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 Sujet du message : Re: un plan calqué?
Message non luPosté : 31 oct. 2012, 11:31 
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Enregistré le : 11 mai 2011, 14:05
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Youtube ne fait partie du forum.
Tiens ! Puisqu'on parle de Bouladou, j'en profite pour demander qu'un juriste me débarrasse d'un doute : la dissimulation de preuves en relation avec un délit prescrit pourrait-elle constituer, à son tour, un délit ?

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 Sujet du message : Re: un plan calqué?
Message non luPosté : 04 nov. 2012, 19:08 
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Citation :
Doornroosje:
Donc, ça veut dire que nous avons toujours regardé à une copie d'une copie ????
.
Selon moi, il y a le croquis initial dessiné par C Ranucci. A partir de ce croquis initial, les policiers ont fabriqué le plan calqué. Puis il y a la copie de ce plan calqué qui se trouve sur le forum
Citation :
Doornroosje:
Faite avec du papier carbone ?
Concernant le plan calqué, j'ai essayé de recenser les différents moyens dont on disposait à l'époque:
- Le photocopieur
- Le pantographe
- L'appareil photo
- Le papier carbone
- Le papier calque
- La feuille de papier contre la feuille de papier, le tout posée sur une vitre avec une source de lumière

Oui, je soupçonne très fortement que les policiers de l'Evêcher ont employé à un moment donné ou un autre le papier carbone. Mais ils ont certainement utilisé un ou plusieurs des autres procédés.


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 Sujet du message : Re: un plan calqué?
Message non luPosté : 04 nov. 2012, 19:45 
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Enregistré le : 11 mai 2011, 14:05
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Je ne comprends pas cette manière de toujours vouloir compliquer les choses. Le plus simple n'est pas toujours vrai mais dans la plupart des cas, ça l'est.
Le simple dans cette affaire est de se rappeler que pour qu'une enquête de voisinage puisse être rapide et efficace, il faut un plan sommaire des lieux. Plan sommaire que l'on ne retrouve pas et qui serait la première copie d'une feuille extraite du cadastre qui a miraculeusement apparu dans les mains de Bouladou.

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 Sujet du message : Re: un plan calqué?
Message non luPosté : 04 nov. 2012, 19:48 
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Enregistré le : 11 mai 2011, 14:05
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Quant à ce qui concerne l'ampliation nécessaire, il faut être conscient qu'extrait tel quel du cadastre, le plan de la cité serait un timbre-poste, plus ou moins. Donc l'ampliation est très probablement antérieure à la magouille des aveux.

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 Sujet du message : Re: un plan calqué?
Message non luPosté : 05 nov. 2012, 05:42 
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Enregistré le : 17 janv. 2006, 16:10
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Citation :
Je ne comprends pas cette manière de toujours vouloir compliquer les choses. Le plus simple n'est pas toujours vrai mais dans la plupart des cas, ça l'est.
Le simple dans cette affaire est de se rappeler que pour qu'une enquête de voisinage puisse être rapide et efficace, il faut un plan sommaire des lieux. Plan sommaire que l'on ne retrouve pas et qui serait la première copie d'une feuille extraite du cadastre qui a miraculeusement apparu dans les mains de Bouladou.
Sauf, que cette feuille, extraite du cadastre qui a "miraculeusement apparu dans les mains de Bouladou" le nom de la rue qui nous intéresse, est rue des linots.

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 Sujet du message : Re: un plan calqué?
Message non luPosté : 05 nov. 2012, 09:36 
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Enregistré le : 11 mai 2011, 14:05
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Ben oui. Ils ne sont pas aussi cons qu'ils en ont l'air et ne se sont pas gourés de quartier. Tant qu'à décalquer, mieux vaut que ce soit le bon coin.

Quant à la dénomination de la rue, il me semble que Didi avait fait quelques recherches tendant à démontrer qu'il est très probable que la rue s'appelait impasse d'Albe sur la plaque et rue des Linots sur le cadastre. Un cadastre c'est rationnel, normalement et il est très peu rationnel qu'une rue qui pourrait raccorder la rocade à un hôpital soit laissée en impasse. Boulouboulou lui-même, affirme que c'est un extrait du cadastre de l'époque. Notez comme il est bien foutu ce cadastre. Il s'auto-oriente automagiquement suivant le dessin de Ranucci.

