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 Sujet du message : LES PROCES-VERBAUX
MessagePosté : 30 avr. 2014, 23:54 
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ci dessus quelques extraits du PV de constation ( issus du livre de D Karlin et R Lainé )

la maison des Sobon à deux entrées . L'une devant , donne sur la rue Camille-Desmoulins . L'autre à l'arrière de l'habitation , s'ouvre depuis la cuisine et débouche sur un jardinet . La maison est construite à l'angle de deux rues .

La tête enveloppée dans des linges , Mme Sobon gît au rez-de-chaussée dans la salle de séjour qui communique avec la cuisine . Elle a été etranglée aprés avoir été violemment frappée . Elle a saigné abondamment .

les policiers ont retrouvé deux clés par terre , à proximité du corps de Mme Sobon et deux autres clefs sur le paillasson de la cuisine .

La porte de la cuisine est vérouillée . La petite Sandrine a été noyée dans la baignoire , dans la salle de bain du premier étage . La fillette n'a pas saigné . L'orifice de vidange est obstrué par un gant de toilette de couleur jaune , orange et violette . Le bouchon de vidange , attaché à une chaînette est enlevé .

on précise sur Sandrine : une large trace ecchymotique sur la face , les parties latérales du cou , ainsi que deux ecchymoses à gauche du maxilaire inférieur .

On relève une trace de sang sur la housse du matelas de l'enfant , dans sa chambre au premier étage .


une documentation photos des lieux existe dans ce forum


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 Sujet du message : Re: LES PROCES-VERBAUX
MessagePosté : 15 juin 2014, 16:10 
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VOICi LES AVEUX DE JEAN-LUC RIVIERE ENREGISTRES LE JOUR MEME DE SON ARRESTATION , procès-verbal du 6 février 1978 à 21 heures .

En effectuant des stages de formation professionelle à berck-sur-mer de juin 1977 à janvier 1978 , j'ai fait la connaissance d'un garçon nommé Chara Mohamed qui demeure comme moi à Sallaumines . Nous avons sympathisé pendant ces stages et sommes devenus amis .
Chara est venu il y a environ une semaine chez moi , simplement pour me rendre une visite amicale . Hier , dimanche 5 février , alors que je partais rendre visite à ma future belle-mère , vers 11 h du matin , j'ai rencontré Chara qui cheminait sur la route nationale , seul .
Je me suis arrêté et nous sommes allés boire un pot . Il m'a demandé ce que je faisais et comme je lui ai dit avoir trouvé du travail , il m'a demandé de le présenter à mon patron , pour le faire embaucher .
Il a été convenu qu'à mon départ pour le travail vers 6h , je passerais prendre Mohamed à son domicile pour essayer de le faire embaucher . Je devais pour le réveiller jeter un petit caillou dans la vitre de sa chambre . En effet , Mohamed ne voulait pas que ses parents soient au courant , et il m'avait dit que si sa mère le voyait sortir il dirait qu'il partait faire le marché , c'est à dire aider un de ses cousins qui est marchand ambulant .

Ce matin [ ... ] vers 6 heures , j'ai voulu partir de chez moi en cyclomoteur , mais celui-ci n'a pas démarré . J'ai donc démonté et nettoyé la bougie d'allumage . Puis le cyclo a démarré . J'ai pris mon sac de travail et suis parti chez Chara . Il était un peu plus tard que d'habitude , au moins 6h30 .
D'ordinaire , nous partons de chez mon patron [ ... ] vers 7 h . Comme convenu , j'ai jeté un caillou dans le volet en bois de la chambre de Mohamed , située au premier étage droite de la façade arrière de la maison . Il est immédiatement descendu et s'est installé à l'arrière de mon cyclomoteur .
J'ai emprunté la route de Méricourt . Chemin faisant , Mohamed Chara a commencé à me dire que dans les entreprises " il y avait beaucoup d'argent " , que son cousin et son frère ont fait des vols , et ont été pris mais libérés très rapidement . Puis il a dit que si il n'était pas embauché , nous devrions tuer la femme et prendre les sous .
Dans son esprit , il était déjà décidé à tuer et non à assommer ou à menacer cette femme . J'ai d'abord hésité , mais Chara était persuasif et il considérait que la femme devait être tuée car elle aurait pu nous reconnaître .
En arrivant à la maison des Sobon , j'ai vu que les ouvriers et les patrons étaient déjà partis . Il y avait un billet disant: " Je suis chez Henri " qui est un ouvrier de l'entreprise . J'ai alors déposé mon cyclomoteur sur le trottoir en face de la maison , la pédale coincée sur la bordure du trottoir afin de la faire tenir droite . Mes gants noirs en simili étaient tenus sur le porte-bagages par un sandow .

