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MessagePosté : 24 juil. 2007, 20:30 
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Ce qui est étrange tout de même c'est que M Lecointre DEMANDE à l'infirmière de sentir le contenu du flacon.

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MessagePosté : 24 juil. 2007, 20:37 
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Pourquoi les services d'urgence qui ont emmené l'enfant à l'hôpital n'ont-ils pas pris cette bouteille d'ailleurs ? Ne leur a-t-on pas fait voir le médicament que l'enfant avait ingéré quelques minutes auparavant ?

Car si on les avait prévenus de l'absorbtion du médicament par l'enfant, sans nul doute qu'ils auraient emporté avec eux la bouteille de josacyne.

Comment se fait-il que M Lecointre ait attendu 2 h entre le moment où l'enfant est emporté par l'ambulance (vers 21h00) et le moment où il dépose le flacon au centre hospitalier (23h00) ? Que s'est-il passé pendant ce laps de temps ? Qu'a fait M Lecointre ?

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MessagePosté : 24 juil. 2007, 21:19 
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Ce qui est étrange tout de même c'est que M Lecointre DEMANDE à l'infirmière de sentir le contenu du flacon.
Surtout s'il ne sent rien de spécial.


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MessagePosté : 24 juil. 2007, 22:09 
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Il s'agit peut-être de créer un premier élément de comparaison avec un autre événement qui surviendra plus tard dans la soirée

L'infirmière sent le produit, il ne sent rien - il est 23h00

Plus tard dans la nuit, une infirmière sent de nouveau le "même" flacon et là l'odeur est nauséabonde, insupportable - il est 5h00 du matin

Si tel est le cas, cela signifie que M Lecointre SAIT qu'il y aura un autre objet de comparaison à venir plus tard.
Pourquoi a-t-il besoin d'avoir un témoin de cette comparaison, pourquoi a-t-il besoin que cette comparaison soit mise en évidence ?

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MessagePosté : 12 févr. 2008, 02:13 
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Josacine empoisonnée: la commission de révision ordonne un complément d'information
AFP - Lundi 11 février, 17h35PARIS (AFP) - La commission de révision des condamnations pénales de la Cour de cassation n'a pas souhaité lundi se prononcer immédiatement sur la demande de révision déposée par Jean-Marc Deperrois, condamné dans l'affaire de la Josacine empoisonnée, mais a ordonné un complément d'information.

"C'est un premier pas" vers la révision, s'est réjouie son avocate, Me Valérie Rosano, en sortant de la salle d'audience.

La commission a demandé ce complément d'information car elle s'estimait insuffisamment informée. Un des membres de la commission va désormais se pencher sur le dossier et pourra, s'il l'estime nécessaire, faire réaliser de nouvelles expertises.

La commission de révision devra alors statuer une nouvelle fois sur la demande du condamné et, le cas échéant, saisir la cour de révision.

Une première demande de révision avait déjà été rejetée par la commission en décembre 2002.

Le 25 mai 1997, la cour d'assises de Seine-Maritime avait condamné ce chef d'entreprise à 20 ans de réclusion pour l'empoisonnement, à Gruchet-le-Valasse, près du Havre, le 11 juin 1994, d'Emilie Tanay, 9 ans, avec du sirop de Josacine contaminé au cyanure.

Selon l'accusation, Jean-Marc Deperrois aurait introduit le cyanure dans le sirop en pensant que ce médicament était destiné au mari de sa maîtresse, Jean-Michel Tocqueville, chez qui séjournait Emilie.

Le condamné a toujours clamé son innocence. Lundi, son avocate a redit à quel point elle comptait sur une nouvelle expertise. Elle affirme en effet qu'il est impossible que Jean-Marc Deperrois ait lui-même introduit du cyanure dans la Josacine.

Selon une expertise qu'elle a produite, une forte odeur d'ammoniaque se dégage immédiatement après qu'on mélange les deux composants.

