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Message non luPosté : 18 déc. 2006, 10:52 
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Bonsoir à tous.

J'ajoute à toutes ces théories sur l'affaire Gallardo que dans la mesure où Valéry Giscard d'Estaing refuse de s'exprimer sur le sujet, il n'y a que Me Lombard pour nous dire qu'il était persuadué d'avoir convaincu le président lors de son entretien... Hors, rien ne démontre que l'avocat ait été efficace. Et vu la tournure de la procédure, j'aurai plutôt tendance à croire le contraire.

Je ne suis pas spécialiste en droit, mais la position de Me Lombard au procès a été pour le moins déroutante. Si il a gardé la même ligne de conduite face au président de la République, alors il y a des questions à se poser.
On peut en effet se poser des questions, mais n'a-t-il pas également été influencé par l'affaire du Pradet, par les lettres d'appui des magistrats et par la lettre de Mme Rambla qui demandait que justice soit faite...? Et il est probablement évident que les avocats auraient dû y aller ensemble. :(
Bonjour Chantal, ce qui rend la thèse de l'innocence si improbable pour certains, on le doit certainement à l'analyse faite de cette affaire.

D'un côté, les méchants (enquêteurs, témoins, juge, président, jurés, Valéry Giscard d'Estaing) et de l'autre les gentils (Me Lombard et Leforsonney, Ranucci) qui ont fait un boulot super top.

Seul Me Leforsonney semble reconnaître qu'ils n'ont pas été bons du tout. Vous qui êtes dans le droit, je pense qu'il y avait, au-delà du débat sur la peine de mort, plusieurs angles pour argumenter la grâce de Ranucci.

Le travail effectué par la défense a été marqué par un manque de consistance et d'efficacité. On reproche M. Viala d'avoir demansé la peine de mort, les jurés de l'avoir ratifiée, Valéry Giscard d'Estaing de l'avoir enterrinée, mais personne ne dit à Me Lombard qu'il est passé à côté de sa fonction durant l'ensemble de la procédure.

Il est logique que Mme Rambla écrive au Président, il peut sembler compréhensible que des magistrats donnent leur opinion. Mais le Président est le seul capable de trancher. Est-ce qu'il l'aurait fait si il avait un doute, un seul, sur la culpabilité de Ranucci?


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Message non luPosté : 18 déc. 2006, 11:09 
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Bonsoir à tous.

J'ajoute à toutes ces théories sur l'affaire Gallardo que dans la mesure où Valéry Giscard d'Estaing refuse de s'exprimer sur le sujet, il n'y a que Me Lombard pour nous dire qu'il était persuadué d'avoir convaincu le président lors de son entretien... Hors, rien ne démontre que l'avocat ait été efficace. Et vu la tournure de la procédure, j'aurai plutôt tendance à croire le contraire.

Je ne suis pas spécialiste en droit, mais la position de Me Lombard au procès a été pour le moins déroutante. Si il a gardé la même ligne de conduite face au président de la République, alors il y a des questions à se poser.
On peut en effet se poser des questions, mais n'a-t-il pas également été influencé par l'affaire du Pradet, par les lettres d'appui des magistrats et par la lettre de Mme Rambla qui demandait que justice soit faite...? Et il est probablement évident que les avocats auraient dû y aller ensemble. :(
Bonjour Chantal, ce qui rend la thèse de l'innocence si improbable pour certains, on le doit certainement à l'analyse faite de cette affaire.

D'un côté, les méchants (enquêteurs, témoins, juge, président, jurés, Valéry Giscard d'Estaing) et de l'autre les gentils (Me Lombard et Leforsonney, Ranucci) qui ont fait un boulot super top.

Seul Me Leforsonney semble reconnaître qu'ils n'ont pas été bons du tout. Vous qui êtes dans le droit, je pense qu'il y avait, au-delà du débat sur la peine de mort, plusieurs angles pour argumenter la grâce de Ranucci.