J'ai frappé à la porte , Chara étant à côté de moi . Mme Sobon est venue ouvrir en me reconnaissant . Nous sommes entrés dans la cuisine . Il devait être alors 7 h ou 6 h 45 . Mme Sobon était en chemise de nuit verte avec des dessins . Elle m'a dit que j'avais raté le départ. Le patron m'avait attendu jusque 6 h 15 .
Je lui ai demandé si elle embauchait encore des manoeuvres , mais elle a dit que non . A ce moment , Chara m'a fait un signe de tête , j'ai attrapé la dame à bras-le-corps , elle se débattait vivement en criant , alors je l'ai fait tomber et suis tombé sur elle . Je lui ai serré le cou et tout en l'étranglant je lui frappais la tête sur le sol de la salle à manger où nous étions.
La lutte a duré longtemps , il me semble au moins une heure . Entre-temps , une petite fille que nous avions vu dans la cuisine en arrivant et qui était en train de déjeuner d'un bol de café au lait , vêtue d'un pyjama dont je ne me remémore pas la couleur , est arrivée en criant et pleurant .
Mohamed , craignant que cela n'alerte les voisins , la emmené au premier étage en prenant un morceau de sucre dans le sucrier posé sur la table de la cuisine , et en lui disant: " Viens en haut , tu auras un sucre ! " il est resté longtemps en haut pendant que je me chargeais de la mère.
J'ai entendu un bruit d'eau , puis il est redescendu , le cheveux mouillés et une main tachée de sang . Il a dit: " Ca y est , c'est fini . Je l'ai tuée . "
A ce moment-là , la mère ne bougeait plus mais je l'entendais encore respirer . Elle avait du sang sur le visage et ses cheveux étaient mouillés . Je suis allé chercher une serviette dans la cuisine et lui ai frotté le visage , il s'agit de la serviette éponge de teinte claire que vous me montrez .
J'ai laissé la serviette sur son visage mais sans en faire un turban ; je n'ai pas non plus utilisé le torchon blanc avec un liseret et un carré noir que vous me montrez également . Mais comme je suis resté un moment dans la cuisine pour me nettoyer les mains que j'avais pleines de sang , ainsi que mon visage qui était griffé par Mme Sobon , il est possible que Mohamed qui était resté près de la femme lui ai enveloppé la tête dans ces linges .

SI : J'ai en effet deux griffes sur la joue gauche , elles ont été causées par Mme Sobon . Chara n'a pas frappé Mme Sobon , il s'est occupé de la fille dont nous ignorions la présence avant les faits , puis a fouillé les tiroirs du buffet de la cuisine . Il a trouvé un porte-monnaie de femme , beige avec un motif , assez grand , qui selon lui contenait 150 F .
Il m'a donné 75 F tout de suite , en 7 billets de 10 F et 5 pièces de 1 F . Ce porte-monnaie , Chara me l'a donné en rentrant en me disant de m'en débarrasser , il s'agit de celui que vous avez trouvé dans ma poubelle , car je n'ai pas eu le temps de m'en débarrasser .
Chara pensait trouver plus d'argent que cela car je lui avait dit que nous étions payé le 10 du mois . Chara et moi sommes repartis sur mon cyclomoteur , et je l'ai déposé près de chez lui . Il était plus de 8 H . Je ne l'ai pas revu depuis mon arrestation . Je me souviens que devant la maison , ou plutôt sur le trottoir de gauche , était stationnée une grande voiture marron .
Lors des faits , j'étais habillé comme maintenant , c'est-à-dire en survêtement vert . Je n'ai pas de tache de sang sur mes vêtements . Chara était également habillé comme maintenant : il avait sa canadienne et le même pantalon .
Je ne suis pas du tout monté à l'étage et n'ai pas vu le cadavre de la petite , j'ai tout de suite regretté mon geste . Pour sortir , la porte de derrière s'étant bloquée , nous sommes passés par la porte de devant qui était ouverte . Je ne vois rien d'autre à déclarer .


