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MessagePosté : 07 juin 2006, 07:29 
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Le sc?nario était presque parfait

Affaires Villemin sur France 3 ou Mesrine sur TF1 : les téléfilms s?attaquent ? des faits divers r?cents avec un souci de r?alisme. Au risque de r?veiller des plaies encore vives.


Christine et Jean-Marie Villemin n?ont plus accord? une seule interview après leur passage ? La marche du si?cle le 27 avril 1994. Depuis, ils vivent, avec leurs trois enfants, dans l?anonymat le plus complet. Un silence venu clore la d?cennie de tornade m?diatique qui les a poursuivis après l?assassinat de leur fils, Grégory, 4 ans, en 1984. Douze années de silence s?ach?vent (1). Leur histoire douloureuse sera bient?t ? l??cran : L?Affaire Villemin, feuilleton en six épisodes, sera diffusé sur France 3 cet automne. Ce film est embl?matique d'une nouvelle génération de fictions françaises tir?es de faits divers r?els.

Alors que les grandes affaires criminelles inspirent depuis longtemps la télévision (Seznec, Dominici, Landru), les sc?naristes s?attaquent d?sormais ? des affaires r?centes, dont les protagonistes sont toujours vivants. Un tueur en sûrie est passé par l?. Le 10 mars 2005, plus de dix millions de téléspectateurs ont plong?, sur TF1, Dans la tête du tueur, de Claude-Michel Rome, pour suivre la route sanglante de Francis Heaulme, ou plutôt de son double incarn? par Thierry Fr?mont, saisissant de mim?tisme. Pour la premi?re fois, une fiction opte pour une approche ultra-r?aliste, frôle la reconstitution documentaire en retra?ant les m?andres de l?enquête menée par le gendarme Jean-François Abgrall pour comprendre la psychologie d'un homme coupable de plusieurs crimes. La preuve est faite qu?un téléfilm peut s?emparer, dans sa complexit?, d'un sujet fort et d?rangeant. Et proposer, sans être racoleur, une synthèse susceptible de faire date dans la m?moire collective.

Forte de ce succ?s, TF1 a lanc? deux projets importants : Une mère (titre provisoire), consacré ? l?affaire Ranucci (ex?cut? en 1976), et La Chasse ? l?homme, sur la dernière cavale de Jacques Mesrine (mort en 1979). Ce nouveau champ d?exploration intéresse aussi ses concurrents. France 2 a r?cemment diffusé, avec un succ?s mitig?, une fiction sur l?affaire Chanal, dite ? des disparus de Mourmelon ?, suivie d'un débat. Mais, ? ce jour, L?Affaire Villemin reste évidemment le film le plus attendu.

Des dizaines de journalistes ont suivi les multiples rebondissements de ? l?affaire Grégory ?. Parmi eux, Laurence Lacour, ? l?époque correspondante d?Europe 1. Choqu?e par la chasse m?diatique ? laquelle elle participe, elle consacre sept années de sa vie ? ?crire un livre de référence, Le B?cher des innocents (Plon, 1993). C?est dans la presse qu'elle d?couvre, il y a trois ans, que TF1 pr?parerait un téléfilm sur l?affaire. Elle se demande ? ce qui va encore tomber sur la tête des Villemin ! ? et, devenue une proche du couple, lance l?idée d'un contre-projet inspir? de son livre. Laurence Lacour s?adresse alors ? Raoul Peck, cin?aste engag? (Lumumba) dont elle apprécie les films et qu'elle conna?t depuis longtemps : ? D?origine ha?tienne, r?sidant ? l?étranger, il n?avait pas cette histoire de l?int?rieur : il pouvait donc avoir de la distance. ? Raoul Peck est r?ticent. ? Pour moi, au départ c?était juste un fait divers, explique-t-il aujourd?hui. Je ne voyais pas vraiment ce que je pourrais en faire. Pour tous mes films, j?ai besoin qu?un élément me touche de façon très personnelle pour que j?y consacre plusieurs années de ma vie. Comme cin?aste, je me suis toujours confront? ? la réalité politique et sociale, pour essayer de comprendre les choses. Sur l?affaire Grégory, il est essentiel d?avoir un regard critique sur les rat?s de la justice et de l?enquête, l?emballement de la presse. Je veux montrer comment l?individu peut se retrouver broy? par une machine qui se met en place sans que personne se sente responsable. ?

Raoul Peck contacte le producteur J?r?me Minet (Studio international). Deux cha?nes, Arte et France 3 (TF1 a renonc?), se lancent dans l?aventure, non sans discussions, parce que le projet ? ambitieux dans son format ? repose sur un sujet toujours sensible? ? Dans ce dossier, ce qui est incroyable, c'est que tout le monde a été somm? de prendre position. Cette polarisation a rendu impossible tout discours rationnel, et c'est là le pi?ge, encore aujourd?hui ?, reconna?t Raoul Peck.