Le travail effectué par la défense a été marqué par un manque de consistance et d'efficacité. On reproche M. Viala d'avoir demansé la peine de mort, les jurés de l'avoir ratifiée, Valéry Giscard d'Estaing de l'avoir enterrinée, mais personne ne dit à Me Lombard qu'il est passé à côté de sa fonction durant l'ensemble de la procédure.

Il est logique que Mme Rambla écrive au Président, il peut sembler compréhensible que des magistrats donnent leur opinion. Mais le Président est le seul capable de trancher. Est-ce qu'il l'aurait fait si il avait un doute, un seul, sur la culpabilité de Ranucci?
J'avoue avoir du mal à caser ce problème de déficience de la défense. Peut-on textuellement dire "vous avez été mauvais et donc il a été guillotiné". Je trouverais ça tellement monstrueux et injuste que cet aspect de l'histoire me dérange. Car on pourrait alors aller plus loin et être méchants et dire que Lombard, Jean-François Le Forsonney et les autres se démènent depuis trente ans à essayer d'obtenir une révision pour se donner bonne conscience et car ils ont du remords. On peut être méchant avec CR également : s'il était coupable, il n'a eu que ce qu'il mérite et s'il était innocent, fallait pas avouer.
En passant, je vous informe que je ne suis pas dans le droit, je suis secrétaire d'un avocat, pas avocat. Oui, les avocats sont probablement passés à côté de beaucoup de choses mais je ne peux vraiment pas les pointer du doigt en mettant la faute totale de la débâcle sur leur compte.

La lettre de Mme Rambla me pose également un problème. D'un côté, je comprends tout à fait et j'ai déjà dit maintes fois que je serais moi-même capable d'éliminer à mains nues le premier qui ose faire du mal à mes enfants; mais d'un autre côté, je ne peux m'empêcher de penser "qu'est-ce qu'elle dirait si à notre époque, la guillotine existait encore et que la mère de la victime de son fils écrivait au Président pour le faire décapiter ?". C'est dur, je m'en rends compte, mais je reste opposée à la peine de mort....

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Message non luPosté : 18 déc. 2006, 11:17 
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La lettre de Mme Rambla me pose également un problème. D'un côté, je comprends tout à fait et j'ai déjà dit maintes fois que je serais moi-même capable d'éliminer à mains nues le premier qui ose faire du mal à mes enfants; mais d'un autre côté, je ne peux m'empêcher de penser "qu'est-ce qu'elle dirait si à notre époque, la guillotine existait encore et que la mère de la victime de son fils écrivait au Président pour le faire décapiter ?". C'est dur, je m'en rends compte, mais je reste opposée à la peine de mort....
Je me rends compte que ce morceau pourrait être mal perçu. C'est ce que je pense mais je voudrais nuancer en disant ceci : nous avons tous ou faisons encore notre maximum pour élever nos enfants convenablement et nous espérons tous qu'ils resteront toute leur vie dans le droit chemin...mais en avons-nous à 100% la certitude ? Personnellement, je l'espère de tout coeur mais je ne m'engagerais pas à dire oui... :roll: :?:

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Message non luPosté : 18 déc. 2006, 11:24 
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Effectivement, Chantal, les raisons que vous évoquez suffisent amplement à "condamner la peine de mort" (Me Badinter).

Je ne veux surtout pas douter de l'énergie, de la conviction et de l'émotion des avocats de la défense. Simplement, il semble que ce soit "seulement" la faute de la partie civil si il y a eu éxécution. C'est un peu facile, je pense.

Pour être plus précis, par rapport au crime, la peine est trop lourde, même à l'époque. C'est un homicide sans préméditation. Donc, la peine de mort ne tombe pas sous le sens, comme semble vouloir le dire A. Viala.

Valéry Giscard d'Estaing a eu tort de refuser la grâce par rapport à ses déclarations publiques de 1974, mais je refuse de croire qu'il aurait fait éxécuter un homme qu'il savait innocent.

