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MessagePosté : 24 oct. 2008, 09:18 
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Procès Ferrara : une altercation réveille les débats

La présidente du tribunal chargé de juger les responsabilités dans l'évasion d'Antonio Ferrara en 2003 a été prise à partie jeudi par l'avocat de Karim Achoui, Me Francis Szpiner.

Le procès de l'évasion d'Antonio Ferrara s'est ouvert devant la cour d'assises de Paris le 2 octobre et les débats ont adopté, d'emblée, le rythme nonchalant d'une croisière fluviale, arrêts à l'écluse compris. Les policiers chargés de l'enquête défilent et n'en finissent pas d'exposer leurs diligences. Un capitaine, à son corps défendant, a battu tous les records : il a tenu la barre sans désemparer pendant deux jours d'audience complets.

Dans cette trompeuse torpeur, les esprits s'échauffent. La défense juge la présidente, Janine Drai, trop complaisante avec les limiers de la Brigade de Répression du Banditisme (BRB) et de l'Office Central pour la Répression du Banditisme (OCRB), et trop prompte à leur tendre une perche quand telle ou telle question les met dans l'embarras. L'un des conseils de l'avocat Karim Achoui, Me Francis Szpiner, semble, au fil des débats, de plus en plus exaspéré. Il s'agit d'un pénaliste de première force, rompu à toutes les situations imaginables dans un prétoire. Avec Mes Maisonneuve et Pudlowski, il défend son client avec brio. Et l'orage, soudain, éclate.

Tonnerre d'applaudissements pour Me Francis Szpiner

Au micro, le capitaine-marathonien essuie son énième questionnement : « Pourquoi M. Achoui n'a-t-il été mis en examen que fin 2005, alors que les faits sont du 12 mars 2003 ? - Je ne peux pas répondre, interrogez le juge, c'est lui qui décide ».

La réponse, parfaitement exacte, ne pouvait être différente avec un policier de cette trempe. Me Szpiner, qui le sait pertinemment, insiste tout de même. Le témoin tient bon : « Je ne veux pas mentir à la cour, comme vous tentez de m'y pousser ».

L'avocat, cherchant le clash : « Vous n'avez pas besoin de moi pour ça ».

Gagné : la présidente le tance, exigeant qu'il montre davantage de déférence au policier.

Me Szpiner, furieux, tendu comme un arc, à deux mètres des jurés, fait donner sa belle voix de basse : « La manière dont vous vous conduisez, Madame, n'est pas acceptable. Vous volez au secours du témoin ».

De la salle, presque entièrement composée de proches des accusés, jaillit un tonnerre d'applaudissements, que la présidente, qui se fait sans doute violence pour garder son sang-froid après une telle attaque, ne songe pas à réprimer.

«Des propos à la limite de l'outrage»


L'avocate générale, Anne Vosgien, intervient : « La défense est libre, mais nous sommes les représentants de l'ordre public. Nous ne pouvons tolérer que ce public, qui n'est pas respectueux, applaudisse des propos à la limite de l'outrage : on insulte la cour d'assises à travers la présidente ».

L'incident, très violent, a réveillé d'un coup les débats qui, pendant quelques minutes, prennent un tour surréaliste. L'un des accusés se lève dans le box. Hamed Illouli est accusé, notamment, d'avoir amené un surveillant de Fresnes, Hocine Kroziz, à se rendre complice de l'évasion. Il se lance dans un questionnement très astucieusement construit de l'imperturbable témoin, qui l'amène à cette conclusion : « Quand les policiers sont arrivés pour arrêter son mari, Mme Kroziz leur a dit : « De toute façon on s'attendait à votre visite ».

Le surveillant se trouve dans une position intenable, pris en tenaille entre le pitbull Szpiner, car il a mis en cause son client Karim Achoui, et le tenace Hamed Illouli, qui n'a de cesse que de voir chuter « le maton » qui l'a « balancé ». Le conseil de M. Kroziz, Me François Gibault, s'interpose alors, mais son client demande la parole et se lance dans une déclaration tandis que le témoin est toujours à la barre, au risque d'y prendre racine. M. Kroziz est maladroit : s'il a la gestuelle du tribun, il n'en possède pas l'éloquence.

La présidente : « Posez des questions au témoin, s'il vous plaît ».

Hocine Kroziz : « Je voudrais faire une déclaration ».

La présidente, lasse : « Eh bien faites la ».

L'accusé, qui comparaît libre, affirme qu'il n'est pas corrompu, qu'il n'a pas touché un centime.

M. Illouli, aussi affûté qu'un avocat : « C'est l'heure des plaidoiries ? »

Me Gibault : « C'est M. Illouli qui dirige les débats ? »

La présidente justifie la liberté de parole qu'elle accorde à ce dernier, dont le conseil, Me Ripert, fait preuve d'une assiduité plus que relative quand il est là, il dépense tellement d'énergie à gripper la machine judiciaire qu'on finirait par se dire que son client s'en tire beaucoup mieux seul. Mme Drai à l'ex-surveillant : « Qui a fait passer l'explosif et le téléphone à M. Ferrara ? »

L'accusé : « Je n'en sais absolument rien. Pas moi, en tout cas, Antonio Ferrara le sait ».

Ferrara : « Mon seul projet, c'était de m'évader »
La présidente : « M. Ferrara, avez-vous quelque chose à dire ? »

Antonio Ferrara, hilare : « A quel sujet, Madame la Présidente ? »

Eclat de rire dans la salle. Rappel à l'ordre de la présidente.

Antonio Ferrara : « Je ne donne aucune information. Je ne parle pas de M. Kroziz, c'est lui qui parle de moi ».

Hocine Kroziz, sur question de la partie civile, affirme que son intervention s'est limitée à faire en sorte que ce détenu très surveillé soit placé dans la cellule n°9, afin de favoriser un « parloir sauvage » (parler à des amis, situés à l'extérieur de la prison, à travers sa fenêtre grillagée).

Antonio Ferrara : « Je ne suis pas au courant de cette histoire. Mon seul projet, c'était de m'évader ».

