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MessagePosté : 21 mars 2008, 10:30 
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MEURTRES DU PONT DE NEUILLY.


s'accuse d'un crime déjà jugé





Affabulation ou erreur judiciaire ? Un homme s'est livré à la police, s'accusant du crime de deux femmes en 2001 et 2002. Pour le premier crime, un autre homme a déjà été condamné aux assises à dix-huit ans de prison.

Incroyable rebondissement dans l'affaire des deux meurtres du pont de Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine). Un homme de 34 ans prénommé David vient de s'accuser des deux crimes, commis le 1 e r décembre 2001 et le 22 mai 2002. Une bien surprenante confession puisque le premier de ces meurtres est élucidé depuis de longues années et que Marc M., reconnu coupable, purge actuellement une peine de dix-huit années de réclusion criminelle.


Dans la deuxième affaire, aucun suspect n'avait été identifié jusqu'à ce que David se livre à la police il y a une quinzaine de jours.

Immédiatement après ces révélations, le parquet de Nanterre a ouvert une enquête préliminaire sur le premier dossier et, après 48 heures de garde à vue, David a été mis en examen et écroué dans la deuxième affaire. L'enjeu est crucial. Soit Marc M. a été condamné à tort, soit David est un affabulateur. Depuis deux semaines, la brigade criminelle de la police judiciaire parisienne multiplie les investigations. « C'est l'honneur de l'institution judiciaire de vérifier les éléments nouveaux, commente le procureur de Nanterre, Philippe Courroye. Et il y a des éléments troublants. Il faut lever l'hypothèque de l'erreur judiciaire. »

« Le dossier concernant Marc M. est fragile, le dossier contre David est solide »

Dans la nuit du 3 mars, David pousse la porte du commissariat de La Défense (Hauts-de-Seine). Face à des policiers incrédules, il se présente comme le meurtrier du pont de Neuilly. Et raconte par le menu les deux agressions de Marie-Agnès Bedot, une assistante de direction de 45 ans, puis de Maria-Judith Araujo, une femme de ménage de 48 ans. Il livre une description précise des lieux des crimes, donne l'heure exacte des deux meurtres, et ajoute des détails précis et troublants, comme le contenu des sacs à main des victimes. Transféré dans les bureaux de la crim, au 36, quai des Orfèvres, ce sans-domicile-fixe maintient sa version. Puis, nouveau coup de théâtre, il ne reconnaît plus que le deuxième crime. Pour autant, la nouvelle enquête sur le meurtre qui a valu à Marc M. d'être condamné se poursuit activement sous l'oeil attentif du parquet qui prend l'affaire très au sérieux. « Le dossier concernant Marc M. est fragile, le dossier contre David est solide », observe un proche de l'enquête. Les policiers ont notamment effectué des comparaisons ADN entre le profil de David et des traces retrouvées sur les vêtements de la première victime, Marie-Agnès Bedot. Les résultats des analyses pourraient être connus aujourd'hui.

Condamné, Marc M. avait pourtant clamé son innocence au cours de ses deux procès. Il avait été jugé en appel devant la cour d'assises de Versailles (Yvelines) qui avait alourdi le premier verdict en ajoutant une peine de douze ans de sûreté. A l'époque, l'accusation reposait sur le témoignage d'une infirmière passant sur le pont quelques instants avant l'agression de Marie-Agnès Bedot. Importunée par le suspect, cette femme avait relevé une phrase un peu particulière et quasi similaire à celle qu'il avait prononcée face à une autre victime dans une affaire précédente. L'infirmière avait aussi permis de dresser un portrait-robot correspondant au signalement de Marc. Enfin, celui-ci avait passé des aveux en garde à vue, dix jours après le meurtre. « Une confession peu convaincante », avait à l'époque relevé son avocat, M e Louis Balling, en plaidant l'acquittement.

Aujourd'hui, les enquêteurs se trouvent face à une véritable énigme. Il y a un meurtrier de trop dans l'affaire Marie-Agnès Bedot. Si l'enquête préliminaire démontre que c'est David qui l'a tuée, alors Marc a été condamné à tort. Une procédure de révision pourrait donc être engagée. Ou alors David a menti sur son implication dans le premier meurtre pour innocenter Marc. Ce qui ne peut être exclu puisque les deux hommes ont séjourné au même moment dans la même prison ces dernières années.


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MessagePosté : 29 mars 2008, 13:21 
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Meurtre du Pont de Neuilly : Dati saisit la Commission de révision des condamnations

La ministre de la Justice a saisi vendredi la commission de révision des condamnations pénales du cas de l'homme condamné pour le meurtre d'une femme au pont de Neuilly en 2001, crime dont s'accuse désormais un autre suspect.

Une nouvelle information judiciaire a par ailleurs été ouverte à Nanterre après l'entrée en scène d'un second suspect dans cette affaire où Marc Machin, qui clame son innocence, a déjà été condamné à 18 ans de réclusion criminelle en 2004.

L'information judiciaire, ouverte jeudi soir pour des faits d'"assassinat, viol et vol", vise un sans-abri d'une trentaine d'années qui s'est lui-même livré à la police dans la nuit du 3 au 4 mars dernier en s'accusant du meurtre de deux femmes au pont de Neuilly (Hauts-de-Seine), en décembre 2001 et en mai 2002.

Le parquet a requis la mise en examen du nouveau suspect et son placement en détention provisoire.

Cet homme, prénommé David mais dont le nom n'a pas été révélé, a déjà été écroué et mis en examen pour le second meurtre, qui n'est toujours pas élucidé et pour lequel une instruction est toujours ouverte.

Le procureur de Nanterre, Philippe Courroye, a annoncé mercredi que des traces ADN du nouveau suspect avaient été retrouvées sur des vêtements de la première victime à l'issue d'analyses menées après ses aveux.

Dans cette affaire, Marc Machin, âgé de 19 ans au moment des faits, purge déjà une peine de 18 ans de réclusion criminelle, prononcée en première instance par la cour d'assises des Hauts-de-Seine en septembre 2004 et confirmée en appel à Versailles en novembre 2005.