Pour en arriver à cette situation, il a fallu beaucoup de circonstances. Mais de dire que seule la défense fut honnête dans cette procédure est inexacte, et surtout, entache la crédibilité générale des innocentistes.

Les circonstances ont fait que nous sommes aujourd'hui en face d'interrogations générales sur cette affaire, que personne n'a réellement élucidé.


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Message non luPosté : 18 déc. 2006, 12:28 
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Bonjour Chantal, ce qui rend la thèse de l'innocence si improbable pour certains, on le doit certainement à l'analyse faite de cette affaire.
D'un côté, les méchants (enquêteurs, témoins, juge, président, jurés, Valéry Giscard d'Estaing) et de l'autre les gentils (Me Lombard et Leforsonney, Ranucci) qui ont fait un boulot super top.
Avec une vision aussi caricaturale, je conçois que vous ayez du mal à comprendre cette affaire.
Citation :
Seul Me Leforsonney semble reconnaître qu'ils n'ont pas été bons du tout.
Vous faites bien de dire "semble" parce que ce n'est pas vraiment ce qu'il dit.
Exagérer pour mieux discréditer ...
Citation :
Le travail effectué par la défense a été marqué par un manque de consistance et d'efficacité.
C'est sûr que l'institution judiciaire que vous défendez avec tant d'ardeur a été d'une efficacité tranchante.
Citation :
On reproche M. Viala d'avoir demansé la peine de mort, les jurés de l'avoir ratifiée, Valéry Giscard d'Estaing de l'avoir enterrinée, mais personne ne dit à Me Lombard qu'il est passé à côté de sa fonction durant l'ensemble de la procédure.
Finalement, vous qui êtes plus malin que tout le monde, comment auriez-vous défendu Ranucci ?
Citation :
Il est logique que Mme Rambla écrive au Président,
Ha bon !? En quoi est-ce "logique" ?
Je constate que la mort de Ranucci n'a en rien apaisé et soulagé la famille Rambla.
Citation :
il peut sembler compréhensible que des magistrats donnent leur opinion.
Personne ne leur a demandé leur avis ni ne les a obligés à demander l'exécution par écrit à Giscard.
Citation :
Mais le Président est le seul capable de trancher.
Non, c'est le bourreau qui tranche.
Citation :
Est-ce qu'il l'aurait fait si il avait un doute, un seul, sur la culpabilité de Ranucci?
Il aurait déjà fallu qu'il lise correctement le dossier pour ne pas dire plus tard que la victime avait été enlevée devant son école :roll:

_________________
Argumenter avec les imbéciles, c'est comme jouer aux échecs avec un pigeon.
D'abord, le pigeon va renverser les pièces et chier sur l'échiquier.
Puis, il se pavanera comme s'il avait gagné la partie.


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Message non luPosté : 18 déc. 2006, 14:33 
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Bonjour Chantal, ce qui rend la thèse de l'innocence si improbable pour certains, on le doit certainement à l'analyse faite de cette affaire.
D'un côté, les méchants (enquêteurs, témoins, juge, président, jurés, Valéry Giscard d'Estaing) et de l'autre les gentils (Me Lombard et Leforsonney, Ranucci) qui ont fait un boulot super top.
Avec une vision aussi caricaturale, je conçois que vous ayez du mal à comprendre cette affaire.
Je n'ai pas cette vision, mais je pense que vous le savez. On a tendance à faire passer la défense comme incomprise, mais jamais inefficace. C'est un fait, il suffit de lire.
Citation :
Citation :
Seul Me Leforsonney semble reconnaître qu'ils n'ont pas été bons du tout.
Vous faites bien de dire "semble" parce que ce n'est pas vraiment ce qu'il dit.
Exagérer pour mieux discréditer ...
"Ah je vais pas vous dire qu'on a été efficace, hein." Me Leforsonney, dans l'émission "Faites entrez l'accusé", commentant le procès.

"Si c'était à refaire, je ne laisserai jamais instruire un dossier d'une manière aussi désinvolte" Me Leforsonney, sur le site conscré au dossier Ranucci.