Reste ? convaincre Jean-Marie et Christine Villemin. ? A l?annonce du projet, ils étaient catastroph?s, se souvient Laurence Lacour. Pour ce couple, qui a reconstruit sa vie dans l?anonymat le plus complet, c?était effrayant. ? Mais l?idée que la fiction serait inspir?e du livre de la journaliste leur redonne confiance. Les Villemin c?dent eux aussi les droits de leur r?cit intitul? Le 16 octobre (Plon, 1994). Leur espoir : que cette fiction permette de r?affirmer l?innocence de Christine Villemin, un temps soup?onn?e d?infanticide, et qui a bénéficié d'un arr?t de non-lieu pour ? absence totale de charges ?, le 3 février 1993. Me Thierry Moser, qui d?fend le couple depuis le d?but, veut croire qu?ils y gagneront une r?habilitation publique d?finitive. ? La décision proprement judiciaire de 1993 a été insuffisante ?, estime-t-il.

Le sc?nario, écrit par Pascal Bonitzer et Raoul Peck, s?appuie sur les deux livres mais aussi sur les pi?ces du dossier judiciaire pour d?crire comment les m?dias sont arrivés ? cette d?rive autour de l?affaire criminelle. Pour entrer dans la complexit? de l?histoire, Raoul Peck a, comme dans la plupart de ses films, privil?gi? une double lecture : ? Nous sommes partis du jour de la mort de Grégory. Puis on a racont? toute l?affaire en la superposant ? une trame parall?le, qui est le procès de Jean-Marie Villemin [fin 1993, pour l?assassinat de Bernard Laroche, le 29 mars 1985, NDLR]. Lors des audiences, la plupart des acteurs de cette affaire ont témoign? : cela a été pour eux l?unique occasion d?exprimer leur vérité personnelle et, pour certains, de faire leur autocritique. Cette structure permet de superposer le passé et le présent, de les mettre en contradiction et, au téléspectateur, de se faire son propre jugement. ?

Ici pas question de se laisser aller ? l?invention romanesque ou de laisser libre cours ? la vision personnelle d'un auteur qui, comme au cin?ma ou en litt?rature, restituerait le fait r?el ? la lumière de son imaginaire. Parmi la centaine de personnages présents dans le feuilleton, aucun n?a été invent?. Et nombre de dialogues sont extraits des procès-verbaux. ? Je mesure l?impact des images, affirme Raoul Peck. Bien sûr, il y a une dose d?interprétation ? je fais un film et non une thèse ?, mais je pense qu?on est all?s aussi loin que possible dans la fidélit? au de chacun. ? Un souci d?authenticit? que traduit également le casting : pas de visages trop connus, encore moins de stars. Armelle Deutsch incarne Christine Villemin, Francis Renaud joue Jean-Marie Villemin. La journaliste Laurence Lacour est interprét?e par Constance Doll? : seuls ces trois protagonistes portent leur véritable nom. Tous les autres (le juge Lambert, les journalistes, le président Simon?) ont des pseudonymes. Une pr?caution louable, qui ne saurait dissiper les craintes de certains. En particulier de Marie-Ange Laroche, veuve de Bernard Laroche, et de Muriel Bolle ? l?adolescente qui avait accusé son beau-frère, avant de se r?tracter. Chacune a d?couvert le projet dans le journal. Ni la production ni la cha?ne ne les avaient averties. Simple geste de d?licatesse, qui aurait peut-être adouci la nouvelle? Me Paul Prompt, avocat des Laroche au moment des faits, d?nonce une d?rive de justice-spectacle : ? C?est une op?ration fiction que l?on veut imposer comme la vérité auprès du public. ? Muriel Bolle, qui ?l?ve aujourd?hui sept enfants, a intenté une action en justice contre la production, ? la suite de la publication par Paris-Match, en septembre 2005, de photos du tournage. Elle a été d?bout?e. Mais Vincent Nior?, son avocat, rappelle que ? l?Etat français a été condamné ? deux reprises pour dysfonctionnement de la justice, la jeune fille ayant été ?expos?e durablement aux vicissitudes d'une instruction d?ficiente et m?diatis?e? ?. L?avocat attend maintenant la diffusion de l??uvre : ? Si celle-ci porte atteinte ? sa dignit? et ? sa consid?ration, Muriel Bolle retrouvera son droit d?agir. ? Autrement dit d?attaquer.

Acteur essentiel dès le début de l?enquête, le colonel de gendarmerie Etienne Sesmat s?appr?te, lui aussi, ? publier son analyse (Les Deux Affaires Grégory, en septembre chez Belfond). Il s?interroge sur la fiction de France 3 : ? Je connais les forces mais aussi les faiblesses du livre de Laurence Lacour, notamment sur la premi?re phase du travail de la gendarmerie, qui n'est pas assez bien expliqu?. J?ai peur que les clich?s (inexp?rience, d?sorganisation, destruction de preuves?) soient de nouveau mis en avant. Ma premi?re r?action, c'est de dire ?danger?. Un tel téléfilm ne devrait voir le jour que lorsque les faits sont déjà fortement établis d'un point de vue historique. ?

