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MessagePosté : 13 nov. 2008, 08:50 
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Un an aujourd'hui que Romain Lannuzel étudiant à Barcelonne à disparu


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Barcelone. Sans nouvelles de Romain depuis un an

Voilà tout juste un an que l’étudiant Romain Lannuzel, âgé de 20 ans et originaire de Lampaul- Guimiliau, a disparu à Barcelone. Depuis le 13 novembre 2007, la police espagnole enquête, mais les nombreuses investigations n’ont, pour l’instant, rien donné.

« Où en est l’enquête ? »
La police espagnole ne cesse d’enquêter, mais elle n’a toujours rien. Elle est à l’affût du moindre détail qui pourrait faire avancer le dossier, aussi bien en Espagne qu’en France. Trois policiers espagnols sont ainsi venus mener des investigations en Bretagne. Pour le chef de la police catalane, une telle disparition est rare. Et c’est aussi rare de voir en Espagne des policiers continuer à enquêter après un an de recherches. Malgré les efforts consentis, nous avons l’impression d’être au premier jour de l’enquête.

En sait-on un peu plus sur l’emploi du temps de Romain, le 13 novembre 2007, entre 18 h 57 et 20 h 30, l’heure à laquelle il avait prévu de passer prendre ses affaires chez ses anciennes colocataires ?

On ne sait pas ce qu’il a pu faire : effectuer une course ou autre chose. On n’en sait rien.

Et les investigations concernant les forums de jeux de rôle sur lesquels votre fils se connectait régulièrement sur internet ?

Cela n’a rien donné du tout. Et de toute façon, ce ne sont pas des jeux violents. Quant aux nouvelles auditions de l’entourage de Romain, elles n’ont rien donné, non plus.

La piste de la disparition volontaire est-elle toujours écartée ?

Oui, car Romain est un garçon parfaitement équilibré et il n’y a aucune poussière d’indice qui puisse laisser supposer à une disparition volontaire.

Comment vivez-vous cette épreuve depuis un an ?

C’est tragique de ne pas savoir où est Romain et dans quel état il est. Je me pose un maximum de questions et je n’ai pas une seule réponse. On élève un enfant pour le voir heureux et non pour ne pas le voir. C’est invivable de ne pas avoir de nouvelles d’un enfant qu’on adore.

Ce jeudi, vous êtes à Barcelone. Pour quelle raison ?

Nous organisons un important point presse pour lancer un appel à témoins, qui, je l’espère, aboutira. Le but est de faire parler quelqu’un. Je n’arrêterai pas de médiatiser la disparition de Romain. Il y a sûrement quelqu’un qui sait quelque chose. Il faut que cette personne parle, se manifeste. On ne peut pas laisser une famille dans un tel désarroi.

Que se passera-t-il le 22 novembre à Lampaul-Guimiliau ?

À l’initiative des élus de Lampaul-Guimiliau, une marche de soutien est organisée sur la commune. Un rassemblement est prévu devant la mairie, à 15 h, lequel sera suivi d’une marche jusqu’à la salle omnisports. Cette aide psychologique est très importante pour nous. C’est un rayon de soleil.

Gardez-vous espoir ?

Il faut garder espoir et ne pas baisser les bras. Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour retrouver Romain. Je n’admets pas de n’avoir aucune nouvelle de Romain. On ne peut pas disparaître comme cela. Il y a toujours une explication, même si là il n’y en a visiblement aucune.


Propos recueillis par Jacques Chanteau

Source : Le Télégramme ( 13 novembre 2008 )




RAPPEL DES FAITS ( dossier SKC )

Romain Lannuzel est étudiant français à Barcelone dans le cadre du programme Erasmus, a disparu de Barcelone le mardi 13 novembre 2007 vers 19h.
Le 13 Novembre, il déménageait de son appartement de Barcelone pour un appartement à Sabadell, plus proche de l'Université Autonome de Barcelone, où il étudie.

La police espagnole n'a pour l'instant aucune piste, et nous n'avons aucune idée du lieu où peut se trouver Romain actuellement.