D'un coup, les débats se sont emballés. On ne sait toujours pas qui composait le commando lourdement armé lors de l'assaut de la maison d'arrêt, mais les positions se précisent : Antonio Ferrara reconnaît qu'il s'est sauvé, Dominique Battini qu'il a fait sauter le portail. Pour le reste, c'est haro sur le surveillant Kroziz. Reste que si un éclat entre Me Szpiner et la présidente a, brutalement, réveillé la cour, il n'est pas pensable que ce genre d'incident se renouvelle, faute de quoi la situation deviendrait ingérable. Après un trop long prologue, le procès de l'évasion d'Antonio Ferrara doit maintenant changer de rythme.

Source : Le Figaro


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MessagePosté : 29 oct. 2008, 08:39 
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Antonio Ferrara était en train de souffrir en prison"


En entrant dans sa quatrième semaine, le procès d'Antonio Ferrara et des vingt autres coaccusés pour l'évasion de la prison de Fresnes, le 12 mars 2003, aborde les faits. Les débats restent vifs et les susceptibilités à fleurs de peau. Pour preuve : lundi 27 octobre, le bâtonnier du barreau de Paris, Me Christian Charrière-Bournazel est intervenu une deuxième foi à la barre après une demande des avocats de la défense "émus" par les propos de l'avocat général Jean-Paul Content qui les accusait de prendre la cour "en otage".

L'incident clos, l'audience a repris son bonhomme de chemin chaotique et la présidente Janine Drai a commencé l'interrogatoire des accusés. Que s'est-il passé le 12 mars 2003 peu après 4 heures du matin devant la prison de Fresnes ? Parmi les douze prévenus suspectés d'avoir attaqué à l'arme lourde l'établissement pénitentiaire, un seul a reconnu sa participation : Dominique Battini. C'est donc à lui que Mme Drai s'est adressé en premier : "Comment avez-vous rencontré les gens du commando et combien étiez-vous ?" "On était quatre. On est arrivé avec deux voitures. Des voitures volées. Antonio Ferrara était en train de souffrir en prison. Il m'a téléphoné. J'ai repéré les lieux trois ou quatre fois une semaine avant et je suis venu le chercher."

A écouter le récit de "Doumé", rien n'est plus simple que d'assaillir à l'explosif, au bazooka et à la mitraillette, l'une des prisons les mieux gardées de France et de repartir avec l'un des détenus les plus surveillés. Selon lui, l'une des voitures contenait les armes et l'autre un groupe électrogène et des puissants projecteurs qui devaient éblouir les sentinelles postées dans les deux miradors érigés à proximité de la cellule d'Antonio Ferrara. Problème : le groupe électrogène est tombée en panne et "c'est parti en couille" comme affecte de le regretter Antonio Ferrara.

"C'ÉTAIT PAS POUR TUER"

Les assaillants ont alors mitraillé les miradors, "mais c'était pas pour tuer", assure Doumé Battini. "Si on avait voulu tuer on aurait fait tomber les deux miradors, comme on a fait tomber la porte. La liberté n'a pas de prix, mais elle n'a pas le prix d'un mort", poursuit-il. Pousser dans ses retranchements par les questions de plus en plus serrées de la présidente, Doumé se protège derrière sa mémoire défaillante. Il ne se souvient de rien. La charge qu'il a placée contre la porte de la prison lui a explosé en pleine figure. "Le fil électrique n'a pas fonctionné et j'ai dû m'approcher", explique-t-il.

Sérieusement blessé au visage et au corps - il a perdu un œil dans l'opération - Doumé a laissé suffisamment de sang sur le pavé de Fresnes pour que les enquêteurs y prélèvent son ADN et établissent avec certitude sa présence sur les lieux. "Il était dans un état pitoyable", confirme Antonio Ferrara. Lequel s'est alors employé à trouver un médecin qui pourrait soigner son "ami".

"Mais pourquoi ne pas l'avoir laissé devant les urgences d'un hôpital ?", demande la présidente. "On n'en sort pas un pour en donner un autre, madame la présidente", rétorque Ferrara, toujours aussi prompt à soutenir la joute verbale.

Selon l'accusation, sept autres prévenus, alignés dans le box aux côtés de d'Antonio Ferrara et de Dominique Battini, auraient pris part à l'assaut de la prison. Tous nient leur implication. "J'étais au Maroc", s'indigne l'un d'eux, Karim Bouabbas. Et d'évoquer un document obtenu à la douane de Tanger qui tendrait à prouver sa présence dans le royaume du 1er au 14 mars 2003. Convaincue que Karim Bouabbas s'est procuré cette pièce dans des conditions frauduleuses, l'accusation ne croit pas à cet alibi. La présidente, elle, ne dissimule pas ses doutes. Reste que, sur la foi de l'administration marocaine, le document douanier n'est pas un faux.

Source : Le Figaro


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MessagePosté : 29 oct. 2008, 08:41 
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Procès Ferrara : l'accusation mise en difficulté

La défense a produit mardi un document diplomatique laissant entendre que l'un des principaux accusés aurait pu se trouver au Maroc le jour de l'évasion de Fresnes.

Si Antonio Ferrara est, aux assises de Paris, le ludion du box, Karim Bouabbas en est le coq. À 33 ans, cet homme aux traits poupins, que l'accusation considère comme l'un des rouages essentiels de l'évasion de «Nino», arbore au fil des jours une collection de vêtements chamarrés. Lundi, c'était un t-shirt «Sois jeune et tais-toi». Mardi, une veste orange fluorescent du plus bel effet.

M. Bouabbas, qui a remporté en prison un prix de poésie («avec les 60 euros, j'ai acheté des fleurs à ma femme», a-t-il confié naguère), est tout en rondeurs, mais son regard, par éclairs, trahit un tempérament bien trempé. Surtout, il fait preuve d'un bagout infernal : «J'ai la rage parce que je subis tout le temps, déclare-t-il à la présidente Janine Drai. Je risque la perpétuité pour des faits alors que j'étais à 2 000 km. Faut pas m'en vouloir si je m'emporte, je pense à mes deux gamines.»

Selon lui, le 12 mars 2003, jour de l'évasion, il se trouvait donc au Maroc. Il a produit, certes tardivement, un passeport qui atteste de son passage par le port de Tanger et de son séjour dans le royaume chérifien du 1er au 15 mars. Pourquoi ne pas l'avoir remis immédiatement à la justice ? «J'ai été mis en examen, sans mandat de dépôt, pour “association de malfaiteurs” le 30 juin 2004, justifie l'intéressé. Le juge m'a dit : “Vous êtes monté dans le train, je vais vous emmener jusqu'au terminus.” J'ai gardé le document pour le terminus.»