Tout contribue donc ? faire de L?Affaire Villemin une fiction sous haute tension. Le tournage d?roul?, par prudence, en Franche-Comt? et en Ile-de-France, et non sur les lieux du crime. Rarement le plateau d'un téléfilm aura été si protégé de la curiosit? des m?dias et des badauds. C?est qu?en bousculant les codes traditionnels de la fiction ? ? la française ?, en s?ancrant davantage dans la r?alit?, la télévision a choisi de manipuler une mati?re explosive? D?autres adaptations de faits divers sont déjà annonc?s (Emile Louis, Florence Rey, Outreau?). L?enjeu r?side, bien sûr, dans la capacit? de ces films ? porter au-del? du r?cit des drames humains un regard ?clairant et lucide sur notre soci?t?.

Isabelle Poitte et Emmanuelle Skyvington

http://television.telerama.fr/edito.asp ... 6051130310

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MessagePosté : 07 nov. 2006, 14:43 
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L'instruction du juge Simon, dont il semble qu'elle ait été menée avec l'objectivité et l'honnêteté qui ont fait défaut dans l'instruction Lambert, permet de supposer que la première piste, celle de Bernard Laroche, n'était peut-être pas aussi fausse que cela. Il semblerait que la voisine, Mme Claudon, ait croisé à l'heure de l'enlèvement de Grégory une voiture verte conduite par un homme corpulent à moustaches accompagné d'une adolescente rousse. C'est du moins ce que Mme Claudon aurait confié à une voisine. Elle ne l'aurait pas dit à la police pour protéger l'homme avec lequel elle se trouvait à ce moment et qui n'aurait pas dû se trouver là. Vrai ? Faux ?
Cela concorderait en tout cas avec le témoignage de Muriel Laroche (avec qu'elle ne se rétracte après un week-end passé en famille) qui a déclaré que Laroche serait venu la chercher en voiture le jour de l'enlèvement de Grégory et qu'ils seraient passés par le chemin où Mme Claudon dit les avoir vu à l'heure critique (compatible avec l'enlèvement).
Si l'on ajoute que ni le chauffeur de bus ni les autres collégiennes n'ont vu ce jour-là Muriel dans le bus mais que 2 filles disent par contre l'avoir vue monter à la sortie du collège dans une voiture verte conduite par un homme corpulent à moustaches ...

J'aurais cependant tendance à ne voir en Laroche qu'un complice possible et non le meurtrier. Il a pu être chargé par le meurtrier (un autre membre de la famille selon toute probabilité) d'aller chercher Grégory et de le lui amener. Je ne suis pas non certaine que Laroche ait su que la chose se terminerait par un meurtre. Il devait s'agir dans son esprit d'une méchante blague faite au "chef" tant détesté.

Il me semble que, s'il était le meurtrier, il n'aurait pas choisi d'aller chercher ce jour-là, alors qu'il ne le faisait pas d'ordinaire, sa jeune belle-soeur qui aurait pu le dénoncer. On ne prend pas un témoin le jour où on a l'intention de commettre un crime.
De toute manière, même dans l'hypothèse d'une simple complicité dans une blague ignoble, je n'arrive quand même pas à voir la raison qui a poussé BR à se faire accompagner de Muriel.

Je suis persuadée que plusieurs personnes ont participé à l'enlèvement ou/et au meurtre. On a retrouvé les traces de pas de 2 personnes (un homme et une femme) près de la rive où Grégory a été jeté à l'eau.

Sauf révélation tardive ou aveux sur un lit de mort ou dans d'autres circonstances extrêmes, je ne pense pas que l'on connaisse jamais la vérité dans cette histoire.


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MessagePosté : 09 nov. 2006, 21:54 
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Pourquoi B.LAROCHE va t'il chercher Murielle BOLLE à la sortie du collège?
1. Parce que la présence d'une femme est rassurante aux yeux d'un enfant, il ne pense pas, au moment de l'enlèvement, qu'on lui fera du mal.
2. Parce qu'elle sait se servir d'une seringue pour injecter de l'insuline , sa mère est diabétique.


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MessagePosté : 10 nov. 2006, 08:53 
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Pourquoi B.LAROCHE va t'il chercher Murielle BOLLE à la sortie du collège?
1. Parce que la présence d'une femme est rassurante aux yeux d'un enfant, il ne pense pas, au moment de l'enlèvement, qu'on lui fera du mal.
2. Parce qu'elle sait se servir d'une seringue pour injecter de l'insuline , sa mère est diabétique.
Je suis malgré tout sceptique. La présence rassurante d'une femme ? Peut-être ..

Mais je n'arrive pas à imaginer Muriel en meurtrière. Je sais bien que cela n'a rien d'impossible, mais je ne le sens pas.

Je sais que ce que je viens d'énoncer ne sont pas des arguments.