En garde à vue, Marc Machin avait avoué avoir tué au matin du 1er décembre 2001 la victime, une mère de deux enfants âgée de 45 ans, Marie-Agnès Bedot. Mais il s'était rétracté et avait clamé son innocence au cours de ses deux procès.

La garde des Sceaux a décidé de saisir la commission de révision des condamnations pénales "en raison des éléments nouveaux" qui sont "de nature à faire naître un doute" sur la culpabilité de Marc Machin, a annoncé le porte-parole du ministère.

La commission de révision peut décider à tout moment la suspension de la peine purgée par Marc Machin en attendant la fin de l'examen de la requête en révision.

L'avocat de M. Machin, Me Louis Balling, a fait savoir qu'il demanderait à la commission "la suspension de la peine de (son) client pour qu'il soit remis en liberté".

Selon lui, les nouvelles analyses ADN "permettent de penser qu'on va vers un bouleversement de la décision rendue".

Outre ses aveux en garde à vue, sur lesquels il s'était rétracté, Marc Machin avait été reconnu par un témoin le matin du crime, à proximité du lieu où l'on avait retrouvé Marie-Agnès Bedot.

Son profil, "un jeune un peu en déshérence, déjà condamné" et qui "clamait son innocence de manière maladroite", avait plaidé contre lui lors de débats "destinés à renforcer le peu d'éléments à charge", selon Me Balling.

De son côté, l'avocate de la famille de Marie-Agnès Bedot, Me Nathalie Ganier-Raymond avait estimé mercredi, après l'annonce des résultats ADN, qu'il était "un peu tôt pour parler d'erreur judiciaire".

L'avocate reste persuadée que le condamné se trouvait "ce matin-là sur les lieux du crime". Elle fait aussi valoir que les traces ADN "montrent qu'il y a eu un contact entre la victime" et le nouveau suspect, "mais il faut attendre des éléments supplémentaires pour connaître la nature de ce contact".

Depuis le début du XXe siècle, six dossiers criminels ont été au bout de la révision et ont conduit à l'acquittement de personnes condamnées à tort.

SOURCE : 20 minutes

Peut-être avons nous ENCORE à faire à une nouvelle erreur judiciaire. Des traces ADN avaient été relevées à l'époque mais non exploitables. Depuis cette technique à fait d'énormes progrès ce qui a permis de retrouver des traces ADN de l'homme qui s'accuse des meurtres sur le premier corps. Dommage que cette science qui à énormément progressée ne serve pas à innocenter des personnes accusées à tort et qui croupissent en prison.s. Dans cette affaire le premier accusé aurait été innocenté par les résultats des empreintes ADN si on se donnait la peine ( même si le coût est élevé ) de rouvrir le dossier en cas de doute.
Je pense à Dany Leprince, Dubois, et bien d'autres....)


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MessagePosté : 11 avr. 2008, 16:57 
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Le procès des aveux

Six ans après le meurtre du pont de Neuilly et la condamnation d’un suspect, un autre homme s'accuse. L'affaire relance le débat sur les déclarations obtenues par les enquêteurs et sur leur poids dans les procédures judiciaires.

Un geste d'attention. Un simple geste a finalement brisé la résistance de Marc Machin. Ce soir de décembre 2001, au Quai des Orfèvres, il était au bord de l'épuisement. Il grelottait. Il a suffi qu'un policier, une «figure» de la PJ parisienne, fort de vingt-cinq ans d'expérience, couvre ses épaules d'un gilet et ce marginal de 19 ans est passé aux aveux, alors qu'il avait résisté pendant des heures à un torrent de questions. Mais l'enquêteur qui l'a fait parler, génial ou loufoque selon ses collègues, a su rompre le fil des dénégations, dans l'intimité de son bureau mansardé du cinquième étage. Alors, Marc a fini par reconnaître qu'il était bien l' «assassin du pont de Neuilly», l'homme qui, deux semaines plus tôt, avait tué à coups de couteau Marie-Agnès, une quadragénaire, dans un escalier conduisant à la Seine.

Ce même jour de l'automne 2001, cinq pages d'audition scellent le sort du suspect. Malgré ses rétractations dès le début de l'instruction et l'absence d'éléments matériels, il est condamné à dix-huit ans de réclusion. En appel, la cour ajoute une peine de sûreté. Mais aujourd'hui, alors que Marc Machin est incarcéré depuis plus de six ans, voilà que le spectre de l'erreur judiciaire hante ce dossier. Dans la nuit du 3 au 4 mars dernier, David Sagno, un sans-domicile fixe, s'est en effet présenté au commissariat de la Défense, s'accusant de ce meurtre, et d'un second, commis au même endroit, quelques mois plus tard.


C'est ainsi que le SDF livre des détails inédits: le contenu du sac à main de la victime, jusqu'à l'album qu'elle écoutait sur son Discman, un CD de Johnny Rivers. En comparaison, les déclarations de Marc Machin au Quai des Orfèvres semblent bien floues. Pour lui, la scène du meurtre se limitait à un flash: «A côté des feuilles d'arbre séchées, il y a une mare de sang. Une femme est allongée et ne bouge plus.


Aveux contre aveux: la justice a désormais un coupable de trop. Elle doit s'interroger, une fois de plus, sur la question des aveux, la manière dont ils sont recueillis, et le crédit que leur accordent les jurés à l'heure du verdict... Car, entre les mots imprécis de Marc Machin et les aveux de David Sagno, il y a un gouffre.

C'est ainsi que le SDF livre des détails inédits: le contenu du sac à main de la victime, jusqu'à l'album qu'elle écoutait sur son Discman, un CD de Johnny Rivers. En comparaison, les déclarations de Marc Machin au Quai des Orfèvres semblent bien floues. Pour lui, la scène du meurtre se limitait à un flash: «A côté des feuilles d'arbre séchées, il y a une mare de sang. Une femme est allongée et ne bouge plus. La lame de mon couteau est maculée de sang et je viens de réaliser que je l'ai plantée.»

science a levé les derniers doutes sur la crédibilité du témoignage de David, le SDF. En 2001, aucune trace génétique n'avait pu être extraite. En 2008, les scellés, réexploités, révèlent une empreinte sur le bas du K-way et sur le haut du pantalon de la jeune femme: elle appartient à David. Philippe Courroye, procureur de la République à Nanterre, a jugé le cas suffisamment préoccupant pour alerter la chancellerie, qui a décidé de saisir la commission de révision.

