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Message non luPosté : 17 avr. 2004, 13:12 
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Tiré du livre Le métier de bourreau, Delarue (Jacques) (Paris, Fayard, 1979, 420 p.)

"On n'exécute par encore au fond d'une cave, mais rien ne permet d'affirmer que cela n'arrivera pas un jour.
En cachant l'exécution on l'a rendue plus sordide. Nous avons vu à l'époque où le bourreau officiait en haut-de-forme sans reflets, puis Anatole Deibler portant le chapeau melon et la redingote, Desfourneaux un feutre souple gris et un complet noir. Aujourd'hui, les exécuteurs opèrent en combinaison de mécanicien, c'est le vêtement le plus rationnel à cause des projections de sang.
Quand le couperet sectionne le cou du condamné, trois jets inégaux jaillissent avec force; les deux carotides projettent le sang en jets puissants qui peuvent dépasser deux mètres; au centre un petit jet blanchâtre de trente centimètres, c'est le liquide céphalorachidien qui, brutalement décompressé, jaillit de la colonne vertébrale sectionnée. Le récipient dans lequel tombe la tête du condamné comporte une paroi externe assez haute pour stopper ces jets de sang. Mais il y a des éclaboussures, des maladresses. L'un des inconvénients du métier d'exécuteur, c'est qu'on s'y salit ses vêtements. Sanson s'en plaignait déjà."

p 384.


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Message non luPosté : 17 avr. 2004, 13:24 
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et plus loin : "les juristes anciens considéraient que la peine de mort avait trois qualités difficilement remplaçables : elle était réputée exemplaire, moralisatrice et éliminatrice.
Nous avons vu, par l'ambiance des exécutions publiques, ce qu'il en était de la fonction moralisatrice. Quand à l'exemplarité, depuis son escamotage à l'intérieur des prisons, qu'en reste-t-il ?
Le décret-loi du 24 juin 1939 a énuméré avec précision les personnes qui doivent assister à l'exécution, ce sont :
1/ Le Président de la Cour d'Assises ou, à défaut, un magistrat désigné par le premier président,
2/ L'officier du ministère public désigné par le procureur général, c'est-à-dire le procureur de la République ou l'un de ses substituts,
3/ un juge du tribnal du lieu de l'exécution,
4/ le greffier de la cour d'assises ou, à défaut, un greffier du tribunal du lieu d'exécution,
5/ les défenseurs du condamné,
6/ un ministère du culte,
7/ le directeur de l'établissement pénitentiaire,
8/ le commissaire de police et, s'il y a lieu, les agents de la force publique requis par le procureur général ou par le procureur de la République
9/ le médecin de la prison ou, à son défaut, un médecin désigné par le procureur général ou par le procureur de la République.

Ce sont là les personnes "seules admises à assister à l'exécution" qu'énumère la loi. En fait il y a presque toujours plusieurs fonctionnaires de police, notamment ceux qui vont accompagner le corps au cimetière et dresser le procès-verbal de l'inhumation, ou de sa remise à un représentant de la faculté de médecine, si la famille ne l'a pas réclamé et si le condamné ne s'y est pas par avance opposé. (...)

Dans ces conditions, qui peut encore soutenir que la peine de mort est exemplaire ?


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Message non luPosté : 14 juil. 2004, 02:07 
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J'ai laissé quatre petites photos pour montrer que M. Chevalier ne dit pas la vérité lorsqu'il prétend qu'il tenait délicatement la tête de Christian Ranucci lorsque le mouton lui a découpé le cou et que Fraticelli n'aurait ainsi pas pu l'entendre rebondir deux fois dans la cuvette remplie de son.

Sur le deuxième cliché, on voit nettement le "photographe" se retirer lorsque le mouton s'abat sur la tête du condamné, il ne tient pas du tout la tête, et cela se comprend.


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 Sujet du message : L'execution de Christian Ranucci
Message non luPosté : 14 juil. 2004, 15:18 
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Bonjour,

Je viens de regarder les quatre photos de Gihel (je les avais vues dans le livre consacré aux bourreaux) et elles font froid dans le dos; le 28 juillet 1976, l'un des aides du bourreau a coupé une mèche de cheveux de Christian( on se demande encore pourquoi ).

Il a aussi frappé le cou ( est ce le coup du lapin ? ) de Christian ; est ce le remords qui l' envahi ??

Toutes ces choses sont très tristes et d'un autre temps.
La peine de mort etait appliquée en cachette, par rapport à avant.

J'ai regardé ce midi le discours de Jacques Chirac et il a prononcé un mot qui nous tient à coeur : REHABILITATION .

Au sujet des accusés d'Outreau.
Je souhaite de tout coeur que ce mot s'applique aussi à Christian .

A plus

thierry


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Message non luPosté : 14 juil. 2004, 22:30 
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On faisait toujours cela : dégager la nuque pour que la lame ne vienne pas glisser sur les cheveux.