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MessagePosté : 26 juin 2007, 12:54 
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Jean-Marie Villemin demande sa réhabilitation

Les suites de l'affaire du petit Grégory... La cour d'appel de Paris examine mardi après-midi la demande de réhabilitation de Jean-Marie Villemin.
En mars 1985, Jean-Marie Villemin a tué son cousin Bernard Laroche, qu'il considérait comme le meurtrier de son fils Grégory. Depuis, il a purgé sa peine, indemnisé la famille de sa victime, et répond, semble-t-il à toutes les conditions fixées par la loi pour obtenir sa réhabilitation.


http://www.radiofrance.fr/chaines/franc ... =285000125

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MessagePosté : 26 juin 2007, 14:03 
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J'avoue que, bien que pratiquement convaincue de la culpabilité de Laroche, je ne comprends pas la démarche de JM Villemin.

Que signifierait une réhabilitation de JMV ?

Cela ne peut pas signifier qu'il n'a pas tué Laroche puisqu'il n'y a aucun doute là-dessus.

Alors quoi ? Que JMV a bien fait de tuer Laroche ? Je ne peux m'imaginer que cela puisse avoir cette signification.

Je ne vois pas. J'aimerais qu'on m'explique.


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MessagePosté : 07 juil. 2007, 12:41 
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Le père de Grégory Villemin ne se pourvoira pas en cassation
Reuters - Jeudi 5 juillet, 15h59PARIS (Reuters) -
Jean-Marie Villemin, père de Grégory, un enfant de quatre ans tué en 1984 dans un des faits divers les plus médiatisés de l'après-guerre, ne se pourvoira pas en cassation pour contester le refus de sa réhabilitation, annonce son avocat Thierry Moser.

"Je n'envisage pas en l'état de régulariser un pourvoi en cassation contre la décision, compte tenu de l'aléa et du coût d'un pourvoi, alors surtout que Jean-Marie Villemin sera réhabilité de plein droit le 30 décembre 2008", dit l'avocat dans un communiqué.

La cour d'appel de Paris a refusé mardi à Jean-Marie Villemin la réhabilitation, c'est-à-dire l'effacement de son casier judiciaire, qui sera automatique en 2008. Il a été condamné en 1993 à cinq ans de prison dont quatre ans ferme pour avoir tué le 29 mars 1985 le meurtrier présumé de son fils Grégory, Bernard Laroche.

La cour d'appel reproche dans ses attendus à Jean-Marie Villemin d'avoir écrit un livre sur l'affaire, ce qui selon les juges a contribué à une médiatisation "qui persiste et qui est de nature à raviver l'affliction des parties civiles".

Grégory Villemin, âgé de quatre ans, avait été retrouvé mort, pieds et mains liés, le 16 octobre 1984 dans la Vologne, une rivière proche de son domicile de Lépange-sur-Vologne (Vosges).

Un juge d'instruction, Jean-Michel Lambert, avait d'abord inculpé Bernard Laroche, oncle de la victime, mis en cause par plusieurs éléments, ensuite annulés pour vice de procédure. Libéré, Bernard Laroche a été tué à coups de fusils par Jean-Marie Villemin.

Les soupçons du magistrat s'étaient ensuite portés sur Christine Villemin, mère de la victime, alors enceinte, qui a finalement bénéficié d'un non-lieu en 1993. L'affaire de la mort de Grégory n'est pas terminée car elle ne sera prescrite qu'en 2011.

http://fr.news.yahoo.com/rtrs/20070705/ ... 02f96.html


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MessagePosté : 19 juil. 2007, 22:35 
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Le témoignage accablant de Claude Colin

On se rappelle que dans l'excellent livre de Laurence Lacour "Le bûcher des innocents", l'auteure parle de la voisine des Villemin Marcelle Claudon. Celle-ci aurait vu au moment de l'enlèvement du petit Grégory une voiture verte conduite par un homme moustachu à la figure ronde et aux cheveux bouclés; à ses côtés une jeune fille aux cheveux roux. Bref, Laroche et sa jeune belle-soeur Murielle. Par peur de représailles disait-elle elle n'avait pas voulu témoigner.

On en sait un peu plus dans le livre d'Etienne Sesmat "Les deux affaires Gregory". A cette époque l'auteur était capitaine de gendarmerie et dirigeait l'enquête avant d'être dessaisi au profit du SRPJ. Voici en résumé ce qu'il déclare à propos de cet épisode :
Après que les Villemin eurent vendu leur pavillon de Lépanges, cette dame, Marcelle Claudon, se confia aux nouveaux propriaitaires les
Conreaux. Elle réitéra les mêmes déclarations, mais dit-elle j'étais accompagné de mon ami Claude Colin et c'est pour cela que n'ai pas voulu témoigner. Les Conreaux avertirent leur avocat, qui lui-même avertit le président Martin, successeur de Maurice Simon, et chargé de clôturé le dossier au tribunal de Dijon. Le magistrat instructeur diligenta une enquête et les gendarmes retrouvèrent facilement Claude Colin qui confirma avec soulagement les dires de son amie : à 17 H j'ai emmené Marcelle avec ma voiture pour qu'elle aille rechercher les vaches et j'ai croisé sur le chemin une voiture verte dont le conducteur était un homme
corpulent, une femme aux cheveux roux était assise à ses côtés. Marcelle
Claudon dira même plus tard que le conducteur portait un pull-over jacquard et avait des moustaches.
Le témoignage de Claude Colin fut acté par PV le 31 octobre 1990 soit 6 ans après la mort de Bernard Laroche. Ce PV ne pouvait donc servir puisque l'action civile contre Laroche était éteinte du fait de sa mort.