Un innocent, Marc Machin, a-t-il été conduit à s'accuser d'un crime qu'il n'avait pas commis? Le jeune homme n'a jamais dénoncé de violences physiques pendant la garde à vue, juste la promesse d'une peine courte en échange de ses explications. Le policier qui a recueilli sa confession a ainsi résumé au juge d'instruction leur face-à-face: une «joute de force morale». C'est en effet souvent sur le terrain psychologique que se décide l'issue de la confrontation, comme l'ont illustré d'autres cas célèbres.

Le sort de Patrick Dils, alors âgé de 16 ans, s'est joué le matin du 29 avril 1987. Après ses aveux, il fut accusé du meurtre de deux enfants de 8 ans, tués à coups de pierre à Montigny-lès-Metz (Moselle). Il resta en prison jusqu'en 2002, date du procès en révision qui l'a innocenté au bout de quinze ans d'incarcération. «La police finit toujours par trouver le point faible, précise-t-il aujourd'hui. Moi, c'était ma famille, mon centre d'intérêt vital. Quand il y a eu cette contradiction entre mes déclarations et celles de mon père sur mon emploi du temps le jour du meurtre, le policier m'a dit: "Ton papa, il ment pas." Moi, j'ai une foi absolue en mon père. J'ai craqué. J'ai avoué un crime que je n'avais pas commis.»

Patrice Padé a eu plus de chance: l'ADN est venu contredire ses «aveux», après «seulement» dix-sept jours de prison. Devant les gendarmes, il s'était accusé, en 1996, du viol et du meurtre de Caroline Dickinson, une jeune Anglaise en vacances dans l'ouest de la France. Ses déclarations étaient très précises. Ce routard, récemment décédé, avait même mimé les gestes du viol et du meurtre. En réalité, les enquêteurs lui avaient sans doute soufflé ce qu'ils voulaient entendre. En fin d'interrogatoire, il avait été jusqu'à justifier ses aveux tardifs: «J'avais honte, j'avais honte, j'ai eu beaucoup de mal à le dire.» «Il a reconnu être le coupable à la quarante-troisième heure de garde à vue, raconte son avocat, Me Pierre Gonzalez de Gaspard. Il manquait d'alcool. Il était à bout.»

Si certains suspects craquent pour en finir, d'autres prennent plaisir à s'accuser. Ainsi des aveux spontanés peuvent-ils être totalement dépourvus de fondement. Le tueur en série Francis Heaulme a par exemple revendiqué un crime imaginaire, commis dans le sud de la France. Lorsque le juge d'instruction lui a demandé pourquoi il s'était accusé de la sorte, il a livré cette réponse désarmante: «Lors des auditions, les gendarmes me tutoyaient. [...] Quand on me tutoie, j'ai confiance.»

«La clef d'un interrogatoire réside dans la relation personnelle qui s'instaure avec le suspect, explique un spécialiste de la police judiciaire. Mais il ne faut pas pousser cet avantage psychologique trop loin. Au moins dans un premier temps, il est recommandé de le laisser parler librement. Les questions doivent être ouvertes pour ne pas induire ni orienter les réponses. L'information doit toujours venir du mis en cause. Pourtant, poursuit cet officier de police, en cas d'échec, il nous est tous arrivé un jour de présenter des photos prises à la morgue. D'un point de vue procédural, nous ne devrions pas, puisque ces clichés donnent des indications sur le crime. Mais il s'agit de provoquer un choc chez la personne interrogée.»

«Il y a aveux et aveux, complète un commissaire. Ce type de déclaration se révèle plus crédible s'il met en évidence des détails que nous ignorions, ou s'il conduit à la découverte de l'arme du crime ou d'un corps.» Tel fut le cas dans l'affaire Joseph Vacher, l'un des premiers tueurs en série de l'ère contemporaine, guillotiné en décembre 1898. Le juge d'instruction attendit que le suspect le conduise à un puits, contenant le cadavre d'un enfant, avant de se persuader de la culpabilité de l'éventreur.

A l'audience, l'aveu n'est qu'un élément de preuve parmi d'autres: témoignages, expertises, traces génétiques... Le jury se prononce d'après son «intime conviction», précise le Code pénal. Le Manuel des juges d'instruction, publié sous le second Empire, considérait, lui, que l'interrogatoire représentait «la moitié de l'instruction». Aujourd'hui, les progrès de la police scientifique relativisent le poids de l'aveu. Il n'est plus tenu pour la «reine des preuves». Pour sensibiliser les policiers à une nouvelle approche, des formations spécifiques à l'audition, à base de jeux de rôles, sont d'ailleurs dispensées dans les écoles de police, onze heures pour les gardiens de la paix, dix-sept heures pour les officiers et les commissaires. «Nous cherchons à faire prendre conscience aux élèves que l'objectif est d'obtenir à tout prix non pas une reconnaissance des faits, mais surtout une connaissance approfondie des dossiers», insiste Bertrand Michelin, directeur adjoint de la formation. «On n'a pas encore brisé dans l'œuf la culture du coupable idéal qui avoue. Les enquêteurs veulent toujours aller trop vite», conteste Me Jean-Marc Florand, l'avocat de Patrick Dils.

«L'affaire du pont de Neuilly est très dérangeante», admet un policier, même s'il convient de «se garder de toute conclusion définitive», selon Me Nathalie Ganier-Raymond, qui défendait la famille de la victime. Car, de l'instruction à la cour d'assises, les aveux de Marc Machin n'ont jamais été mis en doute. Ils sont restés le socle de l'accusation. L'agressivité du jeune homme dans le box a fait le reste. Avant l'audience, le procureur avait confié à un policier qu'il croyait l'acquittement probable, mais le procès a tout changé. «Marc était hypertendu, se souvient son avocat, Me Louis Balling, presque à la limite de l'outrage à magistrat.» Au point d'emporter la conviction de l'avocate générale. «Lorsque je suis entrée dans cette salle, ma conviction n'était pas faite, vous m'avez convaincue de votre culpabilité», avait-elle lancé à l'accusé.