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 Sujet du message : Re: LES PROCES-VERBAUX
MessagePosté : 15 juin 2014, 17:06 
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le premier PV d'audition de Mohamed Chara .. 6 février 1978 23 H

Je maintiens mes déclarations verbales de cet aprés-midi .
Je ne suis pour rien dans la mort de cette dame et de sa petite fille de Méricourt .

Vous m'avez donné lecture des déclarations de mon camarade Rivière Jean-Luc , et je ne comprends pas pourquoi il me mets en cause dans cette affaire .
je connais bien Rivière pour avoir suivi un stage avec lui du 13 juin au 14 décembre 1977 . Il est déjà revenu chez moi pendant 5 ou 6 week-end , et il a dormi chez moi .
Cependant , cela fait entre 3 semaines et un mois que je ne l'ai pas rencontré . Depuis cette dernière fois , je l'affirme , je n'ai pas même entrevu Rivière .
Aussi , je ne vois pas pour quelle raison il me mets en cause . Hier soir , je me suis couché vers 22 h ou 22h15 , après le film à la télévision . Je ne me suis levé que ce matin aux environs de 11 h , et je ne suis pas sorti de chez moi .

Je ne connais pas ces gens que vous me dites être des entrepreneurs de bâtiments à Méricourt . Il est exact que je cherche actuellement du travail dans la maçonnerie . Je me suis inscrit pour cela dans des sociétés de travail temporaire , et entre autre chez Locamet à Lens .
J'ai aussi contacté le service d'embauche de la cokerie de Drocourt , mais je n'ai pas encore eu de réponse . Je n'ai jamais parlé à Rivière de trouver du travail par son intermédiaire . Je nie formellemnt toute participation aux faits exposés par Rivière et c'est tout ce que j'ai à vous déclarer .


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 Sujet du message : Re: LES PROCES-VERBAUX
MessagePosté : 13 juil. 2014, 11:51 
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LES AVEUX DE MOHAMED CHARA consigné dans un PV du 7 février 1978 13H

Je tiens à revenir sur mes précédentes déclarations . C'est moi qui ai tué la petite fille en la noyant dans la baignoire . Ce n'est pas moi qui ai tué la dame . J'ai connu Rivière à l'occasion d'un stage FPA que j'ai effectué fin 1977 à Berck .
Il demeure chez sa belle-mère à Noyelles-sous-Lens , rue d'Harnes . Il me doit d'ailleurs 35 F depuis quelques temps et me les a toujours pas remboursés . Il disait ne pas avoir d'argent . Je l'ai rencontré dimanche matin vers 10H30 au PMU à Sallaumines , route nationale .
Il m'a dit qu'il venait d'être embauché chez un entrepreneur en bâtiment . Comme je suis sans travail , je lui ai demandé s'il pouvait me présenter à celui-ci , d'autant que j'ai pu comprendre que son employeur cherchait un manoeuvre .
Nous avons convenu d'un rendre-vous , il devait me prendre chez moi le lundi 6 février 1978 , vers 6H30 - 7H . A ces heures-là , je me suis levé et suis descendu au rez-de-chaussée pour attendre mon ami . Toute ma famille etait encore au lit et dormait .
La veille , j'avais fait part à ma mère que j'allais chercher du boulot . J'ai attendu un petit moment après Rivière ; en effet , il est arrivé plus tard que convenu . A travers la fenêtre de la veranda , je l'ai aperçu ; il conduisait son cyclomoteur . Cette machine était de couleur orange , avec une longue selle qui remonte sur la partie arrière ; il devait y avoir une sacoche , peut-être même deux .
Je suis monté en amazone . Rivière me dit alors qu'il va m'accompagner jusque chez son patron dont j'ignorais alors l'adresse . Il m'a conduit jusque Méricourt-sous-Lens , dans une rue que je ne connais pas .
Il m'a désigné l'habitation de son employeur ; c'est une maison individuelle au coin d'une rue . Jean-Luc a laissé son cyclomoteur sur le trottoir . Il s'est rendu à la porte d'entrée ; je l'ai suivi .
Il y avait un petit jardiner avec de l'herbe . Il a sonné . Une femme est venue ouvrir . Elle était de taille moyenne . Je ne me souviens plus très bien comment elle était vêtue . Rivière lui a demandé si je pouvais être embauché .