Partant de là, je crois qu'il a l'honnêteté de reconnaître sa passivité et une certaine inefficacité. Certainement dûe à son expérience inextante à cette époque, d'ailleurs. Vraiment, je ne crois pas éxagérer son analyse de la situation.
Citation :
Citation :
Le travail effectué par la défense a été marqué par un manque de consistance et d'efficacité.
C'est sûr que l'institution judiciaire que vous défendez avec tant d'ardeur a été d'une efficacité tranchante.
Je défend l'institution constitutionnelle Henri, il me semblais être clair. L'administration judiciaire qui agi en son nom me semble marquée de nombreux dysfonctionnements, je ne m'en suis jamais caché. Merci de ne pas déformer mes propos pour les intégrer dans une argumentation anti-culpabilistes (je n'en fait pas partie au passage, mais on n'est plus à ça près).
Citation :
Citation :
On reproche M. Viala d'avoir demansé la peine de mort, les jurés de l'avoir ratifiée, Valéry Giscard d'Estaing de l'avoir enterrinée, mais personne ne dit à Me Lombard qu'il est passé à côté de sa fonction durant l'ensemble de la procédure.
Finalement, vous qui êtes plus malin que tout le monde, comment auriez-vous défendu Ranucci ?
L'idée de s'intégrer dans le système de défense dès le début de l'instruction aurait été judicieux. Sa plaidoirie fut assez étonnante (plaider non-coupable et folie...). Enfin, sa prestation en face du Président n'a jamais pu être commentée objectivement. Je crois qu'il aurait pu faire mieux.
Citation :
Citation :
Il est logique que Mme Rambla écrive au Président,
Ha bon !? En quoi est-ce "logique" ?
Je constate que la mort de Ranucci n'a en rien apaisé et soulagé la famille Rambla.
C'est logique parce que Mme Rambla est la mère d'une fillette de huit ans retrouvée en forêt masscrée avec une rare violence. Un homme est condamné à une peine par les Assises, elle ne veut pas qu'il s'en sorte. Oui, je trouve ça logique.

Je pense qu'il ne s'agit pas de voir mort Ranucci, mais de voir s'appliquer la peine maximale de l'époque. Et en 1974, les courageux opposants à la peine de mort ne sont pas si nombreux.
Citation :
Citation :
il peut sembler compréhensible que des magistrats donnent leur opinion.
Personne ne leur a demandé leur avis ni ne les a obligés à demander l'exécution par écrit à Giscard.
Et qui dit que le Président en a tenu compte dans sa décision??? Je dis que ça paraît compréhensible vu le dossier et l'émotion de l'affaire à l'époque.
Citation :
Citation :
Mais le Président est le seul capable de trancher.
Non, c'est le bourreau qui tranche.
Sans commentaire. :wink:
Citation :
Citation :
Est-ce qu'il l'aurait fait si il avait un doute, un seul, sur la culpabilité de Ranucci?
Il aurait déjà fallu qu'il lise correctement le dossier pour ne pas dire plus tard que la victime avait été enlevée devant son école :roll:
De quand date cette déclaration? Du lendemain de l'éxécution? Qu'il ait une défaillance sur le contexte de l'affaire aujourd'hui n'est pas forcément anormal, et ne prouve en rien qu'il ne maîtrisait pas le dossier à l'époque. D'ailleurs, Me Lombard lui-même dira que Giscard d'Estaing connaissait bien le dossier lors de leur entrevue.[/quote]


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Message non luPosté : 18 déc. 2006, 20:47 
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Bonsoir à tous.

J'ajoute à toutes ces théories sur l'affaire Gallardo que dans la mesure où Valéry Giscard d'Estaing refuse de s'exprimer sur le sujet, il n'y a que Me Lombard pour nous dire qu'il était persuadué d'avoir convaincu le président lors de son entretien... Hors, rien ne démontre que l'avocat ait été efficace. Et vu la tournure de la procédure, j'aurai plutôt tendance à croire le contraire.

