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MessagePosté : 05 oct. 2008, 21:16 
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Disparues de l'Yonne: l'Etat n'indemnisera pas les familles des victimes

L'état n'indemnisera pas s les familles des sept jeunes disparues de l'Yonne, victimes du tueur en série Emile Louis, a dit à l'AFP vendredi leur association, se disant "choquée" par la décision.

"J'ai reçu la semaine dernière un courrier du ministère de la Justice m'informant que l'Etat n'indemnisera pas les familles des victimes, et cela me choque", a déclaré le président de leur association, Pierre Monnoir.

"Compte tenu des dysfonctionnements de la justice dans cette terrible affaire et de la grande souffrance des familles, c'est une décision inique", a-t-il ajouté.

Selon lui le ministère "reproche aux familles de ne pas avoir effectué les démarches nécessaires" à l'obtention d'une indemnisation, demandée officiellement "l'an dernier", a-t-il précisé.

"Nous voulions alors privilégier la voie de la négociation à celle de la procédure judiciaire", a conclu M. Monnoir, qui se réserve "le droit d'attaquer l'Etat en justice".

Dans son courrier en date du 9 septembre, dont l'AFP a obtenu copie, la directrice des services judiciaires du ministère de la Justice, Dominique Lottin, souligne que les "demandeurs n'ont effectué aucune démarche auprès des autorités judiciaires ou de police pendant une période comprise entre 19 et 25 ans suivant la disparition de leur parent".

Mme Lottin ajoute que "sans contester l'affliction éprouvée du fait de la disparition de leur proche, les parents des disparues ne peuvent se prévaloir d'aucun dysfonctionnement antérieurement à leur constitution de partie civile", intervenue en 1996.

En conclusion, le ministère informe les parents "qu'il ne peut être réservé une suite favorable" à leurs demandes d'une "allocation de 25.000 euros à titre de réparation du préjudice moral subi du fait d'un fonctionnement défectueux du service public de la justice".

Les dysfonctionnements de la justice d'Auxerre avaient été relevés dans le rapport de l'inspection générale des services judiciaires (IGSJ) de mars 2001.

En le commentant, la garde des Sceaux de l'époque, Marylise Lebranchu, avait déclaré que ces dysfonctionnements étaient "susceptibles d'engager la responsabilité de l'Etat".

Les sept victimes - Françoise et Bernadette Lemoine, Chantal Gras, Jacqueline Weis, Madeleine Dejust, Martine Renault et Christine Marlot - étaient âgées de 15 à 25 ans. Pupilles de la Ddass, déficientes mentales légères, elles avaient disparu dans la région d'Auxerre entre 1975 et 1979.

La plupart avait fréquenté le bus scolaire conduit par Emile Louis. L'une d'entre elles avait été sa maîtresse et une autre avait été placée dans la famille du chauffeur de car.

Emile Louis avait avoué les faits en décembre 2000. Il a été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité assortie d'une période de sûreté de 18 ans, en 2004 par les assises de l'Yonne.

Le verdict a été confirmé par la cour d'assises d'appel de Paris en novembre 2006

Source : Midi Libre


Modifié en dernier par Marathon le 05 oct. 2008, 21:24, modifié 1 fois.

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MessagePosté : 05 oct. 2008, 21:18 
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Disparues de l'Yonne: l'Etat indemnisera les familles selon Rachida Dati

L'Etat indemnisera les familles des sept jeunes disparues de l'Yonne, assassinées par Emile Louis, en raison de «la lenteur de la procédure», a annoncé Rachida Dati sur RTL et dans l'édition de lundi de «20 minutes», revenant sur un refus initial de ses services.

«Les familles ont été deux fois victimes : elles ont souffert de la mort de leur enfant, elles ont subi la lenteur de la procédure. C'est doublement injuste. Je souhaite qu'elles soient indemnisées», déclare la garde des Sceaux dans le quotidien gratuit.

«Il a fallu attendre 29 ans pour qu'Emile Louis soit jugé et condamné pour ses crimes. Je le reconnais, c'est grâce à la détermination des familles que l'enquête a été relancé», ajoute-t-elle.