Me Pierre Haïk, l'un de ses trois conseils, s'indigne que cet alibi soit mis en doute. La faute à la police, qui n'a procédé qu'à des recoupements sommaires, tempête-t-il. Et de donner lecture d'un courriel troublant adressé par le magistrat de liaison français en poste à Rabat, au juge d'instruction de Créteil : «Les vérifications faites confirment la cohérence (…) des mentions sur le passeport de Bouabbas Karim, ce qui n'est pas fait pour vous aider.» Diable ! Comme si le juge n'instruisait pas aussi à décharge…


Les preuves font défaut
Cette affaire en rappelle une autre. Me Clarisse Serre avait obtenu d'un enquêteur, la semaine dernière, l'aveu que l'alibi de son client, Zaher Zenati, n'avait pas été vérifié. L'homme, lui aussi soupçonné de faire partie du commando, répète à l'envi qu'il ne pouvait pas attaquer Fresnes à la Kalachnikov le jour où son épouse accouchait, dans des circonstances dramatiques, de leur deuxième fille. Lui gardait l'aînée qu'il aurait conduite à l'école. Si la date de naissance de la fillette est incontestable, la BRB n'a pas jugé utile d'aller demander à l'institutrice si elle se souvenait de la présence de M. Zenati ce jour-là. Pourquoi ? «Ça n'aurait servi à rien», assure le capitaine Gobin à Me Serre, estomaquée.

Mme Drai a beau jeu de rappeler que la défense peut demander des actes au juge et de noter que cela n'a pas été fait en l'espèce. C'est exact, mais nul ne pourrait décemment reprocher aux avocats une certaine forme de fatalisme policier. Surtout lorsque les preuves font notoirement défaut pour établir la présence des ­accusés - à l'exception de celle du seul Dominique Battini, confondu par son ADN - sur les lieux de l'évasion.

Debout dans sa veste éblouissante, Karim Bouabbas jure ses grands dieux qu'il n'a pas le profil d'un Rambo. De cela aussi, il propose une preuve à la cour : «J'ai été exempté de l'armée pour inaptitude physique.»


Source : Le Figaro


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MessagePosté : 29 oct. 2008, 19:36 
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Procès Ferrara-19ème jour

Assui, Achi mais pas Achoui


Il fallait rester tard ce soir en Cour d’Assises pour saisir la nouvelle de la bouche des avocats encore présents à la cloture : la principale pièce à charge contre l’avocat Karim Achoui va tomber ! Jusqu’ici, l’accusation soutenait en effet que le nom de l’avocat figurait dans l’enregistrement fortuit d’une conversation entre les assaillants, retrouvé sur le portable de Nino oublié dans sa cellule. Un premier expert avait certifié que ce que l’on perçoit comme « assui » ou « achi » dans la mauvaise qualité de la bande signifiait en réalité « Achoui ». Mais cet expert aujourd’hui en dépression ne pouvant témoigner devant la Cour, un nouvel expert avait été commis. Et celui-ci,appelé à la barre jeudi prochain, a rendu son rapport aujourd’hui. Il indique que l’on ne peut assurer avec certitude que le nom de l’avocat figure sur la bande. Or le doute doit profiter à l’accusé…
Le Nouvel Obs se rejouit bien entendu de pouvoir annoncer cette nouvelle en avant-première sur ce blog.

Trois questions pendantes

Il reste maintenant à l’avocat accusé de complicité de faire un sort aux trois autres éléments à charge figurant encore dans le dossier. Il va lui falloir expliquer pourquoi des piliers de la mouvance Ferrara parlent, sur des écoutes téléphoniques, d’un « baveux » (un avocat en langage de voyous) qu’il faut payer pour qu’il aide à l’évasion, juste au moment où ils multiplient les visites au cabinet Achoui ? D’autre part, pourquoi le gardien de prison complice parle également aux enquêteurs du rôle d'un "baveux" dans l’évasion ? Et enfin, pourquoi l’avocat a-t-il envoyé son collaborateur aller voir Ferrara, la veille de l’évasion, sans autre raison que lui passer le message qu’il s’occupait de tout ?


A quoi sert un procès ?

Le rebondissement Achoui permet de répondre à la question : à quoi sert un procès ? A entendre, les habitués de la salle d’audience, proches des accusés et les arrières-pensées de nombreux avocats, les jeux en effet seraient faits d'avance et les suspects déjà condamnés.
Rien est moins sûr en réalité, car mine de rien, les débats commencent à faire bouger les lignes. Exemple sur les faits d’évasion eux-mêmes.
A l’ouverture des audiences, seule la version de l’accusation était connue.
Selon la police et le juge d’instruction, la maison d’arrêt de Fresnes aurait été prise d’assaut par un commando de sept hommes, qui ont ouvert le feu pour tuer. Le feu vert de l’opération aurait été donné avec la complicité de l’avocat de « Nino », Karim Achoui et un gardien de prison Hocine Kroziz.

Depuis que les débats se sont véritablement ouverts, une nouvelle version se fait jour.
Selon les accusés, le commando n’aurait été composé que de quatre hommes parmi lesquels figurait Dominique Battini mais aucun des autres accusés. L’opération aurait été monté en deux semaines, via l’utilisation d’un téléphone portable par Nino dans la cellule d’isolement. Et le top départ donné le soir même par « le petit » lui-même, toujours par téléphone depuis sa cellule disciplinaire.
Bref, il y a loin de la coupe aux lèvres, de la version policière à celle des acteurs. Comme de l’accusation à la condamnation. Heureusement.

