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MessagePosté : 25 oct. 2008, 18:55 
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Nice : le procureur Éric de Montgolfier sera jugé le 16 décembre à Lyon

Procureur de la République à Nice, Éric de Montgolfier souhaitait être jugé rapidement. Pour répondre d'une « atteinte à la liberté individuelle » qu'il conteste, le haut magistrat est convoqué le 16 décembre prochain devant le tribunal correctionnel de Lyon. Soit moins de quatre mois après son renvoi, le 25 août 2008, devant cette même juridiction. D'ici un mois et demi, il comparaîtra donc en compagnie de l'ex-directeur de la maison d'arrêt de Nice, Christian Chambrin. Tous deux sont suspectés d'avoir omis de libérer début 2003 Jean Herrina, dit « Le Sultan », un voleur de bijoux. Ce dernier, qui se suicidera quatre ans plus tard, était incarcéré jusqu'au 20 janvier 2003.

Mais le 13 janvier, un juge niçois des libertés et de la détention commettait une bourde en signant non une ordonnance de refus de la prolongation de la détention provisoire, mais une ordonnance de mise en liberté. Dès lors fallait-il élargir sur le champ Herrina ou attendre le 20 janvier, terme de son mandat de dépôt ? Le directeur de prison prenait apparemment la mauvaise décision, en le gardant. Avec, affirme-t-il, l'accord d'Éric de Montgolfier. Quelques jours plus tard, « le Sultan » faisait l'objet d'une nouvelle mise en examen entraînant son maintien en détention.

Son avocat, Me Thierry Herzog, dénonçait cependant « une manipulation visant à rattraper une erreur ». Sa plainte, dépaysée à Lyon, vaut au procureur de Nice d'être poursuivi pour « avoir donné par téléphone l'instruction verbale de ne pas libérer l'intéressé ».

Éric de Montgolfier dit ne pas se souvenir d'un tel coup de fil. « En outre, avait-il précisé en janvier dernier, je ne me vois pas dire oralement « gardez-le ».

Source : Nice Matin

Les précédents articles sur cette affaire dans serial killers center

http://www.skcenter.org/forum/index.php ... entry19343


Modifié en dernier par Marathon le 15 déc. 2008, 12:49, modifié 2 fois.

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MessagePosté : 15 déc. 2008, 12:41 
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Éric de Montgolfier dans le box, et toujours avide de justice...
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Éric de Montgolfier comparaît demain devant le tribunal de Lyon, pour une affaire d'atteinte à la liberté individuelle. Une situation inédite pour un magistrat particulier. Il se dit serein et sait parfaitement que son procès sera particulièrement suivi. Par ceux qui l'apprécient et... tous les autres.

Un avocat pénaliste qui ne déteste pas la provocation parle d'Éric de Montgolfier avec un mélange d'admiration et d'agacement. Son esprit d'indépendance et de rigueur force le respect, évidemment, « mais parfois, tout de même, il exagère... » Au ténor du barreau, le procureur de la République aurait un jour confié qu'il a refusé de faire sauter un PV à sa propre mère... L'anecdote est-elle vraie ? Comme il sait si bien le faire, le procureur renvoie un sourire énigmatique et ne confirme pas. En tout cas, elle est vraisemblable. Au temps de sa période valenciennoise, il avait exaspéré toute l'administration municipale et Jean-Louis Borloo lui-même en donnant à ses services des consignes d'intransigeance, rejetant d'un haussement de sourcils les ancestrales habitudes accommodements.