Romain est originaire de Lampaul-guimiliau dans le Finistère, et est inscrit à l'Université de Bretagne Occidentale, à Brest, en Licence 3 LCE Anglais.
Ses parents, qui se trouvent à Barcelone

Source : FR3 ( novembre 2007 )

Disparition. L'angoisse d'une famille

Depuis le 13 novembre, une famille de Lampaul-Guimiliau est sans nouvelles de son fils, Romain, 20 ans, étudiant à Barcelone . La piste du suicide ou de la fugue est formellement écartée par les proches. Alors, que s'est-il passé ? Les parents s'interrogent et lancent un appel à toutes les personnes susceptibles de fournir des informations (*). « Nous, ses parents et sa famille, sommes dans une détresse totale, car nous ne comprenons pas. Être sans nouvelles d'un enfant, c'est terrible », confesse Mireille Lannuzel, la mère de Romain. Étudiant en troisième année de licence d'anglais à la faculté de Brest, Romain avait rejoint l'université de Barcelone, au mois de septembre, dans le cadre d'un échange Erasmus.

« Tout avait l'air normal »

Un autre étudiant brestois, Renaud, 21 ans, participe également à cet échange. Tous les deux se sont connus à la faculté de Brest, il y a plus de deux ans. Le 13 novembre, il est environ 11 h 30 à Barcelone, quand les deux étudiants sortent d'un examen d'anglais. « Il m'a dit qu'il allait retirer 20 € pour payer son abonnement de téléphone, puis il m'a lancé " à plus tard ". Tout avait l'air normal, comme d'habitude, d'autant qu'il venait d'avoir bien réussi son examen », se souvient Renaud, qui sera le dernier de ses amis à l'avoir vu.

Dernier appel à une colocataire
À partir du numéro de téléphone portable de Romain, les investigations menées par la police espagnole ont permis d'identifier la dernière personne que l'étudiant a appelée ce 13 novembre, à 18 h 57. Il s'agit de l'une des colocataires de son appartement barcelonais. Romain s'apprêtait à déménager de la capitale catalane pour aller habiter du côté de la cité de Sabadell, plus proche de l'université de Barcelone. « Il a prévenu cette colocataire qu'il passerait le soir récupérer des affaires. Et ce, même si elle était absente ce soir-là », racontent ses parents. Et depuis, plus de nouvelles... La police ibérique poursuit l'examen des appels passés et reçus sur le téléphone de Romain, ainsi que la localisation de l'appareil. Elle doit également à nouveau entendre les amis et colocataires de l'étudiant breton.

Enlèvement ? Accident ?
Depuis ce 13 novembre, aucune opération n'a été effectuée à partir de la carte bancaire de Romain. L'étudiant n'a pas, non plus, été hospitalisé dans un établissement de la région. « Nous avons affiché son portrait un peu partout à Barcelone (à la fac, au campus...) et l'avons mis sur internet, souligne Renaud. Avec des amis, nous avons également fouillé le parc, situé près de chez lui, pour voir si on ne trouvait pas son portefeuille ou l'un de ses habits. Mais en vain ». « Nous n'avons aucune idée de ce qui a pu se passer, poursuit Renaud. On peut penser à un enlèvement ou à un accident, mais certainement pas à un suicide ou à une fugue ». « Que ce soit sa famille, ses amis ou ses professeurs, tout le monde est unanime pour affirmer que Romain est équilibré », confirment ses parents, qui se sont rendus à Barcelone. « C'est un étudiant assidu, pas du tout renfermé. Bien au contraire, il est très ouvert aux autres et très heureux de vivre. Il n'a jamais fait de fugue et eu le moindre souci avec la Justice. On ne lui connaît pas d'ennemis ».

« Le retrouver en vie »
« Comme c'est un étudiant très consciencieux, la police espagnole a pris d'emblée cette affaire au sérieux », ajoute la mère de Romain. Le dossier est à présent dans les mains des justices française et espagnole. Mercredi matin, le parquet du tribunal de Morlaix a saisi les gendarmes de Landivisiau pour procéder à des investigations. « C'est une disparition incompréhensible, s'inquiètent les parents et les deux frères de Romain. Mais quels que soient les motifs de cette disparition, nous voulons le retrouver en vie ». * Les personnes pouvant apporter des éléments utiles à l'enquête sont invitées à contacter la gendarmerie de Landivisiau au 02.98.68.10.39.

Source : Le Télégramme ( décembre 2007 )



Barcelone. Dans les pas de l’étudiant disparu

Toujours aucune trace de Romain Lannuzel, étudiant breton disparu depuis deux mois et demi à Barcelone. Enquête dans la capitale catalane pour tenter de comprendre cette étrange disparition.