D'autre part, pensez-vous toujours que le plan dessiné est celui du quartier du copain de régiment ?

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 Sujet du message : Re: un plan calqué?
Message non luPosté : 05 nov. 2012, 15:26 
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Enregistré le : 11 mai 2011, 14:05
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Notez qu'il suffit de démontrer que l'impasse d'Albe était dénommée rue des linots sur le cadastre de l'époque, pour terminer de prouver - rerereprouver devrait-on dire - que le plan spontané est un décalque du cadastre.

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 Sujet du message : Re: un plan calqué?
Message non luPosté : 05 nov. 2012, 16:58 
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Localisation : Normandie
Citation :
Concernant le plan calqué, j'ai essayé de recenser les différents moyens dont on disposait à l'époque:
- Le photocopieur
- Le pantographe
- L'appareil photo
- Le papier carbone
- Le papier calque
- La feuille de papier contre la feuille de papier, le tout posée sur une vitre avec une source de lumière

Oui, je soupçonne très fortement que les policiers de l'Evêcher ont employé à un moment donné ou un autre le papier carbone. Mais ils ont certainement utilisé un ou plusieurs des autres procédés.
Mais au procès il a fallu un croquis originel, non pas une copie .... du moins je l’espère.

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 Sujet du message : Re: un plan calqué?
Message non luPosté : 05 nov. 2012, 18:20 
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L'option que je pense la plus probable va en deux temps :

1- Avant l'arrestation de Ranucci, le pantographe pour faire un plan sommaire mais précis en vue de l'enquête de voisinage

2- Lors des aveux, le plan sommaire fixé sur une table lumineuse, comme dit Pat, et la feuille du croquis spontané dessiné par l'accusé de son propre chef, posée dessus. Les rotations de la feuille sont du fait de l'inertie des baffes que prend le dessinateur durant l'exécution du dessin.

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 Sujet du message : Re: un plan calqué?
Message non luPosté : 05 nov. 2012, 18:23 
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1 bis- l'ampliation par photocopieuse parce qu'il est compliqué de faire des lettres au pantographe et celles de Ranucci tombent sur celles du cadastre.

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 Sujet du message : Re: un plan calqué?
Message non luPosté : 05 nov. 2012, 18:24 
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Citation :
bruno1:
Sauf, que cette feuille, extraite du cadastre qui a "miraculeusement apparu dans les mains de Bouladou" le nom de la rue qui nous intéresse, est rue des linots.
Voilà ce que G. Bouladou disait à Ludivine il y a quelques années.
Citation :
Ludivine:
...C'est moi (m'a t'il dit) [Gérard Bouladou] qui suis allé, il y a longtemps, en 2004 je crois, aux archives régionales, chercher cette partie du cadastre de Marseille datée de 1973, pour me rendre compte moi-même si les lieux avaient beaucoup changé par rapport à maintenant...
Bouladou se tromperait-il à l'insu de son plein gré?
En tout cas, sur l'indicateur Marseillais, l'équivalent du bottin des PTT, mais en mieux, puisque dans celui-ci il existe une partie où est recensé pour chaque artère (par ordre alphabétique) le nom des habitants qui ont le téléphone:
- Dans celui de 1974, on trouve l'impasse Albe, tandis que la rue des Linots ne s'y trouve pas.
- Dans celui de 1975, Pour l'impasse Albe il est marqué ''Albe (impasse) voir Linots (rue des)'' et pour La rue des linots il est écrit '' Linots (rue des) ex impasse Albe, de la rue Albe 126 (Chartreux)''

Ci-dessous je vous donne à voir un doc qui vous montre ce qui était dit dans l'Indicateur Marseillais de 1975 à propos de l'impasse Albe. La photo est floue, mais après décryptage, vous pourrez lire: ''Albe (impasse) voir Linots (rue des)''
Fichier(s) joint(s) :
copie.JPG


Vous n’avez pas les permissions nécessaires pour voir les fichiers joints à ce message.


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 Sujet du message : Re: un plan calqué?
Message non luPosté : 16 nov. 2012, 22:54 
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Si je vous dis pêle-mêle ...