Je ne suis pas spécialiste en droit, mais la position de Me Lombard au procès a été pour le moins déroutante. Si il a gardé la même ligne de conduite face au président de la République, alors il y a des questions à se poser.
On peut en effet se poser des questions, mais n'a-t-il pas également été influencé par l'affaire du Pradet, par les lettres d'appui des magistrats et par la lettre de Mme Rambla qui demandait que justice soit faite...? Et il est probablement évident que les avocats auraient dû y aller ensemble. :(
Bonjour Chantal, ce qui rend la thèse de l'innocence si improbable pour certains, on le doit certainement à l'analyse faite de cette affaire.

D'un côté, les méchants (enquêteurs, témoins, juge, président, jurés, Valéry Giscard d'Estaing) et de l'autre les gentils (Me Lombard et Leforsonney, Ranucci) qui ont fait un boulot super top.

Seul Me Leforsonney semble reconnaître qu'ils n'ont pas été bons du tout. Vous qui êtes dans le droit, je pense qu'il y avait, au-delà du débat sur la peine de mort, plusieurs angles pour argumenter la grâce de Ranucci.

Le travail effectué par la défense a été marqué par un manque de consistance et d'efficacité. On reproche M. Viala d'avoir demansé la peine de mort, les jurés de l'avoir ratifiée, Valéry Giscard d'Estaing de l'avoir enterrinée, mais personne ne dit à Me Lombard qu'il est passé à côté de sa fonction durant l'ensemble de la procédure.

Il est logique que Mme Rambla écrive au Président, il peut sembler compréhensible que des magistrats donnent leur opinion. Mais le Président est le seul capable de trancher. Est-ce qu'il l'aurait fait si il avait un doute, un seul, sur la culpabilité de Ranucci?

Pour moi c'est un mythe, comme il est mythique de croire que parce que Ranucci aurait reconnu une quleconque culpabilité, il aurait sauvé sa tête. On n'était pas dans cette phase. Je voudrais vous rappeler le contexte dans lequel se déroule cette affaire : 1968, les accords de Grenelle, pour la première fois les syndicats rentrent dans l'entreprise, conquêtes sociales.

Puis vient le temps de la revanche sociale, grandes concentrations financières, puis prétendue crise pétrolière qui est une autre façon de parler de crise financière. Pour la première fois le chômage de masse apparaît.

1974 Giscard se fait élire en se montrant en photo avec ses filles et en faisant une campagne décontractée, à la Kennedy. Et première politique du gouvernement Chirac : la relance par la consommation. Les chômeurs licenciés pour raison économique touchent 90 % de leur salaire brut pendant un an (ce qui fait un peu plus que leur salaire net ) : bien sûr vous ne travaillez plus, mais vous consommez.

Juillet 1976, la crise s'est installée, ce qu'on appelle la stagflation, l'inflation sans la croissance. La société se replie sur elle-même et on attise les peurs comme aujourd'hui où, depuis lamise en place de l'euro, notre société n'a jamais été aussi réactionnaire par certains côtés.

Quand Ranucci est jugé, la gauche est majoritaire en voix avec un PC à 20 %, c'est le plus haut du programme commun : nationalisations, relance, propositions de lois sociales : retraite à 60 ans, 5 semaines de congés payés comme chez Renault qui l'a expérimenté.

On vient de découvrir les hypermarchés, la consommation à outrance. Et Ranucci arrive dans cette crise, le chômage ne cesse de monter etc...

Quand il entre dans ce tribunal, il est déjà mort, parce que l'époque le veut. Parce que le climat le veut, bientôt Alain Peyrefitte fera voter les lois "sécurité liberté" (tiens cela ne vous rappelle rien ?), et la peine de mort est devenue une arme de ce régime.

