Pedophilie sur internet : L'appel d'une mère -

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MessagePosté : 03 déc. 2008, 11:59 
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Pédophilie sur Internet : l'appel d'une mère


Dans cette lettre datée du 1er décembre, la famille demande à Nicolas Sarkozy «d'intervenir pour modifier une loi si mal faite».

Avec des mots simples, les parents de Karen, piégée sur Internet par un pervers qui vient de récidiver, demandent de l'aide à Nicolas Sarkozy.


La lettre a été expédiée mardi. Adressée au chef de l'État, elle est signée de Nicole et de son époux, mais aussi de leur fille Karen, cette adolescente de 16 ans qui, en 2007, était tombée dans le piège d'Internet et de Fabrice Huljack. Ce même prédateur présumé de 44 ans, aujourd'hui écroué, qui s'en était pris le mois dernier à une Mosellane de 14 ans séduite elle aussi en quelques clics de souris.

Dans ce courrier que Le Figaro s'est procuré,

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cette famille modeste originaire des Vosges demande de l'aide à Nicolas Sarkozy. Avec des mots simples qui sortent du cœur, elle réclame un changement de la loi pour mieux protéger les victimes. Revenant sur cette seconde affaire, elle écrit tout d'abord : «Vous pouvez comprendre, Monsieur le Président, le traumatisme de ma fille et de sa famille. Nous venons d'apprendre par la radio et la télévision que ce monsieur ayant été relâché le 28 août 2008 vient de recommencer une nouvelle fois…»

Cet ancien SDF, devenu chauffeur-livreur à La Rochelle, s'en était pris en novembre à une collégienne de 14 ans. Après quelques échanges avec lui sur Internet, l'adolescente avait pris son baluchon pour le rejoindre et avait été retrouvée cinq jours plus tard par les gendarmes. Tenus à l'écart des décisions des juges, les parents de Karen poursuivent : «Notre avocat, Me Roussel Jean-Loup et nous-mêmes n'avons pas été prévenus de sa libération. Nous trouvons cela monstrueux.» Mais c'est aussi totalement légal.


Trois jours passés ensemble

Fabrice Huljack, qui avait séduit Karen en 2007 en se faisant passer sur Internet pour un gendarme de 19 ans, était parvenu à la convaincre elle aussi de fuguer et de le rejoindre à La Rochelle. Après trois jours passés ensemble dans des hôtels de la ville, les gendarmes avaient fini par retrouver la trace de ce couple improbable. Écroué dans l'attente de son jugement, Fabrice Huljack avait donc été libéré au bout d'un an, la détention provisoire ne pouvant excéder ce délai comme le veut la loi. Le 28 août dernier, cet homme dont le casier judiciaire comporte 17 condamnations et que les experts définissent comme «un pervers dangereux pour les jeunes adolescentes» avait alors recouvré la liberté.

Demandant à Nicolas Sarkozy «d'intervenir pour modifier une loi si mal faite et qui ne protège pas assez les victimes», la famille de Karen estime, un peu naïvement, que ces dernières pourraient donner leur avis sur la libération des auteurs d'infractions. «Elles ont tout de même leur mot à dire.»

Pour l'heure, l'instruction de cette affaire n'étant toujours pas close, la date d'un procès reste incertaine. Mais le banc des parties civiles restera vide. Se remettant difficilement de ce rêve qui a tourné en cauchemar, Karen ne viendra pas à son procès. Avec pudeur, les parents de Karen évoquent la situation de leur fille : «Karen doit être suivie par un psychologue et nous avons dû la changer d'établissement scolaire.» Juste quelques mots, mais qui laissent deviner la souffrance de cette adolescente.


La question du consentement des mineurs relancée


Selon l'appréciation des magistrats, un pédophile est passible des assises ou du tribunal correctionnel.

L'affaire de La Rochelle repose la question du consentement des mineurs. Depuis 1982, la loi fixe à 15 ans l'âge de la majorité sexuelle.


• La situation pour les jeunes de plus de 15 ans

Au-delà de 15 ans, un jeune se trouve quasiment dans la même situation qu'un adulte. Sauf si l'adulte concerné est un parent du mineur ou une personne qui abuse de l'autorité que lui confèrent ses fonctions. Il risque alors deux ans de prison. En dehors de ces cas, si le jeune est considéré comme consentant, aucune infraction ne pourra être poursuivie. Dans le cas contraire, un viol, constitutif d'un crime, ou, en l'absence de pénétration, une agression sexuelle, constitutive d'un délit, pourra être retenu.


• La situation pour les moins de 15 ans

Une législation spécifique punit les «atteintes sexuelles» qu'ils peuvent subir - c'est le terme consacré lorsque des relations sexuelles entre le jeune et l'adulte se déroulent «sans violence, contrainte, menace ni surprise». La justice considère comme fragile le consentement d'un jeune de moins de 15 ans. Ainsi, un adulte qui entretient des relations de nature sexuelle avec lui commet un délit pour lequel il risque jusqu'à cinq ans de prison.