Devoir de déplaire

Et ce n'était pas une subite inspiration. Son arrivée à Valenciennes n'avait rien d'une promotion. « À Chambéry, déjà, j'avais dérangé », dit-il. Il se souvient avec gourmandise de la phrase d'accueil de son prédécesseur, au TGI de Valenciennes : « Il m'a dit : "Vous verrez, ici il ne se passe jamais rien..." » Six mois après, il entendait à la radio - « Le matin, en me rasant » - les rumeurs qui couraient autour d'un match que Valenciennes avait perdu contre Marseille... C'est à ce moment (en pleine affaire VA - OM) que lui est venue l'idée d'écrire. Sans courir après les honneurs, il cède volontiers aux obligations de la notoriété. Et surtout, il ne voulait pas garder tout cela pour lui. « Ces intérêts politiques que l'on voudrait parfois nous faire endosser ... » Tous ces messages lancés à la volée médiatique et qui lui ont inspiré le titre de son livre, paru à l'automne 2006 : Le Devoir de déplaire . Une marque de fabrique. Après Valenciennes, il a été muté à Nice. « Je crois qu'on s'est dit finalement que je pouvais être utile. » Confiée par Lionel Jospin, la mission était claire : il s'agissait de faire le ménage dans les coins sombres d'un TGI encombré par les mauvaises habitudes de certains de ses collègues, d'une partie de la franc-maçonnerie locale, de quelques élus, du milieu économique... Pas plus que Bernard Tapie ou François Mitterrand, ces gens-là n'ont réussi à le faire plier. Le doyen des juges d'instruction, un avocat très en vue, quelques leaders municipaux ont fait les frais de son obstination. Non sans avoir essayé de le faire chuter, et par tous les moyens. Il raconte encore cette visite à Nice de Dominique Perben, alors Garde des Sceaux : « Il est allé saluer Jacques Peyrat à la mairie mais n'a pas fait les deux cents mètres qui le séparaient du palais de justice pour me voir. » Il dit que ce qui le porte c'est son « goût ultime pour la justice ». Comment prend-il alors cette position « nouvelle, inhabituelle », qu'il aura demain, dans le box des prévenus ? « C'est une expérience. Elle m'apprendra des choses sur l'exercice de mon métier... »

[A-t-il vraiment voulu garder « Le Sultan » au chaud ?

Jean Herrina était un voyou de l'ancienne école. Pas un violent, pas un tordu, mais un voleur de bijoux incorrigible, toujours sur un coup plus gros que le précédent, de Nice à Paris, de Londres à Hong-Kong. Et entretemps, il passait par les prisons de la côte d'Azur.

En 2003, il était en détention préventive dans le cadre de l'enquête sur un vol dans une bijouterie de luxe, à Saint-Jean-Cap-Ferrat. Le 13 janvier, à la surprise générale, il bénéficie d'une mesure de libération conditionnelle, signée par un juge des libertés et de la détention. Mais il n'est pas libéré immédiatement et trois jours plus tard, on lui signifie une autre mise en examen, assortie d'une mesure de détention provisoire, dans une affaire plus exotique encore : le vol de deux diamants à Hong-Kong.

Aucun souvenir

C'est pour avoir été maintenu ces trois jours-là en prison que « Le Sultan » avait déposé plainte, à l'époque, pour « atteintes aux libertés individuelles ». Et puis, en mars 2007, il s'est suicidé à la prison de Draguignan, à l'âge de cinquante ans, mais sa fille a repris son action en justice.
Au juge qui a instruit ce dossier, Christian Chambrin, directeur de la prison de Nice, a dit avoir reçu du procureur de la République la consigne de garder Herrina « au chaud », notamment parce que le JLD aurait commis une erreur de procédure. Et bien sûr parce que le Sultan ne présentait pas ce qu'on appelle juridiquement « les garanties de représentation ».
Depuis le début de cette enquête, Éric De Montgolfier répète qu'il n'a aucun souvenir d'avoir donné un tel ordre : « Je ne me vois pas dire oralement "Gardez-le". Cette démarche ne me correspond pas. » Et quand on lui demande s'il craint un acharnement des juges d'instruction à l'encontre de tout ce qu'il assume et représente, il se « garde bien » de l'envisager mais sourit : « Les juges m'auraient peut-être souhaité... comment dire... moins à l'aise. » Pour le coup, il se dit réellement serein : « Si cette comparution me permet de changer mon regard sur l'exercice de mon métier, je n'ai aucune raison de ne pas m'en réjouir... » •