L'inflation à l'époque tourne autour de 12 % par an. Et pour la baisser, Raymond Barre propose de réduire le taux de TVA. Je me rappelle sur un livre qui coûtait 20 francs, vous récupériez 20 centimes. C'était censé contenir la hausse des prix. Et le chômage qui grimpe, et qui grimpe.

Georges Séguy : Chirac voit le bout du tunnel parce qu'il confond l'entrée et la sortie. ce n'était pas faux. Plus tard le capitalisme allait étendre son emprise.

NOn je crois que l'on oublie le contexte de cette affaire et le climat qui a entouré ce procès, qui fait que même en plaidant coupable, les jurés l'auraient condamné à mort.

Pour ce qui est de Lombard, il a très bien plaidé, mais personne ne voulait rien entendre, donc personne n'a rien entendu. Les doutes sur le couteau ont été formulés, sur la saisie du pantalon, sur l'existence de l'homme au pull rouge. Et si Viala montre les PV à la fin, c'est bien parce qu'il y a quand même un doute introduit par les défenseurs.

Vouloir parler des avocats en oubliant le contexte (et volontairement j'ai omis Patrick Henry alors qu'à l'époque c'était du délire l'affaire Patrick Henry), c'est se faire une idée de ce procès qui est distordu.

Essayer de défendre quelqu'un quand la foule entière est venue réclamer la mort, sans rien connaître ni comprendre de ce dossier, simplement par pulsion.


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Message non luPosté : 19 déc. 2006, 07:17 
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Une dernière : page 289 du livre de Bouladou, après les allusions relevées par didi, M.GUazzone raconte qu'il n'a pas parlé à G.Perrault, et qu'il lui a dit d'aller voir les gendarmes. Sur ce forum, G.Bouladou est venu nous dire que M.Guazzone, comme MM.Spinelli et Alessandra, avaient bien parlé à G.Perrault, mais que celui ci ayant déformé leurs propos, ils ont dit (en se concertant ????ou sur ordre???) ne lui avoir jamais parlé. Ce n'est pas beau de ne pas dire toute la vérité...

Quel est l'enjeu ?[/quote]

Je connaissais la première partie de ce paragraphe mais pas la seconde. Donc après avoir crié haut et fort que Perrault avait menti et que ces gens ne lui avaient jamais parlé...il est avoué qu'ils l'ont bien fait mais qu'il aurait déformé leurs propos !!!??? On croit rêver.... :roll:
Vous auriez la référence de ce post, peut-être ? J'aimerais bien le lire de visu...

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Message non luPosté : 19 déc. 2006, 08:15 
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Il est logique que Mme Rambla écrive au Président, il peut sembler compréhensible que des magistrats donnent leur opinion. Mais le Président est le seul capable de trancher. Est-ce qu'il l'aurait fait si il avait un doute, un seul, sur la culpabilité de Ranucci?
Quand une demande de grâce est sollicitée auprès du Président de la République, il ne lui est pas demander de prendre position sur la culpabilité de l'accusé. Il lui est simplement demandé de minimiser la peine encourue et dans le cas de Ranucci de ne pas faire appliquer la sentence de mort.


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Message non luPosté : 19 déc. 2006, 08:25 
Dans l'affaire Ranucci, on peut légitimement s'interroger sur le fait que Me Lombard ait souhaité rencontrer seul Valéry Giscard d'Estaing.

A mon avis, il a du dire à Valéry que C Ranucci était probablement coupable mais qu'il souhaitait obtenir de sa part la grâce en lui rappelant : "monsieur le président, je sais que vous avez une aversion pour la peine de mort, alors vous avez l'occasion de le montrer et puis C Ranucci ne rentre pas dans les cas que vous avez fixés et pour lesquels vous refusez votre grâce. En effet, vous le savez sans doute il a tué dans un moment de panique, il n'y avait donc rien de prémédité ni d'intéressé dans son acte...etc etc etc"

C'est peut-être pour cela qu'il n'a pas souhaité y aller avec Me le Forsonney.