«Je ferai droit à leur demande. Ma responsabilité, c'est de respecter quelques principes, et de respecter les victimes et de reconnaître leur douleur et leur traumatisme pendant toutes ces années, en particulier dû au dysfonctionnement de la justice», a précisé dimanche la ministre sur RTL.

Le président de l'association des familles, Pierre Monnoir, avait annoncé vendredi qu'il avait reçu un courrier du ministère de la Justice lui annonçant le refus de toute indemnisation.

Les dysfonctionnements de la justice d'Auxerre avaient été relevés dans le rapport de l'inspection générale des services judiciaires (IGSJ) de mars 2001.

En le commentant, la garde des Sceaux de l'époque, Marylise Lebranchu, avait déclaré que ces dysfonctionnements étaient «susceptibles d'engager la responsabilité de l'Etat».

Les sept victimes - Françoise et Bernadette Lemoine, Chantal Gras, Jacqueline Weis, Madeleine Dejust, Martine Renault et Christine Marlot - étaient âgées de 15 à 25 ans. Pupilles de la Ddass, déficientes mentales légères, elles avaient disparu dans la région d'Auxerre entre 1975 et 1979.

Emile Louis avait avoué les meurtres en décembre 2000. Il a été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité assortie d'une période de sûreté de 18 ans, en 2004 par les assises de l'Yonne.

Le verdict a été confirmé par la cour d'assises d'appel de Paris en novembre 2006.

Source : L'Alsace


Article du Monde du 22 08 2006

Les disparues de l'Yonne : Emile Louis, rattrapé 20 ans après

Emile Louis a l'impression assez nette de s'être fait avoir. Quand les gendarmes ont débarqué chez lui, à Draguignan, dans le Var, pour ces vieilles histoires de filles disparues vingt ans plus tôt dans l'Yonne, ils ont expliqué que de toute façon, les crimes étaient prescrits au bout de dix ans et qu'il ne risquait pas grand-chose. Alors le monsieur de soixante-six ans un peu rougeaud, le brave "pervers pépère" comme l'a défini Me Didier Seban, l'avocat des parties civiles, a avoué. Il a "tout balancé pour être tranquille". Et risque fort de finir sa vie en prison à remâcher son imprudence.
.
Il a reconnu le 13 décembre 2000 avoir tué et enterré sept jeunes femmes, de 1977 à 1979 dans la région d'Auxerre, sans s'attarder sur les détails. Il se souvient vaguement avoir couché du côté de Rouvray avec l'une de ses maîtresses, au bord du Serein, la rivière où il allait pêcher, puis il a eu "un trou noir". Pas au point d'oublier de l'enterrer, le lendemain. Ensuite, "j'ai enterré une seconde jeune fille, je ne me souviens plus de son nom ni de son prénom", dit Emile Louis aux gendarmes. Il en a d'ailleurs enterré une troisième, mais il n'arrivait pas "à situer son visage". Il a avoué le lendemain, en passant, trois autres meurtres, puis un quatrième quand les gendarmes ont insisté. Il a été mis en examen pour "enlèvement et séquestration" - la séquestration, tant qu'on n'a pas retrouvé les corps, est un crime continu qui n'est pas prescriptible

Après plusieurs jours de fouilles, les enquêteurs ont découvert le 18 décembre des ossements humains, un squelette en assez bon état, puis un deuxième corps "presque complet" le 4 janvier, et des petits tas d'habits féminins. Les autres victimes n'ont jamais été retrouvées. Lors de sa première audition par le juge d'instruction d'Auxerre, Emile Louis, le 16 janvier, est revenu sur ses aveux. Un peu tard.

Emile Louis a toujours vécu avec des pupilles de la DDASS. Il est né lui-même de parents inconnus en janvier 1934, et a été élevé par un maçon qui s'occupait aussi de l'entretien du cimetière, le petit Emile donnait volontiers un coup de main. A 15 ans, il met le feu à une grange et on l'envoie dans un centre de redressement, où il dit avoir été violé par un éducateur. A 17 ans, il s'engage dans la marine et est envoyé en Indochine. Vu ses qualifications, il est affecté au rapatriement des corps, sur un bateau cimetière. Il regagne l'Yonne à 20 ans, se marie et a quatre enfants, qui ont souffert. L'aînée, Marylin, racontera des sévices à peine croyables, ce que les enquêteurs prendront d'ailleurs avec des pincettes.