D'après l'agenda de Jean-Marc Deperrois, le seul moment où il aurait pu réaliser le mélange se situait entre 16H30 et 17H00. Or, à 21H00, lorsqu'un infirmier a contrôlé le sirop, il n'a ressenti aucune odeur suspecte.

Par conséquent, conclut la défense, le cyanure n'a pu être mélangé à la Josacine qu'après 21H00, à un horaire où M. Deperrois n'a pu le faire.

Plus que sceptique, l'avocat de la famille Tanay, Me Laurent de Caunes, rappelle pour sa part que Jean-Marc Deperrois "a changé sa défense au tout dernier moment". Alors qu'il s'appuyait sur des écoutes téléphoniques, "le matin même (de l'audience du 26 novembre), il a sorti des éléments chimiques, d'apparence nouvelle".

Tout en "saluant la démarche" extrêmement "scrupuleuse" de la commission de révision, Me de Caunes a déploré "la survivance d'une procédure qui cause de la douleur aux victimes".

Incarcéré pendant douze ans, M. Deperrois est sorti de prison en juin 2006, après avoir bénéficié d'une mesure de libération conditionnelle.

http://fr.news.yahoo.com/afp/20080211/t ... a2c_1.html


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MessagePosté : 13 févr. 2008, 01:58 
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Tout en "saluant la démarche" extrêmement "scrupuleuse" de la commission de révision, Me de Caunes a déploré "la survivance d'une procédure qui cause de la douleur aux victimes".
1) De quelle procédure parle Me de Caunes ? De celle qui consiste à laisser au condamné la possibilité de se pourvoir en révision ?

Ben de mieux en mieux ! Il ne manquerait plus que cela, qu'une fois condamné alors qu'il clame son innocence, le pauvre ne puisse plus avoir aucun recours !

Allez donc dire cela à Patrick Dils !!

2) "qui cause de la douleur aux victimes" : si l'on ne condamnait plus sur seules présomptions, si l'on arrêtait de condamner sans avoir la preuve certaine de la culpabilité, cela éviterait à des innocents de déposer des requêtes en révision pour prouver leur innocence. Et de là, il n'y aurait plus besoin d'infliger aux victimes des douleurs liées à des procédures qui n'en finissent pas.

Dans une erreur judiciaire, il y a une autre victime qu'il ne faut surtout pas oublier, c'est celui qui a été condamné à tort et à qui on a détruit une grande partie de sa vie (15 ans de sa jeunesse pour Dils !!)

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MessagePosté : 13 févr. 2008, 09:57 
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Citation :
Tout en "saluant la démarche" extrêmement "scrupuleuse" de la commission de révision, Me de Caunes a déploré "la survivance d'une procédure qui cause de la douleur aux victimes".
1) De quelle procédure parle Me de Caunes ? De celle qui consiste à laisser au condamné la possibilité de se pourvoir en révision ?

Ben de mieux en mieux ! Il ne manquerait plus que cela, qu'une fois condamné alors qu'il clame son innocence, le pauvre ne puisse plus avoir aucun recours !

Allez donc dire cela à Patrick Dils !!

2) "qui cause de la douleur aux victimes" : si l'on ne condamnait plus sur seules présomptions, si l'on arrêtait de condamner sans avoir la preuve certaine de la culpabilité, cela éviterait à des innocents de déposer des requêtes en révision pour prouver leur innocence. Et de là, il n'y aurait plus besoin d'infliger aux victimes des douleurs liées à des procédures qui n'en finissent pas.

Dans une erreur judiciaire, il y a une autre victime qu'il ne faut surtout pas oublier, c'est celui qui a été condamné à tort et à qui on a détruit une grande partie de sa vie (15 ans de sa jeunesse pour Dils !!)
Tout à fait d'accord avec toi !

Je me suis fait, en sursautant, la même réflexion que toi sur la réaction de Me Déconne.

C'est une mentalité de marchands de résultat pour qui la justice n'est pas la recherche de la vérité mais la victoire d'un conflit.