Enlèvement ? Fugue ? Agression ?... Autant de questions que se posent les trois inspecteurs espagnols qui travaillent à plein-temps sur la disparition, à Barcelone, de Romain Lannuzel, jeune étudiant originaire de Lampaul-Guimiliau (29), près de Landivisiau. Au ministère catalan de l’Intérieur, le responsable de la police, Joan Delort, l’avoue clairement : « Nous sommes face à un cas très complexe car nous n’avons encore aucun élément qui puisse expliquer une telle disparition. Des disparitions, j’en ai connues mais jamais je n’ai été confronté à une affaire de ce genre ». Romain Lannuzel, 20 ans, suivait les cours d’anglais à l’UAB (université autonome de Barcelone) depuis le mois de septembre, dans le cadre d’un échange Erasmus. Le 13 novembre, jour de sa disparition, il est 11 h du matin quand Romain sort d’un examen. Il croise Renaud Brissoneau, son ami breton de Berrien (29). Tous les deux ont suivi les cours à la faculté de Brest, avant de rejoindre ensemble Barcelone. « À la fin du contrôle, il m’a dit qu’il allait rentrer chez lui pour étudier », se souvient Renaud, qui sera le dernier de ses amis à l’avoir vu.

« Un parc où il ne faut pas tenter le diable »

La veille, Romain a emménagé dans un nouvel appartement, à Sabadell, une commune située bien plus près de l’UAB que Barcelone où il résidait jusqu’à présent. Ce 13 novembre, il aurait donc regagné son domicile. Un journal du jour a été retrouvé sur son lit. Vers 16 h, il a correspondu par e-mail avec un ami habitant à Brest pour lui signaler que « tout allait bien et qu’il avait passé un bon week-end ». «
Peu avant 19 h (à 18 h 57), il m’a ensuite téléphoné, visiblement de chez lui, pour me dire qu’il viendrait récupérer le reste de ses affaires vers 20 h 30. Mais il n’est jamais venu », raconte Maria, l’une des colocataires de son appartement barcelonais. Pour se rendre de Sabadell à Barcelone, il faut prendre le train. Afin de rejoindre la gare, Romain a le choix : marcher une bonne vingtaine de minutes ou emprunter le bus.
S’il est parti à pied, il a pu traverser le vaste parc Catalunya. Ce jour-là, il fait déjà nuit, à 19 h. « Et la nuit, il ne faut pas tenter le diable dans ce parc plutôt mal fréquenté », glisse Renaud. « Le soir, nous n’allons jamais dans ce parc car il faut faire attention », prévient une habitante du quartier.
Attention à quoi ? « A tous ces sans domicile fixe et autres marginaux », répond cette habituée des lieux. « Le parc n’a pourtant pas la réputation d’être dangereux », assure-t-on au ministère catalan de l’Intérieur.
La police : « Nous n’avons rien de rien »

La police a passé le parc au peigne fin. Sans résultat. Romain est-il monté dans le train ce soir-là ? La caméra-vidéo de la gare aurait pu l’attester. Malheureusement, les images sont effacées tous les trois jours et la disparition de Romain n’a été signalée que le 18 novembre, soit cinq jours après. La police espagnole semble rejeter la thèse de l’enlèvement : « Lors d’une séquestration, nous avons généralement des nouvelles au bout de deux semaines ». Romain a pu aussi être victime d’une agression. « Nous n’avons découvert aucun indice comme, par exemple, un vêtement. Pour l’instant, nous n’avons rien de rien », fait remarquer Joan Delort. « Cette histoire sent mauvais », analyse Pepa Maso, journaliste au quotidien catalan Avui +. Romain avait deux téléphones portables provenant d’un opérateur français, pour l’un, et espagnol, pour l’autre. Le premier appareil a été retrouvé mais son examen n’a rien donné. Quant au second téléphone, qui reste introuvable, les enquêteurs ont pu vérifier, auprès de l’opérateur, que le dernier appel donné était bien celui de 18 h 57, ce 13 novembre, aux deux anciens colocataires de Barcelone. La famille affirme qu’aucun mouvement n’a été effectué sur les comptes bancaires de Romain depuis cette date, ce que refuse de confirmer la police. Quant aux nombreux appels à témoins, ils sont restés infructueux.