Bernard Laroche est donc, à mon avis, le premier suspect sur la liste peu longue des kidnapeurs potentiels. Si on ajoute la déposition accablante de Murielle Bolle, qui s'est rétractée par la suite, et les témoignages du chauffeur de bus et de 5 camarades d'école de Murielle qui disent que Murielle n'a pas pris le bus scolaire le jour de l'enlèvement, cela fait beaucoup à l'encontre de Laroche, qui pendant sa détention n'a jamais subi d'examen psychiatrique.


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MessagePosté : 20 juil. 2007, 17:04 
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Citation :
Le témoignage accablant de Claude Colin

On se rappelle que dans l'excellent livre de Laurence Lacour "Le bûcher des innocents", l'auteure parle de la voisine des Villemin Marcelle Claudon. Celle-ci aurait vu au moment de l'enlèvement du petit Grégory une voiture verte conduite par un homme moustachu à la figure ronde et aux cheveux bouclés; à ses côtés une jeune fille aux cheveux roux. Bref, Laroche et sa jeune belle-soeur Murielle. Par peur de représailles disait-elle elle n'avait pas voulu témoigner.

On en sait un peu plus dans le livre d'Etienne Sesmat "Les deux affaires Gregory". A cette époque l'auteur était capitaine de gendarmerie et dirigeait l'enquête avant d'être dessaisi au profit du SRPJ. Voici en résumé ce qu'il déclare à propos de cet épisode :
Après que les Villemin eurent vendu leur pavillon de Lépanges, cette dame, Marcelle Claudon, se confia aux nouveaux propriaitaires les
Conreaux. Elle réitéra les mêmes déclarations, mais dit-elle j'étais accompagné de mon ami Claude Colin et c'est pour cela que n'ai pas voulu témoigner. Les Conreaux avertirent leur avocat, qui lui-même avertit le président Martin, successeur de Maurice Simon, et chargé de clôturé le dossier au tribunal de Dijon. Le magistrat instructeur diligenta une enquête et les gendarmes retrouvèrent facilement Claude Colin qui confirma avec soulagement les dires de son amie : à 17 H j'ai emmené Marcelle avec ma voiture pour qu'elle aille rechercher les vaches et j'ai croisé sur le chemin une voiture verte dont le conducteur était un homme
corpulent, une femme aux cheveux roux était assise à ses côtés. Marcelle
Claudon dira même plus tard que le conducteur portait un pull-over jacquard et avait des moustaches.
Le témoignage de Claude Colin fut acté par PV le 31 octobre 1990 soit 6 ans après la mort de Bernard Laroche. Ce PV ne pouvait donc servir puisque l'action civile contre Laroche était éteinte du fait de sa mort.

Bernard Laroche est donc, à mon avis, le premier suspect sur la liste peu longue des kidnapeurs potentiels. Si on ajoute la déposition accablante de Murielle Bolle, qui s'est rétractée par la suite, et les témoignages du chauffeur de bus et de 5 camarades d'école de Murielle qui disent que Murielle n'a pas pris le bus scolaire le jour de l'enlèvement, cela fait beaucoup à l'encontre de Laroche, qui pendant sa détention n'a jamais subi d'examen psychiatrique.
Je partage vos conclusions et la culpabilité de Laroche me
paraît très probable. cela près, tout de même, que j'aurais tendance à croire à une complicité. Je pense notamment aux traces de pas trouvées près de l'endroit où on a retrouvé l'emballage en papier d'une seringue hypodermique. Il y avait 2 traces, celles d'un homme et celles d'une femme.
Laroche a-t-il tué l'enfant où a-t-il été seulement chargé d'aller chercher l'enfant ?
Une chose ne laisse pas malgré tout de m'intriguer : pourquoi se faire accompagner de Muriel ? Quelqu'un - Jpasc, si ne ne m'abuse - a répondu à cette question en disant que c'était parce que Muriel savait faire les piqûres. Cette réponse me paraît recevable, mais je m'étonne tout de même que Laroche (ou son/ses complices) ait pris le risque de prendre un témoin avec lui.


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MessagePosté : 20 juil. 2007, 17:29 
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Je parlais seulement de la phase du rapt de Grégory.
Quant au meurtre lui-même, il est possible en effet que l'auteur du kidnapping ait eu un ou plusieurs complices comme le suggère aussi le juge Simon. Cette dernière phase est inconnue et le restera sans doute à jamais, de même que la cause exacte de la mort de Grégory.
Une hypothèse reprise par une majorité : Grégory aurait d'abord reçu une injection d'insuline (utilisée pour soigner la belle-mère de Laroche).
Dans ce cas est-il mort des suites de cette injection? Le mystère reste entier.


