le travail en prison -

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 Sujet du message : le travail en prison
MessagePosté : 24 juil. 2006, 15:51 
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Dans un numéro spécial consacré aux prisons, le nouvel observateur, le 20 juillet 2006, aborde la question du travail en prison.

http://permanent.nouvelobs.com/societe/ ... S5770.html

Pour rappel, et pour le principe, par la promulgation le 22 juin 1987 de la loi relative au service pénitentiaire, l'objectif assigné au travail en prison a été profondément modifié.

La loi, en réduisant la peine à la privation de liberté, abroge l'obligation faite aux détenus de se soumettre au travail, pour le promouvoir gage de réinsertion sociale. A cet effet, le code de procédure pénale (article 720) contraint l'administration pénitentiaire à une obligation de moyens.

Les détenus peuvent être affectés au service général de l'établissement (emplois liés au fonctionnement de la prison : cuisine, entretien, maintenance...), ou à des activités de production (métallerie, menuiserie, imprimerie, électronique...). Ces dernières sont pourvues, soit par la Régie industrielle des établissements pénitentiaires (structure publique chargée de la vente des produits réalisés par les détenus, elle est gérée par le Service de l'emploi pénitentiaire), soit par des entreprises privées concessionnaires.

En édictant d'autre part que "les relations de travail des personnes incarcérées ne font pas l'objet d'un contrat de travail", l'article 720 du code de procédure pénale refuse au détenu au travail le statut juridique de salarié. Ceci a de nombreuses conséquences sur le plan de l'exercice et des conditions de travail (absence de dispositions relatives à la période de l'emploi, au contenu du poste, au licenciement...), tandis que les rémunérations versées consistent en des gratifications à faible pouvoir d'achat.

Malgré les dispositions législatives et réglementaires existantes, le travail en prison n'ouvre que de faibles perspectives en matière de réinsertion professionnelle : au faible nombre de postes offerts s'ajoute la nature des activités proposées, peu formatrices. Ceci tient aux contraintes qui s'exercent sur le milieu carcéral : exigences de sécurité, configuration des locaux, caractéristiques de la population carcérale ...


Par conséquent, parmi les nombreux points abordés et problèmes soulevés par cette étude, nous retrouvons en premier lieu le prix du travail des détenus.

Les ouvrages de Patrick HENRY " Avez vous à le regretter?" et de Philippe MAURICE "de la haine ? la vie" abordent cet aspect de la vie des détenus d'une manière relativement complète et sous différents angles.
A titre d'exemple, j'ai trouvé qu'ils accentuaient bien dans leurs récits respectifs d'un côté le caractère nécessaire du travail des détenus ( pour pouvoir notamment accéder ? la "cantine" et préparer leur future sortie) , d'autre part la non reconnaissance de ces travaux de détenus dans la vie civile...et surtout le problème économique posé par ce type de travail: s'il subit la concurrence de pays du tiers monde sur la plan du coût , lui-même concurrence dangereusement et dans la plus grande légalité le travail de l'homme "libre" toujours sur le plan de sa valeur économique ( pas de minima sociaux à respecter, pas de contrat de travail signé)...dans la mesure où nombreux sont les acteurs économiques qui recourent à cette main d'oeuvre par sous traitance aux fins de diminution de leurs charges salariales ...
Si bien qu'il peut être légitime de se demander si le travail a encore une valeur . Et surtout, si cette valeur existe encore, comment la définir?


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MessagePosté : 14 août 2006, 10:05 
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Enregistré le : 14 mai 2005, 16:23
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Localisation : belgique
A ce propos, cela se passe en Belgique, il semblerait qu'il existe un accord entre certaines firmes de distribution et l'administration pénitentiaire. Les firmes de distribution envoient certains produits alimentaires sous cellophane (gaufres,...) dont la date de péremption était dépassée à des prisons. Les prisonniers étaient chargés de retirer les aliments de leur emballage et de les replacer dans un nouvel avec une date ultérieure. Le tout était réinjecter dans le circuit de distribution...


