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MessagePosté : 17 janv. 2009, 21:40 
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La rétention de sûreté enlève tout espoir aux détenus»

INTERVIEW - Patrick Marest, délégué national de l'Observatoire international des prisons section France, revient sur la vague de suicides dans les établissements pénitentiaires français...

L'Observatoire international des prisons demande la création d'une commission d'enquête parlementaire alors que le nombre de suicides a augmenté de 20 % entre 2007 et 2008 et que 13 ont déjà été recensés depuis le 1er janvier.

Selon vous, pourquoi le nombre de suicides augmente dans les prisons françaises?

La surpopulation est clairement l'un des facteurs à l'origine de ces suicides. Alors que le Conseil européen pour la prévention de la torture (CPT) a qualifié d'inhumain le traitement de sept détenus sur dix en France en raison du surpeuplement, on n'a jamais eu autant de personnes incarcérées. Cette surpopulation est directement liée à la politique pénale menée depuis quelques années. La France est l'un des pays européens où le nombre de suicides est le plus élevé.

La loi pénitentiaire a-t-elle évoluée ces dernières années?

Non, au contraire nous avons opéré un retour en arrière. Alors qu'en 1998 la «philosophie» de la loi pénitentiaire s'appuyait sur une volonté d'aider les détenus à sortir de la détresse, aujourd'hui on cherche simplement à les empêcher de se suicider en multipliant les rondes des gardiens, en mettant un co-détenu dans la même cellule et en supprimant tout objet susceptible d'être utilisé pour mettre fin à ses jours. Mais les co-détenus, comme les surveillants, ne sont pas des psychologues. Ce dispositif vise la performance et non l'aide au détenu. De plus, la mise en place de la rétention de sûreté a eu un impact fort. Elle enlève tout espoir d'une fin de peine aux détenus. Il faut donc, aujourd'hui, tourner le dos à cette politique de prévention et revenir à une véritable prise en charge des détenus. Quand Claude d'Harcourt (le directeur de l'Administration pénitentiaire, ndlr) annonce qu'il va créer des groupes de paroles afin de «casser» l'effet d'entraînement qu'un suicide peut créer, cela montre clairement qu'il ne cherche pas à intervenir sur les détenus en danger mais sur la prise en charge des autres après un suicide. Il s'attend donc à ce qu'il y en ait encore.

Qu'attend l'OIP aujourd'hui?

Nous voulons qu'une commission d'enquête parlementaire soit créée afin que les députés se rendent compte de la réalité du terrain. Un projet de loi pénitentiaire doit être présenté dans les semaines prochaines par la garde des Sceaux, il faut donc que le législateur ait toutes les informations pour pouvoir légiférer. De plus, il apparaît nécessaire que le Ministère de la Santé gère cette question et non l'Administration pénitentiaire. L'opacité de l'administration pénitentiaire sur ces sujets témoigne de son incapacité à admettre et mettre en œuvre les réformes décisives que ces phénomènes appellent.

Maud Descamps

Source : 20 Minutes


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