- Un croquis établi par les autorités et erroné
- La région de Provence
- Un couple qui pleure leur enfant disparu
- Une victime qui s'avère s'être trouvée au mauvais endroit et au mauvais moment
- Un ''banal accident'' de la circulation
- Une surcharge sur un document administratif
- Un témoin capital qui sera retrouvé tardivement
- Une voiture accidentée et saisie qui va bientôt poser problème
- Un camion qui passe au moment de l'accident et qui ne s'arrête pas

...Tout cela va forcément vous faire penser à l'Affaire Ranucci. Et pourtant...
Citation :
Un si vieux secret d'état (6ème chapitre de ''Morts suspectes sous la 5ème République'' de Patrick Pesnot) :

II s'agit sans doute de la plus longue affaire judiciaire française : l'affaire Saint-Aubin. La mort de deux jeunes gens dans un accident de la route qui n'en était pas un. Pendant plus de trente ans, les parents du jeune homme tué se sont battus inlassablement pour faire éclater la vérité. Mais aujourd'hui encore, le mystère demeure. Les secrets d'État ont la vie dure, quels que soient les gouvernements.
… 5 juillet 1964, 7 heures du matin. Une traction avant roule à bonne allure sur la nationale 7 entre Puget-sur-Argens et Fréjus. La route est humide et sinueuse. Dans son rétroviseur, le conducteur aperçoit une Volvo, carrosserie noire et toit blanc. « On dirait une voiture de rallye», se dit l'automobiliste. Dans le rétroviseur, l'image de la Volvo grandit très vite. Bientôt l'auto noire et blanche est tout juste derrière. Sagement, le conducteur de la traction se serre sur le côté droit de la route. La Volvo le double à grande vitesse. L'automobiliste a quand même le temps de noter que la voiture est immatriculée en Suisse.
La Volvo disparaît très vite de sa vue. Mais quelques kilomètres plus loin, au lieu-dit les Esclapes, l'homme aperçoit au loin une masse noire au bord de la route. De la vapeur ou de la fumée s'en échappe. Encore quelques
dizaines de mètres et le conducteur de la traction découvre la Volvo qui l'a doublé. Elle est encastrée dans un platane. Le choc a dû être terrible. À l'intérieur, un jeune homme et une jeune fille, sa passagère. Tous les deux sont très grièvement blessés. Ils mourront d'ailleurs en arrivant à l'hôpital.
L'automobiliste prévient les gendarmes. Ceux-ci ne sont guère étonnés. Il y a tellement d'accidents sur cette portion de route. Et puis, manifestement, au volant de ce bolide, le conducteur devait rouler trop vite. Il a dû être surpris, faire une mauvaise manœuvre, perdre le contrôle de son véhicule.
Bref, à l'évidence, il s'agit d'un banal accident de la route. Ce que conclut rapidement la justice qui referme le dossier. L'affaire Saint-Aubin commence.
Dès le départ, M. et Mme Saint-Aubin, les parents du jeune homme tué, mettent en cause la thèse de l'accident de la route. Essayeur à Genève chez Volvo, Jean-Claude était un conducteur très expérimenté. Ils sont donc persuadés que leur fils n'a probablement pas fait d'erreur de pilotage. Propriétaires d'une importante bijouterie à Dijon, ils disposent heureusement de quelques moyens financiers. Ce qui leur permet de se livrer à un véritable travail d'enquête.
Assez rapidement, ils se rendent compte qu'on essaie de leur cacher quelque chose.

Le premier élément qui leur semble suspect, ils le trouvent dans le dossier même de l'accident. En comparant le croquis établi par les gendarmes et le tracé de la route, ils notent un certain nombre d'erreurs. Ainsi, sur le dessin, il est indiqué la présence d'un dos-d'âne à quatre-vingt-dix mètres de l'arbre contre lequel la Volvo s'est fracassée. Dos-d'âne qui aurait surpris le conducteur et déséquilibré le véhicule. Or si ce dos-d'âne existe bien, il se trouve en réalité à cent cinquante mètres du lieu du drame. Il leur paraît donc évident qu'on a voulu à tout prix accréditer la thèse de l'accident dû à une vitesse excessive !
Les Saint-Aubin s'adressent à la justice : ils veulent qu'on ouvre une véritable enquête. Mais ils essuient un refus. Pour le procureur, tout est clair : après une longue nuit de conduite, Jean-Claude, fatigué, a vu trop tard le dos-d'âne. Peut-être même s'est-il endormi.