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MessagePosté : 29 août 2007, 17:12 
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je pense que le juge simon savait la vérité et qu'il l'a dit aux villemin. Le problème, c'est qu'il n'avait pas de preuve et qu'il n'a donc pas pu arrêter le ou les complices de laroche


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MessagePosté : 09 juil. 2008, 13:41 
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Le procureur général de la Cour d'appel de Dijon a requis mercredi la réouverture de l'instruction judiciaire concernant l'assassinat du petit Grégory Villemin dont le corps avait été retrouvé en octobre 1984, a-t-on appris auprès du magistrat qui a confirmé une information diffusée par le Parisien sur son site internet.

"Saisi par une demande de Mes Thierry Moser et Marie-Christine Chastant, avocats des époux Villemin, j'ai décidé ce jour (mercredi) de requérir la réouverture de l'instruction judiciaire concernant l'assassinat de leur fils Grégory", a affirmé Jean-Marie Beney.

Selon le procureur général, "ces réquisitions de réouverture ont été prises après avoir recueilli au printemps dernier l'avis d'un expert agréé par la Cour de cassation".

Cet expert devait "étudier la possibilité de procéder à de nouveaux examens techniques susceptibles de permettre la révélation de traces ou d'éléments d'ADN" sur un certain nombre de scellés constitués en 1984, au départ de la procédure, a ajouté M. Beney.

C'est maintenant à la chambre d'instruction de la Cour d'appel de Dijon de suivre ou non les réquisitions du Parquet général et de se prononcer sur la réouverture ou non de ce dossier qui, depuis 1984, a déjà donné lieu à de nombreux rebondissements judiciaires.

La chambre d'instruction devrait se réunir à l'automne prochain, selon le procureur général.

Le corps du petit Grégory Villemin (4 ans) avait été retrouvé dans la rivière la Vologne (Vosges) le 16 octobre 1984.


En 2000, une nouvelle expertise génétique échoue

En 2000, une expertise ADN sur un timbre utilisé par le corbeau avait échoué. Voilà l'article que le Parisien publiait alors.
L'ultime pièce à conviction de l'affaire Grégory ne dévoilera rien. L'ADN retrouvé au dos d'un demi-timbre apposé sur une lettre du corbeau, il y a dix sept ans (Ndlr: en 1984), s'est révélé inexploitable. Les parents Villemin ont exprimé leurs « déception et tristesse ».
L'espoir était mince et ne mesurait que 2,6 cm sur 1,1 cm. L'expertise génétique du demi-timbre, qui aurait pu mener au corbeau de l'affaire Grégory, s'est révélée négative. Les médecins du laboratoire de génétique moléculaire de Nantes ont déposé le 10 octobre leur rapport, dans lequel ils constatent qu'un « mélange d'ADN ininterprétable a été visualisé à partir de la moitié du timbre ». Les experts précisent : « Cela est probablement dû aux diverses manipulations de l'enveloppe depuis 1983 et/ou les conditions de conservation du scellé. »

Ce résultat, notifié hier aux avocats des parents du petit Grégory Villemin, retrouvé ligoté et noyé dans la Vologne près de Lépanges (Vosges) le 16 octobre 1984, constitue probablement l'ultime épiloque de cette affaire, qui avait redémarré le 25 novembre 1999. Me Thierry Moser, représentant Christine et Jean-Marie Villemin, avait saisi la procureure générale de Dijon afin d'effecter une expertise ADN sur certains scellés.

Un premier expert n'avait pas exclu le principe de cette analyse du demi-timbre apposé sur une enveloppe du 27 avril 1983 adressée aux grands-parents paternels de l'enfant, tout en relevant « le caractère problématique de cette recherche ».

Deux séries d'expérience

La chambre d'accusation de la cour d'appel de Dijon a finalement ordonné le 14 juin la réouverture de l'information close par un arrêt de non-lieu du 3 février 1993, qui avait constaté « l'absence totale de charges » contre Christine Villemin. La justice avait ainsi montré qu'elle était prête à tout pour tenter de faire la lumière sur une affaire qui reste aujourd'hui non résolue.

Le rapport d'une dizaine de pages, signé par deux experts, le professeur Jean-Paul Moisan et Marie-Gaëlle Leroux, détaille la manière dont ils ont travaillé pour « faire parler » cette ultime pièce à conviction. Ils ont mené deux séries d'expériences et découpé le demi-timbre en deux morceaux. Ils ont alors saisi « une pellicule de papier recouvrant le timbre », découpé « une partie collée du timbre avec le support papier », puis une partie de l'enveloppe devant servir de support modèle. Ils se sont alors efforcés de mener une « étude nucléaire », qui s'est révélée totalement négative en raison de « la quantité insuffisante de matériel biologique ». Ils ont ensuite employé une technique plus poussée, celle de l'analyse d'ADN mitocondrial, qui est « la seule utilisée pour des échantillons biologiques fortement dégradés ».