Piste et fausse piste

Un témoin occulaire de l’attaque de Fresnes, voisin du domaine pénitentiaire donne ce matin une piste pour identifier les assaillants de Fresnes. Ce riverain avait vu quatre assaillants de petite taille, dont le plus grand mesurait environ 1,70m. Regard dans le box : Battini qui a reconnu sa participation mesure 1,75 m mais les autres sont tous de grands gaillards taillés comme des armoires à glace. Sauf deux d’entre eux : Diego Ferrara, 1,70m et Ahmed Illouli, 1,74m. Des coupables en puissance ? Même pas: selon l’accusation, ni l’un, ni l’autre ne sont suspects d’avoir participé à l’opération commando. Mais seulement de l’avoir facilité en amont puis en aval. L’énigme reste donc entière : qui sont ces assaillants ? Des hommes de petite taille, donc ? Ah voilà une caractéristique (sans racisme anti-insulaire aucun) du peuple corse. Oui ? Mais non. En tous les cas, pas forcément. Car le témoin a entendu le chef des assaillants crier : « Allez,-y, on tire ». Mais sans le moindre accent dans la voix. Voilà donc la piste des truands originaires de l’île de beauté qui devient une fausse piste. Car je e sais, pour le fréquenter avec plaisir, que le corse (toujours sans aucun racisme anti-insulaire primaire) ne prendrait un accent pointu, sous aucun prétexte. La piste corse est encore plus crâmée cet après-midi quand un autre témoin parle d’individus de grande taille. Puis qu’un autre assure avoir dénombré 6, 7 ou même 8 hommes dans le commando contrairement aux affirmations de "Doumé" Battini.
Bref, retour au point de départ.
Combien étaient-ils et de quelles tailles ? On répondra prudemment à ce stade: un certain nombre, de diverses statures...

Source : Nouvel Obs


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MessagePosté : 30 oct. 2008, 21:40 
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Ferrara : le surveillant au cœur des débats

Travaillant à Fresnes, l'homme est soupçonné d'avoir donné à Nino Ferrara le numéro de téléphone de ses complices.

Quelques heures avant son évasion, le 12 mars 2003, Antonio Ferrara détenait, dans sa cellule du quartier disciplinaire de Fresnes, un portable pour appeler ses complices et un pain de plastic pour faire sauter les barreaux de sa fenêtre. Dans le cachot dévasté, les enquêteurs retrouveront le téléphone étourdiment oublié et, sur un morceau de papier d'emballage, le numéro nécessaire pour contacter le commando.

Ces dix chiffres ont fait l'objet d'une analyse poussée, afin d'identifier celui qui les avait reportés. Suspect numéro un : Hocine Kroziz, le surveillant poursuivi pour complicité. À la barre, Mme Misotti, expert au laboratoire scientifique de la Préfecture de police, livre sa conclusion prudente : «Il existe une forte présomption mais on ne peut le désigner avec certitude.» La spé­cialiste, à qui une page rédigée par l'intéressé sous la dictée de policiers a été remise, relève deux particularités retrouvées sur les deux échantillons : les tirets «surélevés» qui séparent les groupes de chiffres, et une manière «très, très rare» de tracer les «2» : «Le scripteur attaque en haut à droite» et poursuit dans le sens inverse des aiguilles d'une montre.


«Nous n'avons pas les mêmes évidences»

Rien de définitif, donc, mais une pierre de plus dans le jardin, déjà passablement encombré, du surveillant. Son avocat, Me François Gibault, qui ne l'assistait pas lors de l'instruction, aurait pu demander à la présidente des assises de désigner un contre-expert. Il a préféré verser deux études réalisées à sa demande par une «graphologue conseil» et un expert agréé par la cour d'appel. Ces deux travaux, on l'aura deviné, dédouanent M. Kroziz. Mais ils se fondent sur des photocopies, pas sur les originaux du dossier, ce qui en atténue la portée.

Me Gibault entend à présent discréditer l'expert «officiel» qui se trouve à la barre. Il voit, lui, des «2» très différents sur le papier kraft et sur la dictée de M. Kroziz, mais Mme Misotti tient bon, parlant de «variations naturelles». L'avocat tente le 4, mais l'expert rétorque «polymorphisme» et cite son rapport. Me Gibault mise sur le 7, que M. Kroziz trace selon lui, «à l'évidence» en deux fois, mais se fait à nouveau renvoyer dans ses cordes par l'expert qui a passé les chiffres au microscope : «Nous n'avons pas les mêmes évidences»…

Puis, le Dr Philippe Carrière, psychiatre, spécialiste de la prison, vient expliquer les répercussions de l'isolement absolu sur un individu incarcéré. Il décrit un sujet lambda, qui pourrait être le jumeau d'Antonio Ferrara, un homme apparemment bravache et pitre, mais en réalité fortement désorienté par une vie de reclus, dans une cellule ressemblant à un tombeau. Les jurés écoutent. Les jurés notent. Les jurés interrogent. Les questions éthiques soulevées par l'isolement impitoyable que le principal accusé est, en France, le seul à subir, font désormais intrinsèquement partie du procès. Antonio Ferrara, alias «le Petit», acquiert ainsi une dimension qui le dépasse. Il n'est pas Mesrine, ni Knobelspiess. L'institution judiciaire voulait juger le braqueur insolent qui l'a défié à Fresnes. Elle a renvoyé aux assises un nouveau type de problème de société : l'hyperdétenu.

Source : Le Figaro


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MessagePosté : 01 nov. 2008, 11:41 
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Procès Ferrara - « On s’est attaqué à un double symbole »

Pas bravade, Michel Saint-Jean est entré dans la grande salle des assises de Paris sous le sourire narquois du « roi de la belle » et des autres accusés. L’ancien directeur de la maison d’arrêt de Fresnes est venu confesser son « échec ».

L’évasion du détenu Ferrara a longtemps occupé les « ruminations nocturnes » de M. Saint-Jean – diplômé de philosophie. Et le fonctionnaire – actuel directeur inter-régional des services pénitentiaires de Lille – en convient rapidement, avec une humilité non feinte : cette évasion, « c’est mon échec », avoue-t-il. Raide dans son costume gris, l’ancien patron de Fresnes, « la deuxième maison d’arrêt de France après Fleury », réputé pour son « autorité », sa « discipline » et sa « rigueur », ne cherche pas à cacher sa quasi-admiration pour la prouesse, l’attaque à la kalachnikov et aux pains de plastic de la forteresse Fresnes : « C’est quelque chose qui demande beaucoup de courage », dit-il sans ambages. Assis à l’extrémité du box ultra-blindé, Antonio Ferrara ne peut retenir un franc sourire – l’Italien apprécie l’hommage. Son sourire se fait plus large encore lorsque son ancien gardien parle de « son intelligence ».