Ses parents ne sont pas des gens à renoncer. Quelques mois après la mort de leur fils, ils se rendent sur les lieux de l'accident. En bavardant avec une pompiste, ils obtiennent un renseignement important .-l'accident a eu un témoin. La commerçante tient cette information d'un officier du camp militaire de Puget-sur-Argens. Ce militaire lui a affirmé qu'un ancien harki, employé dans une cimenterie voisine, s'est confié à lui le jour même de la mort de Jean-Claude Saint-Aubin. Il lui aurait dit.- «Je viens de voir un accident en me rendant à mon travail. Ce n'était pas beau. Un camion militaire a débouché d'un chemin et projeté une voiture contre un arbre. Puis le camion a pris la fuite, suivi par une 203. » II a même ajouté qu'il a cru remarquer que, sur la plaque minéralogique de la 203, il y avait une flamme tricolore.
Les Saint-Aubin tentent de retrouver ce harki. Mais l'homme a déménagé et il va s'écouler de longs mois avant qu'ils ne le situent enfin. Entre-temps, ils communiquent l'information aux autorités judiciaires. Une enquête est diligentée. Elle établit qu'un camion militaire du camp de Puget-sur-Argens a bien circulé sur la nationale 7 ce matin-là. Le conducteur est interrogé : il déclare que, lorsqu'il est passé à la hauteur du lieu-dit les Esclapes, vers 7 h 10, les gendarmes étaient déjà présents sur les lieux de l'accident et canalisaient la circulation. Or, sur le procès-verbal rédigé par les gendarmes, il est écrit qu'ils ne sont arrivés sur les lieux qu'à 7 h 40 !
Informé que ses déclarations sont en contradiction avec ce procès-verbal, le chauffeur militaire modifie son témoignage : en fait, il est passé plus tard sur les lieux de l'accident.
Plus que jamais, les Saint-Aubin sont convaincus qu'on leur cache la vérité. Il leur faut donc retrouver à tout prix le harki. Quand ils le localisent enfin, l'homme, un certain Mohamed Moualkia, raconte ce qu'il a vu. Il affirme que le camion de l'armée a délibérément coupé la route à la Volvo que conduisait Jean-Claude. Surpris, celui-ci a essayé d'éviter le camion mais il l'a heurté à l'arrière. La voiture, déséquilibrée, est allée s'écraser contre un arbre.
Moualkia confirme également qu'il y avait bien une voiture de l'armée derrière le camion, une 203, et que les deux véhicules militaires ont filé immédiatement après l'accident. Prudents, les Saint-Aubin recueillent ce témoignage devant huissier. Désormais, pensent-ils, l'enquête va être rouverte.
Ils se trompent lourdement : la justice refuse d'entendre le harki. Les magistrats estiment que Moualkia a sans doute été témoin d'un autre accident. Ou, mieux, qu'il a tout inventé !
D'ailleurs le registre de la cimenterie où travaillait Moualkia a été consulté. Or, le jour de la mort de Jean-Claude, le harki a pris son travail à 5 heures du matin. Il n'a donc pas pu être témoin d'un accident qui s'est produit à 7 heures !
Les Saint-Aubin ne sont pas disposés à en rester là. Eux aussi vont consulter ce registre. Ils n'ont aucun mal à découvrir que ce document a été grossièrement maquillé .- un « 5 » surcharge le « 7 » initialement écrit.

Contre toute attente, le procureur refuse de tenir compte de ce nouvel élément et les époux Saint-Aubin sont déboutés de la plainte qu'ils ont déposée pour falsification de document. Pourtant, une fois encore, les Saint-Aubin ont fait constater par huissier que le registre a bel et bien été surchargé.
Nullement découragés, ils s'adressent successivement au parquet de Draguignan, au parquet général d'Aix-en-Provence, au tribunal de grande instance de Draguignan et encore à la direction générale des Affaires criminelles au ministère de la Justice. Rien n'y fait ! On ne veut pas les entendre.
Sans céder à la paranoïa, les Saint-Aubin sont amenés à penser que cette affaire dissimule une vérité très gênante. Et pourquoi pas un secret d'Etat puisque les plus hautes autorités, armée et justice, font obstacle à la manifestation de la vérité ? Ce qui les trouble pardessus tout, c'est le rôle de leur fils dans cette affaire ! Pourquoi a-t-on voulu l'éliminer ?À moins qu'il n'ait été pris pour un autre ! Une idée qui fait peu à peu son chemin dans les réflexions des parents de Jean-Claude.
Car rien dans la vie de Jean-Claude Saint-Aubin ne pouvait expliquer qu'on ait voulu le tuer.
Et sa passagère ? Dominique avait 16 ans. Fille de pâtissiers dijonnais sans histoires, qui aurait pu lui en vouloir ? En tout cas ses parents, contrairement aux Saint-Aubin, ont accepté la version officielle, celle d'un accident ordinaire de la route qui s'explique par une trop grande vitesse.