« Auditions : tout ne concorde pas »

La police a déjà entendu une vingtaine de personnes de l’entourage de Romain. « Nous allons à nouveau auditionner tous ces gens, car tout ne concorde pas dans les différents propos tenus lors de la première audition. Une discordance due peut-être à l’émotivité des uns et des autres », explique Joan Delort. Une fois la deuxième audition terminée, les policiers ibériques devraient opter pour privilégier telle ou telle piste. Au consul de France, à Barcelone, on suit de près cette affaire. « Je n’ai jamais connu une telle disparition, commente le consul général Pascal Brice. C’est une situation dramatique, notamment pour la famille. Mon rôle est d’être au plus près d’elle et de m’assurer du sérieux de l’enquête ». À 1.300 km de là, l’inquiétude grandit de jour en jour chez les parents de Romain, à Lampaul-Guimiliau. « Nous nous étions dit qu’au bout deux mois, on allait le retrouver. On a du mal à tenir, témoigne la mère, Mireille Lannuzel. Bien entendu, je suis prête à partir si on me dit qu’il est à tel endroit. Je n’attends que ça ». Jamais, je n’ai été confronté à une affaire de ce genre » Joan Delort, responsable de la police catalane Repères Barcelone, ville dangereuse ? Pour Pascal Brice, consul de France dans la capitale catalane, « Barcelone est tout sauf une ville dangereuse. Il faut rester raisonnable. Il y a certes de nombreux vols à la tire, mais pas plus que dans toutes les autres grandes villes touristiques d’Europe ». Un précédent. Il y a quelques années, un Français de passage avait disparu dans la capitale catalane. La police n’a toujours pas d’indices sur cette disparition. L’enquête se poursuit. 50.000 Français. 50.000 Français vivent en Catalogne, dont 30.000 à Barcelone et dans son agglomération.



La piste de la fugue de plus en plus écartée

Famille, proches et enseignants sont unanimes : « Romain n’a pas le profil psychologique d’un fugueur ou de quelqu’un enclin au suicide ». Ses amis de l’UBA et ses deux anciennes colocataires à Barcelone, Margalida et Maria, le confirment : « Il n’avait aucune raison de disparaître. On ne lui voyait pas d’ennemis. Il n’avait pas non plus de dettes et il avait assez d’argent pour vivre. Quant à la drogue, il n’y touchait jamais ». L’étudiant nord-finistérien a-t-il pu être victime d’un crime de la jalousie ? « Impossible », réfute son ami Renaud Brissoneau. « Dans cette affaire, on peut tout imaginer, explique néanmoins Maïta Navarro, spécialiste des faits divers au quotidien El Periodico. Une disparition volontaire est ainsi possible car la famille et les amis ne sont pas toujours au courant de ce qui se passe dans la tête d’une personne ». Mais dans l’entourage de Romain, personne n’y croit. La copie de son contrôle d’anglais du 13 novembre a même été décortiquée. « Tant au niveau graphologique que sur le plan du style, tout était normal », assure la professeur, Arancha , qui décrit Romain comme étant « un étudiant bien dans sa tête, avenant et responsable ».

De son côté, le responsable de l’antenne catalane des disparus d’Espagne, Manuel Jaime, souligne que les « disparus sont généralement des enfants qui fuguent après avoir fait une bêtise ou des personnes âgées atteintes de maladies comme celle d’Alzheimer ». « Romain a, certes, fait des petites bêtises, mais uniquement quand il était jeune comme tout adolescent, soutient sa mère. Pour qu’il ait fait une fugue aujourd’hui, il faut qu’il ait eu un mobile, une raison, et je n’en vois pas. Il était en pleine forme, heureux de vivre. Je l’ai eu la veille de sa disparition et tout allait bien ». « Si la police ibérique avait privilégié la disparition volontaire, jamais, avance un proche de l’enquête, elle n’aurait déployé autant de moyens. Elle aurait même sans doute abandonné les recherches, étant donné qu’un majeur peut librement aller vivre ailleurs ». Pour tout élément à apporter à l’enquête, contacter la gendarmerie de Landivisiau au 02.98.68.10.39.