Source : LA voix du Nord


REPÈRES REPÈRES
Né le 11 août 1946 à Lyon.
Après huit années au ministère de la Justice, il est devenu procureur de la Républiquede Chambéry, puis à Valenciennes, de 1992 à 1999.
Il est depuis en poste à Nice, nommé par Élisabeth Guigou, sur la recommandation de Lionel Jospin. « Il lui a dit : "C'est l'homme qu'il vous faut". Une personne de confiance me l'a rapporté depuis... » En octobre 2006, il publie aux éditions Michel Lafon « Le devoir de déplaire », où il revient sur toutes les difficultés de sa carrière et réaffirme son goût de la justice.


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MessagePosté : 16 déc. 2008, 19:23 
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Montgolfier se défend d'avoir maintenu un voleur en détention arbitraire


LYON (AFP) — "Je n'irais pas engager mon honneur et ma réputation pour un truc comme ça": le procureur de la République de Nice Eric de Montgolfier s'est défendu mardi devant le tribunal correctionnel de Lyon d'avoir maintenu un voleur de bijoux en détention arbitraire.

"M. Herrina n'en valait pas la peine", a déclaré le magistrat, poursuivi au côté de l'ancien directeur de la maison d'arrêt de Nice, Christian Chambrin, pour "atteinte à la liberté individuelle".

Ce dernier a confirmé à l'audience avoir gardé Jean Herrina en prison sur ordre téléphonique du procureur, malgré une ordonnance de remise en liberté en date du 13 janvier 2003.

Eric de Montgolfier a indiqué ne pas se souvenir d'avoir reçu un appel de M. Chambrin, ajoutant: "ça ne me ressemble pas de donner un ordre verbal sans avoir le dossier sous les yeux".

Jean Herrina, dit "Le Sultan" car il se présentait comme un prince arabe dans des bijouteries de luxe du monde entier où il dérobait bagues, montres et diamants, avait été arrêté en septembre 2002, et placé en détention.

Le 13 janvier 2003, un juge des libertés avait rendu une ordonnance de mise en liberté, considérant que le casier judiciaire et la peine encourue par M. Herrina ne justifiaient pas la prolongation de sa détention provisoire.

Eric de Montgolfier avait estimé lors de l'instruction que le maintien en détention de M. Herrina entre le 13 janvier et le 17 janvier était discutable.

Le 17 janvier, une instruction judiciaire distincte était ouverte pour un vol de deux bagues en diamants à Hong Kong, pour lequel Jean Herrina faisait l'objet d'une nouvelle mise en examen, permettant ainsi son maintien en détention.

Qualifiant cette seconde instruction judiciaire de "repêchage", M. de Montgolfier a indiqué mardi qu'il ne se souvenait pas y avoir participé.

"Ce qui me gêne beaucoup dans ce dossier, c'est le lien fait entre le repêchage de Hong Kong et cette erreur de droit ayant consisté à maintenir Herrina en détention", a indiqué Eric de Montgolfier.

"Si on me reproche d'avoir monté une opération pour le garder en prison dans le but de le rattraper dans le cadre de l'affaire de Hong Kong, la réponse est non", a-t-il répondu, interrogé pour savoir s'il reconnaissait les faits.

Affirmant qu'il n'avait pas suivi de près cette affaire "qui n'avait pour (lui) rien d'exceptionnel", il a expliqué n'avoir appris que bien après le 13 janvier qu'une seconde instruction judiciaire avait été ouverte concernant le vol de Hong Kong.

L'audience a été marquée par de vifs échanges entre Eric de Montgolfier et Thierry Herzog, l'avocat de la fille de Jean Herrina, Yamina, partie civile, ce dernier considérant que le procureur de la République de Nice est en partie responsable de la mort de Herrina, qui s'est suicidé dans sa cellule en mars 2007.