L'affaire rebondit d'une façon tout à fait incroyable en 1970, six ans après la mort des deux jeunes gens. Les Saint-Aubin reçoivent une lettre d'un garagiste suisse qui leur réclame une forte somme correspondant aux frais de gardiennage de la Volvo accidentée de leur fils. Or les Saint-Aubin disposent d'un certificat de destruction signé par deux douaniers ! L'épave de la Volvo a été brûlée et cassée sous leurs yeux.
Si l'auto se trouve réellement en Suisse, les deux gabelous ont donc commis un faux !
Il est rapidement établi que c'est bien la voiture de Jean-Claude qui a été transportée chez ce garagiste. Alors pourquoi ce faux certificat ?
S'il s'agissait de faire en sorte qu'un examen de l'auto ne puisse pas déboucher sur des éléments qui auraient pu faire la preuve d'une collision avec un autre véhicule, il aurait suffi de détruire vraiment la voiture. Alors que s'est-il passé ?
L'épave de la Volvo a très vite été évacuée des lieux de l'accident et envoyée en Suisse. C'est seulement ensuite qu'il a été demandé aux douaniers d'établir ce faux certificat afin de dissuader toute possible curiosité. Malheureusement pour ceux qui avaient imaginé cette manœuvre, le garagiste suisse a voulu rentrer dans ses frais de gardiennage !
L'existence de ce faux certificat était une aubaine pour les Saint-Aubin qui pouvait ainsi déposer une nouvelle plainte. La justice a donc été contrainte d'ouvrir une information contre les deux douaniers en cause pour faux en écriture publique, une accusation très grave, passible de la cour d'assises.
Pourtant les deux fonctionnaires vont bénéficier d'un non-lieu, la justice estimant qu'il ne peut exister de crime de faux dans une altération matérielle de la vérité sans une intention de nuire.

Exaspérés - on le serait à moins - par toutes ces obstructions et mensonges, les époux Saint-Aubin se rendent à Fréjus sur Ja nationale 7. Sur le platane contre lequel s'est fracassée la voiture de leur fils, ils collent une affichette où ils accusent gendarmes et magistrats d'être lâches et serviles, d'avoir camouflé la vérité. Us espèrent ainsi provoquer une réaction et peut-être même le dépôt d'une plainte à leur encontre. Ce qui permettrait de relancer l'affaire. Mais l'attitude de la justice, là encore, est surprenante.
Le parquet de Draguignan ouvre effectivement une information contre eux mais Je juge d'instruction chargé de J'affaire décide d'abord de soumettre les époux Saint-Aubin à une expertise psychiatrique. Il s'agit clairement de les faire passer pour des fous. Mais la manœuvre fait long feu ; les deux experts commis sont des Dijonnais qui connaissent parfaitement les Saint-Aubin et entretiennent d'excellents rapports avec eux. Par conséquent, ils se désistent. Ça n'empêche toutefois pas Je juge de prononcer un non-lieu en faveur des deux époux sous le prétexte qu 'ils étaient en état de démence lorsqu'ils ont insulté par voie d'affichette la gendarmerie et la magistrature. Bref ils ont été momentanément fous alors même qu'ils n'ont pas été examinés par un psychiatre. Une sorte de première judiciaire en France.
Pourtant, les Saint-Aubin ne se découragent pas et contre-attaquent. Toujours devant la justice. Toujours en vain, comme d'habitude.