"L'œuvre de justice est difficile, souligne le procureur Courroye. L'intime conviction doit veiller à corriger les excès de subjectivité, reposer sur le maximum de preuves et d'éléments objectifs et conserver la culture du doute qui fait progresser la réflexion." La Commission de révision devrait trancher dans les semaines à venir sur la remise en liberté de Marc Machin.

SOURCE : L EXPRESS

37 annulations depuis 1989
L'avenir de Marc Machin est désormais entre les mains de cinq hauts magistrats. Ils forment la Commission de révision des condamnations pénales. Depuis 1989, celle-ci peut être saisie par un avocat ou par la chancellerie lorsque survient un fait nouveau «de nature à faire naître un doute sur la culpabilité du condamné». Organe de filtrage, la commission instruit le dossier afin de le transmettre, ou non, à la Cour de révision. Seule cette dernière a le pouvoir d'annuler la condamnation. Selon les statistiques de la Cour de cassation, entre 1989 et 2006, la commission a été saisie de 2 414 cas. 65 ont été examinés par la Cour de révision, qui a finalement annulé 37 condamnations en matière de crimes ou de délits.
Eric Pelletier


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MessagePosté : 17 avr. 2008, 18:48 
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Crime du pont de Neuilly, le tueur présumé mis en examen

David Sagno s'accuse de l'assassinat et du viol d'une mère de famille en décembre 2001.

Il y a désormais un suspect de trop dans l'enquête sur le meurtre de Marie-Agnès Bedot. Mercredi , David Sagno a été mis en examen par un juge de Nanterre pour l'«assassinat» et le «viol» de cette mère de famille tuée, le 1er décembre 2001, aux abords du pont de Neuilly. Le 4 mars dernier, le sans-domicile âgé de 34 ans s'était livré à la police en s'accusant de ce crime pour lequel un autre homme, Marc Machin, a été condamné en 2004 à dix-huit ans de réclusion criminelle.

Embarrassant pour la police comme pour la justice, ce rebondissement a conduit le procureur de Nanterre, Philippe Courroye, à ouvrir sans attendre une nouvelle information judiciaire. De son côté, la Chancellerie a saisi la commission de révision des condamnations pénales. Enfin, l'avocat de Marc Machin a demandé à ce que l'exécution de sa peine soit suspendue au plus vite en attendant un possible réexamen du verdict.

À l'origine de ce sursaut judiciaire, Sagno a fourni des détails étonnamment précis laissant penser qu'il a, au minimum, été témoin du meurtre de Marie-Agnès Bedot. Durant sa garde à vue, ce mystique déjà condamné pour plusieurs agressions a livré divers renseignements d'état civil qui figuraient sur les papiers personnels de la victime, ainsi que le titre du CD de country qu'elle transportait ce matin-là dans son sac de sport. Par ailleurs, de nouvelles analyses menées sur les vêtements de la joggeuse ont permis de détecter des traces d'ADN correspondant à celui de David Sagno.

Confronté à ces indices concordants, l'avocat du suspect, Me Bérenger Tourné, invite à les traiter avec prudence, précisant : «Au cours des dernières années, plusieurs experts ont diagnostiqué chez David Sagno des troubles psychiatriques limites ainsi qu'un syndrome d'héautoscopie majeure, qui se caractérise par une tendance à confondre le réel et l'imaginaire. J'affirme donc qu'il est impossible en l'état de préciser si ses déclarations correspondent à des souvenirs authentiques ou à des visions délirantes.»


Scepticisme et contradictions

À l'appui de son scepticisme, Me Tourné affirme avoir relevé «une dizaine de contradictions» entre les aveux passés par David Sagno et les constatations opérées à l'époque du meurtre, égrenant : «Mon client affirme avoir violé la victime avec son poing alors qu'aucune trace d'agression sexuelle n'a été détectée lors de l'autopsie. Par ailleurs, il répercute un certain nombre d'erreurs publiées à l'époque par la presse, expliquant avoir porté une dizaine de coups de couteau, alors que seules quatre plaies ont été détectées par les légistes, et affirmant que la victime se rendait le matin du crime au gymnase de l'île de Puteaux, alors qu'elle cheminait vers celui de la porte Maillot.» Enfin, l'avocat relève que David Sagno, invité durant sa garde à vue à reconnaître Marie-Agnès Bedot parmi un échantillon de portraits, a désigné la photo d'une femme n'ayant aucune ressemblance avec elle.

Source : Le Figaro


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MessagePosté : 18 avr. 2008, 09:22 
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L’affaire du pont de Neuilly examinée le 5 mai

La date de réouverture du dossier judiciaire du pont de Neuilly est désormais connue: la commission de révision se penchera le 5 mai prochain sur le cas de Marc Machin, détenu depuis plus de six ans pour un meurtre dont un autre homme s’accuse.


La date était très attendue. La Commission de révision des condamnations pénales examinera le 5 mai le cas de Marc Machin, incarcéré depuis plus de 6 ans pour le meurtre d’une quadragénaire sur le pont de Neuilly (Hauts-de-Seine).

Réouverture du dossier
A la demande du ministère de la justice, cinq hauts magistrats de la Cour de cassation étudieront à nouveau le dossier dans lequel Machin a été condamné à 18 ans de réclusion criminelle assortie d’une peine de sûreté. Cette procédure fait suite au coup de théâtre intervenu au début du mois de mars: un autre homme, David Sagno, un SDF, s’était alors accusé de ce meurtre, ainsi que d’un second, commis quelques mois plus tard, au même endroit. Son ADN a été trouvé sur les vêtements de la première victime (L’Express du 10 avril). Il vient d’être mis en examen pour assassinat, viol et vol dans les deux affaires.