Et ce monsieur est un professionnel de la loi ...

_________________
On avait sûrement calomnié Luc Tangorre, car, sans avoir rien fait de mal, il fut arrêté un matin.


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MessagePosté : 02 mai 2008, 16:40 
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Si il existe un moindre doute sur la culpabilité, elle doit profiter à l'accusé.
Il faudrait rejuger.

Je n'oublie pas non plus le calvaire que vit la famille de la petite victime depuis tant d'années


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MessagePosté : 18 déc. 2008, 08:54 
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La Josacine va-t-elle continuer d'empoisonner la justice ?

[La commission de révision des condamnations pénales rend aujourd'hui sa décision concernant la requête deposée par Jean-Marc Deperrois, condamné en 1997 à vingt ans de prison après la mort d'Emilie Tanay en 1994. La fillette de 9 ans avait été empoisonnée par du cyanure introduit dans un flacon de Josacine, un poison destiné au départ au mari de la maîtresse de Deperrois.

Depuis des années, les avocats du chef d'entreprise, en libération conditionnelle depuis 2006, cherchent à persuader la justice que l'apparition de faits nouveaux est de nature à douter de sa culpabilité. Le raisonnement est le suivant : mettre du cyanure dans le sirop provoquerait une odeur d'ammoniaque, or un témoin assure que le flacon ne dégageait pas de tels effluves. Des expertises ont déjà été réalisées, sans convaincre la justice de rouvrir le dossier, et la commission de révision en a ordonné de nouvelles en février dernier. Selon Laurent de Caunes, l'avocat des parents de la petite Emilie, que nous avons pu joindre hier, « la justice a désormais tous les éléments en main pour être sûre qu'il n'y a pas d'éléments nouveaux. Ces expertises confirment toutes celles qui ont été déjà été faites. » Ce qui n'empêche pas les avocats de Deperrois de défendre une nouvelle fois leur thèse dans leur mémoire rendu à la commission.

D. C.

Source : 20 Minutes

Vous pouvez trouver dans le site serial killers center beaucoup d'infos sur ce dossier ( + de 4000 messages ) , notamment de Mr Solve ex président du comité de soutien de Jean Marc Deperrois qui à donné beaucoup d'élements sur cette affaire
http://www.skcenter.org/forum/index.php ... c=210&st=0


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MessagePosté : 18 déc. 2008, 09:17 
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Josacine empoisonnée - Jean-Marc Deperrois, le coupable qui veut être innocenté


Jean-Marc Deperrois n’a pas été condamné sans preuves ainsi que l’affirme, depuis le verdict du 25 mai 1997, son comité de soutien.


La lecture approfondie du dossier, des rapports d’expertises et des conclusions de la Commission de révision des condamnations pénales, saisie d’une première requête en 2001 puis d’une seconde en 2005, pourrait suffire à apaiser les esprits s’ils se montraient réellement curieux. Depuis le procès Deperrois, de nombreux éléments ont été réexaminés, explorés, disséqués, des portes ont été rouvertes et refermées. Les résultats de ces investigations ne laissent plus de place au doute. La seule piste qui aurait pu être envisagée – celle d’une complicité – n’a pas été suivie, car Jean-Marc Deperrois, en toute logique, ne l’a pas souhaité : orienter les soupçons vers un(e) autre l’aurait obligé à admettre sa part de responsabilité. Or il a toujours nié être mêlé, de près ou de loin, à la mort d’Emilie Tanay. Les enquêteurs et les scientifiques ont cependant démontré l’existence de charges à son encontre. Et les magistrats de la Cour de cassation n’ont pas estimé devoir retenir, comme matière à révision, les éléments prétendument nouveaux qui lui ont été soumis.