Source : AFP


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MessagePosté : 17 déc. 2008, 20:07 
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Relaxe requise pour le procureur Eric de Montgolfier

JUSTICE - Comme la première journée d'audience le laissait pressentir , le procureur de Nice, Eric de Montgolfier, semble désormais bien parti pour bénéficier d'une relaxe. Le magistrat est poursuivi à Lyon pour "atteinte à la liberté". La fille d'un ancien détenu, aujourd'hui décédé, l'accusait d'avoir donné par téléphone l'instruction de garder son père en détention, malgré une ordonnance de mise en liberté. Le directeur de la maison d'arrêt était également poursuivi pour atteinte à la liberté. Mais le parquet a réclamé une relaxe pour le procureur, et une requalification ainsi qu'une amende de 6.000 euros, dont une partie avec sursis, pour le directeur. Auparavant, l'avocat de la partie civile, Thierry Herzog, avait provoqué la surprise en se désistant de son action. Il estimait que les preuves n'étaient finalement pas établies, et que les vrais coupables n'étaient pas à l'audience...

Après une première journée qui l'avait vu très agressif, l'avocat a reculé. Il explique qu'au terme des débats, il n'est pas certain que les preuves soient suffisantes pour assurer que le directeur de la maison d'arrêt a volontairement maintenu le détenu en dépit dune décision de justice. Ni pour accuser le procureur de la République d'avoir donné instruction de garder l'homme. L'avocat ne demande du coup aucun dommage et intérêt. Et n'a même pas déposé de conclusions. Selon lui, les vrais responsables de l'atteinte à la liberté de son client, un juge des libertés, un juge d'instruction et un jeune substitut, n'ont pas été poursuivis. L'audience se poursuit cet après-midi, puis le jugement devrait être mis en délibéré.

Source : LibéLyon


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MessagePosté : 17 déc. 2008, 20:08 
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Eric de Montgolfier, l'indomptable


Les cheveux ont légèrement blanchi, le visage a gagné en gravité. A 62 ans, Eric de Montgolfier affiche la même sérénité distante que le 25 février 1999, le jour où il s'est installé dans son bureau de procureur de la République à Nice. Il venait de croiser le fer avec Bernard Tapie dans l'affaire du match de football truqué Olympique de Marseille - Valenciennes. Lionel Jospin, alors premier ministre, voulait remettre de l'ordre dans la ville. Mais "ce n'était pas une décision politique : j'aurais refusé !", souligne-t-il, l'oeil malicieux.

Le livre du jour Un procureur en colère

Les Niçois se sont habitués à la silhouette un peu raide de ce gentleman qui surgit le matin à bicyclette au palais de justice. C'est là, au coeur de la vieille ville, que naissent et meurent toutes les rumeurs le concernant. Les plus sordides émanent de certains avocats, ses adversaires depuis qu'il s'est attaqué aux dysfonctionnements affairistes et maçons de la justice niçoise. Quelques-uns surnomment le parquet de Nice "la Kommandantur".

Eric de Montgolfier ferait-il peur ? Assurément. Dans la juridiction niçoise, il y a eu un avant et il y aura un après Montgolfier. Ce magistrat singulier a endossé avec une certaine délectation son rôle de "chevalier blanc". De nombreux citoyens qui réclamaient une meilleure justice ont nourri beaucoup d'espoir au moment de sa nomination. L'attente était telle qu'il était impossible d'y répondre. Il a cependant contribué à générer une image moins négative de l'appareil judiciaire. "Continuez", lui a lancé, un jour, une vieille dame alors qu'il était attablé à une terrasse.

Des petits signes, discrets, ont ainsi encouragé ce Lyonnais aux allures de Nordiste à respecter "Le Devoir de déplaire", titre de son livre-confession, paru en 2006 aux éditions Michel Lafon. Le procureur général de la cour d'appel d'Aix-en-Provence, Gabriel Bestard, s'est publiquement démarqué de son subordonné Montgolfier quand celui-ci a dénoncé l'influence des réseaux affairistes dans la pratique de certains magistrats.