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Message non luPosté : 19 déc. 2006, 09:06 
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Dans l'affaire Ranucci, on peut légitimement s'interroger sur le fait que Me Lombard ait souhaité rencontrer seul Valéry Giscard d'Estaing.

A mon avis, il a du dire à Valéry que C Ranucci était probablement coupable mais qu'il souhaitait obtenir de sa part la grâce en lui rappelant : "monsieur le président, je sais que vous avez une aversion pour la peine de mort, alors vous avez l'occasion de le montrer et puis C Ranucci ne rentre pas dans les cas que vous avez fixés et pour lesquels vous refusez votre grâce. En effet, vous le savez sans doute il a tué dans un moment de panique, il n'y avait donc rien de prémédité ni d'intéressé dans son acte...etc etc etc"

C'est peut-être pour cela qu'il n'a pas souhaité y aller avec Me le Forsonney.
Ce que vous dites est probable mais j'ai du mal à l'imaginer quand je revois en mémoire Me Lombard qui témoigne dans les différentes émissions que je possède. Comment peut-il crier aujourd'hui haut et fort "il n'étais pas coupable" et avoir dit en 76 le contraire ? Ma naïveté et ma méconnaissance du personnage peuvent être grandes mais je le crois sincère et s'il avait dit ça au Président, il aurait fait diablement pauvre figure ( et en écrivant ceci, je me rends compte...qu'il a vraiment fait pauvre figure...). Donc je continue à m'interroger... :roll: :shock:

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Message non luPosté : 19 déc. 2006, 09:15 
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On peut aussi imaginer que Me Lombard ait choisi une position intermédiaire, en disant par exemple "monsieur le président, peu importe finalement que Ranucci soit coupable ou innocent, je sais que vous avez une aversion pour la peine de mort ...", avant de continuer dans le même esprit que la phrase de Jean-Pascal.

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Message non luPosté : 19 déc. 2006, 09:21 
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On peut tout autant s'interroger sur le pourquoi de son refus d'emmener Jean-François Le Forsonney avec lui pour plaider devant le président. D'abord, il lance son stagiaire dans la piscine remplie de crocodiles et le laisse se dépétrer comme il peut en "surveillant" de loin et quand on arrive à l'épilogue, il terminer seul ! Je ne comprends pas bien non plus cette attitude car à deux, on a plus d'arguments et la plaidoirie d'un jeune de l'âge plus ou moins égal du condamné aurait pu mettre du poids dans la balance...à moins encore que cette démarche ait été en générale vaine, comme le dit Gihel, et que Ranucci était condamné de toute façon ? :roll:

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Message non luPosté : 20 déc. 2006, 00:23 
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Vous pensez sérieusement que tous ces gens ignoraient qu'il s'agissait d'une erreur judiciaire ? Une chose est sûre, ils savaient qu'ils n'avaient pas fait l'enquête et que le dossier était bancal. Ils le savaient.


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Message non luPosté : 20 déc. 2006, 00:57 
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On peut tout autant s'interroger sur le pourquoi de son refus d'emmener Jean-François Le Forsonney avec lui pour plaider devant le président. D'abord, il lance son stagiaire dans la piscine remplie de crocodiles et le laisse se dépétrer comme il peut en "surveillant" de loin et quand on arrive à l'épilogue, il terminer seul ! Je ne comprends pas bien non plus cette attitude car à deux, on a plus d'arguments et la plaidoirie d'un jeune de l'âge plus ou moins égal du condamné aurait pu mettre du poids dans la balance...à moins encore que cette démarche ait été en générale vaine, comme le dit Gihel, et que Ranucci était condamné de toute façon ? :roll:
BONSOIR A TOUS

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Ils sont trois avocat et non deux
J-F LEFORSONNEY
FRATICELLI
LOMBARD
AU MOMENT DES PLAIDOIRIES FRATICELLI N'A PAS PLAIDE CAR IL N'ETAIT PAS DACCORD AVEC LOMBART SUR LA MANNIERE DE PLAIDER

Georges


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