« Des impuretés caractéristiques »
Parmi les charges retenues contre M. Deperrois, il y a notamment l’analyse du cyanure mêlé à la Josacine. Il présente des impuretés caractéristiques, similaires à celles relevées dans les lots que la société Prolabo vendait au printemps 1994. A l’entreprise, Jean-Marc Deperrois a acheté un kilogramme de cyanure de sodium le 6 mai 1994, par l’intermédiaire d’Alain B., relation professionnelle. Après l’avoir niée, il a reconnu l’acquisition, expliquant que le produit devait servir à effectuer des essais de traitement de métaux. Le 16 ou le 17 juin, la peur d’être impliqué dans l’affaire de la Josacine empoisonnée lui a fait jeter le tout dans la Seine, y compris la ferraille testée et sa documentation sur le cyanure. Problème : à l’une ou l’autre de ces deux dates, rien ne le relie à Emilie et la justice n’a pas encore révélé que l’enfant est morte après absorption de cyanure. Que craignait-il pour agir ainsi, sinon une mise en cause directe, suivie d’une analyse de son produit et d’une comparaison avec le poison versé dans l’antibiotique ? Et pourquoi, le 19 juin, prie-t-il Alain B. « de ne pas parler de sa commande de cyanure » ? Autre charge : son passage chez les Tocqueville en leur absence l’après-midi du 29 mai. Les voisins aperçoivent M. Deperrois quitter la maison et verrouiller une porte-fenêtre. Intrigués, ils remarquent ses mains gantées. La perquisition chez les Deperrois permet la saisie de gants correspondant à la description et de clés des Tocqueville. Poursuivis pour faux témoignage jusqu’en 2001, les voisins ont gagné leur procès.


La contre-attaque
Le mobile – se débarrasser du rival – ne tient pas la route selon la défense, qui va réduire la passion amoureuse à une vulgaire incartade. Jean-Michel Tocqueville, alors prêt à tout pour garder sa femme auprès de lui, volera même au secours du suspect, qui n’a depuis cessé de se battre, aidé par l’un des plus gros comités de soutien jamais constitués. Son pourvoi en cassation est rejeté en octobre 1998. Fin 2001, la Commission de révision est saisie. M. Deperrois produit le rapport d’un docteur en sciences qu’il a sollicité. Robert Rosset conteste les résultats des trois experts judiciaires. « Si le cyanure de sodium peut provenir des lots numéros B062 et A349 de Prolabo, il est beaucoup plus certainement d’une autre origine, évidemment inconnue », écrit-il. Le Pr Jacques Storck, titulaire d’une chaire de chimie appliquée aux expertises et exerçant au Val-de-Grâce, contredit point par point les travaux de Robert Rosset. La commission écarte le deuxième élément « nouveau », des écoutes téléphoniques qui rapportent une conversation entre Denis L. et Jean-Michel Tocqueville parlant de cyanure : la transcription des écoutes figurait au dossier et n’avait jamais donné matière à débat. En clair, un pétard mouillé. Le 16 décembre 2002, la Commission de révision déclare irrecevables les deux requêtes de Jean-Marc Deperrois. Il l’a de nouveau saisie en septembre 2005.