De notre envoyé spécial. Jacques Chanteau

Source : Le Télégramme




Voilà quatre mois que ce Breton étudiant à Barcelone n'a pas donné signe de vie. Une équipe de gendarmes français s'est rendue lundi dernier en Espagne pour faire le point sur cette inquiétante affaire.



L'enquête des policiers espagnols a commencé à Passeig de Gracia, en plein centre de Barcelone. C'est sur cette avenue commerçante et très fréquentée, à vingt minutes des Ramblas, que l'étudiant français Romain Lannuzel a passé un dernier coup de fil, le 13 novembre 2007, avant de disparaître mystérieusement. Lundi dernier, pour la première fois, des gendarmes français se sont rendus dans la capitale catalane pour faire le point sur une affaire que tous jugent « singulière », « exceptionnelle ». Quatre mois après, en effet, aucun indice ne permet d'expliquer l'absence soudaine de ce beau garçon de 20 ans, épanoui et attachant, parti étudier en Espagne grâce au programme Erasmus.

Le jour de sa disparition, à 18 h 57, Romain appelle ses anciennes colocataires. Il vient de déménager en banlieue dans un appartement moins cher et plus proche de l'université et souhaite récupérer quelques affaires : son écran d'ordinateur, un sac de livres et de vêtements, sa raquette de badminton. « Que s'est-il passé après ? Aucun mouvement bancaire, aucun appel passé depuis son mobile : tout est muet », précise Joan Delort, le responsable de la police au gouvernement de Catalogne. Romain, un grand brun aux yeux bleus, sans doute parti avec son chapeau noir que les enquêteurs n'ont pas retrouvé, ne se rendra pas dans son ancien logement. Il ne donnera plus aucun signe de vie.

« C'est tellement étrange qu'on a du mal à y croire », souffle, dans la salle des étudiants de l'Université autonome de Catalogne, son copain Renaud, un Français venu étudier à Barcelone lui aussi. Ils se sont connus deux ans plus tôt à Brest, sur les bancs de la fac. Inscrits en anglais, Renaud et Romain aiment tous les deux les langues, les voyages et les sorties entre amis. Ils remplissent ensemble leur dossier Erasmus au printemps dernier. Renaud demande l'Espagne, Romain l'Angleterre. Ce sera Barcelone.

Un matin de septembre, c'est donc ensemble, encore une fois, que les jeunes Bretons débarquent dans la capitale catalane par le train de nuit. Dégourdis et sociables, ils trouvent vite leurs repères dans cette ville chaleureuse et animée. Ils passent les premières nuits à l'auberge de jeunesse, le temps de trouver un appartement chacun le sien pour mieux apprendre l'espagnol. Ils se font des amis. « Barcelone, pour nous, c'était l'inconnu total : on était très excités et heureux » , se souvient Renaud. À sa mère, Romain dira, une semaine avant de disparaître, qu'il est « ravi » de son début d'année.

A-t-il fugué ? Ses proches n'y croient pas. « Tout le monde a, dans sa vie, des zones d’ombre, des petits secrets que la famille ne connaît pas, souligne pourtant Joan Delort. Seulement, nous ne trouvons pas ce côté obscur chez Romain. » Les policiers du groupe Homicidios cherchent toujours la réponse dans le passé et l'entourage de l'étudiant. Le temps passant, ils excluent une séquestration ou une amnésie soudaine, pour se concentrer sur les thèses de la disparition volontaire, de la mauvaise rencontre ou de l'accident. Ils ont déjà procédé à des dizaines d'heures d'audition pour vérifier l'agenda de ses camarades d'université. Ils ont fouillé son ordinateur, ses mails, et continuent à éplucher toutes les connexions Internet de l'étudiant, plutôt calé en informatique et qui aimait jouer en réseau. Sans succès pour le moment. Les enquêteurs attendent encore des opérateurs téléphoniques les informations qui permettront peut-être de localiser Romain dans les minutes, ou l'heure, ayant suivi son dernier coup de fil.

Ses camarades de classe ont, eux, perdu espoir. « Au bout de quatre mois, on se dit qu'il ne reviendra pas : il a dû se faire agresser », se désole David, un ami espagnol. Au début de l'année, une bande de copains s'est constituée à l'Université autonome de Barcelone. Des Espagnols, des Allemands, des Anglais et une Hongroise, unis par l'esprit Erasmus. Ils se retrouvent toujours entre deux cours dans la salle d'étude de la faculté de lettres. Ils passent leurs week-ends ensemble, à découvrir la ville, à dîner chez les uns, chez les autres, jouer au poker et à faire la fête. Ils se donnent des rendez-vous sur un forum Internet. C'est sur ce site que Renaud s'est inquiété pour la première fois de ne pas avoir vu Romain depuis plusieurs jours.