Cependant ils commencent tout de même à y voir un peu plus clair grâce à l'intervention inespérée d'un nouvel acteur.
II s'appelle Jean Méningaud. Avocat, il a eu un parcours atypique sinon chaotique. Avant guerre, il a tout juste vingt ans, il combat les troupes franquistes en Espagne au sein d'une colonne anarchiste. Plus tard, on le retrouve assez logiquement engagé dans les FTP où les communistes dominent. Après 1945, il s'inscrit à la SFIO. Mais la guerre d'Algérie éclate. Jean Méningaud, qui affirme être choqué par la violence des attentats FLN, évolue peu à peu vers la droite. En I960, on le retrouve à la tête de l'un des mouvements « Algérie française » les plus activistes, le Front national français. Méningaud est donc passé de l'extrême-gauche à l'extrême-droite.
Lorsque l'OAS est créée, Méningaud en est, forcément. Après l'indépendance algérienne, recherché par la police, il trouve refuge dans l'Espagne de Franco comme beaucoup d'autres factieux mais n'en continue pas moins à comploter. Tels Bidault, Soustelle ou Susini, il persiste dans son combat contre de Gaulle et s'installe à Genève.
En juillet 1964, le mois où Jean-Claude Saint-Aubin et sa passagère trouvent la mort, Méningaud a rendez-vous avec quelques-uns de ses amis politiques du côté de Fréjus. Il décide de s'y rendre dans son automobile, une Volvo de la même couleur que celle de Jean-Claude Saint-Aubin, dont le numéro de plaque minéralogique suisse est très proche de celui du jeune homme.
Même date, même auto, même région, même plaque suisse : autant de coïncidences troublantes qui ont pu conduire d'éventuels agresseurs à confondre les deux véhicules et attaquer Saint-Aubin alors que c'est l'OAS Méningaud qui était visé !
Lorsque a lieu, en 1981, l'élection de François Mitterrand, les Saint-Aubin espèrent à juste titre que le nouveau pouvoir va soulever la chape de plomb qui pèse sur la mort de leur fils. Effectivement, on leur donne des assurances, on va chercher, enquêter. Mais, hélas, lorsque de nouveaux enquêteurs sont désignés, on s'aperçoit que le dossier judiciaire de l'affaire a disparu depuis trois ans. Même la copie est introuvable.

Exactement comme si l'affaire Saint-Aubin n'avait jamais existé !
Libération, septembre 1990 :
«En 1981, la donne et le gouvernement surtout changent. Auparavant déjà, les socialistes, à l'inverse d'une bonne demi-douzaine de ministres de la Justice, ont manifesté leur intérêt pour cette affaire. Bourguignons dans l'âme, les Saint-Aubin ont rendu visite au député de la Nièvre, François Mitterrand, qui leur a consacré des lignes émues dans L'Abeille et l'architecte. À peine arrivé place Vendôme, Robert Badinter dépêche un de ses chefs de cabinet pour reprendre le dossier Saint-Aubin. Il est temps. Non seulement les faits sont prescrits, dans l'hypothèse d'un homicide volontaire, mais le dossier et son double ont disparu depuis trois ans. Après quelques judicieuses questions orales à l'Assemblée, le garde des Sceaux annonce l'ouverture d'une enquête de l'Inspection générale des servicesjuridiques. Les trois inspecteurs pensent boucler la chose en quatre mois. Il leur faudra quatre ans. »
II est évident que le dossier n'a pas simplement été égaré. Il a été dérobé ou détruit trois ans avant 1981, c'est-à-dire au moment où des élections législatives laissaient entrevoir une victoire de la gauche. Il fallait donc se débarrasser au plus vite de ce dossier.
Heureusement, les Saint-Aubin avaient gardé dans leur coffre un grand nombre de documents. Les enquêteurs du ministère de la Justice ont donc pu progresser, mais sans grand enthousiasme ! Il n'est jamais très agréable de mettre en évidence les fautes commises par certains de vos collègues et la justice, ce qu'on appelle poliment des « dysfonctionnements ». C'est ce qu'ont écrit élégamment les magistrats dans leur rapport. Un document qui, pour la première fois, met en évidence l'existence du camion de l'armée et donc la responsabilité de l'État !
En 1990, grâce à l'intervention du médiateur de la République, les Saint-Aubin reçoivent une indemnité substantielle, vingt-six ans après les faits. Mais pour ce couple de gens âgés, cette indemnité n'a pas grand sens. Ce qu'ils cherchent depuis un quart de siècle, c'est la vérité, seulement la vérité ! Or, si ce rapport représente quand même une avancée, il ne répond toujours pas aux deux questions essentielles : qui et pourquoi ? Autre interrogation troublante qui reste sans explication : pourquoi la justice a-t-elle aussi obstinément et aussi longtemps refusé d'écouter les Saint-Aubin ?