Gruchet-le-Valasse, samedi 11 juin 1994…
C’est un beau jour, entre fin de printemps et début d’été. C’est le samedi 11 juin 1994. Dans un village de Haute-Normandie, une fillette s’impatiente, pressée de participer à la fête médiévale de Gruchet-le-Valasse. Emilie Tanay sera bouffon. Elle a 9 ans. Pour la première fois de sa vie, Emilie va dormir chez les parents d’un camarade d’école, Jérôme Tocqueville. Dans son sac, elle emporte le sirop de Josacine 500 qui soigne sa rhino-pharyngite. Elle embrasse son papa, c’est sa maman qui la dépose chez son ami. La petite fille est heureuse. En tout début de soirée, chez les Tocqueville, Emilie boit sa cuillère de Josacine. « Berk, ce n’est pas bon ! » remarque-t-elle. Le goût âpre la conduit jusqu’à l’évier de la cuisine, l’eau du robinet chasse la mauvaise odeur. Soudain, voilà l’enfant qui s’effondre, qui souffre, qui gémit, et la vie qui semble quitter ce corps fluet, la panique qui s’empare des Tocqueville. Le Samu la transporte aux urgences pédiatriques. Rupture d’anévrisme ? Virus méconnu, foudroyant ? Le scanner ne révèle rien. En soirée, à l’hôpital du Havre, l’existence de Corinne et Denis Tanay bascule dans le néant : leur Emilie, prénom choisi après lecture de l’ouvrage éponyme d’Elisabeth Badinter, enfant chérie née le mardi 19 février 1985 à 1 h 40, la petite fille qui voulait être danseuse meurt sans avoir repris connaissance. Lundi 13, des examens sanguins et un prélèvement gastrique sont effectués. Mardi 14, une deuxième autopsie révèle un empoisonnement au cyanure. La justice garde cette information secrète. Jeudi 16, Emilie est inhumée. En soirée, le laboratoire qui commercialise la Josacine la retire du marché. Il évoque un décès suspect, sans révéler l’identité de la victime. Vendredi 17, les parents d’Emilie sont placés en garde à vue.


4,9 grammes de cyanure
Tandis que le couple Tanay est retenu à la gendarmerie, pressé de questions plus ignobles les unes que les autres qui auront pour seul mérite de les disculper, des reporters s’introduisent chez eux et volent des photos. Sans le mesurer, ils vivent là le début de l’enfer. Un enquêteur leur assène la vérité : dans la Josacine de la petite, il y avait 4,9 grammes de cyanure. Jean-Michel et Sylvie Tocqueville, qui hébergeaient Emilie, sont aussi entendus. Ils prononcent pour la première fois le nom de Jean-Marc Deperrois. PDG d’une société d’imagerie industrielle, élu au conseil municipal de Gruchet, il a 43 ans. L’enquête établit qu’il entretient une liaison extraconjugale avec Sylvie Tocqueville. Cette relation n’intéresse pas les gendarmes. Mais une écoute téléphonique du 22 juin va les intriguer. Un certain Alain s’inquiète pour Deperrois : n’a-t-il pas été ennuyé à cause du « produit » acheté à son laboratoire ? Identifié, Alain explique lui avoir vendu, le 6 mai, un kilo de cyanure. Le 26 juillet 1994, Deperrois est arrêté. Dans un premier temps, il nie l’achat, finalement l’admet : c’était pour son travail mais, pris de panique à l’idée d’être relié au crime, il a jeté le cyanure dans la Seine. Il est mis en examen et écroué le 27 juillet 1994. Il se dit innocent.


Le poison destiné au rival
L’instruction établira que Jean-Marc Deperrois, très épris de sa maîtresse, avait l’intention de refaire sa vie avec elle. Il fallait éliminer l’époux souffreteux qui se cramponnait à son foyer. Samedi 11 juin, dans la matinée, Sylvie Tocqueville lui apprend que son mari Jean-Michel a eu un malaise : le médecin a prescrit un antibiotique et un anxiolytique. Bien après les faits, le praticien indiquera que le patient présentait les symptômes d’un empoisonnement au cyanure mais qu’il lui était alors impossible d’y songer. Le 29 mai, Deperrois s’était introduit chez les Tocqueville, en leur absence : avait-il déjà tenté de se débarrasser du rival ? Ce 11 juin donc, les Tocqueville partis à la fête, il entre chez eux et empoisonne la Josacine 500 que prend Jean-Michel. Ignorant la présence d’Emilie qui a apporté son propre remède, le même, il se trompe de flacon. L’horreur absolue. Tandis que la défense du suspect s’organise, Sylvie Tocqueville distille un autre poison : et si c’était la maman, coupable d’un stupide accident domestique ? Le visage désolé de Mme Tocqueville fait les choux gras des médias, à qui elle a cédé des photos d’Emilie, empruntées ici et là, ainsi qu’en témoignera une voisine. Une partie de l’opinion se met à soupçonner Corinne Tanay. Quatorze ans après la tragédie, il en est encore qui soutiennent cette thèse, comme dans l’affaire Villemin. Le 25 mai 1997, la cour d’assises de Seine-Maritime condamne Jean-Marc Deperrois à vingt ans de réclusion criminelle, à l’issue d’un procès qui a duré dix-sept jours. Le verdict scandalise les âmes charitables du pays de Caux. De victimes, les Tanay accèdent au statut de responsables d’une erreur judiciaire. Ils fuient leur maison et la haine pour se reconstruire avec leur fils nouveau-né. A ce jour, ils n’ont pas recouvré la paix qu’ils méritent.