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MessagePosté : 06 mars 2007, 00:54 
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Localisation : Nord de la France
Plusieurs formes de travail sont possibles, il y a le travail pour la prison, c'est ce qu'on appelle les auxi, ils sont responsables d'un étage, nettoyage, distribution des repas...le salaire est d'environ 120€ par mois, également des peintres, des hommes d'entretien, bibliothécaire, écrivain public, cuisine, buanderie......la rémunération va de 120€ à 270€ par mois, pour les postes les mieux payés (ils sont rares).
Il y a également le travail en concession pour des entreprises extérieures, les détenus sont payés à la tache, par éxemple pour plier des prospecus, réaliser des sacs en papier, des enveloppes à coller....la rémunération peut atteindre 500€ pour les contre maitres. en général elle est comprise en 200 et 300€ mensuel.
Il y a également certaines formations professionnelles, comme cuisine collective, peinture, ou l'on passe le cap. A noter qu'un stagiaire en cuisine sera mieux payé qu'un détenu au travail en cuisine (qui commence) le travail 120€ le stagiaire 250€.....
Au dessus de 200€ de revenus par mois, il est ponctionné 10% pour le pécule liberable et 10% pour les parties civiles, à noter que ce pourcentage augmente avec la rémunération selon un système de paliers.
Le solde du pécule disponible, est versé au détenu sur son compte nominatif, et lui sert à indemniser ses victimes s'il en a, à acheter de la nourriture, timbres, des produits d'hygiène en cantine, à payer la location du téléviseur et du réfrigérateur, il peut aussi envoyer des mandats à sa famille.


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MessagePosté : 06 mars 2007, 23:49 
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Enregistré le : 12 juil. 2005, 21:20
Messages : 232
Localisation : Ile de France
Lorsque vous évoquez un salaire de 120 €, 200 €, etc ... par mois, cela s'entend de combien d'heures de travail ?

_________________
http://www.presume-coupable.com


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MessagePosté : 07 mars 2007, 09:30 
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Localisation : Nord de la France
Un auxi d'étage qui gagne 120€ par mois, travaille 7 jours sur 7, chaque jour nettoyage des coursives, des douches, distribution des repas, entretien de l'aile. Il a plus une obligation de résultat que d'horaires (sauf pour les repas).
Il bosse en moyenne 7 à 8 heures par jour.
Par contre un auxi de cuisine ou de peinture, travaille une quarantaine d'heures par semaine.
Les stagiaires qui préparent un diplome eux font 35 heures semaine.
Les détenus qui travaillent aux ateliers, font aussi 35 h semaine voir moins car ils ne sont pas appelés au travail tous les jours, cela dépend du boulot disponible.


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MessagePosté : 16 mars 2007, 18:58 
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Enregistré le : 12 mars 2005, 23:41
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eric a écrit :
Un auxi d'étage qui gagne 120€ par mois, travaille 7 jours sur 7, chaque jour nettoyage des coursives, des douches, distribution des repas, entretien de l'aile. Il a plus une obligation de résultat que d'horaires (sauf pour les repas).
Il bosse en moyenne 7 à 8 heures par jour.
Par contre un auxi de cuisine ou de peinture, travaille une quarantaine d'heures par semaine.
Les stagiaires qui préparent un diplome eux font 35 heures semaine.
Les détenus qui travaillent aux ateliers, font aussi 35 h semaine voir moins car ils ne sont pas appelés au travail tous les jours, cela dépend du boulot disponible.


à propos justement des détenus qui préparent un diplôme...
comment cela s'organise-t-il? Je veux dire bénéficient -ils d'une aide pour cela ( cours gratuits, facilités particulière spour les cours par correspondance etc...)


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MessagePosté : 17 mars 2007, 10:23 
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Localisation : Nord de la France
Pour ceux qui préparent le cfg (certificat d'études), il y a des cours d'organisés suivant le rythme scolaire, idem pour le brevet et le diplome d'accès aux études universitaires. Ceux sont des profs qui viennent dans l'etablissement. (formations non rémunérées), pour les détenus qui
travaillent, il y a possibilité de faire un parcours partagé (mi temps travail et mi temps école)
Pour les cap (peinture, cuisine collective..) idem, par contre cette formation est rémunérée.
Quand on veut suivre une formation supérieure au Bac, je sais que dans certaines centrales, cela est dispensé dans l'établissement, (ingénieur informatique), ça implique un transfert pas toujours évident à obtenir.
Pour les cours par correspondance, (niveau supérieur au bac), l'administration pénitentiaire prend une partie des frais à sa charge, cela varie selon les détenus et la formation. Mais il y a beaucoup de difficultés pour pouvoir acheter des livres.