Selon Michel Saint-Jean, lorsque Ferrara s’était débrouillé pour, une première fois, être placé au quartier disciplinaire de la prison en janvier 2005, c’était dans le but de « répéter » son évasion. « Il a été assez intelligent pour laisser passer quelque temps » et attendre deux mois avant de passer à l’action. « Il se doutait que son transfert était prévu prochainement, il ne me l’avait pas demandé, il a été plus malin que ça, il m’a assuré qu’il savait qu’il “n’en [avait] plus pour longtemps” à Fresnes. » D’ailleurs, confie le directeur, « son transfert était programmé pour Fleury la semaine suivante… »

« Rétrospectivement », le directeur se souvient du prisonnier. « Un jour, il remontait avec un gardien. je les ai regardés de dos : on aurait dit… deux amis. J’ai toujours pensé que la dangerosité de Ferrara était inversement proportionnelle à l’apparence qu’il donne. Il attire plutôt la sympathie que le rejet. Mais je ne sous-estime pas son intelligence malicieuse et son sens pratique, il a l’intelligence du détail très fine, enveloppée dans une sérénité et une décontraction qui font baisser la garde », estime-t-il. « Nino » Ferrara lève un œil avec un plaisir non dissimulé.

Ferrara, « tout le monde le savait à Fresnes, venait de la Santé (NDLR : la maison d’arrêt parisienne) à la suite de suspicion de projets d’évasion ». Les regards se braquent sur Hocine Kroziz, l’ancien gardien accusé d’avoir favorisé la fuite du détenu. L’ancien directeur, qui ne porte pas son ex-employé dans son cœur, bat sa coulpe : « Le bruit qui circulait, c’était qu’un gradé avait facilité l’évasion de Ferrara, mais mes soupçons ne se sont pas portés tout de suite sur M. Kroziz, qui était un surveillant très, très moyen, mal à l’aise dans sa peau. Ce n’était peut-être pas le bon métier pour lui. »

Cette nuit du 12 mars 2003, Michel Saint-Jean ne risque pas de l’oublier. « Je dormais lorsque j’ai entendu des explosions et des bruits de mitraillage. Au téléphone, à la prison, on m’a expliqué que des voitures brûlaient dehors et que ce devait être les réservoirs qui explosaient. J’ai préféré aller voir. » A l’époque, souligne le fonctionnaire de la pénitentiaire, Antonio Ferrara ne focalisait pas toutes les attentions : « Il y avait des détenus basques, dont un artificier », et « Régis Schleicher d’Action directe ».

La rumeur donnait les Basques candidats à la « belle ». « Mais quand j’ai vu que ça venait du quartier disciplinaire, j’ai pensé que c’était Ferrara : il en avait les possibilités et les capacités. » « On s’est attaqué à un double symbole : Fresnes et le quartier disciplinaire », concède Michel Saint-Jean, les épaules soudain lourdes du poids de l’humiliation infligée à une administration entière.

Source : France Soir


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MessagePosté : 04 nov. 2008, 08:40 
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Nouvelle expertise gênante pour l’avocat Achoui


«ACHOUI »

. A 19 h 30 hier, la cour d’assises de Paris, qui juge depuis le 2 octobre le roi de la belle Antonio Ferrara et ses vingt coaccusés, a déjà entendu 21 fois ce mot, en écoutant un enregistrement téléphonique gênant pour M e Karim Achoui, l’ex-avocat d’Antonio Ferrara, soupçonné de complicité.
La présidente Janine Drai avait demandé une nouvelle expertise d’un message reçu le 12 mars 2003 à 4 h 25 sur le portable oublié dans sa cellule de Fresnes (Val-de-Marne) par Antonio Ferrara lors de sa spectaculaire évasion. Cet appel, déclenché malencontreusement par ses complices présumés lors de leur fuite en voiture, dure cinquante-neuf secondes. L’expert en acoustique Norbert Pheulpin a travaillé cinquante-sept heures sur ce scellé de l’affaire ! Selon lui, on distingue indiscutablement les voix de quatre hommes, voire d’un cinquième, tous à bord d’un même véhicule.

La cour diffuse l’enregistrement une première fois. A part les bruits de sirène, de moteur et de freins, c’est la cacophonie la plus totale. L’expert souligne pourtant certains mots « robustes », c’est-à-dire fiables : « médecin, karim A A A et achoui ». Le contexte de cette conversation animée est le suivant : dans leur fuite, les malfaiteurs s’inquiètent pour la santé de Dominique Battini, grièvement blessé à un oeil en manipulant les explosifs utilisés pour l’évasion. « On va appeler un médecin », suggère l’un d’eux. « Il faut appeler karim A A A », lance une deuxième voix. Après un bruit de freinage, un troisième homme crie « achoui ! » Dans la foulée, quelqu’un d’autre crie « Un médecin ? C’est ça ? » Enfin, la deuxième voix ajoute : « Il a un médecin achoui ! »
« Au moins vingt différences entre ces deux expertises »
Formel, l’expert déclare qu’on entend bien le mot « achoui » prononcé trois fois par deux personnes distinctes. Il ne tire aucune conclusion sur l’orthographe et la signification de ce terme. « En arabe, achoui veut dire il va griller.
Relier à médecin, ça n’a pas de sens », souligne malgré tout Norbert Pheulpin. Quant au son « karim A A A », l’acousticien est péremptoire.
Il s’agit selon lui du prénom Karim et des 3 lettres A. Ces éléments sont nouveaux. Dans son analyse de la bande, l’experte désignée au cours de l’instruction avait, elle, retranscrit « il faut appeler carrément, un, un » au lieu de « il faut appeler karim A A A. ».
« Il y a au moins vingt différences entre ces deux expertises », contre-attaque M e Francis Szpiner, un des avocats de Karim Achoui, qui nie catégoriquement toute participation dans l’évasion d’Antonio Ferrara. Au bout de la septième diffusion de la bande, la conversation devient plus audible.
On distingue assez nettement les mots « médecin », « karim A A A » et « achoui ». Se tournant vers le box des douze accusés détenus, Janine Drai tente sa chance. « Qui était dans cette voiture ? » Toujours aussi caustique, Antonio Ferrara lance : « Moi, j’y étais ! » La présidente n’est pas plus avancée. Quant à Dominique Battini, qui a reconnu sa participation au commando, il affirme qu’il y avait cette nuit-là deux véhicules avec deux hommes dans chaque. Une version incompatible avec les quatre ou cinq voix isolées par l’expert. Selon l’enquête, M e Achoui n’a pas reçu d’appels des accusés après l’évasion. Que son « nom » soit cité sur la bande ne constitue donc pas un élément de preuve. Mais cette nouvelle expertise est troublante.
Source : Le Parisien


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MessagePosté : 05 nov. 2008, 08:32 
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Assises : échauffourée au procès Ferrara

Une échauffourée spectaculaire s'est produite mardi aux assises de Paris pendant le procès de l'évasion d'Antonio Ferrara, un incident entre le braqueur italien et un gendarme débouchant sur une bousculade générale dans le box et dans le public. La salle d'audience a été évacuée avec l'aide de renforts de gendarmes.