Source : France Soir 18 décembre 2008


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MessagePosté : 18 déc. 2008, 09:21 
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Josacine empoisonnée - La justice devrait clore le dossier

Les experts mandatés en février par la Commission de révision des condamnations pénales ont rendu leurs conclusions. Elles ne révèlent aucun élément nouveau susceptible de remettre en cause la culpabilité de Jean-Marc Deperrois.

C’est aujourd’hui, en séance à huis clos fixée à 15 h 30, que les parties vont à nouveau débattre devant les magistrats de la Commission de révision des condamnations pénales. Les avocats de Jean-Marc Deperrois, requérant, et le conseil des époux Tanay, parents de la petite Emilie, empoisonnée le 11 juin 1994 à Gruchet-le-Valasse (Seine-Maritime), vont développer leurs observations. Puis l’avocat général dira si les éléments fournis à l’appui de la requête sont ou non recevables. Dans l’hypothèse où ils seraient admis, la chambre criminelle de la Cour de cassation, statuant comme cour de révision, serait saisie et ouvrirait la voie à un autre procès. Selon nos informations, cette éventualité est écartée. La commission devrait déclarer irrecevable la demande de M. Deperrois, à l’instar de ce qui s’est produit en 2002. En février dernier, pour se donner tous les moyens de comprendre les points soulevés par la défense du condamné, la présidente Martine Anzani avait ordonné un complément d’information. Il avait été demandé aux experts scientifiques Gilbert Pépin et Yvan Ricordel de s’acquitter de deux missions et d’ainsi répondre à sept questions. Ils ont rendu leur rapport le 11 octobre, et celui-ci est sans appel. Ils considèrent notamment que les expertises de M. Molinaro, qui ont pesé dans la condamnation de Jean-Marc Deperrois, ont été très bien faites et qu’elles ont répondu à tout l’éventail de questions pouvant être posées. Ils disent aussi que les expertises privées que Jean-Marc Deperrois a utilisées pour nourrir sa requête ont été effectuées sur des bases erronées et qu’elles ne contenaient aucun élément nouveau. « L’analyse de différents rapports a conduit à montrer qu’aucune des expérimentations des différents experts ne se rapproche de celle pratiquée par M. Molinaro, écrivent-ils. Les teneurs en cyanure utilisées n’étaient pas les mêmes. »

