article dans chaque quotidien local ( Méridional, Provençal et Marseillaise) lors de l’arrestation et c’est tout juqu’à la grève de la faim entamée par l’intéressé en Mai 82 qui lui vaudra un minuscule entrefilet et une phrase sur FR3 région parce que la réunion du 24 mai 1982 débouchait sur les premières actions des comités embryonnaires.

Il faut déjà supposer que le fameux Eric lisait la presse tous les jours (sans possibilité d’impasse le 14 avril 1981 (statistiquement, il y a moins d’une personne sur 10 dans ce cas, plus encore parmi les jeunes). Gisèle Tichané n’est donc pas un cas isolé, bien au contraire…

En admettant que cet homme ait néanmoins lu la presse ce jour-là (très improbable déjà), quels étaient donc les éléments qui lui aurait permis de faire la moindre relation entre l’homme arrêté avec celui de son rendez-vous « devant le magasin d’auto-radio blaukpount » ? Aucun des trois articles ne mentionne seulement le prénom de Luc Tangorre, aucune photo de Luc Tangorre n’est jamais apparue dans la presse les premières années…. On précise uniquement « le jeune étudiant en éducation physique », rien d’autre, et Eric (s’il est sincère) ignore tout de Luc Tangorre, sinon son lieu d’habitation de la Corniche et son prénom. De la Corniche, il n'est pas question dans ces articles non plus...

N’oubliez pas que ces deux-là ne se sont rencontrés que deux fois dans leur existence : une première fois le 8 avril 1981 (Eric interpelle Luc Tangorre, lie connaissance 10 minutes environ sur la Corniche, à son studio où ils partagent un verre de sirop…. Aucun des journaux ne mentionne cette information….). Seuls les prénoms sont échangés lors de cette brève première rencontre. Une seconde fois le 12 avril 1981 en bas de la rue Aviateur Lebrix : vers 22 H 45. Cette fois encore c’est Eric qui interpelle Luc Tangorre à un feu rouge pour lui demander de le dépanner, plaide-t-il, par rapport à un rendez-vous organisé avec deux jeunes femmes dès lors, affirme-t-il, qu’un ami lui fait faux bond et qu’il se retrouve dans une impasse si Luc Tangorre refuse de l’aider.


Il est capital de considérer qu’aussitôt interpellé, Luc Tangorre est embarqué au commissariat malgré ses plus vives protestations : « Eric m’a donné rendez-vous ici, attendez quelques minutes, il pourrait arriver d’une seconde à l’autre ». Fin de non recevoir....

Lorsqu’on affirme dans l’arrêt de renvoi qu’aucun Eric n’a été retrouvé malgré les investigations, on se moque gentiment du monde. Le dossier est là pour démontrer que :

1°) On a refusé de vérifier si Eric pouvait arriver sur les lieux d’interpellation. Les affirmations du « suspect » sont balayées sans autre forme de procès (on a embarqué Luc Tangorre illico presto).

2°) Aucune recherche n’a jamais été entreprise pour rechercher Eric. On s’est contenté de demander aux amis de Luc Tangorre s’ils le connaissaient.

Or Eric n’est pas un ami de Luc Tangorre. C'est ce qu'il a toujours expliqué... Comment dès lors prétendre trouver une réponse vis-à-vis d'une question que l'on pose à ceux dont on est d'avance certains qu'ils ne détiennent pas la réponse ?

De deux choses l’une :

1°) Eric existe, il est sincère. Dans ce cas, il n’avait aucun moyen de faire une relation de cause à effet entre l’homme arrêté et sa récente rencontre (à supposer qu’il ait lu la presse et rien n’est moins sûr de toute façon). Cela signifierait que la rencontre au feu rouge ne serait que fortuite et qu'Eric, s'il existe comme je le crois, aurait saisi l’opportunité de se faire dépanner.

2°) Eric est commandité : il aurait provoqué artificiellement la première rencontre du 8 avril 81 sur la Corniche, puis saisi l’opportunité de monter un bateau pour diriger Luc Tangorre sur les lieux de l’interpellation le 12 avril 1981. Dans ce second cas de figure, plusieurs membres des comités de soutien ont émis l’hypothèse qu’il pouvait s’agir d’un indicateur de police. C’est d’ailleurs ce que le journaliste Jean Vermorel soutiendra dans son « fameux » document déchiré par le président de la Cour d'assises de Nîmes.