Sans en faire usage, des gendarmes encadrant les accusés détenus (12 sur un total de 21 accusés) ont dégainé et allumé leur pistolet à impulsions électriques Taser pour ramener le calme.

«Les Tasers n'ont pas été utilisés et il n'y a pas eu de coup entre détenus et gendarmes», insite pourtant le responsable de la sécurité.

L'incident s'est produit vers 17h45 lorsqu'un des gendarmes dans le box a intercepté un petit mot qu'Antonio Ferrara faisait passer à un de ses avocats, Me Lionel Moroni.

Ferrara a alors vigoureusement protesté, rappelant que la présidente de la cour, Janine Drai, avait autorisé ce mode de communication de part et d'autre du box.

«Tout le monde s'est levé (dans le box, ndlr) et des coups de pied ont commencé à fuser dans tous les sens», explique Me Moroni, qualifiant l'incident, qui a duré une dizaine de minutes, de «très très impressionnant».

«Ca ne boxait pas, les coups n'atteignaient pas leur cible, mais ça se bousculait, ça se poussait dans tous les sens», poursuit un journaliste d'Europe 1.

Au moment de la bousculade dans le box, plusieurs personnes se sont également levées dans le public, criant et proférant des insultes. Une jeune femme a été victime d'un léger malaise dans le public, selon le journaliste.


L'audience n'a pas repris après l'incident, la présidente suspendant les débats jusqu'à mercredi matin.

L'ambiance est régulièrement très électrique durant ce procès ouvert le 2 octobre et prévu pour deux mois, les accusés se plaignant notamment de la longueur des journées d'audience et de leurs conditions de transport entre prison et palais de justice, «les yeux bandés» selon Me Moroni

Source : Le Parisien


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MessagePosté : 05 nov. 2008, 19:13 
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Procès Ferrara: les principaux avocats et leur défense quittent l'audience

La plus grande pagaille s'est installée mercredi au procès de l'évasion d'Antonio Ferrara, les principaux accusés et leurs avocats ayant quitté l'audience à la suite du refus de la présidente de renvoyer l'affaire après la bagarre générale de la veille. Le bâtonnier de l'ordre des avocats de Paris est attendu en fin d'après-midi à l'audience pour prendre position sur la décision des défenseurs alors qu'ils ont été commis d'office par la présidente.

"C'est de votre responsabilité, je vous rappelle que vous encourez des sanctions disciplinaires de votre ordre", a lancé Janine Drai aux avocats d'Antonio et Diego Ferrara, Moussa Traoré, Hamid Hakkar et Dominique Battini lorsqu'ils ont annoncé qu'ils quittaient le procès. Auparavant les conseils avaient été récusés par leurs clients, puis immédiatement commis d'office par la présidente.

"Je ne peux pas adhérer à cet artifice procédural si M. Hakkar ne souhaite plus être défendu par moi", a insisté Me Emmanuel Marsigny. "Nous allons quitter cette salle pour respecter la volonté de M. Ferrara", a aussi souligné Me Lionel Moroni, tandis que Me Garbarini dénonçait une "incohérence".

"Je refuse désormais d'être jugé", avait décrété auparavant Antonio Ferrara qui a réclamé de regagner sa cellule. "M'en vais aussi", a marmonné Moussa Traoré lorsque Mme Drai s'est enquis de sa position. Dominique Battini, Diego Ferrara et Hamid Hakkar leur ont emboîté le pas.

En début d'après-midi la présidente avait refusé de faire droit à une demande de renvoi du procès formulée par les avocats d'une dizaine d'accusés suite à la bagarre qui a éclaté mardi en fin d'audience entre les accusés et les gendarmes, puis le public qui s'est mêlé à la bataille.

"La présomption d'innocence dans votre intime conviction est polluée", avait expliqué mercredi matin Me Pascal Garbarini aux jurés de la cour d'assises de Paris revenant sur le "caractère exceptionnel" des événements de la veille. "Vous n'êtes plus dans la sérénité du début de cette affaire", a-t-il soutenu pour le compte de Dominique Battini fustigeant la présence massive de forces de l'ordre dans le box et dans la salle. "Comment voulez-vous que (les accusés) soient sereins"?

Dans son arrêt la Cour a souligné que les jurés, immédiatement évacués lorsque le ton est monté mardi, "n'ont pas assisté aux violences décrites par la défense". "La sérénité des débats ne paraît pas altéré", a jugé la Cour indiquant par ailleurs que le procès se poursuivra jusqu'à son terme, quel que soit le temps que cela prenne, afin que tout le monde puisse s'expliquer.

"Ce procès est long, ce procès est difficile", a admis Janine Drai lors de la reprise d'audience mercredi matin. "C'est une audience comme une autre et ça doit rester une audience comme une autre avec le respect que nous vous devons et le respect que vous devez à la justice française", a-t-elle ajouté à l'adresse des accusés, alors que le procès est émaillé d'incidents depuis ses débuts il y a un mois.

Le 12 mars 2003, un commando équipé d'armes de guerre a libéré le braqueur Antonio Ferrara, alors détenu à la maison d'arrêt de Fresnes. Dans sa cellule du quartier disciplinaire, les enquêteurs ont retrouvé un pain d'explosif sur lequel figurent un numéro de téléphone, un détonateur et un téléphone portable. Ce dernier permettra non seulement aux enquêteurs de remonter rapidement à ses complices, mais également d'installer une vaste surveillance autour des proches de l'évadé qui sera repris moins de quatre mois plus tard, le 10 juillet 2003, dans un bar du XIIe arrondissement de la capitale.

Source : Nouvel Obs


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MessagePosté : 06 nov. 2008, 15:18 
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Citation :


Une « belle » spectaculaire qui a brisé la réputation de l’Alcatraz français, et pour laquelle Ferrara risque la perpétuité.

Et qui m'a réveillé la nuit...