À Lampaul-Guimiliau, le petit village du Finistère où Romain a grandi, ses parents se perdent en conjectures. « Il y a mille scénarios possibles , se désespère Jean-Michel Lannuzel, le père, qui lutte contre les pensées les plus noires. Du matin au soir, on se torture à force d'imaginer ce qui a bien pu arriver, mais rien ne semble crédible. C'est insupportable. » Devant son bureau, Mireille a affiché en grand la photo de son plus jeune fils et elle porte sa bague, rapportée d'Espagne. De temps à autre, elle s'imprègne des derniers mots écrits de la main de Romain, qu'elle lit et relit sur la copie d'un examen de littérature américaine passé le jour même de la disparition. C'est elle qui lui a appris l'indépendance et la curiosité. C'est elle aussi qui lui a donné le goût de se cultiver et d'apprendre. « Où qu'il soit en ce moment, j'aimerais qu'il ressente qu'on pense à lui à chaque instant » , pleure-t-elle, terrorisée à l'idée qu'un jour les gendarmesne viennent sonner chez elle avec une mauvaise nouvelle de Romain.

Source : Le Figaro ( mars 2008 )



Disparition. Les gendarmes de retour de Barcelone

Les gendarmes français sont de retour de Barcelone, où Romain Lannuzel, un jeune Breton a disparu depuis plus de quatre mois.

Les militaires ont rendu compte de leur déplacement, hier matin, au procureur de Morlaix. « Nous ne pouvons toujours pas privilégier une piste plutôt qu’une autre », commente Laurent Fichot, procureur de la République à Morlaix, à l’issue de sa rencontre avec les gendarmes chargés de cette affaire sur le sol français (*). Ces derniers se sont déplacés dans la capitale catalane, il y a dix jours, pour rencontrer leurs homologues espagnols qui enquêtent sur cette mystérieuse disparition. Étudiant à Barcelone, Romain Lannuzel, âgé de 20 ans, a disparu depuis le 13 novembre 2007. Voilà donc plus de quatre mois que ce garçon originaire de Lampaul-Guimiliau (29) n’a pas donné signe de vie. La police continue d’examiner les appels passés depuis son téléphone portable. Le dernier a été donné à ses deux anciennes colocataires, le 13 novembre 2007, à 18 h 57. Il les informait qu’il passerait vers 20 h 30 récupérer ses affaires.

Coup de fil passé dans le centre de Barcelone

On a longtemps pensé que ce coup de fil avait été donné de Sabadell, une ville de la banlieue barcelonaise où il avait emménagé la veille. En fait, il a téléphoné alors qu’il se trouvait dans le centre de Barcelone, au niveau du Passeig de Gracia, une artère commerçante située à quatre stations de métro de l’appartement de ses deux anciennes colocataires. Que comptait-il donc faire entre 18 h 57 et 20 h 30, l’heure où il devait se rendre chez les deux filles ? Une question qui demeure sans réponse. Le contenu du disque dur de son ordinateur est également examiné de près par les enquêteurs. « On retrace toutes les connexions passées aussi bien d’Espagne que de France pour voir avec qui il était en lien », explique Laurent Fichot. L’étudiant breton se connectait régulièrement sur les forums de jeux de rôle mis en ligne sur Internet. Le procureur de Morlaix va déposer une demande d’entraide juridique en matière pénale afin « d’officialiser les échanges d’information entre les enquêteurs français et espagnols ».
« Dans la plus grande interrogation »

Un avis de recherche pour disparition inquiétante et la photo du jeune Breton ont été diffusés dans tous les lieux publics de Barcelone : hôpitaux, gares... « Le travail judiciaire mené par la police espagnole est de très grande qualité, assure Laurent Fichot. Mais cette disparition reste totalement inexpliquée pour l’instant. Nous sommes dans la plus grande interrogation. Nous n’avons aucun élément qui milite en faveur de l’hypothèse criminelle. La piste de la disparition volontaire n’est pas, non plus, complètement exclue ». * L’enquêteur principal basé à la brigade de Landivisiau et le chef de la section de recherches de Rennes.