La thèse de l’accident domestique
La requête s’appuyait notamment sur un rapport commandé à un chercheur du CNRS, agissant à titre personnel. L’étude montrait que le mélange cyanure-Josacine dégage une odeur d’ammoniac incommodante. Or, selon M. Deperrois, un infirmier soignant Emilie aurait déclaré que le sirop de l’enfant ne sentait rien. La défense estime donc que le cyanure a été ajouté après le drame pour camoufler un accident domestique. « L’étude a été réalisée à partir de produits chimiques autres que ceux en cause dans la procédure », précise-t-on. Le Dr Pépin et le Pr Ricordel ne la retiennent pas pour scientifiquement probante. « L’odeur (…) est celle de l’amande amère. Il existe parmi les personnes qui la détectent une variation de sensibilité d’un milliard de fois, sachant qu’en outre 20 à 30 % des personnes ne la sentent pas du tout », précisent-ils. Pour vérifier le témoignage de l’infirmier, les scientifiques ont procédé à des tests olfactifs. Ils concluent qu’un « témoignage fondé sur des odeurs ressenties par un nombre réduit de témoins, même parfaitement de bonne foi, ne peut être pris en compte qu’avec d’infinies précautions. La fiabilité de ces témoignages est très faible. » Autre question posée : Emilie a-t-elle pu présenter les symptômes d’intoxication au cyanure quinze minutes après l’absorption d’une cuillère contenant 3,35 grammes du poison ? Oui, répondent-ils, « tous les symptômes présentés par l’enfant et leur évolution au cours des soins d’urgence qui lui ont été prodigués sont compatibles avec la gravité de l’intoxication ». Les avocats des deux parties ont reçu ce rapport. Me Laurent de Caunes, qui représente les Tanay, estime qu’il devrait clore la procédure en révision (lire ci-dessous). Me Eric Dupond-Moretti, qui défend Jean-Marc Deperrois au côté de son confrère Thierry Lévy, nous déclarait hier qu’il demeure « résolument confiant ». « Je le suis toujours. »



“M. Deperrois a épuisé les ressources de l’imagination”

FRANCE-SOIR. Pensez-vous que l’on s’oriente vers une fermeture définitive du dossier ?
Me LAURENT DE CAUNES, avocat des Tanay. Oui, et j’y compte bien. Nous avons la démonstration absolue et supplémentaire, si j’ose dire, qu’il n’y a aucun élément nouveau de nature à faire naître un doute sur la culpabilité de M. Deperrois.

Que ressentez-vous après tant d’années, tant de batailles menées ?

En tant que professionnel, je ressens un peu de lassitude, mais ce sentiment s’efface derrière la douleur des victimes, Corinne et Denis Tanay. Pour eux, c’est exaspérant. Ce sont à chaque fois des épreuves, à chaque fois une nouvelle façon de revivre des choses terribles. Il faut que cela cesse.

Concrètement, comment cela va-t-il se passer cet après-midi ? La Commission de révision peut-elle rendre sa décision ce soir ?

Les magistrats vont statuer sur la recevabilité ou l’irrecevabilité de la requête, après avoir obtenu le complément d’information demandé en février dernier. Nous allons développer nos observations orales, en référence aux mémoires que nous remettons. Le parquet général présentera ses réquisitions. Je pense que la commission mettra sa décision en délibéré. Si, comme en 2002, elle rejette la demande, il n’y aura aucune possibilité de recours.

Cependant une troisième requête peut toujours être déposée. L’envisagez-vous ?

Non. Certes il peut y en avoir une troisième, puis une quatrième, etc., encore faut-il avoir les ressources suffisantes pour trouver de nouveaux éléments, supposés tels en tout cas. Dans l’affaire qui nous préoccupe, je crois que M. Deperrois a épuisé toutes les ressources de l’imagination, voire même de la fantaisie. Je pense qu’il s’en tiendra là.

Source : France Soir 18 décembre 2008


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MessagePosté : 18 déc. 2008, 12:34 
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Dans cette affaire, dés le départ, il y a quelque chose qui me gêne.

Mme Tocqueville dit que l'enfant s'est plainte du mauvais goût de la josacine prise ce 11 juin 1994.
Mais comment être certain que la petite a bien dit cela ?
Après tout, c'est un propos rapporté par Mme Tocqueville dans le but de faire porter toutes les attentions sur le flacon de josacine et ainsi d'éloigner tout soupçon d'un meurtre commis par les Tocqueville.
C'est la peur qui les aurait guidés vers ce choix pensant que personne ne les croirait s'il s'agissait d'un accident domestique.

Et si ce n'était pas le cas ?
Et si le flacon était parfaitement sain ? ce qui semble être le cas puisqu'il ne sentait rien lorsqu'il a été remis à l'hôpital.
La petite fille prenait de la josacine 500 alors que M Tocqueville prenait de la josacine 1000. Alors s'il avait empoisonné le flacon, comment aurait il pu apporter un flacon sain de josacine 500 à l'hôpital quelques heures après le décès de la petite ?