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 Sujet du message : le bourreau
Message non luPosté : 12 févr. 2005, 15:01 
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Salut tout le monde ! :(
J'ai su me procurer quatre vieux Paris-Match qui parlent de l'affaire Ranucci. Je voudrais avoir votre avis sur trois trucs :
1. Le bourreau accorde une interview et il prétend non seulement (comme c'est dit par Gihel ici plus haut) qu'il tenait la tête de CR quand la lame est tombée (il dit même "les trucs les plus emmerdants et les plus dangereux, c'était toujours pour moi"), il devait "guider" la tête sous la ligne de mire de la lame et la tenir et il avait peur pour ses propres mains, si jamais la lame devait tomber trop vite. Une chose pareille est-elle exacte et est-ce possible ?
2. Il dit que CR n'a dit qu'une phrase, à ses avocats : "vous ne voulez quand même pas que j'aille vous féliciter !" mais que pour le reste, il n'a rien dit du tout et que pour lui, ça veut dire qu'il était coupable, car lui-même (le bourreau), s'il était vraiment innocent, il l'aurait gueulé au moment de mourir !
3. J'ai aussi une petite interview de Valéry Giscard d'Estaing qui dit que juste avant de prendre sa décision, il a reçu une lettre de la mère de MD qui le suppliait de ne pas grâcier et que ça a compté dans sa décision. Est-ce que vous pensez que c'est possible ? Dans le livre de Gilles Perrault, lorsque les journalistes vous sonné chez la famille de MD, ils n'ont quand même pas l'air au courant de quoi que ce soit.
J'aimerais connaître vos idées à ce sujet. Merci d'avance :lol:


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 Sujet du message : Re: le bourreau
Message non luPosté : 12 févr. 2005, 15:44 
Citation :
Salut tout le monde ! :(
J'ai su me procurer quatre vieux Paris-Match qui parlent de l'affaire Ranucci. Je voudrais avoir votre avis sur trois trucs :
1. Le bourreau accorde une interview et il prétend non seulement (comme c'est dit par Gihel ici plus haut) qu'il tenait la tête de CR quand la lame est tombée (il dit même "les trucs les plus emmerdants et les plus dangereux, c'était toujours pour moi"), il devait "guider" la tête sous la ligne de mire de la lame et la tenir et il avait peur pour ses propres mains, si jamais la lame devait tomber trop vite. Une chose pareille est-elle exacte et est-ce possible ?
2. Il dit que CR n'a dit qu'une phrase, à ses avocats : "vous ne voulez quand même pas que j'aille vous féliciter !" mais que pour le reste, il n'a rien dit du tout et que pour lui, ça veut dire qu'il était coupable, car lui-même (le bourreau), s'il était vraiment innocent, il l'aurait gueulé au moment de mourir !
3. J'ai aussi une petite interview de Valéry Giscard d'Estaing qui dit que juste avant de prendre sa décision, il a reçu une lettre de la mère de MD qui le suppliait de ne pas grâcier et que ça a compté dans sa décision. Est-ce que vous pensez que c'est possible ? Dans le livre de Gilles Perrault, lorsque les journalistes vous sonné chez la famille de MD, ils n'ont quand même pas l'air au courant de quoi que ce soit.
J'aimerais connaître vos idées à ce sujet. Merci d'avance :lol:
une chose est certaine le bourreau a fait son metier mais abominable soit t il il ne va pas prendre la defense de CR une chose est sur pour le reste oui je crois possible que Valéry Giscard d'Estaing ait recu une lettre de mme Rambla bien sur cette lettre devait compter dans sa decison mais il n y avait pas que ca trop de zones d ombres dans ce dossier!!!!!!!


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 Sujet du message : Re: le bourreau
Message non luPosté : 12 févr. 2005, 18:07 
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Citation :
Salut tout le monde ! :(
J'ai su me procurer quatre vieux Paris-Match qui parlent de l'affaire Ranucci. Je voudrais avoir votre avis sur trois trucs :
1. Le bourreau accorde une interview et il prétend non seulement (comme c'est dit par Gihel ici plus haut) qu'il tenait la tête de CR quand la lame est tombée (il dit même "les trucs les plus emmerdants et les plus dangereux, c'était toujours pour moi"), il devait "guider" la tête sous la ligne de mire de la lame et la tenir et il avait peur pour ses propres mains, si jamais la lame devait tomber trop vite. Une chose pareille est-elle exacte et est-ce possible ?
Vous parlez de Chevalier, était l'assistant d'Obrecht, il était ce que l'on appelle le "photographe", il se met de l'autre côté de la guillotine pour appuyer la tête lorsque la lame tombe. Certains photographes y ont laissé une main effectivement.
Mais quand cette personne dit qu'elle a pris la tête de Ranucci délicatement pour la poser dans la cuvette, c'est un mensonge qui contredit d'ailleurs tout ce qu'il dit avant, c'est dangereux et on enlève vite les mains quand la lame tombe. Cela me semle évident et j'ai mis des photos pour le prouver.

Il veut contredire le témoignage de Maître Fraticelli qui lui dit que la tête a rebondi deux fois dans la cuvette, ben oui elle est projeté avec une violence et une vitesse très grande.