L'avocat de Marc Machin espère la libération de son client
Me Louis Balling, l’avocat de Marc Machin, se félicite de la réunion prochaine de la Commission de révision. Il reste toutefois prudent sur l’issue de ce rendez-vous judiciaire. "J’espère la libération de mon client par une suspension de peine, mais la décision ne sera pas obligatoirement rendue le jour même". Me Balling compte toutefois sur l’appui du parquet. "C’est la Chancellerie, rappelle-t-il, qui a pris l’initiative de saisir la commission, ce n’est pas moi".
Même s’il était libéré, Marc Machin n’en serait pas réhabilité pour autant. La Commission de révision a en effet la charge d’instruire le dossier à la lumière de ces éléments nouveaux. Mais elle n’a pas le pouvoir de casser le jugement. Elle décide de transmettre ou non l’affaire à la chambre criminelle, constituée en Cour de révision, qui peut décider de l’innocence de l’accusé. Cette procédure pourrait prendre de longs mois.
.
Source : L'express


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MessagePosté : 05 mai 2008, 19:48 
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Maintien en détention demandé dans l'affaire du pont de Neuilly

Le parquet général de la Cour de cassation a demandé le maintien en détention de Marc Machin, qui pourrait prochainement être innocenté de l'assassinat en 2001 d'une femme sous le pont de Neuilly, après la mise en cause d'un autre homme.
Il purge actuellement une peine de 18 ans de réclusion criminelle. Lors d'une audience à huis clos devant la commission de révision des condamnations pénales, le représentant du parquet a estimé que malgré "des éléments troublants" il n'était pas possible de le libérer pour l'instant dans l'attente des vérifications judiciaires.

La décision sera rendue le 19 juin.

Condamné sur la foi d'un témoignage et d'aveux en garde à vue rétractés par la suite, Marc Machin est en prison depuis le 15 décembre 2001 pour l'assassinat de Marie-Agnès Bedot commis quinze jours avant. Un autre homme, David Sagno, est pourtant venu s'accuser du crime le 4 mars dernier.

Une recherche effectuée sur les vêtements de la victime, conservés dans les scellés, a révélé la présence de l'empreinte génétique de David Sagno.

Après cette expertise, le ministère de la Justice, estimant qu'était apparu un "fait nouveau de nature de nature à jeter le doute sur la culpabilité du condamné", a engagé une procédure de révision.

Lors d'une autre audience, la commission de révision devra décider si elle transmet le dossier à l'assemblée plénière de la Cour de cassation, siégeant en "Cour de révision", qui pourra ordonner ou non un nouveau procès.

Parallèlement, David Sagno a été mis en examen pour l'assassinat de Marie-Agnès Bedot et aussi pour un autre assassinat de femme, Maria-Judite Araujo, commis en mai 2002 au même endroit du pont de Neuilly, dont il s'est aussi accusé.

Cette procédure de révision d'une condamnation criminelle définitive est très rare en droit français, notamment à l'initiative du ministère. Elle n'a été accordée que six fois dans l'histoire du pays, la dernière au bénéfice de Patrick Dils. Condamné à perpétuité en 1989 pour un double meurtre, il a été acquitté et libéré en 2002.

Source : L'express


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MessagePosté : 13 mai 2008, 16:51 
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Pont de Neuilly: Le mystère s'épaissit

Nouvelle révélation dans l'affaire des meurtres du pont de Neuilly. La culpabilité de David Sagno, qui s'accuse des meurtres de Marie-Agnès Bedot et Maria-Judith Araujo - Marc Machin a été condamné pour le premier - n'est pas si évidente que cela. Selon nos informations, son empreinte génétique ne correspond pas aux deux ADN suspects prélevés sur le cadavre de Maria-Judith. Et ses aveux sont incohérents.


La personnalité complexe de David Sagno jette le doute sur ses aveux.

Si les otages du voilier Le Ponant ont été libérés en Somalie, ce serait grâce à lui! Incarcéré à la prison de Fresnes (Val-de-Marne), David Sagno assure détenir des formules magiques qui lui confèrent une puissance démesurée et des pouvoir
s surnaturels... Si ce marginal de 34 ans était incarcéré pour un vol de scooter, ses divagations mystiques n'inquiéteraient pas outre mesure. Mais le 4 mars, c'est lui qui a surgi en pleine nuit dans un commissariat de police du quartier de la Défense, pour s'accuser des meurtres de deux femmes quadragénaires sur les marches du pont de Neuilly-sur-Seine, en 2001 et 2002. Un homme, Marc Machin, avait pourtant été condamné pour le premier de ces deux crimes. Aujourd'hui, certains se demandent si David Sagno, convoqué le 23 mai chez un juge de Nanterre, n'en fait pas trop.

Selon nos informations, son empreinte génétique ne correspond aux deux ADN suspects prélevés sur le cadavre de Maria-Judith Araujo, une femme de ménage de 48 ans égorgée avec un tesson de bouteille, le 22 mai 2002. David Sagno affirme l'avoir violée plusieurs fois, tout comme il aurait fait avec Marie-Agnès Bedot, une assistante de direction de 45 ans, poignardée le 1er décembre 2001. Pourtant, selon l'autopsie, celles-ci n'auraient pas subi de violences sexuelles. Le SDF précise aussi, entre autres détails macabres, avoir tenu à deux mains un couteau à pain volé dans un foyer pour porter le coup de grâce dans la hanche gauche de Marie-Agnès Bedot. Or, celle-ci ne portait pas de trace de coup à cet endroit.

Certains points ne collent pas

Le suspect s'est aussi trompé lors de l'identification des victimes. "Certains points ne collent pas, assure Béranger Tourné, son avocat. Sans son ADN, personne ne l'aurait cru." Grâce à une nouvelle méthode d'identification, l'empreinte génétique de David Sagno a en effet été découverte sur le cadavre de la première victime. Le marginal a aussi révélé des détails inconnus du public comme la "marque de la bouteille" ayant servi à trancher le cou de Maria-Judith Araujo ou le contenu du sac de l'assistante de direction, demeuré introuvable. "Le corps est resté là pendant trois heures, n'importe qui pouvait voler ses affaires, plaide Béranger Tourné. David Sagno a pu fantasmer ce crime. Il aime qu'on s'intéresse à lui."