Il n'y a pas de mystère :

Soit Luc Tangorre est coupable et il a inventé Eric.

Soit Luc Tangorre est innocent et Eric existe. Ce n’est pas la stérilité des recherches entreprises par les comités dès 1983, 30 mois plus tard (…) vis-à-vis d'une rencontre dans ce cas anodine (si Eric est sincère) ou provoquée (si Eric ne l'est pas) qui prouve quoi que ce soit. En admettant que tous les Eric de Marseille aient été contactés et questionnés (ce qui fut très loin d’être le cas, malgré toutes les bonnes volontés mobilisées à ce sujet rétrospectivement par les comités). A supposer l'homme sincère, le bon Eric se serait-t-il seulement souvenu de deux rencontres aussi brèves, furtives, qu’anciennes ? Rien n’est moins sûr à supposer son existence, sa sincérité, et qu'on ait effectivement retrouvé le bon pour le questionner opportunément.

Alors posez-vous cette question toute simple Cookie : Pourquoi Luc Tangorre invoquerait-il cet Eric s'il avait quoi que ce soit à se reprocher ? De quoi cela le dédouane-t-il au juste ? Serait-il le premier automobiliste à s’arrêter pour uriner ? Que lui reproche-t-on dans son comportement sinon de trottiner en direction de sa voiture (la même que celle du car de police qui s’est imiscé entre sa 2CV et l’angle de mur dans lequel il a effectivement uriné) ? Le Méridional et la rumeur diront qu’ils s’enfuyait en courant et que « Bien qu’élève professeur d’EPS, les policiers le rattraperont ». Les policiers confirmeront inversement aux assises la version de Luc Tangorre : il se dirigeait vers eux et ne chercha d’aucune sorte à leur fuir. N’empêche, lorsque les victimes se présentaient aux parades, elles « savaient » par la presse que le suspect s’était soi-disant « enfui » et cela n’aura favorisé d’aucune sorte une quelconque objectivité -ou pondération- dans les déclarations recueillies initialement…

J'espère avoir répondu à vos interrogations Cookie ?

A votre disposition pour tout éclaircissement supplémentaire.

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 Sujet du message :
MessagePosté : 09 sept. 2009 15:29 
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Cookie, je confirme ce que dit Diego ci dessus... Ce Eric n'a certainement pas entendu parlé de cette affaire, il ne connaissait pas Luc.. Moi même qui connait Luc depuis 1970.., je n'avais jamais eu le moindre écho sur l'affaire et bien moins encore que Luc avait été mis en cause et condamné pour cela. A l'époque, je n'étais pas interressée par les journaux, je n'étais pas plus attirée par les infos télévisées, je n'avais plus de contact avec Luc, j'étais loin d'imaginer le calvaire qu'il vivait... L'affaire du "violeur des quartiers sud de Marseille" je ne l'ai appris que le 23 février 1989 lorsque j'ai été interrogée par les gendarmes de Nimes dans le cadre de l'enquête des 2 américaines. Affaire que je découvrais également ce même jour.....

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 Sujet du message : A diego
MessagePosté : 11 sept. 2009 15:22 
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Bonjour Diego,

Votre réponse me laisse tout de même un peu perplexe et j'avoue que je ne suis pas convaincue.

En effet, je conçois tout à fait qu'Eric n'ait pas lu les journaux à l'époque et que l'arrestation de Luc soit passé pour lui totalement inaperçue. je suppose que ce garçon avait environ l'age de luc et à 22 ou 23 ans, c'est certain, on n'est pas spécialement passionné par les faits-divers.
A supposer même qu'il ait feuilleté le journal le lendemain ou surlendemain, comme vous l'indiquez, le nom de luc tangorre n'y était pas cité puisque la presse, en général, ne diffuse pas, en raison de la présomption d'innocence, le nom des personnes en état d'arrestation (même si certains journaux ne se gênent pas ; je l'ai constaté récemment dans "La Dépêche du Midi"), et en effet je ne vois pas comment Eric aurait pu faire le rapprochement avec Luc.