La petite Emilie a pu boire de l'eau contenant du cyanure ce qui constituerait la cause du décès.
Comprenant cela, les Tocqueville ont caché la bouteille contenant le cyanure, d'où ce mouvement de cartons rapporté par un témoin.

Au fond, j'ai l'impression que personne n'a voulu tuer personne dans cette affaire.
C'est peut-être juste un accident domestique.


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MessagePosté : 18 déc. 2008, 13:30 
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Tout à fait d'accord , c'est pouquoi j'ai classé cette affaire sur serial killers center dans la rubrique " Erreurs Judiciaires "


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MessagePosté : 18 déc. 2008, 19:19 
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justement marathon, j'ai pris de ton site, le message d'olivia qui est quand même troublant
"L'absence de prise en compte du témoignage du docteur VUE, médecin de famille . Il avait fait part aux gendarmes le 4 juillet 1994 des propos tenus par la maman d'Emilie, deux jours après le décès de l'enfant,
concernant l'aspect anormal de la JOSACINE 500 lors de sa préparation.
Or ce témoignage démontrait que le flacon aurait été empoisonné avant son arrivée au domicile des TOCQUEVILLE.
"

Cela dit, on est toujours dans l'hypothèse d'un accident mais avec un scénario différent.
Mme Tanay n'a t-elle pas démenti avoir tenu ces propos au médecin ?
Le problème, c'est que je ne vois pas pourquoi un médecin aurait inventé un truc pareil à moins qu'il ait mal compris ce qu'elle a voulu dire.
Et puis toujours cette question : y a t-il vraiment eu substitution de flacon à l'hôpital ? et par qui ?


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MessagePosté : 19 déc. 2008, 08:40 
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Josacine - L’avocat général requiert le rejet de la requête de M. Deperrois

Jeudi, devant la Commission de révision des condamnations pénales réunie à huis clos, l’avocat général a requis le rejet de la requête de Jean-Marc Deperrois, au motif qu’il n’apporte aucun élément nouveau dans l’affaire de la Josacine.

Comme FranceSoir.fr le révélait jeudi 18 décembre, les éléments transmis à l’appui de la seconde requête de Jean-Marc Deperrois n’offrent aucun caractère de nouveauté et ne sont donc pas susceptibles de faire naître le doute remettant de facto en question sa culpabilité. Le rapport du Dr Gilbert Pépin et du Pr Yvan Ricordel, mandatés par la Commission de révision dans le cadre du complément d’information demandé en février 2008, est extrêmement clair : les expertises de leur collègue Molinaro, qui ont pesé dans la condamnation de Deperrois, meurtrier de la petite Emilie, ont été très bien faites et ont répondu à toutes les questions pouvant être posées. En revanche, les expertises privées que Jean-Marc Deperrois a utilisées pour tenter d’obtenir un autre procès ont été réalisées sur des bases erronées et n’apportent rien de nouveau. Jeudi après-midi, au Palais de Justice de Paris, l’avocat général Francis Frèdèche a requis le rejet de la requête du condamné, « avec encore plus de convictions » depuis qu’il a lu les conclusions des deux scientifiques. Lors de cette séance à huis clos, présidée par Martine Anzani, les avocats des deux parties ont développé leurs observations. Bien que destinataires du rapport Pépin et Ricordel, les défenseurs de Jean-Marc Deperrois n’ont pas semblé en faire grand cas, s’accrochant à la thèse de l’accident domestique. Ils soutiennent que le mélange cyanure-Josacine dégage une odeur d’ammoniac forte et que, l’infirmier soignant la petite Emilie n’ayant rien senti, le poison a été ajouté au sirop après le drame. Le conseil des parents d’Emilie a de son côté souhaité qu’il soit mis un terme définitif à cette affaire.

Source : France Soir


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