Source : Le Télégramme ( mars 2008 )


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MessagePosté : 13 nov. 2008, 21:13 
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La mère de Romain Lannuzel veut relancer l'enquête sur son fils disparu il y a un an à Barcelone


Mireille Lannuzel, la mère de Romain Lannuzel, un étudiant français mystérieusement disparu à Barcelone le 13 novembre 2007, veut relancer l'enquête menée en Espagne et en France, a-t-elle déclaré à l'AP jeudi, jour anniversaire de cette disparition.

Mme Lannuzel a notamment participé jeudi matin à une conférence de presse dans la capitale catalane en présence du consul français et des enquêteurs catalans où elle fait appel à d'éventuels témoins.

"Quelqu'un est forcément au courant et sait ce qu'il est arrivé à mon fils", assure-t-elle. "Je n'admets pas qu'il ait pu disparaître de cette manière".

Saisis de l'enquête, les policiers catalans ont constaté que son compte bancaire et son téléphone mobile n'avaient plus été utilisés après sa disparition. Les perquisitions menées dans son logement en banlieue de Barcelone et chez ses anciens colocataires se sont avérées infructueuses. "Les policiers se sont beaucoup investis mais malheureusement, ils n'ont découvert aucun indice et nous ne savons pas ce qu'est devenu Romain", ajoute Mireille Lannuzel.

Il y a trois semaines, les enquêteurs catalans sont venus rencontrer les gendarmes de Rennes, chargés du volet français de l'enquête sur cette disparition inquiétante.

Le 22 novembre prochain, un rassemblement est prévu à la mairie de Lampaul-Guimiliau (Finistère) et précédera une marche destinée à soutenir la famille du jeune homme originaire de cette commune.

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Photo le Télégramme


Source : Nouvel Obs


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MessagePosté : 23 nov. 2008, 14:10 
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Disparition de Romain. Foule à la marche de soutien

Quelque 3.500 personnes sont venues hier à Lampaul-Guimiliau pour apporter leur soutien à la famille de Romain Lannuzel, étudiant breton qui a mystérieusement disparu, il y a un an, à Barcelone.
Organisée à l’initiative des élus de Lampaul-Guimiliau (29), la marche de soutien à la famille de Romain Lannuzel, étudiant qui a mystérieusement disparu à Barcelone il y a un an, a rassemblé, hier, plus de 3.500 personnes dans la commune. La foule, dans laquelle se trouvaient une trentaine de maires ou adjoints et de nombreux étudiants de l’Université de Bretagne occidentale (UBO) venus avec leur président Pascal Olivard, s’est rassemblée sur le grand parking derrière la mairie. L’imposant cortège a ensuite traversé le bourg vers la salle omnisports où le maire de Lampaul-Guimiliau, Jean-Marc Puchois, a pris la parole, soulignant que ce rassemblement a été voulu à l’image de Romain, simple et généreux. Il a annoncé que 500 mails d’encouragement étaient parvenus à la mairie. Le président de l’UBO a ensuite rappelé avec émotion le parcours « sans faute » de Romain, étudiant en troisième année d’anglais, engagé dans la vie estudiantine et associative. Deux représentantes de l’Apev (Aide aux parents d’enfants victimes) de l’antenne régionale Bretagne (*) ont également assuré la famille de leur soutien.
« Un grand réconfort »
Mireille Lannuzel, la mère de Romain, a ensuite remercié la foule de sympathisants au nom de la famille. Elle a évoqué les efforts des équipes de recherche, l’humanité et la compétence de tous ceux qui ont participé et participent encore aux recherches, le travail effectué pour « faire parler enfin quelqu’un qui sait quelque chose ». Elle n’a pas caché que « l’enquête laisse supposer qu’il s’est passé quelque chose de grave, mais il est intolérable de rester sans rien savoir, dans le désarroi. L’espoir n’est pas perdu de revoir Romain et le grand mouvement d’aujourd’hui apporte une énorme bouffée d’oxygène et un grand réconfort ». Antenne APEV Bretagne : tél. 02.96.38.94.65 ou sur http://apev.org.

Source : Le Télégramme

Lettre d'information de l'APEV

http://apev.org/article.php?sid=343&thold=0


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