Mais vous ne répondez pas tout à fait à ma question et voila à quoi je veux en venir : pourquoi Eric aurait-il du se se manifester lui-même après l'arrestation de Luc ? Ne pensez-vous pas que c'aurait du être le contraire ? Luc était emprisonné et il n'avait pas possibilité de le faire mais je ne comprends pas pourquoi ses parents, ses amis, les étudiants qu'il fréquentait et par la suite son comité de soutien n'ont pas TOUT MIS EN OEUVRE pour retrouver ce garçon qui, de par son témoignage, aurait pu faire basculer l'affaire Luc Tangorre ? : Passer une annonce dans les journaux ? éventuellement à la radio ? placarder des affiches avec la photo de Luc et un texte pour essayer de retrouver Eric et ainsi le faire témoigner sur la véracité du rendez-vous qu'ils avaient pris le soir de l'arrestation ?
Luc et Eric ont quand même pris une consommation ensemble. 10 minutes, cela est suffisant pour faire connaissance, même succinctement, : "mon prénom, Eric, j'habite dans le quartier de ... j'adore la pêche ... je suis étudiant..etc.....
en tous les cas, ils ont suffisamment discuté pour qu'Eric reconnaisse Luc quelques jours plus tard.
Qu'en pensez-vous ?

D'autre part, vous dites entre autres :

2°) Eric est commandité : il aurait provoqué artificiellement la première rencontre du 8 avril 81 sur la Corniche, puis saisi l’opportunité de monter un bateau pour diriger Luc Tangorre sur les lieux de l’interpellation le 12 avril 1981. Dans ce second cas de figure, plusieurs membres des comités de soutien ont émis l’hypothèse qu’il pouvait s’agir d’un indicateur de police. C’est d’ailleurs ce que le journaliste Jean Vermorel soutiendra dans son « fameux » document déchiré par le président de la Cour d'assises de Nîmes.


Bien que votre phrase soit placée au conditionnel, la, j'avoue que je ne comprends pas. pourquoi Eric serait-il commandité ? Pourquoi serait-il un indicateur de Police ? pour essayer de "faire tomber" Luc Tangorre ? mais par rapport à qui, à quoi, Surtout si luc menait la vie d'un étudiant classique, sur quels faits ?

je pense que la Police peut éventuellement envoyer des "Taupes" ou des indicateurs dans les milieux mafieux mais à mon avis pas pour arrêter les agresseurs sexuels ! :?
s'il y a d'ailleurs un forumeur membre de la police, sur ce sujet j'aimerai bien avoir son avis, le votre aussi d'ailleurs
amicalement

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MessagePosté : 11 sept. 2009 22:14 
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Bonsoir Cookie,



A titre personnel, je ne crois pas à l’hypothèse d’un indicateur de police qui serait arrangé pour piéger Luc Tangorre dans le premier dossier. Je vous rejoins sur ce point. Ceux qui émettent cette hypothèse la replacent cependant dans un contexte électoral particulier. Nous sommes à 28 jours de l’élection présidentielle. Depuis 16 mois, le violeur des quartiers sud sévit au nez et à la barbe de policiers innefficaces. Au début de l’année 1981, L’opinion marseillaise gronde, elle exige des résultats, enjeux obligent. Je tiens à votre disposition les documents radiophoniques qui présentent l’arrestation du coupable comme un argument électoral. Ceci pour ne pas rendre l’hypothèse aussi saugrenue qu'il semblerait a priori. Je vous répète que pour ma part que je la tiens comme peu probable mais pas fantaisiste pour autant. Ceux qui y croient vous diront qu’ils ont vu pire en matière de manipulation policiaire lorsque le contexte s’y prête, ce qui était le cas. Imaginez qu’on ait repéré Luc Tangorre pour sa ressemblance physique avec le violeur des quartiers sud et qu’on ait acquis la conviction qu’il était l’homme recherché parce qu’il circulait en 2CV… De là à penser qu’il était possible d’accélérer le cours régulier des choses à l’approche des élections… Ce n’est pas aussi impensable que cela après tout. On a pu se dire, pour se donner bonne conscience, qu’il pourrait après tout s’innocenter après le 10 mai si ce n’était pas le bon…


Pour ma part je pense qu’Eric existe et qu’il aurait été certes important de le chercher activement et de le retrouver, mais pas déterminant pour autant.