Souvent caricaturé, Eric de Montgolfier excelle dans l'art de brouiller les pistes. Et de surprendre. Il s'est vite illustré en dégainant dans la rue un carnet à souches de contraventions ! Il n'a pas hésité à verbaliser lui-même des champions du feu rouge brûlé. Il voulait donner lela.

Pas question de céder à "la culture de l'arrangement", propre selon lui à la Côte d'Azur. Il raconte volontiers que, lors d'une soirée de charité, il remporta le gros lot d'une tombola, un voyage en Corse pour deux personnes. Il déclina ce cadeau de bienvenue, sentant que le jeu était truqué. Quelques jours plus tard, une dame lui précisa être celle qui lui avait vendu son billet. Le procureur fit part de son étonnement. La dame lui glissa à l'oreille : "La prochaine fois on s'arrangera !"

"Je suis arrivé dans une région où les réseaux de toutes sortes avaient une force incroyable, dit-il. Il existait ici une culture de l'impunité." En terre niçoise, constate un magistrat proche, il a su déployer la stratégie judiciaire et médiatique - "j'affole la meute" - qui fit ses preuves dans le Nord en 1993 lors de l'affaire du match OM-VA. Mais, sur la Côte d'Azur, Eric de Montgolfier a engagé un combat contre des ennemis plus insaisissables. Dénoncer les liens de magistrats avec des réseaux francs-maçons et affairistes lui a valu de sourdes attaques.

Le dernier coup ne fut pas le moindre. En 2003, il est convoqué à la chancellerie pour se voir proposer une mutation sanction, qu'il refuse. Le garde des sceaux Dominique Perben prend, deux mois plus tard, une décision que nul autre avant lui n'avait prise. Il rend public le rapport de l'Inspection générale des services judiciaires sur le tribunal. Les conclusions sont sévères sur le fonctionnement interne. Mais les inspecteurs se sont appliqués à démontrer que la juridiction niçoise n'avait pas subi l'influence des réseaux maçonniques.

Le Conseil supérieur de la magistrature donnera raison au procureur, un an plus tard, en révoquant le doyen des juges d'instruction de Nice, Jean-Paul Renard, un franc-maçon proche de plusieurs figures du grand banditisme et de certains élus de la région mis en cause dans des procédures judiciaires.

Dans sa croisade, le procureur a créé une ligne de fracture entre les "pro" et les "anti" Montgolfier. Une poignée d'avocats a profité de sa nomination pour transmettre à la justice la liste noire de 23 dossiers sensibles impliquant pour certains des notables locaux. Maître Patrick Rizzo, qui figure parmi ces avocats et demeure un des plus fidèles soutiens du procureur, qualifie son bilan de "globalement positif". Son seul tort, dit-il, "est d'avoir agi trop isolé, sûr de son pouvoir, encouragé par les médias".

Le procureur a déçu ceux qui attendaient la révolution judiciaire qu'il avait laissé entrevoir. Son ami avocat, Me Christian Boitel, se refuse désormais à commenter le bilan de son action pénale. A ce désaveu masqué s'ajoute, en sourdine, celui d'un magistrat parisien connaisseur des affaires niçoises : M. de Montgolfier a certes entamé une remise en ordre de la justice locale, mais, "animé par la volonté de s'attaquer à des personnages sulfureux, il s'est beaucoup agité chez Ruquier, et le bilan de son action pénale s'avère décevant".

De ce fort ego qu'on lui attribue, le procureur fait l'aveu. Il revendique même, avec cet air de fausse modestie qu'il affectionne, son choix de participer à des talk-shows : "Si les téléspectateurs ont ainsi une autre idée de la justice, j'ai gagné." Dans l'imaginaire collectif, il a ainsi fini par incarner la figure du juge indépendant, bien qu'il soit procureur. Il confie qu'on l'a souvent confondu dans la rue avec le juge financier Renaud Van Ruymbeke. En 2003, quand l'Inspection générale des services a demandé son départ, de nombreux Niçois ont signé une pétition de soutien.