Auparavant, c'est-à-dire avant la publication de ce rapport des enquêteurs du ministère de la Justice, l'affaire a fait une troisième victime. En 1984, des journalistes de TFl décident de réaliser un documentaire sur ce fait divers. Les Saint-Aubin coopèrent et communiquent l'adresse de l'unique témoin, l'ancien harki Moualkia. L'homme étant absent, il lui est laissé une lettre. Dès le lendemain, il appelle les Saint-Aubin : il est d'accord pour témoigner devant la caméra. Rendez-vous est pris. Puis, c'est le silence.
Moualkia, qui devait téléphoner à TFl, ne se manifeste pas. Peu après, son corps calciné est découvert dans son appartement. La gendarmerie mène l'enquête ; elle conclut que Moualkia s'est endormi en fumant une cigarette. Détail étrange : la porte de l'appartement était fermée. Mais la clé n'a jamais été retrouvée.
L'ancien harki a-t-il été assassiné ? Rien ne permet de l'affirmer. Mais la coïncidence entre le tournage prévu par la télévision et la mort de Moualkia ne manque pas d'étonner !

Essayons toutefois de répondre aux questions laissées sans réponse. En 1964, il existait encore des membres de l'OAS qui pouvaient être dangereux. Libres ou réfugiés à l'étranger, ils pouvaient attenter à la vie du chef de l'État. Certains d'entre eux appartenaient même au personnel des services secrets.
Au SDECE, certains officiers ont ou ont eu des sympathies « Algérie française ». Leur patron, le général Grossin, était pied-noir. Il a refusé avec la plus grande fermeté que son service soit impliqué dans la lutte contre l'OAS. Désireux de préserver l'unité de la maison, il voulait surtout éviter que ses hommes ne soient amenés à faire un travail de policier contre des Français ! Certes il n'avait pas eu autant de scrupules lorsque le SDECE avait été conduit à combattre les hommes du FLN qui, avant l'indépendance, étaient eux aussi des Français. Mais à l'époque, dans les services, on ne posait pas trop de questions dès qu'il s'agissait de traquer le FLN ou les marchands de canons qui lui fournissaient des armes.
Malgré les pressions du pouvoir, le SDECE était par conséquent absent de la lutte contre l'OAS.
Philippe Bernert, journaliste (SDECE, service 7 - L'extraordinaire histoire du colonel Leroy-Finville et de ses clandestins, Presses de la Cité, 1981).
« Leroy-Finville est convoqué par un collaborateur du Premier ministre Georges Pompidou, le préfet Patault. Celui-ci lui dit : "Voilà, je sais que vous disposez en Espagne de tout un dispositif qui a fonctionné admirablement pendant la guerre d'Algérie. Le problème^ vous le savez, est maintenant différent. Des gens de l'OASse sont fixés du côté d'Algésiras et à Palma de Majorque. Nous aimerions les éliminer définitivement". Leroy-Finville se récrie. Il dit que la guerre est finie, que ces exilés essaient de se refaire une nouvelle vie à l'étranger. Le préfet Patault lui répond que ces gens-là demeurent des ennemis potentiels et qu'ils n'auront de cesse de se venger et de fomenter de nouveaux attentats contre le général de Gaulle. Et il ajoute : "Ces gens-là ont cessé d'être français lorsqu 'ils ont pris parti contre le gouvernement de leur pays. Ils doivent être poursuivis comme des animaux nuisibles !" Leroy-Finville refuse tout net. Il ajoute qu 'il refusera une nouvelle fois la besogne qu'on lui propose en présence du Premier ministre lui-même. »
Le SDECE n'a donc rien à voir dans l'affaire Saint-Aubin ! Toutefois, d'autres services de renseignement, tels la DST ou les Renseignements généraux, ont combattu l'organisation terroriste. Mais lorsqu'il s'agissait de représailles et d'actions violentes, c'était la SM, la Sécurité militaire, qui agissait. Avec l'aide d'auxiliaires plus ou moins recommandables, gangsters ou militants du SAC.
Malgré l'opération « Réconciliation » qui visait à récupérer les militants de l'OAS exilés en Espagne en leur garantissant l'impunité, il se trouvait encore dans la nature des gens particulièrement efficaces et redoutables, comme l'ancien adjudant Robin ou Gilles Buscia, qui venaient tout juste de s'évader de prison. Un attentat était donc toujours à craindre.