Imaginez qu’on retrouve Eric, qu’il confirme le rendez-vous, etc… Oui, et alors ? Luc Tangorre est toujours embarqué, toujours reconnu par six victimes sur 17 (au départ) et les éléments du dossiers sont strictement identiques. Luc Tangorre aurait été condamné exactement de la même façon qu’on retrouve ce témoin ou non. Autrement dit, l’existence ou non d’Eric n’intervient en rien sur les éléments objectifs du dossier.

Vous occultez un point sur lequel je me permet d’insister lourdement Cookie : quel est l’intérêt pour Luc Tangorre, à émettre l’hypothèse de sa culpabilité, d’inventer ce rendez-vous ? De quoi cela le décharge-t-il ? De quoi cela le justifie-t-il ? J’aimerais beaucoup que vous me répondiez sur ce point… S’il vous plait…

Venons-en maintenant aux recherches d’Eric non entreprises dès le départ.


Pour bien comprendre, il faut se remettre dans le contexte : Luc Tangorre est arrêté. Ses lettres sont bloquées par le juge et aucun parloir ne lui sera accordé durant plusieurs semaines, voire plusieurs mois. Les seules personnes à avoir entendu parler d’Eric les premiers temps sont donc les policiers et le Juge.

Luc Tangorre raconte les évènements à ses proches dès qu’il peut. Parmi la multitude d’informations à gérer et d’arguments de défense à réunir à ce moment-là, croyez-vous que la recherche d’Eric était une priorité (alors que cet épisode n’apporte ni ne retranche rien au dossier), ou qu’il convenait plutôt en premier lieu de reconstituer l’emploi du temps de Luc Tangorre afin de présenter les alibis qui s’imposaient pour preuve de la bonne foi de leur fils ?

En admettant la recherche d’Eric comme prioritaire, en 1981 1982, les parents de Luc Tangorre et sa fiancée étaient encore isolés, quel moyens avaient-ils pour rechercher Eric en différé de plusieurs mois ? Croyez-vous sincèrement à l’efficacité d’une annonce six mois plus tard ? Non, les parents Tangorre et sa fiancée étaient mobilisés pour tout autre chose : où se trouvait Luc Tangorre au moment où il était mis en cause. Là était le coeur du dossier, les efforts entrepris par les parents et les proches de Luc Tangorre allaient logiquement dans un sens utiles à sa disculpation, voire à une mobilisation rendue nécessaire par la cécité-surdité du juge d'instruction.

Avec les alibis, l’espoir était d’obtenir un non lieu ou, à défaut, un acquittement si le juge refusait d'en démordre. Ce n’est qu’après la condamnation et les commentaires des journalistes que Luc Tangorre et son entourage ont réalisé que l'élément Eric (pourtant sans incidence réelle sur le dossier) avait une importance, non pas objective sur un plan tecnhique, mais subjectif par rapport aux intimes convictions. Alors seulement s’est-on appliqué à chercher Eric, trop tard, en vain. Ce fut sans doute une erreur : qui aurait pu prévoir que cet élément, pourtant sans la moindre incidence sur les éléments d’appréciation, serait ultérieurement agité par les culpabilistes de cette affaire comme leur étendard ? La raison en est simple, c’est le seul point des déclarations émises par Luc Tangorre qui n’a pu être vérifié (non vérifié ne veut pas dire infirmé non plus)…..Je dis bien le seul ! Aucune des déclarations de Luc Tangorre, les deux affaires confondues, ne le placent en situation de mensonge… N’est-il pas temps de se demander (si la logique est respectée), si ce garçon n’est tout simplement pas innocent ? Hormis l’absence d’Eric au procès, finalement recherché par personne, parce que dépourvu d’intérêt pour l’accusation et sans intérêt majeur pour la défense (le retrouver ne prouvait rien, ne modifiait aucun des arguments avancés par l’accusation), que peut-on reprocher à Luc Tangorre qui ne cadre pas avec ses déclarations émises par lui dès le départ et confirmées par tous au fil de l’instruction ? Ceci, ne commettons pas l'erreur de l'oublier, en l’absence de toute concertation possible entre l’accusé et les très nombreux témoins qui le disculperont tous sans exception….