En 2005, face à un expert psychiatre, David Sagno parle de ses parents. Né à Dugny (Seine-Saint-Denis), septième d'une famille de neuf enfants, il évoque un couple de Guinéens catholiques qui ne ratent aucune messe dominicale ; un père agent des douanes, alcoolique, qui bat sa femme. La famille explose. Elève médiocre à Gonesse (Val-d'Oise), où il a vécu, l'adolescent échoue au BEP de tourneur-fraiseur. Des stages de peinture en bâtiment ne le mènent nulle part. Dès l'âge de 17 ans il boit, beaucoup, du vin et de la bière. Solitaire, adepte des arts martiaux, il fréquente des prostituées.

A 22 ans, David Sagno est condamné à deux ans de prison pour "violence avec arme". Il écope de treize mois supplémentaires pour "agression sexuelle, outrage, violence, rébellion et dégradation", des faits commis à trois reprises entre février et décembre 2002. Une année de violences qui coïncide avec la période des crimes du pont de Neuilly. Il replonge ensuite à deux reprises. Au fil de ces affaires se dessine le profil d'un homme instable, qui agresse des femmes, notamment au niveau du cou, mais ne les viole pas.

Sagno, condamné à sept reprises

Condamné à sept reprises, David Sagno a passé sept ans derrière les barreaux. "L'isolement de la prison a développé son isolement psychique", note un second expert psychiatre. Fort d'un QI de 125, ce récidiviste s'exprime avec finesse et affirme écrire des scénarios de bandes dessinées... "Il se décrit comme une personnalité multiple, il s'observe vivre", ajoute le médecin qui s'inquiète de sa "personnalité psychotique aggravée ou révélée en prison". Le problème de son irresponsabilité pénale risque de se poser rapidement au sujet de ses deux crimes présumés. "Il dit qu'il veut aller en hôpital psychiatrique, qu'il veut être pris en charge", complète Béranger Tourné. Son client a récemment avalé un demi-litre d'eau de Javel et tenté de se couper les veines. Perd-il réellement les pédales?

Incapable de s'assumer "en milieu ouvert", selon les psys, David Sagno s'est livré à la police dix jours après sa sortie de prison. Ce tueur présumé, qui jure croire en Dieu, aurait été influencé par le sermon d'un pasteur et assure être désormais sur le chemin de la rédemption. Pour Marc Machin, en tout cas, l'apparition inattendue du SDF tient du miracle. Cet autre marginal de 25 ans purge actuellement une peine de dix-huit ans de prison pour le meurtre de Marie-Agnès Bedot. Un crime qu'il a avoué, avant de se rétracter. Il affirme même n'être jamais passé sur le pont de Neuilly, ce 1er décembre 2001, vers 8 heures, alors qu'une infirmière affirme y avoir été agressée une demi-heure avant, par ce SDF déjà condamné pour des violences sur des femmes.
Avec un présumé innocent pas très net et un coupable présumé pas plus clair, trois ADN et ce témoignage capital, magistrats et policiers pourraient être sujets à des vertiges judiciaires. Qui a fait quoi ? Mystère. Les deux hommes disent ne pas se connaître. "Mais ils ont passé trois mois dans le même bâtiment de prison durant l'été 2005", à Nanterre, remarque Béranger Tourné. Saisie en urgence, la Commission de révision des condamnations pénales a examiné l'affaire lundi dernier. L'avocat général a parlé "d'éléments troublants" mais a aussi appelé à la prudence et a demandé le maintien en détention de Marc Machin jusqu'au 9 juin, date du délibéré.

Source : Le JDD


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MessagePosté : 08 juin 2008, 07:07 
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Roger Machin : « Marc est né sous une mauvaise étoile »


Demain lundi, la justice dira s'il faut réviser le procès de Marc Machin, 25 ans, condamné en 2004 à dix-huit ans de prison, pour le meurtre d'une femme sous le pont de Neuilly. Ce jeune homme qui a passé une partie de son enfance à Marseillan, dans l'Hérault, nie ce crime depuis son procès, après l'avoir avoué en 2001, quelques jours après les faits. Des protestations d'innocence que la justice s'est décidée à écouter lorsque le 4 mars dernier, un autre marginal s'est dénoncé, affirmant avoir commis ces deux homicides. En attentant l'issue judiciaire, à Marseillan, Roger Machin, 73 ans, ne sait plus trop aujourd'hui que penser de ce petit-fils qu'il a tenté, en vain, de mettre sur le droit chemin. Marc Machin reviendra-t-il un jour dans l'Hérault, chez son grand-père ? Pas sûr. « J'au- rai eu dix ans de moins, je l'aurais bien repris ici. Mais maintenant, avec mes problèmes de santé... » Dans sa maison de Marseillan (Hérault), Roger Machin, 73 ans, est en pleine incertitude. En 2001, quand Marc, son petit-fils qu'il appelle Marco, a été jeté en prison pour le meurtre d'une femme à Neuilly, Roger avait tiré un trait. « Je m'étais dit : c'est fini, je n'ai plus de petit-fils. Quand quelque chose comme ça arrive, on a envie de se foutre en l'air. On a une vie bien réglée, bien droite, on essaie de faire monter les enfants, pour qu'ils aient une situation... Moi, je suis sur une ligne droite, j'ai des principes. » Alors Roger a essayé d'oublier Marco, malgré cette lettre, envoyée quelques jours après son incarcération. « Il disait que ce n'était pas lui qui avait tué. Je ne lui ai pas répondu. » Et pourtant, pendant des années, Roger avait tout fait pour empêcher son petit-fils de tourner mal. « Marco est né sous une mauvaise étoile », reconnaît le septuagénaire qui fut mineur, à Liévain, pendant 22 ans, et qui mena en parallèle une carrière de peintre, en autodidacte, qui lui vaut aujourd'hui d'être reconnu. Avec son épouse, aujourd'hui décédée, ils ont un fils, Marc, qui s'engage dans la police et travaille à Paris. « Son couple n'a pas bien marché, ils ont divorcé. » Quand le père tombe en dépression nerveuse, « on a voulu récupérer leurs trois enfants, puisqu'on était déjà famille d'accueil. » La Ddass s'y oppose. « J'en veux à la Ddass, on n'en serait pas là aujourd'hui si on avait eu les enfants. Marco avait quatre ans quand il a été placé, sa mère est morte jeune. En allant de famille en famille, il n'a pas eu d'amour,. » Le garçon a huit ans lorsque Roger Machin et son épouse, qui ont alors quitté le Nord pour prendre leur retraite à Marseillan, en obtiennent la garde. « Quand on l'a eu, il était analphabète. Il a commencé à la petite école, la directrice, au début n'en voulait pas. » Suivi par sa grand-mère, Marco, trois mois plus tard, saute une classe. Il vivra à Marseillan jusqu'à ses douze ans, où la mort de sa grand-mère, à laquelle il était très attaché, lui porte un nouveau coup. « L'amour et le soutien affectif, c'est ça qui lui a manqué. Ici, il avait des mauvais copains, qui sont aujourd'hui en prison. Il était costaud, mais il se laissait facilement entraîner. J'étais derrière lui, mais j'en ai passé, des nuits blanches. C'était un jeune coq, un batailleur. » A treize ans, Marco demande à rejoindre son père à Paris. Il vit dans le 18 e , continue à traîner, découvre la drogue, revient à Marseillan, l'été, pour les vacances. « C'était un bateau à la dérive, on ne pouvait plus le tenir. » Et puis vient ce coup de téléphone, apprenant à Roger son arrestation pour meurtre. « Voler, faire des cambrioles, peut-être. Mais tuer quelqu'un... Sa lettre nous avait quand même perturbé. » Depuis qu'il y a trois mois, un autre suspect s'est dénoncé, Roger ne sait plus que penser. « L'ADN de Marco n'était pas sur les lieux du crime. J'ai de l'espoir qu'il soit innocenté, mais j'ai des doutes, parce que la justice ne voudra pas reconnaître son erreur. Parfois, j'en ai des frissons, j'ai peur qu'ils le gardent comme complice de l'autre. » Depuis le coup de théâtre, Roger a régulièrement des nouvelles de Marco. « Il paraît qu'il se comporte bien en prison, il est devenu croyant, et il dit que ça lui ferait du mal de quitter ses copains. C'est terrible à dire, mais là-bas, il a trouvé un équilibre.