La dame qui m'avait vu a répondu : "Je suis désolé , pour l'instant, il n'y a rien." j'allais repartir . C'est alors que j'ai vu Rivière qui pénétrait dans le couloir et qui attrapait la femme par les vêtements à hauteur de la poitrine et commençait à la secouer .
Rivière était particulièrement énervé ; la femme , d'un ton sec , lui a dit: "Lâchez moi !" tout en la tenant , il la poussait jusque dans une pièce située à droite . Je l'ai suivi et je me demandais "Ce qui lui prenait" [sic] . Je n'ai pas claqué la porte d'entrée , d'autant que j'étais surpris de l'attitude de mon copain .
La femme est tombée sur le dos . J'ai eu peur . Jean-Luc était comme fou . Il s'agrippait à elle et tremblait . Je voulais partir et me sauver . D'un seul coup , j'ai vu surgir une petite fille . Elle a crié très fort "Maman, maman !" . J'étais toujours dans le couloir , près de l'entrée de la pièce où se trouvait Jean-Luc et la dame . J'ai pris la fillette par un poignet et je l'ai entraînée en haut .
Elle se débattait en criant . Avec elle , je suis rentré dans une salle de bain . Je ne sais pas ce qui m'a pris , j'avais peur . Je l'ai ceinturé avec le bras gauche (je suis gaucher) en plaquant contre ma poitrine . J'ai ouvert l'eau . J'ai posé l'enfant dans la baignoire , la face contre le fond . J'ai maintenu l'enfant contre le fond de la baignoire en posant mes mains à plat sur le haut de son dos .
Je n'ai pas appuyé fort . L'enfant s'est débattu quelques instants puis n'a plus bougé . La baignoire commençait à se remplir . L'eau était froide . Je ne sais pas combien de temps je suis resté ainsi . Au moment de partir , j'ai fermé le robinet .
S.I : De quelle façon était habillée l'enfant ?
R : La filette était en pyjama ; le pantalon était rouge .
S.I : Lorsque l'enfant était dans la baignoire , de quel côté était la tête ?
R : De mon côté
S.I : Qu'est ce que vous avez remarqué de particulier dans cette maison ?
R : la baignoire était rose . En bas , il y avait des fauteuils et je ne sais plus comment .

Je suis redescendu au rez-de-chaussée ; je n'ai pas visité les chambres de l'étage .
C'est Jean-Luc qui se trouvait à côté de la dame . Elle était allongée sur le dos . Elle ne criait plus . Il lui posait un torchon sur la tête , comme pour éponger quelque chose .
Je suis sorti par la porte de devant . Il n'y avait personne dehors , Rivière ne m'a pas suivi ; j'ai donc pénétré à nouveau dans la maison ; j'ai cherché après lui . En face de moi ; j'ai vu une porte . Pour y arriver , j'ai traversé une pièce , cuisine ou salle à manger . La porte en question était à " mi-temps ouverte " .
Elle donne sur un jardin . Il y a un garage juste à droite . C'est à l'intérieur de celui-ci que j'ai retrouvé Jean-Luc . Il était en train de fouiller une voiture de couleur rouge de marque Fiat . Il avait ouvert la porte du chauffeur . L'avant de la voiture était de mon côté .
Je ne suis pas rentré dans ce local .
De là , je me suis sauvé laissant Rivière .
Je suis allé au marché de Sallaumines . Lorsque j'y suis arrivé , il pouvait être 10H ou 10H30 . J'ai regagné mon domicile vers 11H30 .

S.I : lorsque vous êtes arrivé avec Rivière devant l'habitation de l'employeur de ce dernier , quelle heure était-il ?
R : Je ne sais pas quelle heure il était . Il commençait à faire jour .
S.I : Durant combien de temps êtes-vous restés tous deux à l'intérieur de la maison ?
R : Je ne peux pas vous le dire .
S.I : Rivière dit que vous aviez l'intention , tous les deux , de commettre un vol chez son employeur .
R : C'est faux . Je n'ai d'ailleurs rien dérobé . Rivière ne m'a pas dit avoir pris quelque chose ; il n'y a pas eu de partage d'argent , rien n'a été volé .
Je n'ai rien d'autre à vous dire . Je regrette ce que j'ai fait ; je me suis paniqué . J'ai dit toute la vérité .
Lecture faite par lui-même , Chara Mohamed persiste et signe avec nous à 16H sans formuler aucune observation .


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