Avec la complicité des médias, les enquêtes qu'il a lancées n'ont pas épargné le monde politique local, en particulier l'entourage de l'ancien maire UMP de Nice, Jacques Peyrat. Les deux hommes ne s'aiment pas. Des procédures suivies par le procureur ont abouti à la condamnation de deux membres de l'ancienne municipalité pour des marchés publics truqués : Michel Vialatte, ancien directeur des services, et Dominique Monleau, "M. Tramway".

"Il m'est arrivé de me tromper", admet le procureur. On pense à Johnny Hallyday, accusé de viol en 2002 ; M. de Montgolfier a fini par requérir un non-lieu, confirmé définitivement par la cour d'appel d'Aix en 2006. Récemment, la polémique a porté sur une autre affaire, dite "du terrain Sulzer". "Cette affaire a été instrumentalisée par Eric de Montgolfier", martèle Jacques Peyrat.

Sulzer est le nom d'un terrain sur lequel l'ancienne municipalité voulait bâtir un hôtel de luxe. Ce juteux projet aurait donné lieu à une tentative de corruption en 2004. Martial Meunier-Jourde, ex-directeur du protocole de la ville, et Daniel Véran, l'ancien chef de la police municipale, ont été mis en examen pour "trafic d'influence passif". L'enquête a mis le policier hors de cause. M. de Montgolfier vient de requérir un non-lieu au bénéfice de M. Véran. "En s'attaquant au chef de la police municipale, le procureur, mû par cette mégalomanie qui le pousse à se hisser sur le devant de la scène, pensait atteindre Peyrat, estime son avocate, Me Valérie Bothy. Dans cette affaire, la montagne accouche d'une souris." "J'aimais bien M. Véran, qui était un bon chef de la police municipale, réplique M. de Montgolfier. Or quelqu'un a porté devant moi des accusations, je voyais mal comment me dispenser d'une enquête."

Le procureur, lui, aurait aimé poursuivre sa carrière ailleurs. Mais la chancellerie le lui a refusé. S'est-il vainement acharné contre Jacques Peyrat ? "Dans le cas du dossier Sulzer, c'est en vérité ma mise en examen que l'on recherchait", affirme l'ancien maire. Les querelles opposant "anti" et "pro" Montgolfier ont laissé des traces. Selon un policier, des procédures diligentées de "manière hâtive", comme dans l'affaire Sulzer, ont fait des dégâts chez les personnes mises en cause.

Reste que le climat a changé. Le tribunal de Nice s'est réorganisé et répond mieux aux attentes des citoyens. Cette année, le nombre de dossiers correctionnels en attente de jugement a été réduit de moitié, précise son président Jean-Michel Hayat, qui veut demeurer à l'écart des polémiques.

"Le procureur a apaisé le lien que les Niçois avaient avec la justice, conclut un de ses proches, le conseiller municipal (PS) Yann Librati. Nice n'est pas guérie entièrement mais redevient une ville normale." Même Christian Estrosi, le maire, proche de Nicolas Sarkozy, estime qu'Eric de Montgolfier a "accompli un travail très utile dans les Alpes-Maritimes". Le procureur susciterait-il maintenant une forme de consensus ? Voilà qui risque de lui déplaire.


Source : Le Monde


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MessagePosté : 06 févr. 2009, 18:33 
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Enregistré le : 31 janv. 2008, 14:52
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Aujourd'hui le tribunal correctionnel de Lyon a relaxél e procureur de Nice Eric de Montgolfier et l'ancien directeur de la maison d'arrêt de Nice, Christian Chambrin, qui étaient tous deux poursuivis pour avoir maintenu en détention un voleur de bijoux à la réputation internationale


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