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L'injustice est muette, et la justice crie. (Rotrou)


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MessagePosté : 06 nov. 2008, 17:42 
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Le procès Ferrara suspendu 24 heures

PARIS (AFP) — Le procès de l'évasion d'Antonio Ferrara aux assises de Paris est suspendu pendant 24 heures, jusqu'à vendredi matin, pour laisser "un délai de réflexion" aux accusés qui ne souhaitent plus y assister, a annoncé mercredi soir la présidente de la cour, Janine Drai.

Il s'agit, a dit Mme Drai juste avant de suspendre l'audience vers 20H15, de "permettre le délai de réflexion que sollicitait le bâtonnier" de l'ordre des avocats de Paris.

Le bâtonnier Christian Charrière-Bournazel venait d'intervenir pour tenter de sortir de "l'impasse" dans laquelle se trouve le procès, alors que cinq accusés, dont Ferrara, ont décidé mercredi de récuser leurs avocats.

Le chef de l'ordre souhaitait qu'un délai de 48 heures soit donné pour permettre à "chaque avocat récusé de pouvoir s'entretenir avec son client en prison" sur les conséquences d'un renvoi du procès.

"Je ne m'oppose pas à ce que la cour donne un délai aux avocats pour faire comprendre à leurs clients où est leur intérêt", a ensuite déclaré le procureur général de la cour d'appel Laurent Le Mesle, venu spécialement pour l'occasion occuper le siège du ministère public.

Source : AFP


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MessagePosté : 06 nov. 2008, 17:48 
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justice tente de sauver un procès Ferrara au bord de l'implosion


Après cinq semaines de débats et plusieurs épisodes de confusion, le procès d'Antonio Ferrara et des vingt coaccusés qui comparaissent pour l'attaque et l'évasion de la prison de Fresnes le 12 mars 2003, s'enfonce dans une impasse. Mercredi 5 novembre, à l'issue d'une journée houleuse et au lendemain d'incidents graves - une bagarre dans le box a opposé mardi soir les gardes aux accusés -, la présidente Janine Drai a dû suspendre l'audience pendant vingt-quatre heures. Celle-ci devrait reprendre vendredi 7 novembre, mais en l'absence de plusieurs accusés - dont Antonio Ferrara et Dominique Battini - et de leurs avocats. Estimant que "la vision du jury est polluée par ces incidents", Me Pascal Garbarini, avocat de M. Battini, a indiqué ne pas pouvoir "continuer ce procès". Récusés par leurs clients qui ont demandé à regagner leur cellule, les conseils ont quitté le prétoire. La présidente de la cour d'assises les a aussitôt commis d'office. En vain.

SPour la deuxième fois depuis le début de cette audience le 2 octobre, la cour a rejeté une demande de renvoi (Le Monde du 26 octobre). Face à une telle tension, mercredi, le procureur général de Paris, Laurent Le Mesle, s'est déplacé dans la salle des assises et - chose rare - s'est adressé à la cour, aux accusés et à leurs conseils. "Les accusés ont intérêt à ce que ce procès se déroule aujourd'hui et ne soit pas reporté aux calendes grecques", a-t-il indiqué.

Pour le ministère public et pour la cour, ce procès doit aller jusqu'à son terme. Quel qu'en soit le prix. Avec ou sans les principaux prévenus et leurs avocats. A la tentative "de coup de force de certains accusés" comme l'a qualifié Me Pascal Winter, avocat de la partie civile, la cour a choisi de s'opposer en passant en force. Et aux accusés qui refuseraient d'assister aux débats, la présidente a rappelé que la loi prévoit de les extraire de leur cellule afin de les conduire au Palais de justice. Mais rien ne peut les contraindre d'entrer dans le box. Dans ce cas un huissier viendra chaque jour leur rendre compte de l'avancée de l'audience.

Et comme pour anticiper d'éventuelles requêtes qui pourraient être portées devant la Cour européenne des droits de l'homme, dans le cas où des condamnations seraient prononcées contre des accusés sans défense, le procureur général a prévenu : "A supposer que pendant la durée des débats, certains avocats soient absents, il restera toujours la possibilité d'appel."

Source : Le Monde


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MessagePosté : 07 nov. 2008, 15:03 
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Procès Ferrara - "Les accusés n'ont pas confiance dans votre justice!"

"Les accusés n'ont pas confiance dans votre justice!"
Un avocat de la défense au procès d'Antonio Ferrara a fait une nouvelle demande de renvoi du procès, entraînant une nouvelle suspension d'audience.


A peine reprise, l'audience a été une nouvelle fois suspendue, vendredi matin, au procès de l'évasion d'Antonio Ferrara. Un des avocats de la défense a, en effet, demandé une nouvelle fois le renvoi de la procédure vendredi dès la reprise de l'audience, en présence de tous les accusés, y compris Ferrara et les quatre autres qui souhaitaient ne plus comparaître.

Me Bernard Ripert, qui défend un des douze accusés détenus (sur 21 accusés au total), complice présumé de l'évasion de Fresnes le 12 mars 2003, a justifié la nouvelle demande de renvoi en estimant que "la peur" planant désormais sur les débats - après les incidents de mardi avec les gendarmes (lire notre article) - était "mauvaise conseillère" pour la cour. "Aujourd'hui les accusés n'ont pas confiance dans votre justice!", a tonné Me Ripert à l'adresse de la présidente Janine Drai.

L'avocat a également fustigé l'intervention du procureur général Laurent Le Mesle, venu brièvement mercredi occuper le siège du ministère public pour demander que le procès se tienne quoi qu'il en soit. "Les accusés (y) ont intérêt", avait dit M. Le Mesle. "C'est la voix de son maître qui est venu dans cette cour, c'est la voix de Sarkozy !" a affirmé Me Ripert, en jugeant que Laurent Le Mesle avait fait "pression sur les débats".

Mercredi, avant que la présidente ne suspende le procès pour 24 heures afin de leur donner un "délai de réflexion", cinq accusés détenus dont Antonio Ferrara avaient annoncé leur départ de l'audience. Même si plusieurs avocats récusés, dont ceux de Ferrara, avaient déserté l'audience, le braqueur italien et tous ses coaccusés étaient présents et le calme régnait vendredi matin dans le box. "Si c'est calme comme ça c'est qu'ils n'ont pas dû être extraits de force", a confié une avocate hors audience.