Emile Louis est maçon, cheminot, gardien de château, puis chauffeur aux Rapides de Bourgogne - c'est lui qui transporte les jeunes handicapées, qu'il n'hésite pas à tripoter plus ou moins discrètement pendant le voyage. La première alerte arrive en juillet 1981, lorsqu'on découvre à Rouvray le corps de Sylviane Lesage, 23 ans, sous un tas de fumier. La jeune fille de la DDASS avait disparu un an plus tôt, et avait été élevée par la compagne d'Emile Louis. Il est vite soupçonné et, pour s'en tirer, avoue des viols sur mineurs qui lui valent quatre ans de prison, en 1983. Mais il obtient un non-lieu pour le meurtre de Sylviane.

Un homme, au moins, ne le croit pas : l'adjudant Jambert. Christian Jambert a enquêté sur sept disparitions de jeunes filles dans la région, entre le 23 janvier 1977 et le début de l'année 1979. Elles avaient toutes le même profil, 16 à 25 ans, de milieu très modeste, légèrement handicapées mentales et toutes de la DDASS, c'est-à-dire souvent perdues de vue par leurs familles et les institutions. Le secrétaire général de l'Association pour adultes et jeunes handicapés (Apajh) de l'Yonne avait déjà ses propres soucis : l'homme qui a fondé tous les foyers pour handicapés à Auxerre a été condamné à six ans de prison en 1992 pour avoir régulièrement violé une jeune fille dans sa voiture, pendant qu'un garçon handicapé pleurait à l'arrière. Son épouse aimait bien Emile Louis, pour qui elle a même témoigné quand il a été accusé d'attouchements sur les enfants de sa compagne.

L'adjudant Jambert envoie en 1984 un rapport accablant sur Emile Louis au parquet, qui le classe sans suite. Mais le gendarme en fait une affaire personnelle. Pendant ses vacances il espionne Emile Louis, parti couler une retraite paisible dans le Var, et fatigue tout le monde avec son histoire de disparues. Jambert déprime, boit trop, et finit, en 1997, par se tirer une balle dans la tête alors que la justice se réveille enfin.

Elle se réveille grâce à Pierre Monnoir, un VRP têtu, président de l'Association de défense des handicapés de l'Yonne (ADHY), qui remue ciel et terre pour qu'on s'inquiète des disparitions. Le parquet d'Auxerre n'est pas chaud, ce qui lui vaudra plus tard un passage au grand complet devant le Conseil supérieur de la magistrature.

Emile Louis a été condamné à cinq ans de prison dont un avec sursis en 1989 à Draguignan pour des attouchements sur quatre fillettes de 9 à 11 ans. Libéré en 1992, il épouse Chantal Paradis, à qui il fait prendre un médicament avant de la violer sur la table de la cuisine, les poings liés, en l'écorchant au couteau sous le sein. Il violera dans la foulée la fille de son épouse, âgée de quinze ans, qui avait selon lui "le feu au derrière". Il sera condamné en avril 2004 à Draguignan à vingt ans de réclusion criminelle avec peine de sûreté des deux tiers pour "viols avec torture, actes de barbarie et agressions sexuelles aggravées". Il prendra trente ans en appel le 14 octobre 2005, dont vingt ans incompressibles.

Dans l'Yonne, pendant ce temps, la Cour de cassation estime le 20 février 2002 que le dossier des "disparues" n'est pas prescrit. Le septuagénaire est condamné le 25 novembre 2004 à la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d'une période de sûreté de dix-huit ans. Peine confirmée en appel le 27 juin 2006.


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MessagePosté : 17 juin 2010, 10:59 
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CA ME FAIT PENSER A L'HISTOIRE DES DISPARUS DE MOURMELON


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