En 1964, la Sécurité militaire bénéficie d'un tuyau .- à Genève, il se prépare quelque chose. Sans doute un nouvel attentat contre le général de Gaulle. Les renseignements se font plus précis : ce sera à l'occasion des fêtes du vingtième anniversaire du débarquement allié en Provence où une cérémonie doit avoir lieu sur le mont Faron.
Lorsque que la SM apprend que l'avocat Méningaud, membre notoire de l'OAS résidant à Genève, envisage de se rendre sur la Côte d'Azur, elle imagine qu'il s'agit de préparer l'attentat. Ses chefs décident d'anticiper. C'est-à-dire d'intercepter l'avocat et de le faire parler !
L'idée est de provoquer un incident automobile afin de s'emparer de Méningaud : un camion militaire sortant d'un chemin doit bloquer le véhicule de l'avocat, quitte à provoquer une collision. La direction de la SM, en parfait accord avec les autorités politiques, donne son feu vert.
Malheureusement une confusion se produit. La voiture ciblée n'est pas celle de l'avocat. D'autre part, elle roule trop vite. Malgré l'habileté du pilote, l'auto heurte violemment le camion avant de se fracasser contre un arbre. L'accident est mortel !
Lorsque les agents de la SM ou les auxiliaires qui travaillaient pour elle s'aperçoivent de leur tragique erreur, il ne leur reste qu'une solution : la fuite !
Ensuite, ce sera le silence de l'armée et de la justice. Le silence et les camouflages ! Car il s'agissait d'un secret d'État et personne ne devait savoir que deux malheureux jeunes gens avaient payé de leur vie une méprise de la Sécurité militaire.
Quant à l'attentat du mont Faron, il a échoué : les charges placées dans des jarres devant lesquelles le cortège présidentiel a défilé n'ont pas explosé. Il ne fait nul doute que la SM était passée derrière les terroristes !
Douglas Porch, historien (Histoire des services secret, Albin Michel, 1997) :
« Un seul service combattit réellement l'OAS : la Sécurité militaire (SM). Equivalant ordinairement à un service de « RG militaire » dont la mission consiste à constituer de volumineux dossiers sur le personnel des armées, la SM avait contracté le virus « action ». Sous la direction du général d'aviation Charles Feuvrier, ancien de la France libre, elle créa une Division des missions et des recherches, afin d'identifier et mettre hors d'état de nuire les officiers soupçonnés de sympathie envers l'OAS, puis de démasquer les pilotes servant d'agents de liaison. Ce n'était pas tout. Elle infiltra un de ses membres (ancien para plus tard assassiné) dans les rangs de l'organisation et loua les services d'un gangster, Jean Auge, afin d'assassiner deux officiers du SDECE passés aux factieux. »


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 Sujet du message : Re: un plan calqué?
Message non luPosté : 17 nov. 2012, 12:24 
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Tiens Pat, vous racontez toujours des "belles" histoires. cry:

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« Si tu diffères de moi, frère, loin de me léser tu m'enrichis. »
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 Sujet du message : Re: un plan calqué?
Message non luPosté : 17 nov. 2012, 13:49 
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Enregistré le : 22 sept. 2008, 15:05
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Doornroosje:
Tiens Pat, vous racontez toujours des "belles" histoires.
Pour ce qui douteraient que dans ''l'Affaire Ranucci'' la justice et la police auraient été incapables de faire ce à quoi certains membres du forum les soupçonnent, je voulais ici montrer un exemple qui met en avant jusqu'où les autorités judiciaires et sécuritaires sont capables d'aller pour cacher tout ou partie de la vérité lorsque celle-ci les dérange.


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 Sujet du message : Re: un plan calqué?
Message non luPosté : 17 nov. 2012, 14:36 
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Que ne ferait-on pas au nom de la raison d'Etat ?

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