Source : LCI


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MessagePosté : 07 nov. 2008, 20:13 
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Le procès Ferrara se poursuit sans lui et sans ses avocats

"C'est une situation inédite", a admis vendredi la présidente de la cour d'assises de Paris, qui a ordonné la reprise du procès de l'évasion d'Antonio Ferrara de la prison de Fresnes, en l'absence du principal accusé et de ses avocats, ainsi que de deux autres accusés, également privés de défenseurs. "Mais je l'assume", a ajouté Janine Drai, déterminée à mener les débats à leur terme.

"C'est une source de préoccupation extrêmement sérieuse qu'un procès de cette importance (...) puisse se dérouler sans accusés, ni avocats", a également souligné le bâtonnier de Paris, sollicité de nouveau par les avocats d'autres accusés. Mais Me Christian Charrière-Bournazel a dû admettre son impuissance à remédier à cette situation.

Malgré un délai de réflexion de 24 heures, accordé mercredi soir, Antonio Ferrara, Dominique Battini et Hamid Hakkar ont en effet confirmé vendredi leur intention de ne plus assister aux débats. Et de récuser leurs conseils, qui, bien qu'immédiatement commis d'office par Mme Drai, ont fait savoir qu'ils ne pouvaient pas représenter des clients qui ne voulaient plus d'eux.

Or l'article 317 du code pénal prévoit la "présence" obligatoire d'un avocat lors des débats devant une cour d'assises. Et si le parquet général et la Cour considèrent que la commission d'office suffit pour répondre à cette exigence, même si les avocats ne se présentent pas, la défense ne partage pas cet avis.

Passant outre toutes les protestations, et une nouvelle demande de renvoi formulée vendredi matin par Me Bernard Ripert, Janine Drai a donc repris le cours des débats avec l'audition de témoins vendredi après-midi. Les trois accusés non-comparants seront néanmoins transférés tous les jours dans une cellule au Palais de justice, où le greffier leur donnera lecture des notes d'audience.

Régulièrement coupé par des incidents depuis ses débuts, il y a un mois, le procès Ferrara a déjà pris un retard considérable et devrait de poursuivre jusqu'à la mi-décembre. Le verdict était initialement attendu le 28 novembre.

Mercredi soir, le procès avait été suspendu pendant 24 heures pour laisser aux principaux accusés et à leurs avocats, qui avaient quitté l'audience à la suite du refus de la présidente de renvoyer l'affaire, de se consulter dans l'espoir qu'ils reviennent sur leur décision. Le procureur général de Paris, Laurent Le Mesle, avait fait une apparition exceptionnelle à l'audience. Mardi soir, une bagarre avait éclaté en fin d'audience entre les accusés et les gendarmes, puis le public qui s'était mêlé à la bataille.

Le 12 mars 2003, un commando équipé d'armes de guerre a libéré le braqueur Antonio Ferrara, alors détenu à la maison d'arrêt de Fresnes. Il a été repris quatre mois plus tard et risque désormais la réclusion criminelle à perpétuité. Les vingt autres détenus sont pour la plupart des proches accusés de l'avoir aidé.

Source : Le Nouvel Obs


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MessagePosté : 07 nov. 2008, 20:16 
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INTERVIEW - "Ferrara ne changera pas d'avis"

Propos recueillis par Jamila Aridj



Avocat d'Antonio Ferrara, Me Lionel Moroni a refusé d'être commis d'office après avoir été récusé par son client.

Le braqueur multirécidiviste "Nino" Ferrara, deux de ses complices présumés dans l'évasion de Fresnes, Hamid Hakkar et Dominique Battini, et leurs avocats ont quitté vendredi leur procès. Au préalable, les trois détenus avaient récusé leurs représentants. Pour la présidente de la cour d'assises Janine Drai, les avocats avaient malgré tout "l'obligation de rester, même en se taisant". Me Lionel Moroni, représentant d'Antonio Ferrara, explique au point.fr les raisons de son départ.

Lepoint.fr : Pourquoi Antonio Ferrara et vous-même avez-vous décidé de quitter la salle d'audience ?

Me Lionel Moroni :
Pour dénoncer les conditions inhumaines, intraitables et inadmissibles dans lesquelles les détenus comparaissaient. Antonio Ferrara doit se lever tous les jours à 4 heures du matin, on le conduit ensuite au palais de justice (de Paris) pour le mettre dans les geôles. On vient ensuite le chercher vers 11 heures pour assister au procès et on le ramène en prison (à Fleury-Mérogis, Essonne) vers 22 heures. Je l'ai vu se modifier physiquement depuis le début du procès. Personne n'a trouvé de solutions pour qu'il soit jugé de manière acceptable. Alors, la pression aidant, cela a entraîné plusieurs incidents jusqu'au moment où Ferrara a dit : "Maintenant ça suffit, je ne veux plus assister à ce procès." Ce procès était l'occasion pour lui de pouvoir se faire entendre du fond de sa cellule, mais Ferrara ne changera pas d'avis et moi non plus.

Pourquoi avoir refusé la proposition de la présidente d'être commis d'office après avoir été récusé par votre client ?

Me L. M. : J'ai refusé au prétexte que je ne peux pas aller à l'encontre de la volonté de mon client de ne plus se voir assister au procès. Avec Me Pascal Garbarini (qui représente Dominique Battini, ndlr) et Me Emmanuel Marsigny (avocat de Hamid Hakkar, ndlr), croyez-moi, nous ne sommes pas contents de ne plus être là-bas. C'est un procès qui nous a demandé des heures de préparation, j'avais envie de me lever et de plaider pour Ferrara. Mais on le fera en appel.

Un procès en assises qui se déroule sans les prévenus ni leurs avocats, nous sommes dans une configuration unique ?

Me L. M. : C'est en effet la première fois en France que cela se passe ainsi. J'ai connu des situations de "clash" extrêmes dans ma vie professionnelle et la plupart du temps le renvoi du procès était inéluctable. Dans ce cas précis, cette solution n'est pas vraisemblablement envisagée. Mais le procès peut tout à fait se conduire dans des conditions légales. Ferrara peut aussi comparaître contraint et forcé mais le faire venir tous les matins à coups de matraque, ce serait de la folie pure.

Que pensez-vous de l'attitude de la présidente de la cour d'assises ?

Me L. M. : Je n'en pense rien, elle a fait ce qu'elle a cru bon de faire.

Sources : AFP/Le Point


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