Cette dernière tentative a permis de mettre en évidence « un signal d'amplification de faible densité (...) correspondant à une petite quantité de matériel génétique présente », ce que les experts ont traduit en conclusion par un mélange d'« ADN ininterprétable ». Dans leur document remis à la justice, les médecins explicitent plus largement ce qui a pu se produire.

« Le simple fait de toucher à main nue une enveloppe et un timbre peut laisser suffisamment de matériel génétique pour une amplification ultérieure », écrivent-ils. Ils poursuivent : « Plusieurs personnes ayant manipulé le scellé y compris le personnel de la Poste (...) ont laissé de l'ADN, qui sera visualisé dans le mélange mis en évidence ». En clair, l'ADN du corbeau - s'il existait - s'est fondu dans celui des multiples personnes qui ont manipulé ce scellé.

« On ne connaîtra jamais les assassins de l'enfant »

Cette conclusion sèche et scientifique a suscité chez les avocats des parents Villemin « déception et tristesse ». « Christine Villemin, après avoir obtenu un non-lieu, a eu le courage de vouloir la vérité jusqu'au bout, a déclaré l'un de leurs conseils, Me François Cornette de Saint Cyr. On peut aussi s'interroger sur les conditions de conservation des scellés. » « Je suis très triste, a ajouté Me Thierry Moser, surtout qu'hier, 16 octobre, ça faisait seize ans jour pour jour que le petit Grégory a été assassiné. »

L'un des avocats des grands-parents paternels du petit Grégory, Me Joël Lagrange, assure que ses clients ont ressenti une « profonde injustice » : « Ils ont le sentiment que désormais le rideau est tombé et qu'on ne connaîtra jamais les assassins de l'enfant. » La chambre d'accusation devrait prochainement se réunir pour clore le dossier.

Vingt quatre ans de mystère

La justice n'a jamais pu identifier ni l'assassin de Grégory ni le mystérieux corbeau, au cours d'une enquête unanimement considérée comme bâclée.
La justice n'a jamais pu identifier ni l'assassin de Grégory ni le mystérieux corbeau, au cours d'une enquête unanimement considérée comme bâclée.
Retour sur 24 années d'enquête et d'interrogations.

** 16 octobre 1984. Le corps de Grégory, 4 ans et demi, est découvert lié par des cordelettes dans la Vologne.


** 5 novembre 1984. Bernard Laroche, cousin de Jean-Marie Villemin, est inculpé d'assassinat et écroué. Il a été mis en cause par sa belle-soeur, Murielle Bolle, qui revient sur ses déclarations le lendemain.

** 4 février 1985. Bernard Laroche est libéré mais reste inculpé.

** 25 mars 1985. Les experts graphologues désignent Christine Villemin comme pouvant être le corbeau.

** 29 mars 1985. Jean-Marie Villemin abat Bernard Laroche d'un coup de fusil.

** 15 avril 1985. Les policiers découvrent chez les parents de Grégory une cordelette identique à celle qui liait le corps de l'enfant.

** 5 juillet 1985. Christine Villemin est inculpée de l'assassinat de son fils. Onze jours plus tard, elle est libérée mais placée sous contrôle judiciaire.

** 3 février 1993. La chambre d'accusation de la cour d'appel de Dijon rend un arrêt de non-lieu en faveur de Christine Villemin pour « absence de charges ».

** 16 décembre 1993. Jean-Marie Villemin est condamné à cinq ans de prison dont un avec sursis pour le meurtre de Bernard Laroche. Treize jours plus tard, il est libéré.

** 3 décembre 1999. Les avocats de la famille Villemin demandent la réouverture du dossier et réclament des analyses génétiques pour identifier le corbeau.

** 14 juin 2000. La chambre d'accusation de la cour d'appel de Dijon ordonne la réouverture de l'enquête. Des analyses ADN seront pratiquées sur un fragment de timbre d'une lettre envoyée par le corbeau.

** 17 octobre 2000. On apprend que l'ADN ne parle pas.

** 11 avril 2001. La justice clôture l'instruction.

** 21 février 2004. Le corps de Grégory est exhumé pour être incinéré.

Source : Le Parisien


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MessagePosté : 09 juil. 2008, 14:17 
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Je crois que tout le monde en France - le ou les meurtriers exceptés - ne pourra qu'approuver et se réjouir de cette décision.

Les possibilités de faire parler les ADN au bout de si longtemps ne me paraissent pas très élevées, mais je trouve bien que l'on essaie.

Je souhaiterais qu'on fasse de même avec d'autres affaires, et notamment l'affaire Ranucci (même s'il ne reste guère plus que le POR à se mettre sous la dent puisque les autres scellés plus probants ont disparu).