Que Luc Tangorre soit arrêté sur ce lieu pour relever le prix d’un auto-radio dans la vitrine, pour uriner, ou parce qu’il avait un rendez-vous avec cet homme, où est la différence ?

Décidément, je ne vois vraiment pas pourquoi Luc Tangorre aurait inventé Eric s’il n’existait pas. Où réside l’intérêt pour lui d’évoquer cet homme s’il était coupable ? Si nous étions sur les lieux d’un viol (parking de Morgiou par exemple), là je comprendrai complètement. Si nous étions sur les lieux possibles d’une agression (endroit discret), je pourrais encore un peu comprendre… Mais sur le Prado !?!?




Notez bien que ce lieu n’est pas un lieu possible d’agression, toutes ont lieu dans des quartiers reculés, dans des voies secondaires très discrètes, isolées au possible, alors que le lieu de l’arrestation est inversement sur une des plus grandes artères de Marseille avec un passage incessant de véhicules…

J’espère avoir répondu à vos interrogations. Je vous serais reconnaissant de répondre à la mienne :

Où réside l’intérêt pour Luc Tangorre coupable d’inventer ERIC ? Je n’y vois pour ma part que l’inconvénient pour Luc Tangorre de passer pour un menteur inutilement, sans en retirer le moindre bénéfice en cas de culpabilité. On présente Luc Tangorre plus intelligent qu’il n’est, comme le manipulateur qu’il n’est pas. IL faudrait (dans cette optique culpabiliste) interpréter l’invention éventuelle d’ERIC comme un bug du cerveau de Luc Tangorre sans queue ni tête. N’est-il pas plus logique et raisonnable de penser que l’existence de cet homme (ni démontrée ni formellement démentie) est une réalité ?

A vous de voir Cookie….

Qui bono l'évocation d'Eric s'il n'existe pas? A l'accusation...

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MessagePosté : 12 sept. 2009 5:41 
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J'ai oublié de répondre sur un point Cookie.

Vous écrivez que la convesation aurait pu porter vers une discussion du genre :


"mon prénom, Eric, j'habite dans le quartier de ... j'adore la pêche ... je suis étudiant..etc.....
en tous les cas, ils ont suffisamment discuté pour qu'Eric reconnaisse Luc quelques jours plus tard.
Qu'en pensez-vous ? "


Luc Tangorre nous explique que celui qui disait s'appeler Eric, plus agé que lui d'environ 3 ou 4 années, a engagé la conversation sur le thème de la plage privée, des accès pour y parvenir l'été, du privilège d'habiter à l'aplomb de la mer (on pouvait pêcher du balcon du studio etc...). Autour du verre qu'ils ont succinctement partagé, il a notamment été question de la décoration du studio, de la vue magnifique, du chateau d'If, des fêtes qui se déroulaient l'été à cet endroit, mais aucunement des activités d'Eric ou de Luc, de leurs occupations, du lieu précis d'habitation d'Eric (il semble cependant qu'un quartier ait été évoqué (le nom m'échappe, il s'agit d'un grand ensemble qui surplombe Marseille depuis les hauteurs des quartiers Sud) mais était-ce pour dire qu'Eric y habitait ou pour parler d'autre chose (par exemple de la vue sur la mer également splendide depuis ce site panoramique) ? Le côté anodain et superficiel de la conversation (finalement très courte) n'a pas frappé Luc Tangorre au point de retenir précisément, quelques jours plus tard, les détails de chaque mot prononcé. Luc Tangorre ne pouvait deviner l'importance de tout graver parfaitement dans sa mémoire.

Si Eric avait donné sa carte de visite, les choses auraient pu être moins compliquées pour le retrouver. Ce ne fut pas le cas.

Mais j'insiste pour vous dire :

Et après ? En quoi le dossier aurait-il été modifié ? A l'avantage de qui ? Quelle charge dès lors, si minime soit-elle, n'aurait--elle plus pesé sur les épaules de "l'inculpé" (c'est ainsi qu'on appelait un "mis en examen" à l'époque) ?