Source : Midi Libre


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MessagePosté : 09 juin 2008, 20:02 
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Meurtre du pont de Neuilly: sa demande rejetée, Marc Machin reste en prison

La commission de révision des condamnations pénales a choisi la prudence lundi, en refusant la demande de remise en liberté de Marc Machin, dont la culpabilité dans le meurtre d'une femme au Pont de Neuilly en 2001 est remise en cause par l'apparition d'un nouveau suspect.



"Déçu" de cette décision, l'avocat de Marc Machin, Me Louis Balling, n'en a pas moins assuré que "le combat ne faisait que commencer". Refusant de "perdre espoir au premier refus", il a annoncé déposer une nouvelle demande de suspension de peine "dès demain".

Le dossier est pour le moins déconcertant. En 2005, Marc Machin est condamné en appel à 18 ans de réclusion criminelle pour le meurtre de Marie-Agnès Bedot, le 1er décembre 2001.

Mais début mars, un autre homme, David Sagno, se rend au commissariat de La Défense pour s'accuser de ce meurtre, ainsi que de celui de Maria-Judith Araujo, toujours au pont de Neuilly, le 22 mai 2002, date à laquelle Marc Machin était déjà incarcéré.

Depuis, des analyses ont permis de retrouver l'ADN de David Sagno sur des vêtements de Marie-Agnès Bedot, entraînant l'ouverture d'une seconde information judiciaire et sa mise en examen pour "assassinat, viol et vol".

En dépit de ces éléments troublants, la commission de révision a suivi l'avis du parquet général et considéré qu'il "apparaissait prématuré" de libérer Marc Machin, aujourd'hui âgé de 26 ans et incarcéré depuis sept ans, et que de nouvelles investigations étaient nécessaires.

"Ces vérifications sont d'autant plus nécessaires que la version des faits donnée par David Sagno a, d'ores et déjà, varié à plusieurs reprises et ne correspond pas nécessairement aux constatations matérielles", écrit la commission dans une décision consultée par l'AFP.

"Seule l'information ouverte contre David Sagno, qui n'en est qu'à son début, permettra de déterminer dans quelle mesure les faits nouveaux, ainsi révélés, seraient de nature à faire naître un doute sur la culpabilité" de Marc Machin, poursuivent les magistrats de la Cour de cassation, dont dépend la commission de révision.

La commission met également en avant le passé judiciaire du détenu, qui "a fait l'objet, notamment, de deux condamnations pour des agressions sexuelles, commises antérieurement au meurtre de Marie-Agnès Bedot".

Ce passé judiciaire "incite la commission à la plus grande prudence", reconnaissait lundi son avocat, Me Balling. Toutefois, relevait-il, "la commission n'a pas fermé définitivement la porte".

Le père de Marc Machin se montrait lui moins compréhensif: "ce n'est pas cohérent. Il y a un innocent en prison", affirmait-il, tandis que l'avocat de la famille Bedot, Me Vincent Ollivier, saluait la décision de la commission de "ne pas réagir dans l'urgence et de laisser à l'instruction le temps de faire son travail".

Si elle le juge nécessaire, au vu de l'évolution du dossier, la commission a la possibilité de demander elle-même cette suspension de peine à n'importe quel moment.

La commission a également été saisie d'une requête en révision par la garde des Sceaux, Rachida Dati. La décision ne devrait pas être rendue avant plusieurs semaines, voire mois.

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MessagePosté : 10 juin 2008, 17:02 
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aie aie aie

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"C'est parce que la vitesse de la lumière est supérieure à celle du son, que certains paraissent brillants avant d'avoir l'air con".
Comment se fait-il que certains paraissent si cons même sans lumière ? C'est de la métaphysique pure.