Ensuite ce que ne dit pas M. Chevalier, c'est qu'il ramasse la tête par les cheveux dans la cuvette pour la jeter dans le panier. La délicatesse là-dedans... C'est dans son rêve.
Citation :
2. Il dit que CR n'a dit qu'une phrase, à ses avocats : "vous ne voulez quand même pas que j'aille vous féliciter !" mais que pour le reste, il n'a rien dit du tout et que pour lui, ça veut dire qu'il était coupable, car lui-même (le bourreau), s'il était vraiment innocent, il l'aurait gueulé au moment de mourir !
Il ne peut rien en savoir, attendu que ce n'est pas lui qui a porté Ranucci sur la planche, mais les deux autres aides. Obrecht et lui étaient déjà dans la cour quand il s'est retourné vers ses avocats pour demander sa réhabilitation.

Aujourd'hui, c'est l'administration judiciaire française dont on se demande comment on pourrait la réhabiliter...


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Message non luPosté : 13 févr. 2005, 19:57 
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Giscard s'est d'autant plus planté qu'il n'a pas été réélu en misant sur la peine de mort alors que MITERRAND a été élu en ayant le courage de dire pendant sa campagne qu'il ne ferait plus exécuter personne. Il est vrai qu'il devait déjà être hanté par les 76 personnes qu'il avait laissé exécuter lorsqu'il était garde des sceaux (sots plutôt) dont un qui avait mis une petite bombe qui n'avait fait que des dégats matériels et qui ne visait aucune personne.


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Message non luPosté : 13 mars 2005, 20:43 
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Ce n'est pas ce que semblait dire le juré que nous avons entendu sur TF1 ce soir. Lui, il se demande encore aujourd'hui s'il était coupable. Quel aveu.

Et il se pose la question de savoir si ce ne fut pas une justice expéditive. Bel aveu à nouveau.

Si j'avais été juré, j'aurais violé mon serment et la loi, parce que cette loi est détestable au possible et j'aurais dit ce qui s'étais passé, et puis de toute façon j'aurais refusé de juger parce que l'on entendait "à mort" sous les fenêtres et que dans ces conditions on ne peut pas juger.


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Message non luPosté : 13 mars 2005, 20:44 
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Ce n'est pas un procès d'intention, Giscard a exécuté Ranucci. C'est comme cela que cela se dit.


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Message non luPosté : 13 mars 2005, 22:12 
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Localisation : Côte d'Azur (Alpes-Maritimes)
Citation :
Ce n'est pas un procès d'intention, Giscard a exécuté Ranucci. C'est comme cela que cela se dit.

--------------------------------------


Valéry Giscard d'Estaing (comme tous les autres présidents depuis 1965, d'ailleurs) a été élu au suffrage universel direct, c'est-à-dire par le Peuple...

Ila été confronté à un choix imposé par nos institutions.

Il a "laissé faire la Justice".

Ecrire qu'il a "exécuté Ranucci" est une contre-vérité flagrante...

... Ou relève du refus pur et simple de se conformer aux lois républicaines qui nous gouvernaient à ce moment-là.

_________________
Casimir


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Message non luPosté : 13 mars 2005, 23:17 
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Oui c'est du sophisme. Effectivement il est écrit que "la justice suit son cours", dans les faits, il ordonne qu'on actionne le couperet, puisqu'il a le pouvoir de l'arrêter, c'est qu'il a le pouvoir de l'actionner.

Donc il est responsable de ce qu'on lui a confié, une survivance de la monarchie, le droit régalien de disposer de la vie des gens. Donc il a bien fait exécuter Christian Ranucci. Dans les faits c'est ainsi qu'il faut parler. C'est sûr, l'exécution s'appuie sur une décision de justice, obtenue dans des conditions illégales d'ailleurs puisque des pièces n'ont pas été versées ni à l'instruction, ni aux débats, ce qu'il ne pouvait pas ignorer.

Donc, il faut assumer aussi sa responsabilité. Même dans ce cas là.


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Message non luPosté : 13 mars 2005, 23:31 
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Je persiste et signe, bien évidemment.

Dans cette affaire, le Président a scrupuleusement respecté les lois républicaines qui nous gouvernaient à ce moment-là.

Tois, les lois, tu les auraient violées !

C'est ce que tu as toi même écrit dans un e-mail précédent !

_________________
Casimir


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Message non luPosté : 13 mars 2005, 23:37 
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C'est sûr que c'est la loi, je ne dis pas qu'il a violé la loi. Mais je dis qu'en l'appliquant il est devenu un vulgaire assassin, c'est tout.
Son tableau de chasse est d'ailleurs éloquent : un estropié (Djanjoubi), un débile mental (Carrein) et un homme qui était peut-être innocent.

Encore que la loi qui institue lapeine de mort entre en contradiction avec la loi qui interdit de tuer. Et c'est un commandement de Dieu.

Alors la loi. Quelle loi ? Oui dans le cas extrême où l'on m'imposerait de délibérer dans les conditions qui ont été celles de ce procès, oui je violerais la loi et j'attendrais les explications des juges, notamment du président qui accepte de conduire des débats dans de telles conditions de lynchage.

C'est indigne, je prétends que c'est indigne.


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