Pourquoi un mensonge gratuit de la part de Luc Tangorre ? Et pourquoi s'échiner à dépenser toute son énergie dans une recherche compliquée qui, si elle avait été couronnée de succès, n'aurait pas, en tout état de cause, fait avancé le schmilblick d'un seul minimètre ? Rétrospectivement, ce fut une erreur, puisque les culpabilistes s'engouffrent dans cette soi-disant "brèche", tout simplement parce qu'il n'ont pas d'autres arguments à faire valoir pour tenter, en vain, de mettre Luc Tangorre en défaut de sincérité ou, plus accablant encore auquel cas, en flagrant délit de mensonge....

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MessagePosté : 13 sept. 2009 15:46 
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Bonjour Diego et merci pour votre longue longue longue réponse :wink:

vous dites
Vous occultez un point sur lequel je me permet d’insister lourdement Cookie : quel est l’intérêt pour Luc Tangorre, à émettre l’hypothèse de sa culpabilité, d’inventer ce rendez-vous ? De quoi cela le décharge-t-il ? De quoi cela le justifie-t-il ? J’aimerais beaucoup que vous me répondiez sur ce point… S’il vous plait…


Diego, je n'ai jamais dit que luc tangorre était coupable et avait inventé ce rendez-vous,
vous oubliez une chose diego, je n'ai pas comme vous et d'autres forumeurs tous les détails concernant la première arrestation de Luc tangorre, je ne peux malheureusement me fier qu'à quelques pv de police existant sur ce site ainsi qu'à l'émission de christophe hondelatte, émission que vous dites totalement à charge pour Luc et inexacte en tous points.
non diego, j'essaie seulement d'imaginer la scène d'un jeune homme seul dans une voiture, s'arrêtant vers les 23 h ou 23 h 30 dans un quartier de marseille et faisant des va et vient jusqu'à attirer une patrouille de police qui, compte tenu des agressions qui s'étaient produites devait effectuer des rondes continuelles et contrôler tout ce qui leur paraissait suspect.

Ce que je persiste à dire c'est que si luc avait rendez-vous avec Eric et si ce garçon avait été retrouvé par la suite par les amis de luc ou son comité de soutien, et CONFIRME leur rendez-vous commun, je persiste à croire que l'affaire luc tangorre aurait pris une autre tournure. Retrouver Eric et le faire témoigner sur la véracité du rendez-vous qu'il avait avec Luc aurait pu au moins prouver que Luc disait la vérité et qu'il n'était pas "tapi dans l'ombre en train de guetter sa proie" :lol:
C'est tout et c'est simple !

Vous dites :
Et pourquoi s'échiner à dépenser toute son énergie dans une recherche compliquée qui, si elle avait été couronnée de succès, n'aurait pas, en tout état de cause, fait avancé le schmilblick d'un seul minimètre ? Rétrospectivement, ce fut une erreur, puisque les culpabilistes s'engouffrent dans cette soi-disant "brèche", tout simplement parce qu'il n'ont pas d'autres arguments à faire valoir pour tenter, en vain, de mettre Luc Tangorre en défaut de sincérité ou, plus accablant encore auquel cas, en flagrant délit de mensonge....

Vous admettez "rétrospectivement ce fut une erreur" .
les culpabilistes s'engouffrent dans cette soi-disant "brèche",
je réponds : oui mais c'était maheureusement un argument de poids puisque déjà à la base luc n'avait pu donner concrètement la preuve de l'existence de son rendez-vous.

vous dites :
Pour bien comprendre, il faut se remettre dans le contexte : Luc Tangorre est arrêté. Ses lettres sont bloquées par le juge et aucun parloir ne lui sera accordé durant plusieurs semaines, voire plusieurs mois. Les seules personnes à avoir entendu parler d’Eric les premiers temps sont donc les policiers et le Juge.
je ne savais pas que les parloirs de Luc Tangorre avaient été bloqués et ses courriers saisis. Quand vous en aurez le temps et le courage, merci de m'expliquer pourquoi.

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je fais un essai car je ne suis pas très doué pour les forums


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MessagePosté : 14 sept. 2009 20:04 
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Enregistré le : 29 mai 2009 20:48
Messages : 20
Bonsoir Cookie,
Je suis entièrement d'accord avec Diego. Je ne vois pas en quoi le fait qu'Eric existe et qu'il avait effectivement rendez-vous avec Luc ce soir-là aurait pu faire "prendre une autre tournure" au procès.
Ok il n'avait pas menti pour ce rendez-vous et alors ?
C'est bien lui. Il ressemble à la description donnée par les victimes, il a été formellement reconnu par plusieurs d'entres-elles, il a un 2CV, il a une arme factice, il a un couteau dans la boîte à gants, un jean, des baskets blanches, il a des traces de vaseline sur son pardessus, etc... Qu'est-ce qu'il faut de plus ?
Eric aurait pu témoigné pendant le procès, je ne vois vraiment pas comment il aurait pu par son témoignage empêcher la condamnation de Luc. Déjà que les incohérences démontrés dans ce procès et autres témoignages n'y sont pas arrivés...