• Les tribunaux retiennent rarement le consentement

Dans la pratique, en dessous de 12 ou 13 ans, les tribunaux retiennent rarement le consentement et utilisent l'argument de la «surprise» ou de la «contrainte» faite à l'enfant, afin de pouvoir qualifier les faits de «viol» ou d'«agression sexuelle» plutôt que d'«atteinte sexuelle». «Chaque cas est différent, explique Xavier Pavageau, procureur de Niort, tout dépend de la maturité du mineur. Dans ces affaires, la difficulté essentielle est d'arriver à ce que les mineurs parlent des faits. Ensuite, l'important est qu'il existe une qualification juridique - plus que la peine encourue par l'auteur des faits.» En effet, même dans les cas où le consentement peut être supposé, l'existence de l'«atteinte sexuelle» permettra de poursuivre les faits en question. Par ailleurs, le législateur a prévu dans ces affaires délicates une prescription de dix ans, à compter de la majorité de l'enfant, comme en matière de crime.


• L'utilisation d'Internet : une circonstance aggravante


Le fait de rentrer en contact via le Web avec sa cible mineure dans un but sexuel est une circonstance aggravante, et l'usage d'un pseudo est également répréhensible. Fabrice Huljack, le chauffeur-livreur de La Rochelle de 44 ans qui venait tout juste de quitter la prison et a séduit une lycéenne de 14 ans, aurait eu avec elle plusieurs relations sexuelles «consentantes». Dans cette affaire, la justice a finalement retenu la qualification d'atteinte sexuelle aggravée, car il a usé d'Internet pour établir le contact avec elle. Alors que dans un premier temps le procureur avait décidé d'ouvrir l'enquête pour enlèvement et séquestration, car la différence d'âge entre le suspect et la collégienne signait le «défaut de consentement», avait-il expliqué. Fabrice Huljack encourt jusqu'à dix ans d'emprisonnement.

Internet : un numéro pour les parents désemparés

.0820 200 000


La moitié des appels concerne l'intimidation, le harcèlement moral ou sexuel.

Découvrir des photos «légères» de sa fille de 14 ans - bercée par ses rêves de célébrité - en ligne sur un site de candidats au mannequinat, ce fut un choc pour Nataly. Cette maman désemparée, comme nombre de parents face au comportement irréfléchi de leurs enfants sur la Toile, pourra désormais demander assistance et conseils en composant le numéro «Net écoute famille» (0820 200 000, numéro indigo, 0,09 €/mn).

Alors que les faits divers impliquant des adultes et des mineurs piégés se multiplient, cette ligne d'accueil téléphonique pour la protection des enfants sur le Net a été inaugurée hier par la ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot- Marie, et le secrétaire d'État chargé du développement de l'Économie numérique, Éric Besson.

La ministre a annoncé qu'elle venait d'adresser aux fournisseurs d'accès le projet d'article relatif au blocage des sites diffusant des images pédo-pornographiques. Le texte figurera dans sa future loi d'orientation et de programmation de sécurité de même que la création d'un «délit d'usurpation d'identité par Internet». Un délit qui permettrait de mieux lutter contre ceux qui se créent des faux profils afin d'attirer des mineurs comme ce fut le cas récemment à La Rochelle où un pervers récidiviste avait piégé deux adolescentes en se faisant passer pour un jeune gendarme de 22 ans. Nadine Morano, secrétaire d'État à la Famille, œuvre de son côté au lancement d'un spot de prévention télévisé le 10 décembre.


«L'illusion de la sécurité»

«Net écoute famille», progressivement mis en place par l'association E-enfance depuis cet automne, avec le soutien de la Commission européenne dans le cadre du programme «Pour un Internet plus sûr», a un rôle préventif. Avant même son lancement officiel, ses écoutants ont déjà traité quelque 350 appels. Environ 50 % d'entre eux concernaient des situations d'intimidation et de harcèlement moral ou sexuel, selon la présidente de E-enfance, Christine du Fretay. «Nous avons été contactés par une mère dont le fils de 14 ans avait été mis au défi par un inconnu de se mettre nu devant sa webcam, rapporte-elle. Comme il trouvait son interlocuteur “drôle”, il a obtempéré. Mais quand cet individu lui a demandé de faire participer sa petite sœur, l'adolescent a pris peur et a fini par se confier à ses parents.»

En deuxième ligne, les problèmes de dépendance aux jeux en ligne représentent 30 % des appels. «Dans un jeu de rôle comme World of Warcraft, les parents peinent à mettre en place un contrôle parental, dénonce Christine du Fretay. Car pour y arriver, il faut que leurs enfants leur donnent leurs codes d'accès !»

Enfin, 20 % des appels servent à dénoncer des sites choquants, comportant des images pornos, des incitations à la drogue ou à l'anorexie. Avec la montée en puissance des campagnes d'in­formation, E-enfance espère arriver à 30 % d'appels dédiés à la prévention. «Il faut faire comprendre aux parents que ce n'est pas parce que le Net est à la maison qu'il n'y a pas de danger. Ils ont l'illusion de la sécurité, comme les enfants, qui se sentent protégés par l'écran», note Béatrice Royer-Copper, psychologue cofondatrice de l'association.

«Je me souviens d'une ado qui posait en petite culotte sur son blog. Pourtant, elle n'imaginait absolument pas pouvoir faire la même chose dans son salon devant ses amis. Elle ne comprenait même pas l'analogie», rapporte la psychologue.

Pour les plus jeunes, tomber par hasard sur une image pornographique équivaut à «une effraction psychique», explique-t-elle. Il faut «les déculpabiliser», les faire parler «pour comprendre ce qu'ils ­imaginent, au-delà de ce qu'ils ont vu».

Source : Le Figaro


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