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MessagePosté : 17 mars 2007, 23:57 
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Localisation : Nord de la France
Petite précision, il est plus facile d'étudier en centre de détention (établissement pour les condamnés) qu'en maison d'arret, le seul fait d'être seul en cellulle, y est pour beaucoup.
Pour les livres, il est très difficile de pouvoir les commander quand on est en détention, et encore plus difficile de pouvoir les obtenir ( des achats cantines ou de la famille) il faut s'armer de patience et faire montre d'énormement de perseverance.


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MessagePosté : 18 mars 2007, 02:25 
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eric a écrit :
Petite précision, il est plus facile d'étudier en centre de détention (établissement pour les condamnés) qu'en maison d'arret, le seul fait d'être seul en cellulle, y est pour beaucoup.


C'est clair que les centres de détentions et les centrales offrent plus de "confort" mais certaines maisons d'arrêt permettent des études au delà du bac ou du d.a.e.u, comme par exemple le d.e.u.g. Il y a aussi des maisons d'arrêt où il est possible d'être seul, rare mais existant.

Citation :
Pour les livres, il est très difficile de pouvoir les commander quand on est en détention, et encore plus difficile de pouvoir les obtenir ( des achats cantines ou de la famille) il faut s'armer de patience et faire montre d'énormement de perseverance.


Il doit y avoir des différences au niveau des régions puisque par exemple sur l'Ile de France, les livres peuvent être déposés au parloir en même temps que le linge à la condition qu'ils ne soient pas reliés. Ensuite en cantine extérieure mensuelle, pratiquement tous les ouvrages sont susceptibles d'être commandés et donc achetables pour peu qu'il y ait des sous sur le pécule du détenu. Ils peuvent acheter un ordinateur, alors les livres....

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Pascal


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MessagePosté : 18 mars 2007, 10:03 
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Localisation : Nord de la France
De mon experience, dans le Nord, les cantines exceptionnelles ne comprenaient pas les livres, on pouvait seulement acheter des magazines ou le journal.
Dans les parloirs, c'etait tout simplement interdit, même pour ceux qui n'etaient pas reliés. A force d'insistance, j'ai pu obtenir une autorisation spéciale du directeur. A ma connaissance, nous n'etions que deux à pouvoir le faire.
Par contre les détenus Anglais ou Etrangers eux pouvaient faire entrer leurs livres,.


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MessagePosté : 18 mars 2007, 10:05 
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Localisation : Nord de la France
L'ordinateur est autorisé partout, mais ce ne doit pas être un modèle portable, les diskettes ou systeme de gravage sont interdits, et seuls peuvent être conservés sur le disque dur les fichiers ayant trait aux activités socio culturelles de l'etablissement.


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MessagePosté : 18 mars 2007, 22:56 
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Enregistré le : 05 avr. 2006, 00:30
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eric a écrit :
De mon experience, dans le Nord, les cantines exceptionnelles ne comprenaient pas les livres, on pouvait seulement acheter des magazines ou le journal.
Dans les parloirs, c'etait tout simplement interdit, même pour ceux qui n'etaient pas reliés. A force d'insistance, j'ai pu obtenir une autorisation spéciale du directeur. A ma connaissance, nous n'etions que deux à pouvoir le faire.
Par contre les détenus Anglais ou Etrangers eux pouvaient faire entrer leurs livres,.


Ce qui tend à démontrer que selon les régions et plus certainement selon chaque établissement, les règles sont différentes mais ne devraient pas l'être. Pourquoi une maison d'arrêt autoriserait plus qu'une autre tel ou tel produit ? De plus, il s'agit d'un droit élémentaire à l'éducation et la culture personnelle qui ne devrait pas trouver d'obstacle. Qui plus est un étranger peut obtenir des livres de sa famille et un Français non, c'est incompréhensible de la part de l'administration pénitentière. Et qui pourra changer cela à Pas évident que ça change un jour prochain.

Eric a écrit :
L'ordinateur est autorisé partout, mais ce ne doit pas être un modèle portable, les diskettes ou systeme de gravage sont interdits, et seuls peuvent être conservés sur le disque dur les fichiers ayant trait aux activités socio culturelles de l'etablissement.


Là encore il n'y a pas ces restrictions sur la région IDF. Je ne sais pas au sujet des portables mais pour le reste, c'est accepté, y compris les imprimantes d'ailleurs.

_________________
Pascal


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