Cela pouvait juste démontrer à la limite qu'il n'était pas ce soir-là à la recherche d'une proie.

_________________
Les lois sont toujours utiles à ceux qui possèdent et nuisibles à ceux qui n’ont rien. Jean-Jacques Rousseau


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MessagePosté : 14 sept. 2009 20:42 
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Enregistré le : 31 mai 2009 1:04
Messages : 99
Bonsoir à tous,

Je me permet d’intervenir dans cette discussion pour vous donner mon point de vue sur l’importance du fameux Eric.

Le 12 avril 1981 au soir, Luc Tangorre subit dans un quartier du 8ème arrondissement de Marseille un contrôle d’identité. Les policiers ont été attirés par le fait qu’il semblait faire le guet, puis serait parti en courant pour revenir en trottinant. Luc Tangorre explique qu’il attend un dénommé Eric avec deux autres filles, que pris d’un besoin pressant, il est parti uriner et qu’ayant laissé la clé de contact de sa voiture à l’intérieur de celle-ci, il est revenu la chercher précipitamment.

Eric n’est pas un témoin de Luc Tangorre pendant les plages horaires correspondant aux dix-sept agressions attribuées « au violeur des quartiers sud ». Le fait de le retrouver ne peut en aucun cas dédouaner Luc de ces (et pas ses) agressions passées. Il ne lui est donc d’aucune utilité dans l’affaire qui nous préoccupe. Je pense que le comité de soutien de Luc a eu la même perception des choses et n’a pas jugé utile ou en tous cas prioritaire de rechercher cet Eric. Ils avaient largement de quoi moudre, occupés qu'ils devaient être à démonter les "preuves" et à consolider les alibis.

Inversement, si ce fameux Eric avait pris connaissance de l’arrestation de Luc Tangorre et avait pu faire le recoupement avec la personne qu’il avait rencontré seulement deux fois, serait-il allé témoigner pour autant ? Rien n’est moins sûr. Tous les témoins ne viennent pas témoigner, loin s’en faut. Ils craignent, parfois à juste titre d'être à leur tour accusé de complicité. De plus il aurait pu se demander, en quoi il pouvait être utile à Luc Tangorre et n’ayant pas de réponse évidente, décider au final de ne pas se déplacer.

Pour ce qui est de l’existence de cet Eric : je ne vois quel intérêt aurait Luc à inventer un personnage pas plus qu’à inventer le fait d’être aller pisser. On lui demande ce qu’il faisait. Pour moi il le dit : point barre. Il ne faut pas chercher plus loin. S’il s’était lacé ses tennis en sifflotant « vient poupoule », il l’aurait dit aussi.

Dire qu’Eric a une importance dans cette affaire revient selon moi à considérer que Luc Tangorre avait besoin d’un alibi le jour précis de son interpellation. Cela pourrait revenir en quelque sorte à subodorer que Luc était « le violeur des quartiers sud » à la recherche d’une dix-huitième victime potentielle en ce soir du 12 avril 1981. C’est gratuit, cela ne repose sur rien et c’est lui faire un bien vilain procès d’intention.

Ce n’est pas ma position. Pour moi Luc est innocent, et Eric n’a dans cette affaire aucune importance. D’ailleurs à ce sujet Diego, je ne crois pas à l’hypothèse d’un coup monté avec cet Eric. Les policiers avaient déjà interpellé puis relâché une autre personne. Ils ont vu un individu qui correspondait au signalement recherché et semblait guetter quelque chose : ils se sont dit pourquoi pas lui ? A cette époque, il ne faisait pas bon être brun, mesurer environ 1,70 m , porter des moustaches et des tennis. C’est d’ailleurs le début du fameux article de Pierre-Vidal Naquet dans le Monde. Les policiers devaient avoir la pression pour élucider une affaire qui leur échappait depuis dix-huit mois. Il était compréhensible qu’il s’agitent à la moindre piste. La suite est beaucoup moins justifiable à mon sens.