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MessagePosté : 11 juin 2008, 09:23 
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Meutre du pont de Neuilly : Machin demande une nouvelle remise en liberté


Marc Machin, condamné pour le meurtre du pont de Neuilly en 2001, mais dont la culpabilité est remise en cause par l'apparition d'un autre suspect, a déposé mardi une nouvelle demande de remise en liberté à la commission de révision des condamnations pénales, a annoncé son avocat, Me Louis Balling. La commission de révision des condamnations pénales, composée de cinq magistrats de la Cour de cassation, avait refusé lundi la première suspension de peine demandée par le condamné , estimant qu'il "apparaissait prématuré" de remettre en liberté Marc Machin, aujourd'hui âgé de 26 ans.

"J'ai déposé une nouvelle demande de suspension de peine ce matin, car des éléments n'ont pas été débattus le 5 mai", lors de l'audience à huis clos consacrée à l'examen de la première demande. "Ces éléments viennent renforcer les doutes sur la culpabilité de mon client", a expliqué Me Balling. L'avocat a également déposé une requête en révision du procès de Marc Machin. Cette demande s'ajoute à celle déposée fin mars par la garde des Sceaux, Rachida Dati.

Marc Machin a été condamné à 18 ans de réclusion criminelle par la cour d'assises des Hauts-de-Seine, en septembre 2004, puis à la même peine assortie de 12 ans de sûreté en novembre 2005 par la cour d'assises d'appel de Versailles, pour le meurtre de Marie-Agnès Bedot, le 1er décembre 2001, au pont de Neuilly. Mais début mars 2008, un autre homme, David Sagno, s'est rendu au commissariat de La Défense pour s'accuser de ce meurtre, ainsi que de celui de Maria-Judith Araujo, toujours au pont de Neuilly, le 22 mai 2002. À cette date, Marc Machin était déjà incarcéré.

Source : Le Point


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MessagePosté : 02 juil. 2008, 08:48 
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Meurtre du pont de Neuilly : Machin libéré ?


Ce matin, Marc Machin, incarcéré depuis six ans pour le meurtre d'une femme au pont de Neuilly en 2001, Marie-Agnès Bedot, sera peut-être libéré. La commission de révision des condamnations pénales doit décider, après l'avis positif délivré hier par le parquet général sur cette affaire « exceptionnelle à de nombreux égards », selon l'avocat de Marc Machin, Me Louis Balling. « De nouvelles analyses ADN ont permis de confirmer les soupçons pesant sur David Sagno et de faire naître des doutes de plus en plus importants sur la culpabilité de mon client », a expliqué l'avocat. Une première demande de suspension de peine avait été refusée le 9 juin.

Les juges, qui ont condamné Marc Machin à dix-huit ans de réclusion en 2004 avant d'alourdir cette peine en appel en 2005 (avec douze ans de sûreté), pourraient donc s'être trompés de coupable. Ce sont les aveux de David Sagno, un sans-abri, qui ont fait basculer l'affaire en mars dernier. L'homme s'est accusé de deux meurtres, en 2001 et 2002, à proximité du pont de Neuilly. Des traces ADN retrouvées sur Marie-Agnès Bedot ont conduit à une mise en examen pour « assassinat, vol et viol » de David Sagno.

Source : 20 Minutes


Marc Machin ne pourra pas être libéré pour l'instant. Ne pouvant supporter cette injustice , il a été condamné à trois mois de prison pour agression d'un surveillant.
Il est actuellement au mitard de la prison de Rouen


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MessagePosté : 02 juil. 2008, 08:50 
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Marc Machin libre. Ou presque...



La commission de révision des condamnations pénales vient d’ordonner la libération de Marc Machin, incarcéré depuis six ans pour le meurtre d’une femme au Pont de Neuilly (Hauts de Seine). Cette décision ouvre désormais la voir à une révision du procès.

Machin avait été condamné à dix-huit de réclusion puis dix-huit ans et douze ans de sûreté en appel. «Je suis extrêmement heureux de voir la vitesse avec laquelle les juges ont mis en lumière l’innocence qu’il clamait depuis si longtemps», a déclaré à 20 minutes son avocat Louis Balling.

«Malheureusement, en raison du stress et des difficultés à supporter ces dernières semaines l’attente, il était à cran et a agressé un surveillant de la prison de Rouen, où il est détenu. Il est libre dans le dossier du pont de Neuilly mais devra attendre encore trois mois pour sortir de prison, car il vient d’être condamné à cette nouvelle peine».

Source : 20 Minutes


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MessagePosté : 02 sept. 2008, 09:25 
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Six mois requis contre Marc Machin

L'avocat général de la Cour d'appel de Rouen a requis lundi six mois de prison pour l'agression d'un surveillant à l'encontre de Marc Machin, 26 ans, condamné pour le meurtre d'une femme au pont de Neuilly en 2001 mais qui a bénéficié début juillet d'une suspension de peine.

En première instance, le détenu avait été condamné le 27 juin à trois mois de prison par le tribunal d'Evreux pour avoir frappé un surveillant à la maison d'arrêt de Val-de-Reuil.

Cette condamnation avait empêché sa remise en liberté ordonnée quatre jours plus tard par la Commission de révision des condamnations pénales après le recueil par la police d'aveux d'un autre homme.


Source : AFP/ Le Parisien
A Rouen, l'avocat général Martin Lardeux a stigmatisé «le tempérament violent» de Marc Machin et évoqué «une agression délibérée sur un surveillant connu pour être calme et posé». A la barre, Marc Machin a formulé des excuses en soulignant que la prison était en train de le «tuer».

Marc Machin a été condamné en 2004 à 18 ans de réclusion criminelle par la cour d'assises des Hauts-de-Seine pour le meurtre de Marie-Agnès Bedot le 1er décembre 2001 au pont de Neuilly. Cette peine avait été confirmée en 2005 en appel assortie de 12 ans de sûreté par la Cour d'assises des Yvelines.

Après avoir avoué dans un premier temps le crime en garde à vue, Marc Machin a toujours nié les faits. Début mars, un autre homme, David Sagno, s'est accusé de ce meurtre, ainsi que de celui de Maria-Judith Araujo, toujours au pont de Neuilly, le 22 mai 2002.


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MessagePosté : 06 sept. 2008, 21:07 
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Le verdict sera rendu le 15 septembre 2008


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