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MessagePosté : 11 juil. 2008, 12:57 
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Affaire Grégory : l’espoir de l’ADN, vingt ans après

Les progrès de la science auront-ils raison du mystère de l’affaire Grégory ?
La question se pose depuis que mercredi le procureur général de la cour d’appel de Dijon (Côte-d’Or) a requis la réouverture de l’enquête sur l’assassinat du petit Grégory Villemin. Le 16 octobre 1984, le corps de cet enfant de quatre ans avait été retrouvé, pieds et poings liés, dans la Vologne une rivière qui coule au cœur des Vosges.

Il faudra attendre l’automne pour savoir si la chambre d’instruction de la cour d’appel de Dijon suivra ou non les réquisitions du parquet général en se prononçant sur la réouverture du dossier. Mais déjà, l’annonce du procureur général Jean-Marie Beney relance les supputations sur une affaire vieille d’une vingtaine d’années, autant dire un siècle en matière d’expertise génétique. C’est en effet en s’appuyant sur les importants progrès des recherches que les parents du petit Grégory ont demandé la réouverture de la procédure close en 2001. Ce n’est pas la première fois qu’ils mettent leurs espoirs dans la recherche d’empreintes génétiques : le 14 juin 2000, l’enquête avait déjà été rouverte pour permettre des recherches d’ADN sur un demi-timbre apposé sur une lettre du «corbeau» de 1983. Les experts avaient alors déclaré l’ADN inexploitable.

L’espoir aujourd’hui est de repérer d’éventuelles traces d’ADN sur les cordelettes qui entravaient l’enfant et les vêtements qu’il portait, ainsi que sur une seringue découverte sur les bords de la Vologne et enfin les courriers envoyés par le ou les «corbeaux» aux grands-parents et aux parents de Grégory. Pour appuyer leur requête auprès du parquet général de la cour d’appel de Dijon, Christine et Jean-Marie Villemin ont consulté Pierre Margot, directeur de l’Ecole des sciences criminelles de Lausanne (Suisse) qui a rédigé un rapport de faisabilité des enquêtes ADN remis à la justice française. Le procureur général de Dijon a, quant à lui, pris ses réquisitions de réouverture après avoir recueilli au printemps dernier l’avis positif d’un autre expert, le professeur Jean-Paul Moisan, généticien et directeur de l’Institut génétique de Nantes Atlantique (IGNA), un des laboratoires français qui assurent les expertises ADN dans les enquêtes criminelles : «C e professeur de médecine, expert auprès de la Cour de cassation a examiné les scellés de l’affaire Grégory et m’a expliqué que c’était aléatoire mais réalisable, indiquait hier Jean-Marie Beney dans l’Est républicain. Il m’a expliqué que certaines nouvelles techniques permettaient d’aller trouver de l’ADN. Avant, il fallait par exemple un cheveu complet, voire avec son bulbe, pour avoir une chance de trouver quelque chose. Ce n’est plus le cas.»

Un commissaire de police résume plus crûment les progrès de l’analyse
ADN : «Avant il fallait une bassine de sang pour identifier une empreinte génétique, aujourd’hui, il suffit de cinquante cellules.» Pour autant, les experts restent très prudents sur une éventuelle issue de l’enquête. D’abord parce que les risques de pollution des indices vieux de vingt-quatre ans par des ADN qui n’ont rien à voir avec celui du ou des meurtriers de l’enfant sont considérables. Il suffit de revoir les photographies des sauveteurs manipulant sans protection le corps sans vie de l’enfant au sortir de la Vologne.

Mais surtout, les enquêteurs de l’époque ne prenaient pas les précautions qui sont celles de leurs collègues de 2008 en matière d’empreintes génétiques. Le port de la combinaison (capuche, masque, surbottes, lunettes) est obligatoire pour éviter toute contamination. «Tous les personnels de l’identité judiciaire de Paris qui interviennent sur le terrain ou qui ont à traiter des scellés ont consenti à ce que leur empreinte génétique soit mise en évidence, pour qu’elle puisse être comparée immédiatement à celle(s) révélé(s) par le laboratoire de police scientifique», écrit le commissaire Richard Marlet qui fut le patron de l’Identité judiciaire à Paris (1). Le vieillissement et le séjour dans l’eau de la cordelette et des vêtements peuvent également perturber les recherches. Autre obstacle souligné par un commissaire de police judiciaire : «On ne perd pas tous nos cellules de la même manière. On a fait une expérience en proposant à un individu de manipuler une éprouvette stérile afin de rechercher ensuite son empreinte génétique. On ne l’a pas retrouvée mais en revanche on a identifié celle de la personne à qui il avait serré la main auparavant.» L’avocat des Villemin est conscient de ces aléas mais rappelle que le non-lieu de 1993 qui innocente Christine Villemin ne «suffit pas. Les parents de Grégory veulent la vérité.»


Source : Libéstrasbourg


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MessagePosté : 27 août 2008, 10:47 
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Je conseille aux intéressés la lecture du livre "Les 2 affaires Grégory" de SESMAT.

Je n'en suis qu'au début mais on y apprend une foule de choses et déjà au bout de quelques pages, on arrive à la conviction que Laroche a dû être le coupable...

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Chantal


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