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Henri Calet


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MessagePosté : 15 sept. 2009 8:09 
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administrateur

Enregistré le : 18 mars 2008 22:00
Messages : 1257
Citation :


Ce que je persiste à dire c'est que si luc avait rendez-vous avec Eric et si ce garçon avait été retrouvé par la suite par les amis de luc ou son comité de soutien, et CONFIRME leur rendez-vous commun, je persiste à croire que l'affaire luc tangorre aurait pris une autre tournure. Retrouver Eric et le faire témoigner sur la véracité du rendez-vous qu'il avait avec Luc aurait pu au moins prouver que Luc disait la vérité et qu'il n'était pas "tapi dans l'ombre en train de guetter sa proie" :lol:




Admettons l'hypothèse selon laquelle Luc Tangorre serait le violeur des quartiers sud tapi dans l'ombre.


1°) Puisque Luc Tangorre vient de regarder la télévision avec Gilles Fraudet (film du dimanche soir "On aura tout vu"), que ce dernier rentre chez lui sitôt après, cela signifierait que les policiers auraient la chance d'interpeller le "rôdeur" éventuel dès qu'il commencerait son activité prospective criminelle (le temps de se préparer à partir, d'emballer le couteau, de se rendre sur le lieu d'interpellation...). Admettons ce "coup de chance" improbable.

2°) Pourquoi donc le violeur des quartiers sud rôderait-il auquel cas, et pour la première fois depuis 16 mois (aucune des 17 victimes qu'on lui attribue n'a été abordé ailleurs que dans un lieu très isolé), sur l'une des plus grandes artères de Marseille, dans un lieu éclairé comme en plein jour, avec un va et vient de voitures incessant (de jour comme de nuit à cet endroit) ?


"Tapi". Non, ce n'est pas ce que disent les policiers.

"Dans l'ombre". Non, l'endroit n'est pas sombre mais bien éclairé (contrairement aux lieux des agressions lui lui sont imputées). Voir les documents "Faites entrer l'accusé" et "interviews de Luc Tangorre" tous deux disponibles sur ce forum...

"En train de guetter sa proie". Les proies du vrai violeur des quartiers sud, lâcheté oblige, ne sont jamais abordées qu'à l'écart du passage de témoins possible. A cet endroit, à cette heure, il passe environ une dizaine de voiture à la minute, soit une vingtaine d'intervenants potentiels en cas d'agression et d'appel au secours...

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MessagePosté : 15 sept. 2009 20:12 
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Enregistré le : 31 mai 2009 1:04
Messages : 99
Devoir prouver son innocence sur un évènement passé c'est déjà contraire (sauf énorme bêtise de ma part) à la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme et aux lois en vigueur en Europe. Apparemment cela se serait pratiqué parfois à titre exceptionnel en France. Plus maintenant naturellement, mais on doit bien finir par trouver dans le passé en cherchant bien.

Devoir prouver son innocence sur un évènement futur, c'est nouveau: cela vient de sortir. Il fallait oser, mais pourquoi pas?

Je persiste et je signe. Dire que le témoignage d'Eric était utile lors de l'instruction revient à dire que Luc doit être disculpé d'un forfait qu'il n'a pas encore commis, mais qu'il aurait pu commettre.

D'ailleurs si on va plus loin, nous sommes aujourd'hui le 15 septembre 2009. Luc Tangorre a-t-il un alibi pour demain 16 septembre 2009? Je crains bien que non. Et je ne parle pas d'après-demain où cela doit être encore pire. Alors comment allons-nous faire? Ce problème est inextricable.

Mais bon sang mais c'est bien sûr. J'avais la réponse devant moi et je ne la voyais pas...

De 1980 à 1989 Luc Tangorre avait une double personnalité et un tempérament de feu. Depuis 2000, ll ne les a plus ni l'un ni l'autre grâce au traitement qu'il aurait pu suivre mais qu'il n'a pas suivi. Logique... Luc n'a plus besoin d'alibi pour demain. Ouf, on l'a échappé belle... Mais où avais-je la tête?

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